‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 285 sur 299 · EUPHROSINE ET GEOFROI- JOURDAIN · texte numérisé non relu

EUPHROSINE ET GEOFROI- JOURDAIN

To85. EuPHROsiNE , OU Niphraine , sœuT de Bouchard III, lui succéda au comté de Vendôme avec Geofroi de Preuflly , -son époux , surnommé Jourdain, pour le distinguer de Geofroi de Preuilly , son père , qui fut l'inventeur des tournois , ou plutôt qui en établit les règles. Celui-ci était mort dès 1067. ( Voyez Foulques le Rechin , comte d'Anjou.) Geofroi Jourdain, so!i fiis , était déjà célèbre par des actions de valeur avant d'être comte de Vendôme. Il avait combattu avec le comte de Poitiers et d'autres seigneurs contre Foulques le Rechin , comte d'Anjou , pour la délivrance de Geofroi le Barbu , que Foulques, son frère , retenait en prison. Ayant fait ensuite la paix avec Foulques , il avait tourné ses armes contre d'autres seigneurs. La même année qu'il succéda au comte Bouchard III , son beau-frère, il se ligua avec Guichier, seigneur de Château-Renaud, contre le jeune Hugues, seigneur d'Amboise et de Chaumont, ^)our le contraindre à lui faire hommage de la dime de S. Cyr et à renoncer au droit de commendise , que les Amboisiens et les Chaumontais étaient dans l'usage de percevoir dans certaines terres du Vendômois. 11 n'est pas aisé de définir ea quoi consistait ce droit de commendise que percevaient ces deux villes, et du Cange, au mot commendalitia , en citant cete>Lemplc, ne développe point assez sa nature. Quoi qu'il

\en soit, Lisoie , oncle et tuteur de Hugues, ajant appelé' à son sccoizrs Robert de Roche-Corbon et Hugues d'Aluie, résista vigoureusemetit à ses ennemis. Il amva même que Hugues d'Aluie se saisit de Guichier dans sa ville de Château-Renaud , et l'emmena prisonnier à Châteaux en Anjou , près delà Vah'èro , où il le retint jusqu'à ce que la paix fut faite. ( SpiciL T, X, p. 555.)

L'an 1090, Geofroi-Jourdain eut aussi une autre guerre, qui lui fut encore plus de'savautageuse , avec Raoul , seigneur de Baugenci , (et non Lancelin du Bauge', comme le marque du Chesne); car il fut fait prisonnier par ce seigneur, avec lequel il fut ensuite oblige' de s'accommoder pour sortir de prison. L'un des articles de l'accommodement fut que les cadets nobles du Vendômois , qui en ce tems là n'étaient parlage's par leurs aine's que par usufruit, comme ceux d'Anjou, le seraient à l'avenir en proprie'té. Geofroi-Jourdaiu fut cho'si, la même année, pour avoue' par l'église de Saint-Martin de Tours. ( Chron, Turon.) L'an 1097, et non pas vers l'an 11 17, (somme le marque D. Martenne), voulant s'attribuer de nouveaux droits sur les terres de l'abbaye de Vendôme, il essuya de la part de l'abbé Geofroi des oppositions qu'il voulut surmonter par la violence. 11 porta les choses an point que l'abbé, craiguant pour sa vie, prit la fuite et se retira à Tours. Ives , évêque de Chartres , le vengea par une excommunication qu'il lança contre le comte. Elle tit son effet: la comtesse Euphrosine étant venue trouver l'abbé à Tours , fit avec lui , en présence de l'évêque de Chartres, un traité, par lequel elle donna sa parole , en mettant sa main dans celle de l'évêque , fidem simm manu ad manum episcopo promlsit , que désormais il ne serait plus fait aucun tort à l'abbé, ni dans sa personne, ni dans ses biens. Six barons du Vendômois s'obligèrent par serment à maintenir cette promesse. Mais pour relever le comte des censures , il fallut qu'il vint se présenter nu-pieds au chapitre de Vendôme , et y demander pardon à l'abbé; après quoi, dit la notice que nous copions , ayant mis quatre deniers sur sa tête , il les porta sur le grand autel avec un couteau , afin que la postérité fiîl: instruite de ce qui s'était passé : Quatuor etiam dennrios super cnpul suurn posuit , cpios inde super ait are cuni quodam cultello misil, qua tenus non soluin prœsentes , veritm etiam. homines post futur i , quàm fîrmiter hoc actum fuerit , pleniùs agnoscere passent. (Marlentie, Thés. Anecd. , T. I , p. 545.) Geofroi, l'an iiot , fut un des chefs de cette multitude prodigieuse de Croisés qui partirent pourla Terre-Sainte sous le commandement général de Guillaïunc , duc d'Aquitaine , suivant les uns, ou ûe Hugues le Grand , frère du roi Pi;ilippe l"^^' ,

selon les autres. Il eut pari aux nialheurs qu'elle essuya suf là route et depuis son arrive'e en Palestine. Guillaume de Tyr dit qu'il fut tue' à la bataille qui se donna contre les Sarrasins le 27 mai 1102. L'auteur des gestes des seigneurs d'Amboise raconte qu'il fut seulement pris à cette joume'e , et qu'ayant e'te' conduit avec les comtes de Bourgogne et de Blois , sans qu'on les connût, dans les prisons d'Ascalon, ils y furent tue's à coups oe flèches par la trahison d'un autre prisonnier qui, les ayant fait 'connaître aux Musulmans , obtint par là sa liberté'. Il laissa de son mariage trois fils : Geofroi , qui suit ; Eschivard, qui continua la branche de Preuilli ; et, si l'on en croit Maan, Ange- Tsaud , archevêque de Tours-, ce qui ne paraît pas vraisem- Llable à Me'nage. La chronique de Saint-Martin de Tours dit que Geofroi-Jourdain e'tait gonfalonier de cette e'glise.

<iEOFROI, T,iT GRISEGONELLE.

T102. Geof«oi , dit Grisegoivei,le , delà couleur de sa cS'» "saque, succéda dans le comte' de Vendôme à Geofroi-Jourdain son père. L'an 1118, au mois de décembre , il con'ibatlit, pour le comte d'Anjou , à la bataille d'Alençon , gagnée par ce dernier contre le roi d'Angleterre. Après^avoir battu ce prince , les vainqueurs le poursuivirent jusqu'à Séez. D'anciens monuments Sortent que dans cette poursuite le comte Geofroi logea dans l'aL* nye d'Almenêche,d'oia il emporta les corps de saint Crodegran, e'vêque de Séez ^ et de sainte Opportune, sa sœur, qu'il déposa dans l'e'glise castrale de Vendôme, Geofroi fut injuste envers l'abbaye de Marmoutier , qu'il vexa dans ses possessions situées au comté de Vendôme. Il eut dans la suite des remords de cette conduite, et vint en faire satisfaction , l'an i 120 , dans le chapitre Jel'abbaye. (Mabil. , Ann. T. Vï , p. 52.) La dévotion du tcms le porta , l'an 1 124 , à faire le pèlerinage de Saint- Jacques en Galice. Le jour de son départ est marqué dans un acte du Cartulaire de l'abbaye de Vendôme (fol. 217 , v°.) , à l'occasion d'une contestation qu'il eut avec l'jibbé Geofroi, touchant un serf nommé Etienne Popinel , que celui-ci avait mis en liberté du consentement de son chapitre. Le comte, trouvant mauvais que cela eiitété fait sans sa permission, arracha la charte de manumissiou que Popinel portait attachée sur sa tête le jour qu'il l'obtint afin de la rende visible atout le monde. Mais l'abbé Geofroi lui prouva , en présence de plusieurs témoins respectables, qu'il pouviiit, sans Ic congé de personne , affranchir ses serfs. Ge qui arriva , dit l'acte , le jeudi de la première semaine de carême (27 févrit-r) de l'an 1124.

Geofroi , l'an i\yi. ou enviion, recommença la guerre avec

$HÎpice de Cliaumonl , seigneur d'Ajiiboise, au sujet des Com-*^ Biuiidises , dont ce dernier continuait de jouir, comme ses pre'-», de'cesseurs, dans le comté de Vendôme. Bouchard de Saint-A— . tnand , séne'chal du comte , e'tant entre' à main armée sur les.terres de Sulpice, donna dans une embuscade où il fut pris par» ce seigneur , qui l'emmena prisonnier avec sept chevaliers au^ château d'Amboise. Geofroi fit ses efforls pour avoir sa revanche. Mais Sulpice étant venu l'attaquer dans ses propres foyers, le. piii lui-même dans un combat avec quelques-uns des siens , et l'envoya faire compagnie à son se'ne'chal dans la tour d'Amboise. . (^Spicil. T. X, p. 5fo.) Geofroi ne recouvra la liberté' qu'eu, promettante Sulpice de le laisser en paisible jouissance de ses. comniandises.

Le comte de Vendôme fut, l'an 1 156, de l'expe'dition que fît Geofroi Plantagenet en Normandie. Dans la même armée setrouvaient les comtes de Poitiers , de Ponthieu , et Guillaume , fils du comte de Nevers. Ordéric Vital dit que tous ces chefs commirent de si horribles dégâts dans la province, qu'on les appela , ainsi que leurs soldats , par mépris , Hilli-becci. Au retour de cette campagne , le comte de Vendôme entreprit le voyage de la Terre-Sainte. Mais s'étant mis en route, la mort le surprit à Saint-Gilles en Languedoc, comm,e il était sur le point de s'embarquer. Il avait épousé, l'an i in5 , Mahaut , fille de Hugues, vicomte de Châteaudun, et veuve de Robert , vicomte de Blois : mariage dont Ives , évêque de Chartres , tâcha de le ; détourner, comme on le voit par sa lettre 129, sur une fausse, généalogie par laquelle il voulait lui prouver qu'il était proche parent du premier mari de Mahaut. Mais Geofroi , mieux instruit de sa parenté , ne tint compte des semonces ni des me-, naces du prélat. De cette alliance sortirent deux fils , Jean , qui suit ; Geofroi qui accompagna son père dans l'expédition de Normandie , dont on vient de parler^ et une fille, Marie, femme» d'un seigneur de Fréleval.

JEAN le».

11 56 au plus tôt. JeanI" , fils et successeur de Geofroi Grisegonelle , commença son gouvernement par reprendre la guerre que son père avait eue avec Sulpice de Chaumont , seigneur d'Amboise ; en quoi il fut aidé par Renaud , seigneur de Château-Renaud. Celui-ci avait un grief personnel contre Sulpice ^ en ce qu'il l'avait contraint de donner une portion de sa terre ^ Geofroi, son frère. Sulpice fit face à ces deux confédérés : daas tin combat qu'il leur livra, il les mit en déroute , et fit prisorir nier le comte de Vendôme , cju'il renferma dans le château de

Chaumont. [Spicil. T X^ pp. .^72 et SyS.) L'histoire ne dit pas en quel teras il le relâcha. Jean, depuis sa délivrance , fit de grands biens à l'e'glise collégiale de Vendôme, et donna, l'aa 1-147» une partie de la forêt de Gatine s Tabbaye de la Trinité'. L'an ii6' , il défendit vigoureusement , avec ses deux fils, Bouchard et Lancelin , son château de Vendôme , attaque' par Thibaut, comte de Blois , qui avait promis d'avance à ses sol-i dais de leur distribuer le trésor de l'abbaye. ( Chronologie Vin^ docin.)

Le comte Jean reçut à Vendôme , l'an 1 1 70 , les rois de France et d'Angleterre, qui s'y e'taient rendus pour traiter de la paix, f Bened. Petrobiirg.) 11 se déclara, l'an 1173 , pour le xoi d'Angleterre, Henri II , contre ses fils rebelles , appuyés da roi de France , et amena du secours au premier dans la Normandie , qui était devenue le théâtre de la guerre. ( Ibid. ) Pen- <lant son absence, Bouchard, son fils aîné, prit des mesures })our empêcher son retour, et s'empara du comté de Vendôme. Mais il fut chassé lui-même, le 5o novembre de la même année par le Roi d'Angleterre , aux enfants duquel il s'était associé. ( Roger de Hoveden. ) Le comte Jean fut alors rétabli dans les domaines dont son fils dénaturé l'avait dépouillé. Il y a bien de l'apparence qu'il rendit presque aussitôt ses bonnes grâces à Bouchard , puisqu'on voit que depuis ce temps celui-ci partageait le titre de comte avec son père. Le comte Jean , après avoir été le bienfaiteur de l'abbaye de Vendôme , en devint le persécuteur , au point que les religieux furent obligés de se réfugier au prieuré de Levières, près d'Angers , où ils restèrent l'espace de quatorze mois. Jean de Salisbéri, évêque de Chartres, prit leur défense, et frappa le comte d'excommunication l'an 1177. Celui-ci étant allé trouver le cardinal de Saint-Chrysogon , légat en France , lui lit des soumissions au moyen desquelles il obtint , à la recommandation du roi d'Angleterre , qui était présent , son absolution. lYIais à son retour, il prétendit ne s'èlre point obligé à tout ce que l'évêque de Chartres exigeait de lui. Comme le légat , en l'absolvant, avait resserré les droits de l'e'vêque diocésain , ce dernier, au lieu d'entériner la grâce , confirma sa sentence, et tint le coupable , durant l'espace de trois ans , dans les liens de l'excommunication. Cette sévérité produisit à la fin un salutaire effet. Touché de repentir , le comte Jean vint se présenter nu-pieds au chapitre , demanda pardon à l'abbé et aux moines avec promesse de réparer les torts qu'il leur avait faits, et fut ensuite (l'an 1 180) absous par le piclal. {Aidiiv. de J^endôme.)

Le roi Philippe Auguste , l'an 1188, poursuivant Richard, duc d'Aquitaine , prend sur sa route le ehâteau de Vendôme ji

DES COWTES, PUIS DCCS , DE VENDÔME. 49^

©ù le comte de Meulent avait mis une garnison pour le roi d'Angleterre. Ce comté, depuis Charles Martel , n'était plus qu'un arrière fief de la couronne , et relevait immme'dialement de celui d'Anjou. Philippe ne garda pas long-temps sa conquête ; car la chronique d'Anjou dit que Richard , vers la mi-août de la pième année , réduisit en cendres le château de Vendôme. Si cela est , il fut bientôt rebâti , comme on le verra dans la suite.

Phihppe et Richard s'étant réconciliés , l'an 1 189 , pour faire la guerre au roi, père du second , attirèrent le comte de Vendôme dans leur parti , ou du moins l'engagèrent à garder la neutralité. Mais comme il cheminait un jour sans armes , le vicomte deChâteaudun , partisan du roi d'Angleterre , le surprit, et le blessa si grièvement, qu'on désespéra d'abord de sa vie. Néanmoins , dit Benoît de Peterborough , il guérit parfaitement de sa blessure. Le roi de France fut d'autant plus irrité , ajoutet-il , de cette incartade du vicomte , qu'en passant et repassant sur ses terres, il ne lui avait fait aucun dommage.

Le comte Jean entreprit , l'an 1190 , le vojage de la Terre- Sainle. Il mourut au retour, l'an Ï192 , dans le prieuré de la Charité-sur-IiOire , après y avoir pris l'habit religieux , suivant une charte de Bouchard son fils , rapportée par Ménage. [Hist. de Snhlé , p. 45.) Ainsi Roger de Hoveden se trompe en disant qu'il mourut au siège d'Acre l'an 1190. Il avait épousé en premières noces , Berthe, lille et héritière de Geofroi , châtelain du Puj-du-Fou , de Podi'o Fagi , dans le Poitou, laquelle , dit la chron'.que de Saint-Maixent, lui apporta en dot les terres que ^lathilde , sa mère, avait eues de Hugues de Lusignan, soa père , dans le Poitou. De ce mariage il eut Bouchard , qui suit ; Lincelin , mort avant 1 1 88 ; Geofroi et Mahaut femme de Henri, comte de Tréguier. ( Martenue, Ampliss. Col. T. V. col, ii52.) RicHiLDE deLavardin , sa seconde femme, lui donna Jean dont on a une ch&rte de l'an i2o5 , par laquelle lui et sa mère donnent à l'abbaye de Vendôme tout ce qu'ils possédaient dans le lieu et territoire de la Chartre , à condition de célébrer à perpétuité leur anniversa're ; Geofroi , seigneur de Lavardin , qui fit aussi du bien à la nème abbaye , comme il est marqué dans une bulle d'Innocent m , confirmative du titre de cardinal, accordé par Alexandre li aux abbés de Vendôme , et datée du 25 décembre 12045 bullt qui n'a pas encore vu le jour. Barthélemi , doyen , puis archevêque de Tours , était , suivant D. Liron , un troisième fils 3u comte Jean et de Richilde. De ce mariage >'iut aussi une fille, Agnès , femme de Sulpice d'Araboise.

BOUCHARD IV

1192. Bouchard IV prenait, comme on l'a dit , le titre ^e»comle de Yendôme du vivant de Jean son jicre , auquel il suc-, céda. Dans le même lems que le ])ère maltraitait , de !a manière <jue nous l'avons raconté j l'abbaye de Vendôme, le fils , de soncôte', ne la me'nageait pas plus , exigeant des droits de procuration ou de gîte dans les terres de ce monastère, imposant des tailles sur ses hommes, et lui contestant une partie de sa justice criminelle. Le roi d'Angleterre, Henri II, comme suzerain du Vendômois , en qualité' de comte d'Anjou, mit fin à ces entreprises par son jugement rendu la même anne'e que le comte Jean obtint son absolution , c'est-à-dire, l'an 1 180. 11 y est dit que le comte Bouchard et les comtes ses successeurs ne pourront pre'tendre aucun droit de gîte ni lever taille dans les terres de l'abbaye, moyennant la somme de trois mille sous , que les religieux seront tenus de lui payer dans les trois cas suivants; savoir, lorsqu'il mariera sa fille aine'e, lorsqu'il fera pour la première fois le voyage de la Terre-Sainte , et lorsqu'il sera pris à la guerre , soit en la faisant pour lui-même, soit en combattant pour le comte d'Anjou. A l'e'gard du duel judiciaire , le monarque règle que , s*il concerne des hommes du lieu qui soient de part et d'autre vassaux de l'abbe' , lui seul en connaîtra ; s'il est entre un homme du comte et un homme de l'abbé , l'affaire ressortira au jugement du comte ; et si la cause est de nature que la mort ou la mutilation des membres doive s'ensuivre, l'homme de l'abbe', succombant , sera renvoyé' à la justice du comte. Si an contraire le vaincu n'encourt pas ces peines , alors la connaissanca en appartiendra à la justice de l'abbe'. Il est dit, à la fin de l'acte, que cette composition demeurera ferme et immuable aa cas que le souverain pontife veuille l'approuver. Mais, par provision . le roi en fit jurer l'observation à Bouchard et à Gecfroi son fils , qui e'taienl pre'seuts. ( Original du Chartrier de l'abbé de Vendôme. )

L'an 1194» Robert, comte de Meulent, ou son lieutenant, à qui Richard, roi d'Angleterre, avait confie' h garde de Vendôme , ferma les portes de cette place au roi Riilippe Auguste. Ce prince , venant de brûler Evreux , marchait à la poursuite du roi Richard , suivant Guillaume le Breton , ou «tait poursuivi par l'Anglais, suivant Roger de Hoveden. Le premier de ces deux écrivains dit que Philippe Auguste força Vendôme, maigre' sa, triple enceinte et sa forte garnison; et qu'il y fit prisonniers soixaute-deux chevaliers ;

Ï)ES COMTES, PUIS DUCS, DE VEiNDOME. /jqS

Caslruni forte niinis populosà geute repletum.... Cui tainen haud protlest quic<niam niuniiio ducU Circuiiu triplici , nn; laniEe copia gentis, Qiiin vi cogatur libiio se «ledere Kogis. In qno Rex Equiies capios in vincula trusit Sexaginia duos , arcem niurosque tuenies, Boberti Coreiitis Meiienii signa secaios.

Robert de Hoveden dit au contraire, p. 74t , que Vendôme, ti'e'lanl point encore ferme do murs , reçut le roi de France dès qu'il parut. Il ajoute que , Richard, e'tant arrive' à son tour devant cette place, campa dans la plaine, attendant avec autant d'impatience que de se'curite' la bataille que le roi de France lui avait annonce'e j mais que , voyant qu'il la de'clinait , il alla \c surprendre, le 4 juillet, à Fre'leval , d'où il l'obligea de fuir jusqu'à Chàteaudun , après lui avoir enlevé' ses archives et soii bagage. Le dernier fait n'est malheureusement que trop ve'rilable, et n'est contredit par aucun e'crivain français. Mais sur l'état du château de Vendôme au tems de Philippe Auguste, il semble qu'on doit plutôt s'en rapporter au tc'molgnage d'un e'crivaia national et contemporain qu'à celui d'un étranger. Le comte Bouchard mourut en 1202, suivant la chronique d'Anjou. Il eut d' Agathe , dame de Lavardin , qu'il avait e'pouse'e avant l'an 1 185 (morte le jour de l'Exaltation , 14 septembre , on ne sait en quelle année , mais aVant son époux) , Jean , père de Jean II, qui suit , et décédé , suivant le P.Anselme, l'an iig^ ( Maimbourg et Ménage disent qu'il fut tué au siège d'Acre l'an 1191 ) J Raoul, dont le sort est inconnu ; Geofroi , qui vivait encore en 120G ; et une fille, nommée Agnès. Ces enfants sont nommés avec leur mère dans la charte , sans date , d'une donation que Bouchard tiC de la terre de Varenue au prieuré de Layardiu. ( Archiy. de Marmoulier. )

JEAN II

1202. Jean II, petit-fils de Bouchard par Jean son père, devint le successeur de son aïeul au comté de Vendôme. L'an j2o6, au mois de septembre {Hist. de Sablé, p. 4?)' i^ confirma, en présence de Geofroi, son oncle, une donation de dix livres de rente, faite au monastère de la Charité par le comlu Jean 1"", qu'il appelle abavus meus, mon trisaïeul , confondant apparemment abavus avec pr'oaviis , bisaïeul , puisqu'il n'étaii: que l'arrière -petit-fils du comte Jean. En effet, par d'autres chartes qu'il donna la même année et la suivante, en faveur de l'abbaye de Vendôme, il se dit petit-fils du comte Bouchard. Il mourut sans liguée, et peut-être »aaî avoir été aiarié, l'an iao7j

49^ Chronologie histokique

au retour d'un pèlerinage qu'il avait fait à Saint- Jacques ëiè Galice.

JEAN III

1207. Jean III, fils de Geofroi de Lavardia, suivant une cliarle de Saint-Georges-des-Bois, dont nous avons la copie sous les yeux, petit-fils du comte Jean I^'', fut surnomme' I'Ecclési astique, parce qu'il e'tait tre'sorier de la capitale d'Angers et pre'vôt de la colle'giale de Vendôme. Comme plus proche parent du comte Jean II , il fut son successeur au comte' de Vendôme , et quelque tems après, il quitta le cierge' pour se marier. Ilconfirma, l'an 1211, les donations que ses pre'décesseurs avaient faites à l'abbaye de Saint-Georges-des-Bois ; et voici l'ordre où il les range dans la charte qu'il fit expe'dier à ce sujet : Sicut Gofridus Grisagonella, etJoannesfilius ejiis et Bochardus Jîlcus Joannis, antecessores mei , dederunt. Jean nous apprend encore dans cet acte que partie de ces donations avait été faite à la prière de Geofroi de Lavardin, son père, par le comte Bouchard : Terrant illain , quain prœdictus Cornes Bochardus dédit ad pelilionern Gofridi Laverdini patris mei. Il transigea , l'an (2i5 , au mois de septembre , avec l'église de Chartres , sur la haute justice de la prévôté de Massangis , et d'autres droits qu'elle lui contestait , et dont il se déporta , à condition qu'elle ferait à perpétuité son anniversaire, se réservant néanmoins le droit d'obliger* les habitants de Massangis à venir monter la garde dans soa château de Vendôme , et à le suivre dans ses expéditions militaires , pourvu qu'ils pussent revenir le soir chez eux. Cette transaction fut faite du consentement de Marie de Chatillon , sa femme , sœur de Gauthier, comte de Saint-Pol. (Du Chesne , Hist. de la M. de Châlillon , L, 2 , pr. , p. 29. ) L'an i2i5 , il fit faire une réforme dans le chapitre de la collégiale de Vendôme. Le P. Anselme dit qu'il fut de l'assemblée des grands du xoyaume , convoquée à Soissons par le roi Philippe Auguste pour délibérer sur la guerre contre l'Angleterre, et qu'il y fit serment avec les autres seigneurs , d'assister le monarque dans cette entreprise. Il mourut sans enfants, l'an 1218, suivant le même auteur.

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