‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 9 sur 299 · DES BARONS ET DUCS DE MCNTMOUENCI. ÎO · texte numérisé non relu

DES BARONS ET DUCS DE MCNTMOUENCI. ÎO

çardee comme le boulevard de la Normandie du côte' de la France. Ce fut là que Mathieu fit briHer sa valeur et son habileté' dans l'art militaire. Pendant environ six mois qu'on fut devant cette place, il dirigea presque tous les travaux des assie'geants , sauva notre armée d'une déroute qu'elle était près d'essuyer par sa négligence , fut des premiers aux différents assauts qui se livrèrent dans le cours de trois semaines , et vit enfui les assie'ge's forces de se rendre après la prise de Roger de L.ici, leur commandant, que le monarque victorieux traita favorablement en considc'ration de son me'nte. La conquête de la Normandie entière suivit rapidement celle de Ciiàteau-Gaillard. Simon de Jiontfort et Guillaume des Barres furent les principaux coope'ra leurs du baron de Monfmorenci dans cette expe'dition , où ils acquirent avec lui la réputation des trois plus braves de la nation. Quoique l'histoire ne reproduise point le premier dans les cam- ]),'ignes suivantes, où Philippe enleva au roi d'Angleterre les antres provinces qu'il posse'dait eu France, il n'y a guère lieu de douter qu'il n'en ait partage les fatigues et la gloire avec ce ïiiouarque. Biais c'est à la balaiile de Bouvines , donne'e en 1214, contre les forces re'unies de l'Empire, de l'Angleterre et de la Flandre , qu'on vit paraîlre , dans son plus grand éclat, la valeur et l'expe'rience de Matthieu de ?Jon(morenci. L'aile droite de liotre armée, dont il eut le comniandcjuent avec le duc de Bourgogne et le comte de Beau mont , fut la première qui engagea le combat. Elle avait affaire au comte de Flandre , qui, dans cette occasion, se battit en liomme dèlerminè à vaincre ou è pe'rir. Mathieu de Montraorenci fît preuve de la même re'solution. // lenoit , dit l'ancienne chronique de Flandre , un faus— sart en sa main , et en délranclioil les fi esses , et estait sur un grand destrier j et qui lors le leist , bien Peut pu remembrer

Seigneurs de Ma'li.

lieu d'être dirige'e , suivant sa première destination, contre les Musulmans en Palestine, se tourna, par des circonstances imprévues, contre l'empire de Constaniinopie. Lorsque les croisés eurent chassé l'usurpiteur du trône imuérial et rétabli l'empereur Isaac l'Ange , le sire de iMarli fut mis à la tête de l'ambassade qu'ils envoyèrent au jeune Aiexis, fils et collègue d'Lsaac , pour lui demander le payement de la somme qu'il leur avait j^romise. Le discours qu'il tint à ce prince n'avaut produit aucun effet, le siège de Constantinople fut résolu. Le sire de Marli se signala dans les assauts qui furent livrés à la place. Mais il mourut dans le sein même de la vicioire , à la veille de partager avec les autres chefs les débris de l'empire. Yillehardouin s'exprime ainsi sur cet événement ; Lors avilit une moult giant mésavoniure dans

un gentil vassal. L'ennemi fit plusieurs efforts, mais vains ^ pour le de'sarçonner. Le comte de Flandre n'eut pas le même bonheur. Renverse' de son cheval, tout couvert de sang et de blessures , il fut contraint de se rendre , et cette capture fît perdre courage aux Flamands, qui prirent la fuite. On prétend qu'en celte journée le baron de Montmorenci gagna douze enseignes impériales , et qu'en me'moirc de cette prouesse , le roi voulut qu'au lieu de quatre aiglettes ou ale'rions , qu'il avait dans ses armes, il en portât de'sormais seize. Ce qui est certain , c'est que la branche aîne'e de Montmorenci n'a commence' qu'après l'an 1214 a porter ce nombre d'ale'rions, qui la distinguent des branches cadettes qui n'ont rien change' aux anciennes armes de leur maison.

De'iivre' des ennemis redoutables qui avaient ose' le provoquer, Philippe Auguste tourna ses armes contre les Albigeois. Ce fut le prince Louis , son fils, qu'il chargea , ou plutôt qui obtint de lui la permission d'aller faire la guerre à ces hc're'tiques en Languedoc. Mathieu de Montmorenci, grand-oncle, à la mode de Brelagne, du jeune prince, par sa femme, eut ordre de l'accompagner dans cette espe'dition , qui dura trois campagnes. Mathieu, à son retour, l'an 1218, se vit de'core' de la charge de connétable de France, vacante par la mort de Dreux de Mello. Cette dignité' n'c'tait point alors la première de la cour. Sous les deux premières races de nos rois , le conne'table n'avait <jue le commandement de l'e'curie du roi, et c'est de là qu'il avait pris le nom de comte de V Étable , dont on a fait depuis celui de conne'table. « Il avoit sous sa charge , dit le Laboureur, M en l'e'curie le mare'chal qui e'ioit comme son lieutenant. Le »> droit de commander la milice françoise appartenoit alors au

Seigneurs de Marli.

Vost que MaTihis de Monlmoreiicj , qui ère (e'tait), un des metllors chevalier del rojaume de France , et des plus prisiez et des plus amez fut mors , et ce fti grant diels et grant dommages uns des gregnors qui aveinst en Vost d'un sol hom., et fu enterrez à vneygljse de Monseigneur S. Jean de l'Ospital de Jérusalem. Mathieu de Montmorenci avait e'pouse Maiiaut df Garlande, fille de Guillaume de Garlande, soigneur de Livry , et d'Idoine de Trie. Elle mourut le 18 mars 1223. Il en eut les enfants qu suivent :

1» Bouchard I*'', qui continue la descendance j

a° Mathieu de Marli, chevalier, seigneur de Laye , qui e'pousa Mabille de Chàteaufort , sœur de la femme de Bouchard 1",

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» senechal de France » . « Mathieu de Montmorenci , dit M. Es- » pilli, est le premier conue'table qui ait commande' les arme'es : » mais ce ne fut que par commission, et nullement en vertu y> de sa dignité; car alors la charge de se'néchal de France, » quoique vacante, n'c'toit pas encore supprime'e , puisque dans » les chartes on marquoit cette vacance par ces formules : Dn^ » pifero nullo , ou vacante Dapiferatu. Les successeurs de y> Mathieu de Montmorenci continuèrent de commander les » arme'es de la même manière, c'est-à-dire par commission , » à cause de la même vacance , qui dura jusqu'à 1262 , qu'on » cessa de faire mention de cette vacance de la dignité' de se'ne'- » chai. Nous pensons , ajoute le même auteur , d'après le » P. Daniel, que , dans le tems que cette attribution se lit à la )> dignité' de conue'table, la charge de grand-matlre de l'hôtel )» fut institue'e après la suppression expresse ou tacite de celle » de se'ne'chal, qui prit l'intendance de la maison du roi aussi » bien que le commandement des arme'es , et qu'aiusi la charge » de se'ne'chal fut séparée en deux, le commandement des ar- » mées avant été attribué au connétable, et l'intendance de la » maison du roi au grand-maitre de l'hôtel. » La dignité de connétable devint alors la première par les honneurs, la puissance et les prérogatives que nos rois y attachèrent.

Après la mort de Philippe Auguste , le roi Louis VIII , sou fils , voulant poursuivre ses conquêtes au-delà de la Loire, se mit en route au moi? de juin 1224, accompagné du connétable de Montmorenci et d'un grand nombre de prélats et de seigneurs, pour la ville de Tours, 011 était le rendez-vous des troupes. Le monarque, ayant donné la conduite de l'armée au connétable , alla mettre le siège devant le château de Niort, que Savari de Mauléon , réputé pour le plus grand capitaine de

Seigneurs de Marli.

son frère. Le nécrologe de Port-Royal met sa mort au 2 avril vers l'an 1249 5 .5° Guillaume de Marli , chanoine de Notre-Dame de Paris , en 1 25 1 ;

4° Marguerite de Marli, dame de Verneuil, mariée à Aymeri , vicomte de Narbonne , fils de don Pèdre de Lara , comte de Molina en Espagne, et de Sanche , fille de Garcie, roi de Navarre.

BOUCHARD I"

T224. Bouchard I", chevalier, seigneur de Marli, de Montreuil-Bonnin , de Saissac, de Saint-Martin en Languedoc, de

lO CHRONOLOGIE HlSlOftlQUL

l'Europe, fut contraint de rendre après divers assauts. Saint- Jean-d'Angeli, où il s'.iclieniina eusui e, lui ouvrit ses portes dis qu'il parut. Delà, s'o'tant rendu , au mois de juillet, devant i;i Rochelle, il eu» encore eu tête le même Savari, qui s'e'tait enferme' dans la place avec trois cents chevaliers et une forte garnison. La re'sis'ance que fit ce commandant, fut encore plus vigoureuse qu'à Niort 5 mais elle ne put soustraire la Rochelle au joug des Français. Savari, indigne' qu'au lieu d'argent dont il avait un besoin pressant, la cour d'Angleterre lui eût envoyé des coffres remplis de pierres et de son , prit le parti de capituler, le 5 d'août, après trois semaines de siège. ( Gesta Ludov. F^lff, apud. du Chèque, T. V, p. 186 ) La prise de la Rochelle entraîna sans effort !a soumission de toutes les provinces de la domination anglaise jusqu'à Eoi deaux. Cette campagne glorieusement achevée , le connétable ramena le roi triomphant à Paris. L'anne'e suiv,mte , ils passèrent une seconde fois la Loire sur la nouvelle d'une descente des Atjglais en Guienue. Celui-ci ayanl à leur tête le prince Richard, frère du roi, n'attendirent p.ii notre armée pour regagner leurs vaisseaux et cingler vers leur ilc. Les sollicitations du pape et des e'vêques ajant de'fermine' Louis VIII à se croiser de nouveau contre les yVlbigeois, les princes du sang et la plupart des grands vassaux du royaume suivirent l'exemple du n)onar(pie. On fait monter à cent cinquante mille hommes de cheval et à un plus grand nombre de gens de pied l'armée qu'il rassembla pour cette expe'dilion. I^e connétable fliathieu fut celui qui en eut le commandement sons ses ordres. Avignon e'iait depuis douze ans sous l'anatlième. Ce fut contre cette ville que les croisés coniinencorent leurs hostilités. Leur intention n'avait d'abord e'te' que de la traverser pour entrer eu Languedoc; mais sur le refus qu'elle lit de livrer le

Seigneurs de Marli.

Picauvillc, etc. , fut au secours de l'armée chrétienne en Languedoc , où Simon de Montfort , qui en était le chef, lui donna le-; châteaux de Saissac et de Saint-Martin, au diocèse de Carcassonne. Use signala dans les guerres que ce comte eut contre les Aibigcoisjmais, l'an 1210, comme il poursuivait l'ennemi avec trop d'ardeur, il fut fait prisonnier, et détenu seize mois au château de Cabaret. L'an 1212 , il revint eu France ; trois ans après il retourna en Languedoc, et était à Montauban le 12 juin 12 i5; il e'tait de retour de celte expédition avant le mois de novembri,' I2?.i. Il céda au roi Louis VIII, père do saint Louis, le droit qu'il avait de chasser dans la forêt de Cruye , et fut un des baron»; qui conseillèrent au roi d'entreprendre un vbyage sur les terres des Albigeois ; accoaipagnaj ce pwuarquc î\u siège dievant Avi-

DES BAROISS ET DUCS DE MONTIvîORENCI. I7

passage qu'on lui demandait, le siège en fut résolu. Les maladies que la famine causa dans notre arme'e , le firent durer l'espace de cinq mois. Louis, e'tant entre' victorieux dans Avignoti le 12 septembre 1226, passa de là en Languedoc, où la terreur de son nom lui soumit presque toute la noblesse et le peuple de; cette grande province. S'ëtaat mis en marche au commencement d'octobre suivant pour retourner à Paris, une maladie aiguë l'arrêta, le 25 du même mois, à Montpensier. PreVovant bientôt qu'il n'en reviendrait pas, il appelle dans sa chambre les princes, les prélats et les barons qui l'avaient accompagne'; et, eu leur présence, jetant les jeux sur Mathieu de Montmorenci, il le conjure, dans les termes les plus touchants , de prendre sous sa garde son filri aine. Le connétable lui en donna l'assurance avec une voix entrecoupée de sanglots. Nous croyons devoir mettre sous les yeux de nos lecteurs le récit que Philippe 3'louskes fait de cette scène attendrissante :

Puis apiiilla ( le roi ) ses compagnons

Et son ciurgiei et ses barons ,

Si lor feist esrammeut jurer

De s'aisnet £11 asscuter,

El de couronner à qiiiiuaine ,

Pour oster d'annui. ei. de paine

Et la coiitrue et le pais ,

Et pour con c^u'il ne tu trais.

Et il ly orciit en convent

Plorant et receent souvent

Sa vailîandise et sa bonté,

Et sa largaice et sa biauté.

Et le lois , ki bien les ooit ,

Les apatloit quand il pooit.

Seigneurs de Marli.

gnon, en 1226, et mourut au retour le i3 septembre de la même année. Il avait épousé Mahaut de Chateaufort , morte vers l'an 1260, fi'.le du seigneur de Chateaufort, près Paris, et de Clémence de Courtenay. Leurs enfants furent :

1' Thibaut de Marli , qui se rendit religieux à l'abbaye de Vaux-Cernay en 1226, en devint abbé en i235, et mourut en odeur de sainteté le samedi 7 décembre 1347 }

a° Pierre, dont l'article suit ;

3» Mathieu de Marli, mentionné dans une charte de 1212, mort après l'an 1204 j

^° Bouchard II , qui viendra ci-après ',

5° N... de Marli , mariée à Guillaume l'Etecdart , chevalier. XU. 5

iS CHUONOLOGTE HISTORIQUE

Et Mahin de Montmorency Proia -il que pir sa luercy Presisi ea gaidc son enfani; Et il l'ottroya eupiorant.

11.e connétable tint fidèlement la parole qu'il avait donne'e aa. monarque expirant. La reine Blanche n'eut point de défenseur plus zélé et plus constant que lui dans les traverses qu'elle essuya durant sa re'gence. Les comtes de Champagne, de la Marche et xle Bretagne s'e'tant ligue's contre elle, il entra à main arme'e, J'an 1227, sur les terres du premier, et le re'duisit en peu de tems à implorer la clémence du roi. De là il conduisit en dili- ,^ence son arme'e vers la Bretagne , et contraignit les comtes de Bretagne et de la Marche à venir faire satisfaction, le i6 mars 1227, au roi et à la re'gente dans le château de Vendôme. Une nouvelle ligue s'e'tant forme'e bientôt après , par les intrigues di» comte de Bretagne, et grossie d'un plus grand nombre de seigneurs qu'il y fit entrer, le conne'lable eut l'adresse d'en détacher, l'an 1229, trois des principaux tenants, les comtes de Dreux , «le IVevers et de Boulogne. Cette de'sertion n'e'brania point l'obstination du comte de Bretagne. La re'gente , de'lermine'e à le re'duire par la force des armes, chargea le connétable d'aller assiéger Bellême, qui était comme la clef de ses états. Malgré la rigueur de la saison (ou était alors au fort d'un hiver très-rude) , elle amena le roi, son fils, devant cette place, dont les porter furent ouvertes après une longue résistance. L'armée victorieuse entra , au mois de janvier i23o, dans l'Anjou, et de là en Bretagne , où , dans une seule campagne , elle triompha des forces réunies , et du comte , et du roi d'Angleterre qui était venu à son secours. ( Voy. les comtes de Bretagne. ) Au retour de cette glorieuse expédition , le connétable Mathieu termina ses>

Seigneurs de Marli,

PIERRE

1226. Pierre, chevalier, seigneur de Marli et de Montreuiî- Bonnin , fut un des barons que saint Louis manda à Saint-Ger— xnaiu-en-Laye , eu 1256, pour le servir contre Thibaut , roi de Navarre, comte de Champagne. Il mourut peu après l'an I25q , sans enfants de Jeanive , sa femme, laissant Bouchard , son frère , héritier de ses biens.

BOUCHARD IL

t2/,o. Bouchard II, seigneur de Marli, de Montrcuil , de Picauvillc , etc. , lit une donation , du consentement d'AcivÈs nr E*AuaiOi>iT, sa, ffuiaie , k Jeaa de Buchival ; cet acte, du mois de

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