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5l4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
))de ceux qu'il conservait. Content d'obtenir ce qu'il de'siraît le » plus , Antoine se garda bien , dans ce moment , de le ccnlre- » dire ; il risquait d'autant moins , que ne devant pas vivre )> sous les yeux du vieillard, mais à la cour ou dans son gou- )) vernement de Picardie , il aurait toutes les facilite's qu'il pou- » vait de'sircr pour rappeler ces mallieureux qu'on chasiait , et « reprendre un e'tat de maison conforme à son rang ».( A^omp'. Hist. de Fr. ibid. ) Après la mort de ce prince , arrive'e l'aa i555, le duc de Vendôme quitta son gouvernement de Picardie pour aller prendre possession des états de son beau-père. Mais le roi de France , Henri II , ne vit pas sans crainte la puissance de ce vassal de la couronne si prodigieusement augmentc'e. Les faibles de'bris de la Navarre , qui formaient à peine une ombre de royaume, n'étaient que la moindre portion de l'opulente succession qui lui e'tait e'chue. La principauté' de Be'arn, le duché' d'Albret , les comte's de Foix,de Bigorre, d'Armagnac, de Rodes , de Pe'rigord, et la vicomte' de Limoges , qui $'y trouvaient joints, e'taient des objets dont la re'union dans la même main pouvait justement alarmer le monarque. 11 proposa luimême au nouveau possesseur de les lui ce'der en e'change d'autres terres , ^tuées dans l'inte'rieur du royaume. Mais Antoine de Bourbon s'excusa sagement en disant que, tenant ses e'tats de sa femme , il ne pouvait en disposer sans son aveu. Jeanne d'Albret e'tait bien e'ioigne'e d'entrer dans les vues du roi. Elle tïissiniula néanmoins le de'pit qu'elles lui causaient , et pria le roi de lui permettre d'aller elle-même avec son époux porter cette proposition à ses sujets , afin d'avoir leur coiisentcmn;it pour être déliés de leur serment de fidélité. Henri II ne put se refuser à celte dem-indc ; mais ne doutant point du succès de son projet , il donna d'avance, par forme do dédommagement , à Antoine de Bourbon le gouvernement de Guienne , qui s'étendait alors depuis l^s Pyrénées jusqu'à la Loire. Il fut bien étonné lorsque, rendue eh Navarre , Jeanne d'Albret lui fit savoir que rien ne serait capable de la faire consentir à l'écliange proposé. Elle s'attendait bien , ainsi que son époux , à voir éclater la veitgcance du monarque. Pour en prévenir les effets, ils se bâtèrent ue fortifier les principales de leurs placco , telles que Pau, Kavarrt'ins et Oléron. Mais d'antres soins obligèrent Henri II de renfermer en lui-même son rossentiiiient. Le roi de Navarre fut sans cr(f<Jil à la cour de France sous ce règne, et ses intérêts furent entièrement oubliés dins le traité de paix signé le 5 avril 1059, entre la France et l'Espagne. Antoine de Bourbon était alors engagé dans l'bérésie du calvinisme, et menait avec lui à la coïir un ministre , nommé David , qu'il faisait prêcher en sa ïiréscnce. La rclno de ISavarre , dit IJranîônic , (jui éloil jsune ,
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belle et très-honnête princesse , et qui aimoil bien autant une danse qu^un sermon , ne se plaisait point à cette nouveauté de religion , ni tant qu^on eust bien dit ; et pour ce je liens de bori lieu , ajoute- t-il , quelle le lemonstra un jour au roi son mari , et lui dit tout-à-trac que s^il vouloit se ruiner et faire confisquer son bien , elle ne vouloit perdre le sien , ni si peu qu'il lui estait resté des rojs , ses prédécesseurs , lesquels pour l'hérésie avoient perdu le royaume de ISavarre. Hérésie , l'op— pelloit-elle , d'autant que l« pape Jules avait déclaré hérétiques mal-à-pro}>os tous ceux qui iraient encontre sa sentence donnée sur la confscation dudit royaume.
Le roi de Navarre ue fut pas en plus grand cre'dit à la cour de François II qu'il l'avait e'ië à celle de Henri son père. On lui refusa , la première fois qu'il y parut , une partie des lionneurs qu'on rendait aux princes du sang , et il ne fut pas même appelé au conseil où il devait assister en qualité' de chef. Les Guises ^ rnaitres alors du gouvernement , sous pre'texte de lui faire honneur , mais, dans le vrai, pour l'e'carler , le firent nommer, avec le cardinal son frère elle prince de la Roche-sur-Yon , pour conduire en Espagne la princesse Elisabeth au roi Philippe II , son e'poux. Il s'acquitta de cette commission avec foute la magnificence qu'on pouvait attendre d'un grand prince. Mais il n'en fut j)as mieux accueilli à sou retour. On ne re'pe'tera pas ici ce qui a e'ie' dit à l'arficle dos rois de Navarre, du risque qu'il courut aux états d"0rlèans sur l'accusation formée contre lui et le pri.acc de Conde' son frère, d'avoir trame' la conjuration d'Amboise.
Après la mort de François II , arrive'e le 5 décembre i56o , le roi de Navarre disputa la re'gence à la reine Catherine de Me'dics. Mais ni l'mi ni l'autre n'en obtint le titre. Catherine en eut ne'anmoins la re'alile' ) et pour consoler Antoine, elle lui fit de'corner , l'an 1061 , par les e'tats-ge'nèraux , la !ieutenance-ge'ne'rale du royaume. Toujours attache' au calvinisme, l'un de ses premiers soins fut de procurer la tenue du fameux colloque de Poissi , dans la vue d'y faire triompher le parli qu'il avait embrasse'. L'eve'nement ne re'pondit pas à son attente , et il sortit du colloque nie'content d«s ministres qu'il y avait appele's. François d'Escars , son chambellan , s'e'tant aperçu de cette disposiîion , acheva de le de'cid«r, appuyé' par le le'gat et l'ambassadeur d'Espagne , à rentrer dans le sein de Te'glise. Bien des motifs humains, on ue peut en disconvenir, entrèrent dans cette conversion. Antoine se joignit alors au triumvirat, et devint l'ennemi de'clare' des calvinistes. H chassa leurs ministres de toutes les maisons royales , quoique prote'ge's par la reine son ç'[;ou5e , qu'ils étaient venus à bout ds séduire. H
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voulut même la contraindre d'aller à la messe ; mais ses menaces et ses mauvais tnjileinents e'chouèrent contre la fierté et l'enlèts^nimt de la princesse. Elle osa même re'pondre à Catherine de Me'dicis, i|ui voulut se mêler de la convertir : Madame ^ Si f avais mon royaume et mon fils à lo main , je les jeterais tous les deux au fond de la mer plutôt cjue d'aller à la messe. Les calvinistes s'e'tant empare's des principales villes da royaume , entr'autres d'Orléans et de Rouen , donnèrent occasion par leurs ent ■-éprises à la première guerre civile. Antoine de Bourbon se liàta d'aller re'duire la dernière de ces deux places , afin de pre'venir le secours qu'elle attendait de l'Angleterre. E'i loute cette guerre , dit Brantôme , pour si peii de iems que ledit roj ( de Navarre ) la mena comme lieuleiiantgénérnl du roy, il s^y montra fort animé, brave, vaillant y courageux , échauffe , colère , et prompt à en faire pendre , comme j'ay vu. Aussi les Huguenots le haïssoient comme un beau diable et le dépaignoiènt de vilaines injures : car ces messieurs savent aussi mal dire que bien dire. Le siège de Rouen se fît , oii il n épargna pas ni sa peine non plus qu& le moindre soldat du monde : si bien que luy s^ appareillant pour aller à Vassoul , moitié mené du brave et généreux courage qui! n toujours possédé , moitié d'ambition et d'émulation quil portoit do tout tems à M. de Gnise , qui , en telles actions , se hasardait toujours des plus avant, estant dans le fossé et prest à jr monter , ainsj quil s'estait
tourné pour pisser // eut une grande arquebwtade dans
Vespaule.... dont il tomba à demy et rendit sa gorge. La place ayant ëte' emporte'e le atJ octobre , il s'y fit porter sur son lit par des Suisses à travers la brèche principale. Cependant l'incontinence ayant rendu sa plaie mortelle au jugement des me'deciris , il voulut être transporté en bateau à sa maison de S lint-'Macrdes-Fossé's. Mais, arrive' à la hauteur d'Andeli , uft grand frisson dont il fut saisi ne lui permit pas Je continuer sa xoute. Il y i;aourut le 17 novembre i562 , dans la quarantecinquième aùne'e de son âge ( et non pas à quarante-deux ans > comme le uiarquc M. de Thou) (i). Ce prince , avec un courage capable d'affronter les plus grands pe'rils , avait dans le caractère une facilite' qui de'ge'ne'ra en irrésolution et en fai- Wesse. Il avait eu de son mariage cinq enfauts , dont trois Jmoururent fort jeunes. L'un d'eux, nommé le comte de Merle,
(i) Les Huguenots lui firent cette plate tfpit^phe: Amis Français, le Prince ici gissant yécut sans gloire et mourut «n pissant^
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se tua en tombant d'une fenêtre par la faute de sa nourrice. Les deux qui lui surve'curent, sont Henri , qui suit , et Catherine , femme de Henri, duc de Bar. Antoine de Bourbon eut aussi, de Louise de Rouet de la Be'raudière , Charles de Bourbon, qui, ayant e'te' le'gilinie', fut e'vêque de Comminges, de Lectoure, enfin archevêque de Rouen, et mourut au moi* de juin 1610. (Voyez les rois de Navarre.)