BERNARD I
Bernard , fils d'Aldebert I, comte de la Haute-Marche et .de Périgord , étant en bas âge à la mort de son père , fut d'abord sous la tutelle de son oncle Boson , après le décès duquel il passa sous celle de Pierre , abbé de Dorât , et d'Humbert Drus, son frère, que Guillaume le Grand , duc d'Aquitaine , chargea de cet emploi, en lui donnant le comté de la Marche. Bernard tint ce comté jusqu'en 1047 , époque de sa mort , suivant la chronique de Maillezais. 11 a%'ait épousé Amélie , dont il laissa Aldebert , qui suit|, et Odon ; avec une fille , Almodis , mariée, i'*. à Hugues V de Lusignan, qui la répudia ; 2*^. à Pons, comte de Toulouse, qui lui fit le même affront; 3*. à Raymoiid-Rérengcr I , comte de Baixelonne ; Rangarde , femme de Pierre-Raymond , comte en partie de Carcassoune; et Lucie, femme d'Arnaud de Pailhas.
ALDEBERT IIL
io47- Alderrrt , fils aîné de Bernard , fut son successeur au comté de la Marche. 11 assista. Tan loSi) , comme vassal immédiat , au sacre du roi Philippe I. La chronique de Maillezais met sa mort en 1088. Ponce , sa deuxième femme , lui donna Boson , qui suit ; et Almodis, qui viendra ensuite. Aldebert était guerrier, et, dans ses expéditions, il se permettait des atrocités qui n'étaient que trop communes parmi les militaires de son tems. Nous n'en citerons que le trait suivant. Ayant assiégé ses ennemis dans l'abbaye de Lesterp , où ils étaient retranchés , il y mit le feu, qui consuma tous les édifices avec dix-sept cents personnes. Les chanoines réguliers , qui habitaient cette maison, furent presque les seuls qui eurent le bonheur d'échapper aux flammes. Aldebert , dans la suite , eut des remords de cette barbarie , et pour l'expier, il accorda aux chanoines de Lesterp la juridiction pleine et entière sur tous les afliaocliis et autres personnes domiciliées dans ce bourg. C'est ce qu'atteste et confirme Almodis, sa fille, dans une charte datée du 12 novembre de Fan 1098. (^Airh. de Lesterp.^ Aldebert avait la réputation d'un homme intelligent et d'un juge intègre. Ce fut le motif qui engagea , l'an io8o , Gui-Geoffroi , comte de Poitiers, et les religieux de Saint-Cyprien de cette ville, à s'en rapporter à lui sur un différent qu'ils eurent par rappoit aux domaines que ceux-ci possédaient dans la terre d'/insoulète. Le comte de Poitiers prétendait y percevoir les mêmes droits sur les terres en guast et en frlcbe , que sur les terres en culture. Aldebert tint là-dessus un plaid solennel , où il eut pour assesseurs Robert le Bourguignon, Pierre de
Poitiers et le prévôt Hugues. Gui-Geoffroi perdit sa cause à ce tribunal et se soumit au jugement. {Cartul. de S. Cypn'en , fol. 81.) Aldebert , l'an io8t , tint un autie plaid , par ordre du raeme comte de Poitiers , pour juger un procès qui était entre Bertrand, abbé de Noaillé , et un seigneur nommé Almeri , touchant la terre de Furvant , dont ce dernier voulut s'emparer sans égard pour la donation qu une dame, nomn?.ée Sofitie, en avaitfaite à l'abbaye. Bertrandayant oflert le duel .i son adversaire, suivant l'usage du tems , pour établir son droit, le comte 'de Poitiers renvoya les parties devant le comte de la Marche, qui jugea en faveur de l'abbé. ( Arch. de Noaillc. )