FRANÇOIS -HENRI
1627. François - Henri de Montmorenci , duc de Pinei- Lusembourg, puis duc de Beaufort-Monlmorenci , pair et mare-
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chai de France, chevalier des ordres du roi, capitaine des gardes du corps , naquit posthume le 7 janvier 1628. Il se trouva à la bataille de Rocroi , le 19 mai 1645, sous le grand Conde' , dont il fut l'élève , et qu'il suivit dans sa bonne et mauvaiise fortune. Il avait dans le caractère plusieurs traits du he'ros qu'il avait pris pour modèle : un ge'nie ardent, une exe'cution prompte , un coup d'œil juste, un esprit avide de connaissances. On vit briller en lui ces différentes qualite's à la conquête de la Franche-Comte' en 1668 , oii il servit en qualité' de lieutenant-ge'ne'ral. La guerre s'étant rallume'e en 1672 , il commanda en chef pendant la fameuse campagne de Hollande , prit Groll le g juin, Deventer le 21 , et surprit Coeworden , Zwol , Campen , etc. , et de'fit les arme'es des c'tats , près de Bodegrave et deWoèrdcn, Le de'gel c'tant survenu , le duc de Luxembourg fit cette belle retraite , vanle'e par les ennemis mêmes. II passa au travers de l'arme'e hollandaise composée de 70,000 hommes, quoiqu'il n'en eût que 20,000. L'an 1674, le roi ayant re'solu la conquête de la Franche-Comte', le duc de Luxembourg l'accompagna dans cette expe'dition. En Flandre, il prit part au succès de la bataille de oènef, au mois d'août , obligea le prince d'Orange à lever le siège de Charleroi, et reçut le bâton de maréchal de France le 5o juillet 1675. Il décida la victoire de Monlcassel le 1 1 avril 1677. Assuré delà paix, signée le 1 1 août 1678 , il se vit le 2i attaqué inopinément parle prince d'Orange, vis-à-visFabbaye deSaint-Denis, où il était logé; cette surprise ne l'empêcha point de repousser le prince d'Orange, et de le chasser du village de Casteau après un combat opiniâtre et également funeste aux deux partis. Dans la seconde guerre que Louis XIV soutint contre toutes les puissances de l'Europe réunies en 1690, le duc de Luxembourg fut nommé au commandement de l'armée de Flandre. Le premier juillet, il attaqua le prince de Waldec à Fleurus , et remporta une victoire d'autant plus glorieuse, que de l'aveu de toute l'année elle fut due à la supériorité de son génie. Celte victoire fut suivie de la prise de Saint-Amand , de Mons et de Hall. En 1691 , le 18 septembre, combat de Leuze, où la victoire ne fut décidée qu'à six heures du soir. Le maréchal de Luxembourg, étonné du courage et des actions de vigueur des deux armées, dit : « Je me souviendrai de l'infanterie hollan- » daise , mais le prince de Waldec ne doit pas oublier la cavalerie » française ». Le maréchal avait auprès du roi Guillaume un espion qui fut découvert, et contraint de donner un faux avis au général français. Cependant, malgré cet avis , le maréchal avait pris ses mesures ; le 5 août son armée endormie est attaquée à la pointe du jour à Stcinkerque ; une brigade était déjà mise eu fuite ,et le général le savait à peine; mais dès qu'il fut instruit de la surprise, il répara tout par des manoeuvres aussi hardies que
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savaiilcs , et nrracha la victoire ries mains de l'ennemi, qui le laissa maître du champ de bataille. Le oy juillet 1695 , nouvelle victoire du maréchal contre le prince d'Orange à Nerwinde. Feu de journe'es furent plus meurtrières et plus j^lorieuses. Il y eut environ vinE;t-mille morts , douze mille des allie's et huit mille des Français. La calhe'drale de Paris fut remplie de drapeaux ennemis. Le mare'chal s'y étant rendu peu de tems après avec le prince de Conti, pour une cérémonie, ce prince dit, en écartant la foule qui embarrassaitla porte : Messieurs , laissez panser le tapissier de Notre-Dame. Le début de la journée de Nerwinde nepromettoit pas la victoire aux Français. Le duc de Bervvick fut fait prisonnier dès le commencemeut et conduit au prince d'Orauj^r. « Je crois , lui dit Guillaume, ivec l'air de satisfaction que dountî) la certitude de vaincre , que Luxembourg n'est pas à se repeni) tir de m'être venu attaquer ». — « Encore quelques heures . » répartit Berwick, et vous vous repentirez de l'avoir attendu » . L'événement justifia la prédiction. Du cK;)mp de bataille , le maréchal écrivit à Louis XIV, sur unchifTon de papier, pourluiannoncer sa victoire : « Artagnan , (pii a bien vu l'action , en rendra » compte à votre majesté. Nos ennemis y ont fait des merveilles, » vos troupes encore mieux. Pour moi , sire , je n'ai d'autre mé- » rite que d'avoir exécuté vos ordres. Vous m'avez dit de prendre » une ville et de gagner une baiaille, je l'ai prise et je l'ai ga- » gnée». Lorsque le roi fut instruit des détails de cette importante journée, il dit à ceuxqui l'environnaient : Luxembourg a attaqué en prince de Condé , et le prince d^ Orange a fait sa retraite en maréchal de Turenne. Le maréchal de Luxembourg terniina .«a glorieuse carrière ])ar la longue marche qu'il lit à la têie de son armée réduite à cinquante mille hommes , en y^résencc des ennemis au nombre de quatre-vingt mille , depuis. Vignamont jusqu'à l'Escaut. Il mourut à Tournai le 4 janvier 1695, regretîé comme le plus grand général qu'ciit alors la France. Il dit en mourant : «' Je préférerais aujourd'hui , à l'éclat de victoires inutiles au tribunal du j"ge des rois et des guerriers , le mérite d'un verre d'eau donné aux pauvres pour l'amour de lui ». Sa mort fut le terme des victoires de Louis XIV.
Des liaisons , qu'un des hommes d'affaires du maréchal de ' Luxembourg , nommé Bonnard , avait avec certaines femmes convaincues de l'horrible affaire des poisons, avaient attiré des soupçons injustes sur la personne de ce général. Par les conseils du marquis de Cavoie , il se rendit, en 1680, à la Bastille. Des qu'il fut dans cette prison d'étit, la j.nlousie de Louvois le poursuivit avec fureur. Les imputatioais étaient aussi ridicules qu'atrôces. Parmi les questions qu'on lui fit , on lui demanda s'il n'avait pas fait un pacte avec le diable j^our pouvoir marier sou XIL Q
fils à la fille du marquis de Louvois? L'accuse' répondit : « Quand » Malhieu de MonUnorenci épousa une reine de France, il ne » s'adressa point au diable, mais aux étals-géne'raux, qui décla- » aèrent que , pour acquérir au roi mineur l'appui des Montmo-^ )) renci , il fallait faire ce mariage. » Il sortit enfin de la liastille après une de'tention de quatorze mois, sans qu'il y eût de jugement prononce ni pour, ni contre lui, et sans que le roi lui parlât jamais de l'e'trange procès qu'il venait d'essuyer. Ce fat par des victoires que le duc de Ijuxembourg répondit à ses ciuiemis et à 6on persécuteur. Il avait e'pouse, le 17 novembre i6bi , Madeleine - Charlotte- Bonne -Therf.se de Clermont - Tonnebhe TALLAnD-LuxEMEOURG , duclicsse dc Pinei, princesse de Tingri, comtesse de Ligni , baronne de Dangu, etc., fille unique etlie'ritière de Charles-Henri, duc de Pinei-Luxembourg par son mariage avec Marguerile-Cliarlolte de Luxembourg, duchesse de Pinei, laquelle se démit de son duché en faveur de sa fille et de son gendre, à condition que celui-ci porterait le nom et les armes de Luxembourg. Cette disposition fut confirmée par lettres-patentes du même mois, enregistrées le 20 mai 1662 , et le duc de Luxembourg prêta serment, et fut reçu au parlement le surlendemain (1). De ce mariage sont issus :
1* Charles-François-Frédéric , qui suit ;
2." Pierre-Henri-Thibaut, abbé d'Orcamp , mort en 1700, le 25 novembre , à l'âge de trente-sept ans }
3° Paul-Sigismond de Montmorenci-Luxembourg , qui fonda la branche des ducs de Châlillon et d'Olonne, rapportée ci-après ;
4° Christian-Louis de Montmorenci-Luxembourg, auteur de ' la branche des princes de '^Tingri , qui sera mentionnée en son rang ;
5° Angélique - Cunégonde , dite madame de Luxembourg, abbesse de Poussai, en 1666, puis mariée le 7 octobre 1694 , à Louis de iJoissons, comte de Noyers et de Dunois, prince de Neufchâtel , fils naturel de Louis dc lîourbou, comte de Soissons.