COMTES DE CERDAGNE ET DE BESALU
XJk Cerdagne, Ceritanîa^ dont Puycerda , dans le diocèse <3'Urgel, est la capitale ; Bésalu, Bisuldinum , ville située dans l'Ampourdan, sur la rivière de Fluvia ; Fenouillède , Feniculetum ^ ou Fem'culemis ut,er\ Confiant, Coii/iuenies , dans le Roussillôn et le Valespir. iI.mis la même province, furent donnés, chacun avec titre de comté . ainsi que Pierre-Pertuse , Saut et Donazan, dans le Rasez, par Miron , comte de Barcelonne , vers l'an 928, à son ÛU puîné Oliba , surnomme Cabheta. Ce n'est pas, néanmoins, que chacun de ces comtés ait été créé pour lors en faveur d'Ollba. Nous voyons en effet, que la Cerdagne était possédée à ce titre par Salomon, vers l'an 863 , que HCmphrid était qualifié comte de Bésalu, avant de succéder à Odalric dans le marquisat de Septimanie, que le Confiant avait Béra pour comte , en 846 , et Raoul en 888 ; mais nous n'avons point de suite non interrompue des comtes de Cerdagne avant l'an c)8o. Naturellement inquiet et querelleur, Oliba, se voyant maître d'un grand pays, se rendit exlièmement redoutable à ses voisins. Celui avec lequel il eut les plus vif> démêles, fut Roger I , comte de Caicassonne. L'histoire ne marque pas le sujet de leur querelle. D. Vaissèle conj; cture que ce fut le comté de Rasez, que les comtes de Carcas.^onnej
* Cet article a clé rédigé sur les mémoires <le IM. de Fossa.
34 COMTES nïï CEnDAC.NB ET DE BESALU.
après Tavoir possédé par indivis, avec ceux de Barceloime, parlagèrent ensuile avec eux, vers la fin du neuvième siècle. Olil)a , dil-il , qui descendait des anciens comtes de Rasez, disputa sa portion à Roger, qui était d'une famille différenle.- Quoi qu'il en soit, étant entré dans ce pavs à main armée, il y fit le déa;ât. Roger ne souffrit pas impunément ces violences. Ayant levé des troupes, il marcha à l ennemi qui le reçut fièrement, et commença lui-même le combat, lî était sur le point de remporter la victoire, lors<[ue Roger, tout-à-coup ranimant son courage, la fit passer de son côté. Oliba , suivant un habile moderne, fit ensuite la paix avec Roger, qui lui céda, par le traité qu'ils firent ensemble, le Capcir compris dans le Rasez. (JMnrca Jiisp , col. 86.) l. 'abbaye de Luxa , dans le Roussillon, était alors florissante parla régularité, sous le gouverns'mt^nt de l'abbé Guérin. Saint Romuald , qui était venu d'Italie pour s'y retirer, en faisait le principal ornement. Oliba, dont la vie licencieuse commençait à lui causer des remords, vint trouver le saint personnage pour savoirde lui le parti qu'il avait a prendre. Romuald n'bésita pas à lui conseiller la retraite, il suivit ce conseil, et après avoir mis ordre à ses affaires, et cédé tous ses Liens et ses dignités à ses enfants, il partit, l'an 988, accomené de l'abbé Guerin , pour se rendre au Mout-Cassin , où il embrassa la vie monastique. Sa pénitence ne fut que de deux fins, et finit par sa mort arrivée l'an 990. D'Krme^gahde , sa femme, qui eut, après sa retraite, l'administration de siis biens, il laissa quatre fils. Rérenger cpii paraît avoir été l'aîné, succéda, vers l'an 990, à Suniarius dans l'évéché d'Elne, et mourut vers l'an 1000. Bernard, le second , eut les comtés de Bésalu , de Valespir et de Fenouillède. Oliba, le troisième, s'étant fait moine à RiupoU , en devint abbé, l'an loot], et le fut aussi de (.uxa, la même année. A ces deux abbayes il joignit, l'an 1019, l'évéché d'Ausonne, et mourut l'an lo+y- Wifred, le dernier fils de (.abreta, eut pour sa part les comtés de Lerda'^ne, de Berga et de Conliant , avec le Capcir et le Donazan , en-deçà des Pyrénées.
COMTES DE BÉSALU. COMTES DE CERDAGiNE.
BERNARD TAILLEFEK.
988. Bernard , surnommé TaiUcfer, fils d'Oliba Cabrcta , lui succéda , comme on l'a dit , dans les comtés de Bésalu , de Yalcspir, de Fenouilièdc , de
WIFRED, ou GUiFRED.
988. WlFRED, ou GUIFRED, quatrième fils d'Oliba Cabrela, lui succéda, comme on l'a dit , aux comtés dé Cerdagne , de iierga , de Contlant , ainsi qu'au
COMTES DE BESALU.
Sa\i\ et de Picrre-Perluse. Ce qu il fit pendant son gonvernernent , qui fut de trente-deux ans, est resté dans l'oubli. Ses actions mériteraient néanmoins de passer à la postérité, puisqu'on l'honora du glorieux titre de prince, de père de la pairie , et de celui de Taillejer ^ que ses exploits militaires lui acquirent. iNous savons seulement que, vers la fin de 1016, ayant entrepris le voyage de Borne avec ses fils Guillaume et Guifred, il y obtint, du pape Benoît VllI, Téreclion d'un nouvel évéclié dans ses domaines , el présenta son fils Guifred pour le remplir ; que Benoît , ayant acquiescé à sa demande, sacrale sujet proposé, el d )iuici unp bulle , datée du 26 janvier, indiclion xv , ou l'an 1017, portant permission d'établir un évcché dans l'un des trois monastères que Bernard lui avait désignés, et que Salnt-Geniez de Bésalu fut celui que le comte choisit pour le siège épiscopal.
Sa mort lut tragique et causa àQ% regrets universels dans le pays. Il avait entrepris un voyage en Provence , pour y négocier le mariage de Guillaume , son fils , lorsqu'à son retour , ayant voulu tenter, le 29 novembre 1 020, de passer le Bliône à la nage sur son cheval, il fut entraîné par la rapidité des flots qui le submergèrent. Son corps ayant été retiré du fleuve, fut transporté à l'abbaye de Riupoll pour y être inhumé. Il avait épousé, l'an 1007, ToTE, pemmee aussi Adélaïde, fille
COiùïES DE CEFiDAGlSE. oï)
Capcir et au Donazan. L'an 1001 , il signala , en apparence, sa piété . par la fondation du monastère de (anigou , dans lé Gonflant. Mais il était si peu instruit des règles de l'église, que, l'an loib, l'archevêché de Narbonne étant venu à vaquer par lam.ort d Ermengaud, il proposa son hls Guifred, qui n'avait encore que dix ans, pour le remplir , et l'emporta sur d'autres concurrents par la simonie la mieux caractérisée.
Cent mille sous qu'il compta au vicomte de Narbonne et au comte de Rouorgue , marquis de Scptimanie , lurent le prix de cette préférence. ( Vaissèle. ) l.a conduite eu jeune prélat repondit à l'irrégularité de son entrée. Il punit le vicomte Raymond de l'avoir favorisé , par les piocédés violents qu'il eut à son égard. Ses diocésains ne furent pas plus ménagés. Il remplit son archevêché de troubles et de meurtres, plîla son église, pour récompenser les ministres de ses fureurs, et acheta l'évêché d'Urgel pour Guillaume , son frète, moyennantcenlmille sous qu'il se procura en vendant les vases sacrés à des Juifs. Ce pasteur abominable se maintint toutefois jusqu'à sa mort , l'espace de G.> ans . sur le siège de Narbonne, malgré diiférentes excommunications dont il fut frappé par le saint siège. {^Gatl iJirisl.^ no. tom. \l,cu//. > i , .38.) A l'égard de son père , il finit ses jours Fan lo^S , laissant de GuiSLE. sa femme (moitel'arî 1020 ) , outre les deux fils que
Sf) tOÏVTt.S DÉ BFSAttT. '
(Ifi Raymoncl-Borrel , comte de Barcelonne , dont il laissa cinq fils et deux filles. ( Mavca Hispan. ^ col. 4i6, Yaissète , t. Il,
I»p. n8, iS3, 597.) Guilaume , l'aîné , réunit en sa main tous les comtés de sa maison : Wifrcd , le second , fut, comme on Ta dit, évéque de Bésalu ; Henri , Je troisième , devait, parle testament de Bernard , prendre aussi l'état ecclésiastique, et recevoir en fief, de Guillaume son aîné, lorsqu'il aurait atteint l'âge de viîigt-cinq ans, l'éveché de Bésalu : Fiiigiies, le quatrième, eut divers alleus et villages dans le comté de Fenouillède. Quelques alleus furent tout ce (|ue Bérenger , qui était le dernier, reçut en partage Garsinde , fille aînée de Bernard , était rnariée du vivant de son père, et avant l an 1016, avec Béren-^ ger, depuis vicomte de Narhonne ; Adélaïde, la seconde, fut condamnée par le même testament à passer ses jours au monastère de Saint-Paul, dans la vallée d'Ansoli; et Constance, Iroislème fille de Bernard, étant alors fort jeune , eut quelques biens peu considérables. Tote survécut à son mari , et emporta pour son douaire la jouissance du comté de Yalespir. Les moines d»' Riupoll et de Cuxa témoignèrent leur reconnaissance envers le comte Bernard , leur bienfaiteur, par une lettre circulaire qu'ils écri\irent sur sa mort. { Marra ^ Hisl.^ -^^pp-i <'^^ioii4- Yaissète, t. Il , pp. 117, '4M ^49-)
COMITES Dï CERDA(Î?!É.
l'on vient de nommer, Raymond , qui suit , et Bérenger ^ évoque de Gironne.