ADÉMAR
Adémar ou Aimar, fils de Bernard et son successeur, était mort en 984 , comme on le voit par la donation que Deda , sa mère, fit au mois d'oclobre de cette année, d'un meix à l'abbaye de Tulles, pour les âmes du vicomte Bernard , son mari , et du vicomte Adémar , son fils. ( Justel, prein>. de la maison de Tureii. pag. 19- ) Ce vicomte, ainsi que ses père et mère , fut inluuné a l'abbaye de Tulles qui devint la sépulture des vicomtes de Turenne tant qu'ils furent abbés laïques de ce monastère.
Si l'on s'en rapporte à Piganlol de la Force ( Descrip. de la Fr. tom. XI , pp. ^oy et seqq. ) « Aimar , comte de Turenne, j' pour se maintenir contre la force et la puissance des comtes )> de Toulouse, qui avaient déjà usurpé le comté de Querci » sur ses prédécesseurs, se mit sous la protection du roi de i* France , et s'y soumit tant pour lui que pour ses successeurs , M à la charge qu'ils seraient conservés et maintenus en leurs » franchises, libertés, droits et prérogatives qu'ils avaient dans « l'étendue de leur terre sur leurs vassaux. Depuis ce tems-là , » ajoute-t-il , la vicomte de Turenne a toujours relevé immé- » dialement de la couronne sous le simple hommage de fidé- » lité ; et au moyen de cet hommage , nos rois ont toujours » confirmé les vicomtes de Turenne dans la jouissance des droits » régaliens. » Il serait à souhaiter qu'on eût des preuves littérales de ces assertions. Ce qu'il y a de certain , c'est que detems immémorial , les vicomtes de Turenne ont été affranchis de la déticndance des comtes de Toulouse et de tout autre seigneur , excepté le roi , et que leur vicomte a toujours été mtise , par ceux qui ont écrit sur les fiefs , au nombre des grandes seigneuries. Louis XIV a confirmé celte prérogative par ses letties du 12 mai i65G. Il i;st cependant vrai que la vicomte de Turenne ressortit par appel au bailliage de Poitiers.
ARCHAMBAUD , dit JAMBE-POURRIE.
Archambaud,, vicomte de Comborn , succéda, en vertu de son mariage avec Sulplcie , fille de Bernard , à son beau-pere Adi-mar dans la vicomié de Turenne, ainsi que dans celles de Ventadour et de Comborn. Mais il paraît que cette succession'. \\n fut contestée par Kanulfe, vicomte d'Aubusson , gendie , eonrnie lui , de Bernard. Geoffroi du Vigeois nous apprend cpie ItM^qu'il voulut entrer dans le château de Turenne poui- ea
prendre possession , les portes se fermèrent sur lui ( par la mauvaise volonté de ceux qui étaient dedans ) avec tant de violence , qu'elles lui frolssèrenl le pied de manière qu'il en demeura boiteux le reste de ses jours : ce qui le iît surnommer Jamhe-pouirie. Archambaud et Pxanulfe se réconcilièrent dans la suite , et réunirent leurs armes pour faire le siège du château de Moulseau, entre Aurillac et Tulles, et non pas de Mucidan en Périgord , comme le prétend M. de Valois par une fausse interprétation du terme latin TMuhedonum. Cette expédition eut un heureux succès. Archambaud se rendit fameux par beaucoup d'autres exploits. Il v avait de son tems peu de guerriers plus vigoureux et plus redoutables que lui. Le carnage qu'il faisait des ennemis à la guerre avec sa hache d'armes , lui avait mérité le surnom de Boiirher. Geoffroi du Vigeois raconte de lui, d'après un bruit public, que Marie d'Aragon , prétendue femme de l'empereur Ollon III, étant accusée d'adultère, Archambaud prit sa défense et combattit contre ses accusateurs qu'il mit en fuite. Mais pour détruire ce fait , il suffit de dire qu'Otton III, suivant tous les auteurs contemporains, ne fut jamais marié. On ignore l'année de la mort d'Archambaud. Il eut de son mariage deux fils, dont l'aîné, de même nom que lui , le précéda au tombeau , et le second lui survécut. Ces deux fils sont dénommés dans la charte d'une donation que leur père fit, l'an 992, à l'abbaye d'Uzerche. (Justel, hist. ds la maison de Tur., pag. 20.)
ERLES.
Ebles, second fils d'Archambaud et son successeur à la vicomte de Turenne , ayant épousé, suivant l'auteur des miracles de Sainte-Foi de Couches, Béatrix, fille de Richard I , duc de Normandie, eut de cette alliance deux fils, Guillaume, qui viendra ci-après, et Archambaud, qui fut la tige des vicomtes de Comborn. Le premier de ces deux enfants eut part, avec ses père et mère , à la donation qu'ils firent, l'an looi , dans le mois d'avril , à l'abbaye d'Uzerche. (Justel , hi'st. de la maison de Tur. pr. pag. 21. ) La discorde s'etant mise, dans la suite, entre Ebles et Béatrix, celle-ci fut répudiée, et son époux donna sa main à PÉronelle dont la naissance n'est point connue. Ceci dut arriver long-tcms avant l'an io3o. On volt, en effet , sous cette année, la charte d'une donation faite à l'église de Belmont
f)ar Ebles et sa femme Péronelle, du consentement de Guilaume , Archambaud , Ebles et Robert , tous enfants du vicomte Ebles, dont les deux derniers étaient du second, lit. ( I/jid. ) (icoffroi du Yigeois nous apprend qu'Archambaud tua Robert ,
a8o CIIROÎÎOLOGIE HISTORIQUE
son frère , par jalousie de la préférence que lui donnait Ebles , leur père, dans son amitié. Mais il ajoute qu'Archambaud, ayant mis à mort depuis un chevalier qui , dans un combat , avait blessé grièvement son père , rentra par là dans ses bonnes grâces et lui fit oublier son fratricide.
GUILLAUME
Guillaume , fils aîné d'Ebles, eut en partage la vicomte de Turenne, fort diminuée par le démembrement que son père en avait fait des vicomtes de Comborn et de Ventadour. Il laissa de MathildE, sa femme, un fils, qui suit.
BOSON 1"
BOSON P"". , fils et successeur de Guillaume , épousa Ger- EERGE , dont M. Justel, suivant la remarque de M. Ealuze , fait deux personnes , parce qu'il avait trouvé des chartes où la femme de Boson est appelée Comtur , ne faisant pas attention que c'est ici un nom de dignité qui se donnait à des personnes qualifiées de l'un et de l'autre sexe. L'an 1076, Boson fut présent, avec Archambaud , son frère, et d'autres seigneurs , à l'acte par lequel les religieux de Beaulieu se donnèrent , avec leur monastère , à Saint-Hugues, abbé de Cluni. L'an 1091 , la dévotion le porta à faire le pèlerinage de la Terre-Sainte où il mourut la même année, laissant de son mariage Raymond , qui suit; Archambaud, vicomte de Rlbeires; Guillaume, mort en iio5 au plus tard; Ebles , abbé de Tulles; avec trois filles, Alpaïde , femme de Bernard III , comte d'Armagnac ; Etiennette, mariée à Hugues, seigneur de Beaucaire, en Périgord ; et Mathilde , femme de Hugues II , duc de Bourgogne. Gerberge, mère de ces enfants, mourut en iio3.