EUDES-ARPIN
E'JDES-Arpin , fils de Humbaud , seigneuf de Dun , depuis appelé Dun-le-Piol , ayant épousé Maiiaut, fille de Gilon , seigneur de Sully, et d'Edelburge , sœur du vicomte Etienne, devint, par cette alliance, vicomte de Bourges, avec son beaupère , qui ne se dessaisit point en mariant sa fille , mais se contenta d'associer son gendre à sa dignité de vicomte. C'est ce que nous voyons par une charte rapportée par le P. Labbe {Eloge tfe la ville de Bourges , p. 192), où ils prennent tous deux le titre de seigneurs de Bourges : Ego Gilo miles Soliacensis castri atque Haiensis , nec non sub regc Francorum cum Odone ylrpino dominus Biluricensis. Gilon étant mort l'an 1098 au plutôt, Arpin demeura seul vicomte de Bourges. L'an 1 100 ou 1 101 , se disposant à partir pour la Terre-Sainte , avec le duc d'Aquitaine , il vendit au roi Philippe 1 sa vicomte pour soixante mille sous d'or. Il est à remarquer qu'une partie de celte vicomte relevait du comte de Sancerre ; mais il n'est pas vrai que le roi ait fait rendre hommage au comte de Sancerre pour cette partie , comme l'avance un illustre moderne. Arpin servit avec honneur dans les armées de la 7'erre-Sainte. Il fut pris à la bataille de Rama, que Baudouin I, roi de Jérusalem, livra contre son avis, le 27 mai de l'an 1 102 , à l'émir du Caire , et conduit en cette ville, où il resta- long-tems prisonnier. Sa captivité lui fut salutaire. En se rappelant la constance que les martyrs firent éclater dans leurs souffrances , il demanda à Dieii la grâce de les imiter. Sa liberté lui fut enfin rendue de la manière suivante. Des marchands de Constanlinople étant arrivés au Caire pour les affaires de leur commerce , Arpin eut occasion de s'entretenir avec eux dans les visites qu'ils rendirent aux prisonniers. Les voyant sur le point de partir , il les cliargea d'exposer à l'empereur Alexis , dont il était connu, le malheur de sa situation , et d'obtenir de lui un ordre à l'émir de le tirer de la prison où il gémissait depuis plusieurs annees- L'empereur , instruit de son état , en fut touché, et, sans délai , il manda à l'emir de remettre Arpin en liberté, sans quoi il ferait arrêter tous les marchands du Caire qui se trouvait dans ses étals, La crainte rendit l'émir docile ; et non content de
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délivrer Arpin de prison , il le retint quelques jours durs son palais , oii il lui lit voir ce qu'il y av.iii. de plus rare , après quoi il le renvoya, cliargé de présents , à l'empereur, (^e prince le reçut avec dislinction , et lui permit, au boiil de qu.dqties jours , de reloarner en Franco. Sur sa route , il salua le pape Pascal II , à P«.ome , et, lui ayant raconté les dangers qu'il avait courus et les m^ux qu'il avait soufferts , il lui denianJa conseil sur ce qu'il avait à faire à son retour. L'avis du pape fut , qu'ayant porté les armes contre les infidèles , il ne devait pins les employer contre des Chrétiens, qu'il devait^ éviter désormais le faste après avoir combattu pour J. C pauvre , et qu'en un mot , il devait craindre d.e retomber dans le bourbier dpnt la grâce l'avait retiré, Arpin , ayant compris" par ce discours que le pape l'exhortail à passer le reste de sa vie dans la solitude , prit congé de sa sain':eté , après avoir reçu sa bénédiction : et , étant arrivé en France, il alla se faire moine à Clnni. ( Order. Vital. ^ 1. X, pag. 7y5.) Une charte de Hugues de Lusignan prouve qu'il était profès de cette maison en iioq. (^Airhw. de Clunl. )
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