GERARD
838. Gérard, qu'on croit faussement être le même que Gérard de Roussillon, comte en Bourgogne et en Provence, fut, à ce qu'il paraît, le successeur immédiat de Wifred. L'aa 867 , le roi Charles le Chauve, pour quelque sujet de mécontentement qu'on ignore , le dépouilla du comté de Bourges pour le donner à un seigneur nommé Egtrid, ou Acfred, déjà pourvu , suivant O. IMabLUon, de l'abbaye de Saint-IIilaire clc Poitiers, et d'autres bénéfices ecclésiastiques. Celle nouilnalioa occasiona une guerre entre les deux compétiteurs. Gérard se maintint contre les efforts d'Egfrid. Au commencement de 868-, il l'assiégea dans une maison où il s'était fortifié. Kgfrid , après inie résistance vigoureuse, ayan.t été obligé d'en sortir pour ae soustraire aux flammes qui l'environnaient , les gens de Gérard se saisirent de sa personne, et lui coupèrent la tête, qu'ils jetèrent dans le feu. A la nouvelle de cet événement , le roi Chai les entra dans le Berri , où il mit tout à feu efc à sang. Gérard néanmoins ne fut pas encore cette fois dépossédé, vraisemblablomcut parce qu'il avait trouvé moyen de fa.irç sa pai.x avec le
DES COMTES DE BOURGES. Soi
roi. Quoi qu'il en soit , il paraît certain qu'il ne quitta le titre de comte de Bourges qu'en 872. ( Vaissète, tom. I , pag. 5^8. )
BOSON
872. Charles le Chauve, ayant envoyé dans l'Aquitaine, Tan 872 , son fils , Louis le Bègue , qui en était roi di^puis six ans , nomma son beau-frère , le duc BosON , grand-chambellan de ce prince , et le revêtit en même tems des dignités du comto Gérard; par-là , Boson devint conite de Bourges : il était déjà comte de Provence, dont il devint ensuite roi. L'an 878, il fit sa paix avec le roi Louis le Bègue , contre lequel il s'était révolte avec plusieurs seigneurs; mais la même année, il perdit le coralé de Bourges. (Voyez Boson , lui de Provence. ^
BEBNAFxD.
878. Bernard, marquis de Septimanie, puis comte de Poitiers, premier du nom, lils d'un autre Bernard et de Blichilde, et patent d'i'gfrid , mis à mort par les gens du comte Gérard , se trouvant en forces lorsque Boson fit sa paix avec Louis lo Bègue, revendiqua sur lui, les armes à la main, le comté de Bourges à titre d'hérédité. Il engagea dans son parti Gotfrid, comte du Maine, son oncle maternel, Gauslin , ce fameux abi)Q de Saint-Germain-des-Prés, depuis évêque de Paris, son oncle paternel, et d'antres seigneurs, avec le secours desquels il s'empara de Bourges. Maître de la ville, il en défendit l'en-trée à Frotaire, qui en était alors archevêque , après avoir occupé successivement les sièges de Poitiers et de Bordeaux. Il usurpa les biens de l'église de Bourges, et exigea des habitants un serment de fidélité, contraire à celui qu'il devait Ini-mêma au roi. Le reste du Berri suivit l'exemple de la capitale, en sû soumettant à B'^niard. !.a même année ^78 , il est excommiuiiépar le concile de Troyes , où il avait refusé de comparaître pour répondre aux plaintes de Frotaire. Louis le Bègue fait marcher, l'an 879, une armée contre lui, sous les ordres de Boson , que Bernard avait supplanté , de Bernard , comte d'Auvergne , et de Hugues, duc ou marquis d'Oulre-Seine , qrri vinrent l'aitaquer dans te comté d'Autun, où il s'était retiro. Déjà ils avaient pris la capitale du pays , lorsqu'ils apprirent Irt mort de Louis le Bègue. Boson se rendit maître de tout le comté; mais bientôt après, il se réconcilia avec Bernard, et lui donna le comté de Mâcon, dépendant de son nouveau royaume de Provence, pour s'en faire un appui contre les deux rois, louis et Carloxnaa. Bernard fut assiégé dans Mâcon vers la fin
3o3 CHRONOLOGIE HISTORIQUB
de 879, par les deux rois, qui le prirent, et vraisemblablement punirent sa révolte du dernier supplice. ("Vaissète. ) Du moins l'histoire ne fait plus raenlion de lui depuis ce tems. ( Voy. Bernard II , marquis de Septimanie. )
GUILLAUME I
Guillaume I , surnommé le Pieux , comte d'Auvergne , était pourvu du comté de Bourges en 88G , suivant une charle de Tannée suivante. L'an 889, le roi Eudes , contre lequel il s'était déclaré , l'en dépouilla pour le donner à un seigneur nommé Hugues. Ce présent coûta cher à celui qui le reçut. Guillaume , la même année, le poursuivit, le prit , et le tua de sa mnin. Il se raccommoda ensuite avec le roi, qui lui rendit ses dignités. L'an 918, Guillaume mourut le 6 juillet, sans laisser d'enfants. ( Voyez Guillaume le Pieux , comte d'Auvergne, )
GUILLAUME IL
«)i8. Guillaume II, surnommé le Jeune, neveu, pas sa mère, de Guillaume le Pieux, et son héritier, éprouva de la tlifficulté pour se mettre en possession du Berri. La ville de Bourges refusa de se soumettre à lui , et ce ne fut que par la voie des armes qu'il vint à bout de s'en rendre maître. Cette conquête lui échappa presque aussllôt par une nouvelle révolte des habitants. Guillaume l'ayant reprise, se la vit encore ravir, l'aa c)22 , par Raoul, duc de Bourgogne, et Robert, duc de France. lî.lle lui fut rendue, l'an 924, par ce même Raoul, devenu roi «le France , qu'il avait gagné par ses soumissions. Bientôt après, ils se brouillèrent , et leurs démêlés durèrent jusqu'à la mort de Guillaume, arrivée Tan 926 ou 927. (F^oj^i Guillaume le Jeune, comte d'Auvergne.)
Après la mort de Guillaume le Jeune, le comté, ou gouver^ nement général du Berri , fut supprimé par le roi Raoul. (>e prince donna la propriété de Bourges au vicomte de cette ville, et ordonna qu'à l'avenir ce vicomte , le seigneur de Bourbon, le prince de Déols , et les autres seigneurs du Berri, relèveraient immédiatement de la couronne.