‹ L'art de vérifier les dates (volume 3)Chapitre 103 sur 111 · XII. Adar, 29 jours · texte numérisé non relu

XII. Adar, 29 jours

Jours ,

Févr.

juifs.

11 1 BoshoJe.

12 2 Samedi.

17 7 Jeûne pour la mort de Moïse.

18 8 Fêle des Trompettes pour les pluies, ig 9 Samedi.

ao 10

23 i3 Jeûne d'Esther.

24 i4 Premier Purim , ou Phurîm , petite fête des Sorts.

25 i5 Sec.onà Purim , ou Phurim ^ grande fêle des Sorts.

26 16 Samedi.

28 iS JNlars.

5 23 Samedi. Dédicace du temple de ZorobabeL

10 28 Révocation de l'édit d'Ant.iochus.

ET DU CALENDRIER DES JUIFS MODERNES." l4i

- Nous avons eu soin d'insérer clans ce Calendrier les Roshodcs\, les Técufot , les samedis^ \cs fêtes et les jeûnes do Tannée , avec l'attention de placer au lendemain les jeûnes (jui tombent le sa- ■medi , à l'exceplion de celui des expiations, qui ne se remet point, dit M. Venture. Nous remarquerons ici que parmi les samedis , ou sabbats de l'année, jours si solennels pour les juifs anciens et modernes , qu'ils distinguent parliculièreiuent ceux xjui se trouvent immédiatement après Pâques jusqu'à la Pentecôte; car dans Tintervalle de ces deux fêtes , il y a toujours sep,t samedis, dont celui qui arrive dans la semaine des Azymes est •appelé samedi de PessaJi ; mais si le premier samedi depuis la Pâque tombe le dernier jour des Azymes , on l'appelle huifièmè de Pessah^ et les six autres qui suivent sont distingués par la dénomination commune de Pererj , c'est-à-dire section ou chapitre. Os six sabbats sont désignés dans le Calendrier Hébraïque par le mot Pereq ^ pour avertir que c'est dans ces jours qu'on lit dans la synagogue vm chapitre ou section du livre a'Abod , lequel est inséré dans le Talmud. Ainsi, c'est par cette raison que le second samedi depuis Pâques est appelé Pere() premier , parce que c'est en ce jour que l'on commence à lire le premier chapitre de ce livre, et successivement les cinq autrv>s , de manière que la lecture du sixième et dernier chapitre est affectée au samedi qui précède immédiatement Sahoufiot , ou la fête des Semaines ; et celte dénomination des sabbats ou samedis, qui se trouvent dans cet espace, peut servir pour l'intelligence du passage de saint Luc (VI. i- ) , qui dit : Unjourdesahbnt^ appelé le secondpremier , comme Jésus passait le long des blés : in sabhalo scrundoprimo ; puisque par ce sabbat l'évangéliste ne veut dire autre chose que le second sabbat depuis la solennité de Pâques , comme effectivement ce samedi est le deuxième, quoique appelé secondpremier, attendu que c'est en ce sabbat, comme on l'a déjà dit , qu'on commençait la lecture du premier chapitre (VÀbod, ou pour mieux dire , comme en ce lems-là la doctrine contenue en ce livre n'était point encore écrite, elle s'enseignait de vive voix par un des anciens de la synagogue. Au surplus, on peut consulter les interprètes de l'Kcriture Sainte sur ce sujet. Pour ne rien laisser à désirer, nous allons donner un précis raisonné des fêtes , solennités et jeûnes jadïfjues , que nous avons extraits du (calendrier des Juifs pour l'année 1779.

Le Sabbat est une des fêtes les plus solennelles des Juifs ; son institution est aussi ancienne que le monde ; il est célébré en mémoire de la cessation de l'ouvrage des six jours, et du repos que l'Eternel prit dans ce même puT (Gen. II , 2 et 3.) Le mot Sabbat , en hébreu , signifie cessation et repos, il est défendu aux Juifs de faire en ce jour aucune œuvre servlle , d'écrire , de

X^S. DE l'année des anciens HEBREUX

traiter d'affaires, de voyager, de s'éloigner même de la ville andelà de deux raille pas, de porter aucune arme, de toucher aii feu, d'apprêter à manger, de porter ce dont on a besoin d'un lieu à un autre, et de jouer des instruments. Le vendredi , environ une demi-heure avant le coucher du soleil , on commence la fcte , en allumant des lampes à cette occasion , et on doit avoir tout préparé pour les repas du soir et du lendemain. La fête ne finit tout- à-fait que la nuit du samedi, après la prière du soir; on fait cependant allumer le feu par quelque étranger non juif, pour échauffer les viandes, pour les vieillards, les infirmes, les enfants, et contre la rigueur du froid. Les malades qui sont err danger, et les femmes , dans les premiers jours de leurs couches, peuvent se faire servir par un israélite, sans le secours d'un étranger. On lit dans la synagogue une section du Pentateuqne, tous les samedis de l'année , et quelquefois deux ; de sorte que dans un an, on lit tous les livres de Moïse , qu'on a divisés en cinquantequatre sections , ou leçons.

On commence à les lire immédiatement le premier samedi après les fêtes des Tabernacles : on lui donne le nom de Sabbat Bereschit , du nom de la Section; on fait une petite fête, et on fmit le Pentateuque le jour de Simha-tora. Voyez l'article des fêtes des Tabernacles.

Il y a dans l'année quatre samedis distingués, dans lesquels on lit quelques passsages du Pentateuque, outre la section du jour, lesquels prennent le nom de ces lectures ; ce sont , i". le samedi Sheekah'ni , c'est-à-dire , des Sicles , en mémoire des Sicles d'ar-* gent qu'Amant promit de donner au roi Assuérus, pour qu'il lui livrai le peuple juif. ( Esther. III. 9. ) Ce samedi est avant ou ensemble avec le roshode adar ; 2.°. le samedi Zachor ^ c'est-àdire, du souvenir, en mémoire de la défaite des Amalécitcs, desquels descendait Aman. C'est pourquoi on lit le passage du Deutéronome, XXV. ly, qui en fait mention, et qui commence par le mot Zacîior. Ce samedi est avant la fête de Pnrim ; 3". le samedi Para ^ c'est-à-dire de la Vache, en mémoire de la Vache rousse que Moïse fit offrir dans le désert , pour purifier, avec sa cendre, tous ceux qui étaient impurs. (ISoml). XIX. i et suiv, ) Ce samedi est l'avant-dernier, et quelquefois le dernier des roshodes d'adar; j^"^, le samedi Hahodes y c'est-à-dire du mois, en mémoire du premier mois de l'année , dans lequel le peuple juif sortit de l'esclavage de l'Egypte, et mi Dieu fit éclater ses miracles, en le délivrant par la voie du législateur Moïse; c'est pourquoi on lit le passage de l'Exode XII. 1,2, etc. , qui commence par le mot Hahudcs, Ce samedi est avant le roshode nisan, ou concourt avec lui. Ppur le samedi Hagadol. Voyez Varticle de Pâques. Los samedis de Ilaphsaca , ou Séparation f

ET DU CALÈXDRÎÊr. DES iUIFS M0Î)ER>-E3. l43

Sont ceux qui se trouvent quelquefois entre les quatre samedis dont on vient de parler.

Les samedis qui se rencontrent dans les fêles , prennent le nom des fêtes auxquelles ils sont ioinls, comme samedi de Pessali , de Souccot^ de Hanourca, de Roshude ^ etc. On nomme communément ks trois samedis qui se rencontrent entre le jeune de tha~ muz et celui d'a^ , samedi D/'bré ^ samedi Si/nhouz , et samedi Hazon ou Ecka , à cause des sections lugubres des prophètes qu'on y lit , et qui commencent par ces mots. ( Jérémie, I et IL Isaïe , L) Le samedi, qui se trouve immédiatement après le jeûne d'aZ», est appelé samedi Nahamon , mot par où commence la section du prophète Isaïe, XL, qui signifie /:o«5o/e5-i'OM5. On nomme enfin samedi de Teschoitba , ou Sihouba , celui qui se rencontre entre les jours de Ros-haschana et celui de Qui'ppour , parce qu'il est dans les jours de pénitence.

La Paque est, comme on l'a dit, la fête la plus solennelle des Juifs, qu'ils célèbrent le quatorzième jour de m'san, à la pleine lune de mars , qui est le premier mois de Tannée ecclésiastique. Sur le soir, ou plutôt entre les deux vêpres, c'est-à-dire depuis midi et demi, et après avoir immolé le sacrifice continuel, jusqu'au coucher du soleil, on immolait l'agneau pascal, d'abord dans le tabernacle , et ensuite dans le parvis du Temple; on le faisait rôtir , et on le mangeait par familles, au commencement de la nuit suivante, à l'entrée du quinzième jour, avec des laitues amères , et du pair» sans levain. Dans l'espace de cinq à six heures , on immolait une quantité immense de victimes. Le nom de cette fête, où l'on immolait et où l'on mangeait l'agneau pascal , s'appelle Pessah , c'est-à-dire , passage , du mot hébreu Pessah, il a passé, il a sauté, parce que l'ange du Seigneur, , passant pour tuei les premiers nés des Egyptiens , fit grâce aux maisons des Israélites, dont les poteaux étaient teints du sang de l'agneau pascal, qu'Us avaient immolé par l'ordre de Dieu. ( Ex. XII. ?y. ) Les premiers nés jeûnent ce même jour tous les ans, en mémoire de cette délivrance.

I.a cérémonie qu'on fit en Egvpte , de prendre l'agneau le dixième jour, et de le garder jusqu'au quatorzième , ne fut que pour cette année-là seulfment , et non pas pour les autres. Ce dixième jour fut un samedi , parce que le jour de la sortie de l'Egypte, qui fut le i.S , tomba le jeudi. Et à cause du miracle que Dieu fit défaire prendre ce jour-là, en présence des Egyptiens, l'agneau qui était l'idole qu'ils adoraient , on l'a appelé sabbat Hagadol , c'est-à-dire, /<? grand samedi , et c'est celui qui vient immédiatement a\ant la fête de Pàque.

Ceux qui étaient malades ou Impurs , ou qui voyageaient , ou qui avaient quelque empêchement légitime , qui ne leur permît

l44 DE L'A>fNiE DES ANCIENS HEBREUX.'

pas de célébrer la Pâque dans son tems, étaient , avons nous déjà dit, obliges de le faire le quatorzième jour du mois suivant; c'est ce qu'on appelle Pe^wA Scheni ^ c'est-à-dire la seconde Paque. (Nom. iX. lo, 1 1 , etc.) Le quinzième jour du mois pascal est la fête des Azymes , en mémoire de la sortie d'Egypte. Elle dure, selon la loi , sept jours (Ex. XII.), ainsi que 1 observent encore ceux qui liabltent la Terre-Sainte, ne faisant solennels que le premier et le dernier ; mais ceux qui babitent ailleurs la font durer buit jours, suivant l'institution des anciens Ixaliuins, fondés sur l'usage de lenrs prédécesseurs, qui , étant éloignes de la Palestine , et ne sacbant précisément quand le Sanhédrin marquait les jours des nouvelles lunes, étaient obligés, à cause qu'ils ignoraient le jour précis de la fêté, d'en faire un jour de pbjs, pour ne point manquer de la faire en son tems, parce qu'alors le calendrier n'était point encore en usage. Les deux premiers et les deux derniers jours sont solennels, pendant lesquels on ne peut ni travailler, ni traiter d'affaires; ce qui s'observe presque comme le jour du Sabbat ; mais il est permis de toucber au feu, d'apprêter à manger, et de porter ce dont on a besoin d'un lieu à un autre. On appelle ces deux jours de solennité déplus, les seconds jours de fête delà Captùité. Durant les quatre jours du milieu, qu'on aT[>^e[\e Hofj-fiumahed ^ c'est-à-dire, les jours proj unes de la fêle , on ne doit travailler qu'à de certaines cboses urgentes, et qui pourraient périr si on les laissait jusqu'après la fcte. Mais per*daut les huit jours il est défendu de manger, ou d'avoir dans son pouvoir du pain levé , ou du le\ain quelconque; et à cause de cela on prend un soin extraordinaire doter absolument tout le levain de la maison ; et on ne se sert que des ustensiles de table et de cuisine qui ont servi les autres années pour ces mêmes jours.

Le liOMER , qui signifie Mesure ou Gerbe ^ est le nom qu'on donnait aux prémices de la moisson que Ton offrait dans le Temple le i6 du mois de nisun La loi ne détermine point de quelle espèce de grain cette gerbe devait être; mais la tradition leur enseigne que ces prémices devaient être de l'orge , parce que cette espèce de grain mûrit plutôt. H n'était point permis de mettre la faulx dans la moisson avant que celte oblation eût été faite. Et depuis le jour qu',pn avait offert ces prémices dans le Temple , avec toute la pompe et toute la magnificence possibles, on comptait sept semaines, ou quarante-neul jours. (Lévit. XXYIil. lo et i5. ) C'est pourquoi l'on a soin de compter Je Homer^ c'est-à-dire les quarante-neuf jours du Honier ^ depuis le second jour de Pâques jusqu'à la fête des Semaines, qui est lo cinquantième jour du liomer.

Laglahomer, c'est-à-dire le trente-troisième jour du i/o-.

tT SU CALENDRIER DES JUIFS MODERNES. i/^^

■Ifiçr , est, une pelite fête que l'on fait en mémoire de la cessation de la mortalilé tics cliscipk's du rabbin Hakiba , qui commen-' cèrent à mourir le premier jour du Homer^ et cessèrent le I renietroisième. Il n'est point dclenda de travailler; plusieurs juifs sont dans l'usage de ne point se faire raser pendant tous ces. jours-là, pour marquer le deuil de la mort de ces disciples.

FÉTt DES Semaines ou Sabouhot. Après avoir complé sept semaines pleines, depuis le seizième jour An nisau , les Juifs célèbrent avec grande solennité le cinquantième jour, qui est le 6 du mois siôan , ou de la lune de mal. (Sicile (été est célébrée deux jours entiers , qui sont observés comme les deux jt>urs so-' lennels de Pâques. Les babiians de la Terre-Sainle ne la font: <]u'un jour : elle est nommt'e/t7e des Semaines ^ Jéte de la Aïois-^ jo« , et Jour des Frentires; parce que les sept semaines élant écoulées, on offrait à Dieu en aciions de grâces deux pains de froment nouveau, comme les prémices de l.i îTioisson. ( Ex. et Lévit. XXIII. ) On appelle ce jour-là //«/5e/r/, c'est-à-dire eon-' clusion de soIennUé ^ parce que ce jour là terminait entièrement la solennité pascale. A pareil jour, c'est-à-dire le clnquantieine depuis que les Israélites furent sortis d'tgypie, la i.oi lut don-* née à Moïse sur le mont Sinaï. C'est un jour de réjouissance où l'on est dans l'usage d'orner de Heurs les synagogues et les maisons.

tÊTE DES Tabernacles, ou Souccot, appelée aussi Scéno-' PEGIE, mot grec qui signifie érection des Tentes. Le (|uiiizième jour du mois de ihisii, ou de la lune de septembre, les Juiis célèbrent pemlant neuf jours la fête des Tabernacles, des Tentes, ou des Cabanes, en mémoire de ce que les anciens Israélites campèrent sous des tentes dans le désert en sortant d'Egypte. Les sept premiers jours sont appelés la "fêle des Tentes ^ ou des Cabanes; on les appelle aussi la fête de la Récolte y parce qu'elle est célébrée . dans l'automne , après la récolte des fruits. Chacun chez soi fait , en un lieu découvert , une cabane couverte de feuillages ^ tapissée à l'entour et ornée autant qu on le peut ; et pendant ces sept jours, il n'est point permis de manger , de boire , ni même de dormir, s il est possible, que sous les cabanes. iVussi est -il dit dans le Lévitique, XV. :>,■'): Fous habiterez, sept jours sous les cabanes. Outre cela, on porte à la synagogue, le premier jour, et pendant tous les autres , le fruit d'un bel arbie , comme de cédra , de palmier, de petites branches de myrte et de saulô ( Lé^'it. XXI II. ) , et on se réjouit danint le Seigneur. Les deux premiers jours de cette fête sont solennels, comme ceux de Pâques; les cinq jours qui le.'»suivent sont > omme les quatre durailieu de Pâques. Ceux (pii habitent la Terre-Sainte ne font qu'ua seul jour de solennité et six pi-ofaues. Tous les jours de la fête, on

l46 ÏÎË l'année des anciens HEBREtJît

fait le toui' de Tautel avec les palmes , les branches de myrte et de saule , et le fruit de cédra, excepté le samedi qu'on ne fait point le tour , ni les cérémonies qui Taccorapagnent. Le septième jour , qui est appelé Hoschahana Rabba , c'est-à-dire le jour du giand Hosanua , on fait sept fois le tour de l'autel. Une des principales cérémonies de celte fête est de puiser et de ré— pandre de l'eau sur l'autel avec beaucoup de réjouissance. On la nomme la réjouissanre du puisemeni. Le huitième jour de cette fèfe est appelé Srhemini haghatseret ^ c'est-à-dire la comAusion de îa solennité ^ et ce jour là est un jour consacré particulièrement à Dieu. Il est célébré avec la même solennité du premier jour; et îe neuvième jour, ^ qui est aussi solennel, est appelé Sim-hatora, c'est-à-dire la joie de la Loi ^ parce qu'on achève de lire tout le Pentatcuque , conformément à la division qui en a été faite pour chaque semaine ; et comme c'est alors la fin de l'année pour la lecture de la loi, on choisit deux hommes dans la synagogue qu'on appelle époux ^ dont l'un lit la fin , et l'autre reprend ensuite le commencement ; ce qui est accompagné de quelques signes d'allégresse. Celui qui lit la fin est appelé /'<?yoo7/a; de la Loi , et l'autre l'époux du commencement de la Loi. Le sa-' medi suivant est appelé sabbat Bereschit^ du nom de la première lecture du Pentateuque , qui commence par le mot Bereschit , c'est à-dire au commencement. Ceux qui habitent la Terre-Sainte font la fête de Sim-ha-tora le huitième jour , parce que ce huitième jour est de l'institution des Rabbins, comme il est dit à l'article de la fête de Pâques.

Kos-HASCHANA , c'est-à-dire chef de Van , est la fête du coramenpement de l'année civile , que les Juifs célèbrent pendant les ileux premiers jours de ihisn\ ou de la lune de septembre , comme il est dit dans le Lévitique ( XXIll et XXIV ) en mémoire de la création de l'homme; car, selon l'opinion la plus commune parmi les Rabbins, le monde a été créé en automne. Pendant ces deux jours , que les Juifs appellent yortz-^ de juge~ ment ., jours de souvenir., jours de tnbulation ., jours terribles., et enfin , jours de pénitence , ils s'abstiennent de toute œuvre scrvile , et ils les regardent comme des jours où Dieu juge les hommes, relativement aux actions de l'année passée , et dispose des événements de celle dans laquelle on entre. Ils font plus de

Frières dans ces jours-là , que dans aucun autre jour de fête de année, et ils y rappellent les actions les plus mémorables de leurs anciens patriarches , particulièrement celle du sacrifice d'Isaac , qui a été faite dans ces mêmes jours; ils y sonnent le srliophar ., qui est une espèce de trompette courbe , d'environ un pied et demi, faite de la corne d'un bélier, en mémoire du bélier qui servit d'holocauste en place d'Isaac. Cette trompette était beaucoup en usage parmi le§ anciens Israélites ; on s'en

ET DU CALENDRIER DES JUIFS MODER>'ES, î^j

servait d'abord pour convoquer l'assemblée, pour marquer le départ des troupes , pour annoncer l'année du jubilé. Josuë s'en est servi pour abattre les murs de Jéricho. On s'en servait dans le tabernacle , pendant les fêtes solennelles, lorsqu'on immolait les holocaustes et les victimes de paciticalion ; et on s'en est "servi ensuite dans le Temple pour y annoncer les fêles solennelles, l'entrée du jour du Sa///mt ,'et les jours de la nouvellelune. De là , il a été ordonné d'après le Lévitique (XXill ) et les Nombres (XVI) de la sonner au chef de l'an, pour faire songer au jugement de Dieu, intimider les pécheurs, et les porter à se repentir. Le samedi qui suit immédiatement ces deux jours ^ est appelé sabbat de Teschouha , c'est-à-dire, le samedi de péni^ tertre; parce qu'il se rencontre dans les dix jours de pénitence ^ que l'on compte depuis le premier jour de Tan, jusqu'au joui* d'expiation inclusivement.

Le lendemain du roshoâe elul , ou de la nouvelle lune d'août, qui est celle qui précède la lune du jour de l'an, oiicommence à réciter, avant l'aurore et dans la prière du soir, les. Sclilioi , ou prières d'indulgences, jusqu'au jour d'expiation, sans discontinuer, excepté les samedis et les deux jours de Ros~ haschana. Ce sont des prières que l'on fait pendant quarante,

{"ours, pour demander pardon à Dieu des fautes commises dans ^année , et se préparer à la pénitence avant le jour d'expiation , en mémoire des quarante jours que Moïse resta sur la montagne de Sinaï, pour recevoir les dernières tables de la Lai , et obtenir de Dieu miséricorde pour son peuple. Les juifs allemands, ne commencent ces prières que la semaine avant Ros-huschanu. Plusieurs Juifs sont dans l'usage de jeûner pendant ces quarante jours ; d'autres ne jeûnent que les lundis et les jeudis, et quelques-uns les dix jours de pénitence seulement : les samedis et le jour de l'an on ne jeûne point.

QuippouR, ou JOUR d'Expiation, e'est le jour que Moïse ^ après avoir obtenu de Dieu le pardon du peuple juif à cause du veau d'or, descendit du mont Sinaï avec les deux dernières tables de la Loi. Il se célèbre le lo du mois de /hisri , ou de l.i lune de septembre , ordonné dans le Lévitique ( XXÏII ) ; il s'appelle le jour d Expiation , parce que le grand sacrificateii» offrait à Dieu, en ce jour-là, un sacrifice d'expiation durant lequel , ayant fait devant Dieu la confession de ses péchés et de ceux du peuple, il en demandait la rémission , et purifiait le sanctuaire, l'autel et tous les Israélites. Pendant ce jour- là , toute œuvre servile cesse, comme au jour de Sabbat ; on s'abstient de manger, de boire , de se laver , de s'oindre , de chausser des souliers de cuir , et d'avoir communication avec sa femme ; on y lait quantité de bonnes œuvres, et tout ce qui doit accompagner, selon les Juijs, une exacte pénitence; et on demcuie

i4S DE l'anmée des anciens hébreux

toule la journée à la synagogue , en récitant plusieurs fois âeS prières d'influlgences c\ autres , en se confessant de ses péchés et en racontant les cérémonies que le grand sacrificateur faisait dans le ï( m; le et dans le saint des saints, où il ne lui était permis d'entrer que dans ce seul jour de Tannée. La veille de ce terrible jour, on s'y prépare par des actes de dévotion; on va visiter les malades ; on tàche^de se réconcilier avec les personnes que Ton a offensées pendant l'année ; on s'entre -pardonne ses fautes ; on va se purifier à la rivière ou dans quelques réservoirs d'eau courante ; on fait des aumônes; on va souper avant que le soleil soit couché ; on change de linge ; on ôle ses souliers en signe de pénitence, et on demeure sans boire ni manger jusqu'au lendemain au soir. Les femmes nouvellement accouchées, les malades en danger , et les enfants au-dessous de treize ans , ne sont point obligés de jeûner.

Le (ou la) Roshode, c'est-à-dire le premier du mois ou la îiouvplle lune, est un jour de fête, et quelquefois il y en a deux de suite , dont l'un termine le mois précédent. On faisait à celui ^ui commence le moisun nouveau sacrifice d'expiation. Quoique Je travail ne soit point défendu , les femmes sont dans l'usage de «'en abstenir.

Lorsque le Rosïiode ï^^est que d'un jour, la nouvelle lune <lolt être arrivée, au plus tard, la veille avant midi de ce jour ; et s'il y a deux jours de Rushode , la nouvelle lune peut arriver le soir du premier jour de Rushode. On commence à cop^pter les jours du mois parle second jour, lorsqu'il y a deux jours de Roshode. Tous les mois précédés d'un mois de '-^o jours ont deux jours de Roshode ; et ceux , au contraire , qui sont précédés d'un mois de 29 jours n'en ont qu'un. Nisan , si ban , aby ihisri et sabaih n'ont jamais qu'un jour de Roshode. Jiar ^ iha-, Traus, eliil , marrhesiHin, adar et i'é adur ^ dans les années embolismiqucs , en ont toujours deux; casieu et tebeth cjuclquefois n'en ont qu'un et quelquefois en ont deux.

La fête de Ha>oucca. ou de la Dédicace commence le aS «le casieu ou de la lune de novembre , et dure huit jours. Idle est célébrée en mémoire de. la dédicace du Temple par les Machabées , et de la victoire qu'ils remportèrent sur l'impie Antiochus Tan .3632 de la création, et 128 ans avant l'ère chréîienne. On allume des lampes pendant ces huit jours, à cause (lu miracle qui a été fait de l'augmentation de l'huile. Après Cjue les Machabéees eurent purifié le Temple que les Grecs avaient souillé, ils cherchèrent de l'huile sacrée pour allumer de nouveau les lampes du sanctuaire qui avaient été éteintes, et n'en trouvèrent qu'une petite caraffe cachetée du sceau du grand sacrificateur, dans laquelle il n'y avait que la quantité suffisante pour un seul jour : mais il se fit, par un miracle, qu'elle dura huit

ET DU CALENDRIER DES JUIFS MODERNES.* l^fj

jours , jusqu'à ce qu'ils fussent à même d'en avoir de la nouvelle. 11 n'est point défendu, ces jours-là, de travailler; néanmoins on s'en abstient les soirs, pendant que les lampes sont allumées. (Josephe , Ant. L. i3, c. lo. )

PuRiM , ou la FÊTE DES SoRTS, est célébrée pendant deux; jours , le 1 4 et le i5 du mois adar ou de la lune de février, en mémoire des sorts que le sanguinaire Aman jeta pour perdre les Juifs s#us le règne d'Assuérus , et pour le miracle que Dieu fit à son peuple de l'en délivrer, environ deux ans avant le rétablissement du second temple de Jérusalem. On est dans l'usage, ces deux jours, de ne point travailler; on les passe en grands festins et réjouissances, on s'envoie réciproquement des présents , on se donne des étrennes en signe d'allégresse. La veille, qui est le 1 3, si ce n'est point un samedi, on jeûne , eu mémoire du jeûne que la reme Eslher institua dans ce tems-là. (^Esth. Vlll, IX ci si/io.) Si la veille est un samedi, on jeûne le jeudi précédent , qui est le 1 1. Si l'année estembolismique, on fait la fête dans le second adar ou vé adar; et dans le premier adar, on fait une petite fêle moins solennelle, qu'on nomme Purim PvISChon, la première fête des Sorts, en mémoire du grand Put im; et on ne jeune point la veille,

Ros-HASCiiANA DES Arbres, c'est -à-dire Chef-de-l'an des Arbres, est une petite fête que l'on célèbre le premier de sahath ou de la lune de janvier, à cause des arbres qui commencent à pousser alors dans la Terre-Sainte , et de la première saison de l'année.

TouBEAB, ou le i5 du moisni, ou de la lune de juillet, est une petite fête qu'on célèbre, parce qu'anciennement, dans ce même jour, les filles juives sortaient aux champs toutes habillées en blanc pour y danser et pour se montrer aux jeunes gens qui voulaient en prendre pour le mariage.

L'Oraison pour la pluie est une prière que les Juifs font

Eour demander à Dieu la pluie dont les biens de la terre ont esoln , et l'abondance de Tannée. Elle commence régulièrerement soixante jours après la Tecufa de tJilsri.

Les Tecufot (pluriel de TecAifa) sent proprement les Quatre Tems des Juifs, avec cette différence que ceux des Chrétiens sont des jours de jeûne mobiles, au lieu que les Juifs ne jeûnent point les jours de Tecufot, qui sont d'ailleurs immobiles, puisqu'ils sont tombés pendant tout le cours du 18'', siècle, g^voir, la Tecufa de nisan au 5 ou au (5 d'avril; celle àethtimuz, au 5 ou. au (> de juillet ; celle de thisri au 4 ou au 5 d'octobre, et celle de thebet au 4 ou au 5 de janvier; mais les Tecujol avancent d'un jour dans ce dix-neuvième siècle.

Jl est vraisemblablû, dit M. Woeff, juif savant, que nous

i5o DE i/ansée des anciens hébreux

avons cousulte, que les Juifs modernes , par leurs Tecvfot , ont voulu désigner le changement des saisons , savoir les deux solstices et les deux équinoxes ; mais , soit par méprise , soit par ignorance, ils ont retardé , par la célébration de ces espèces d» fêtes , les quatre points cardinaux d'environ quinze jours. Au reste les Juifs attachent à ces jours certaines superstitions ridicules , qui ne méritent pas que l'on en fasse mention.

Jeûnes et abstinences de tannée , outre ceux tju 'on a déjà nommés.

Le g du mois dViJ ou de la lune de juillet, qu'on appelle lîsJuiheab , on jeûne pour les ruines du premier et du second temples de Jérusalem. ( La destruction du premier Temple a élé faite par INabuchodonosor, l'an du monde 3So8 et 4^2 ans avant l'ère chrétienne, et la seconde par Titus Vespasien, l'an 3ë3o et la 'jo'^. de l'ère vulgaire. ) On le regarde comme le jour le plus lugubre de l'année ; on y lit les lamentations de Jérémie, et beaucoup d'autres complaintes relatives à la fatale ruine de la ville et du temple de Jérusalem , et la dispersion du peuple ; on y observe les mêmes abstinences que le jour d'expiation ; il est défendu d'y prendre aucune sorte de récréation , même de se raser, depuis le premier du mois. Plusieurs Juifs sont dans l'usage de s'abstenir des viandes pendant les neuf jours, excepté le samedi-, pour lequel on peut aussi se raser la veille. Et plusieurs observent ces abstinences depuis le jeûne de thamuzj qui est trois semaines avant le jeûne à''ab. Zacharie (Vlll) appelle ce jeûne le cinquième.

Le jeune de thamuz, qui est le 17 de ce mois, ou de la lune de juin, est en mémoire de cinq malheurs qui sont arrivés ce même jour, en différents tems, au peuple juif; 1°. Moïse brisa la premières tables delà Loi ; 2.°. les Grecs placèrent une image dans le temple de Jérusalem ; 3°. ils brûlèrent les livres de la Loi ; l^^. la lampe du Continuel^ qui brûlait jour et nuit dans le Temple, s'éteignit; 5°. enfin , les Romains firent une brèche aux murs de la Ville-Sainte. Zacharie (VIII) appelle ce jeûne le quatrième.

Le jeune de tebeth est le 10 de ce mois , ou de la lune de décembre , en mémoire du siège (jue Nabuchodonosor mit devant Jérusalem ( II. Rois , XXV) : c'est le dixième jeûne suivant Zacharie, à l'endroit cité.

Le jeune de Guedalia est le 3 de thisrî ^ ou de la lune de septembre, en mémoire du meurtre qu'Ismaël, fils <lc Nathania, et ses complices commirent en la personne de Guedalia (Godolias ) , fils d'Ahicam , que Naliudiodonosor avait ét.al)li gouverneur de la Juilée, après la destruction du premier Temple ( Jérém. XL et XLI). Zacharie l'appelle le septième jeûne.

ET DU CAI-ENDfllER DES JUIFS MODEHNES. iSt

Tous les Jeûnes ci-dessus , excepté celui d'expiation , lorsqu'ils se rencontrent le samedi, se remettent au jour suivant. Plusieurs juifs sont dans l'usage de jeûner toutes les veilles de Roshodes , qu'ils appellent mismara , c'est-à-dire veille , excepté celles des roshodes jiar , marchesvun et teheth , parce qu'elles se ren- • contrent dans des jours où l'on ne doit point jeûner. Le jeûne de la veille du jour de l'an est presque général. 11 y a aussi plusieurs juifs qui, par dévotion, jeûnent pendant six semaines tous les lundis et jeudis : ils commencent le lundi de la semaine dans laquelle on lit la section Scliemoti et ils fmissent le jeudi tle celle dans laquelle on lit celle de Mischpatiin. Ils appellent ces jeûnes le Schoùabirn, mot hébreu factice dans lequel sont comprises les six sections qu'on lit pendant les semaines de ces douze jeûnes. La lettre ScHiN signifie Schmot ; le Vau , Vaera; le Beth , Boel Parho : l'autre Bëtu , Beschalah ; le lOD , liro ; et le Mem, Mischpatini.

Quelques-uns jeûnent aussi, le 7 de aâar ou de la lune de février , pour la mort de Moïse , qui arriva ce même jour.

Supputation des Tems, sw'oaut le calcul des Juifs modernes.^ jusqu 'à r année 1785, de l'ère chrétienne.

DEPUIS l'Époque

De la création du monde * . * . . 5545

Du déluge universel » 3890

De la naissance d'Abraham SSgfJ

De la tour de Babel et division des langues • . 355o

De la naissance d'Isaac • 349S

Du sacrifice d'Abraham .* 3461

De la naissance de Jacob * •• 3438

De la descente des Hébreux en Egypte. .....*. 33o8

De la naissance de Moïse 3178

De la délivrance des Hébreux de l'Egyf)te 3098

De l'entrée et possession de la Terre-Sainte 3098

De la division de la Terre-Sainte par Josué 3o34

De la monarchie du roi David. . 2662

De l'édification du premier Temple 2618

De sa destruction par Nabuchodonosor • 2207

De la construction du second Temple « . 2t4o

De la cessation de la prophétie ^097

De la monarchie des Machabées 1914

De l'année vulgaire 1785

De la destruction du deuxième Temple par Tite . . . .1715

De la formation du Calendrier juif. i447

De la possession de la Terre-Sainte par les Turcs. ... 4^^ \

§52 DE l'année des anciens HÉBREC3i: '

Ils comptent aussi, que l'année lySS est la deuxième du cyctd solaire de vingt-huit ans , en quoi ils s'accordent avec nous. Mars celte année-là, ils ne comptent que dix-sept du cycle lunaire, ce qui prouve ce que nous avons dit, que le cycle dont ils se servent retarde de trois ans sur le nûtre ; ou pour parler plus juste et plus correctement , leur calcul , par rapport aux années de ce cycle , ne diffère du nôtre que de deux a.ns dans la première partie de leur année civile, et de trois dans la seconde partie. Ainsi, en i7fS5,où nous avons eu dix-neuf de nombre d'or, dès le mois de janvier , ce n'est qu'à leur mois de thisii ( en septembre ) qu'ils ont commencé à compter dix-sept de leur cycle lunaire; et ils ont continué jusqu'à leur mois c7«// (en septembre) de 1786; au lieu que, dès le commencement de celte même année , nous comptions 1 de notre cycle de dix - neuf ans , ou nombre d'or. Et c'est à quoi il est bon de faire attention, pour ne point confondre ces deux cycles qui se trouvent employés dans plusieur-. de nos chartes. Pour avoir le cycle lunaire d'une année quelconque de notre ère, il faut ajouter 17 à l'année proposée , s'il s'agit des neuf premiers mois ; mais pour les trois derniers mois , on ajoutera 18 , puis on divisera le tout par 19 , et le surplus de la division donnera l'année du cycle que l'on demande. La raison d'ajouter 17 pour la première partie de notre année, et iiS pour la dernière, est qu'il y avait dix-sept années de ce cycle écoulées, à l'automne qui précède la première année de notre ère, année qui commence, comme on sait , avec notre mois de janvier. Ainsi à 1785 ajoutez 17 , viendra 1803 : divisez cette somme par ly , restera 16 , ce qui indique que c'est la seizième année du cycle , laquelle a commencé avec le mois ]viMthisri de ndtre année 1784 ; mais, si à l'année 178$ on ajoute 18, on aura, après la division par 19, 17 de reste, qui est le cycle lunaire de l'année juive commencée dans l'au-^^ tomnc de noire année 1785.

Page 1