ARCHAMBAUD V
1078. Archambaud V, fds aîné et successeur d' A rchanbaud IV, fut un seigneur, à ce qu'il paraît, entreprenant, querelleur et violent. Une Ictlre de Lambert, évêque d'Arras , rapportée par Baluze (Bliscell.^ tom. V, pag. 3:i7 ) , nous apprend qu' Archambaud, ayant eu des démêles avec Hugues de Die, archevêque de Lyon et légat du pape, il le prit dans une embuscade et le mit en prison, ce qui ne manqua pas sans doute , quoique la lettre n'en dise mot , de lui attirer une excommunication. On ignore le sujet de la querelle cpa'il eut. avec Hugues, seigneur de Montigni. Mais Hugues nous apprend lui même qu' Archambaud s'étant saisi de sa personne, soit dans un combat, soit dans une surprise, lui fit essuyer une longue et dure prison, d'où il ne sortit que par le crédit de Guillaume (I ) , comte de Nevers. Pour marquer à Dieu sa reconnaissance du recouvrement de sa liberté , il donna au prieuré de Saint-Etienne de Nevers, l'église de Lichi , avec ses dépendances, par une charte datée du 10 novembre 1088. (Arclm'. de ce prieuré.^ Les religieux de Souvigni eurent beaucoup à souffrir des déprédations d'Arcbambaud. Comptant pour rien la renonciation ([ue son père avait faite en sa présence et de son consentement , aux coutumes injusîes qu'il avait voulu établir sur leur monastère, il se mit en tête de les faire revivre, et employa la violence pour y réussir. Il triomphait , lorsqu'en logS, le pape Urbain H vint, dans le mois d'octobre, h Souvigni , pour se rendre au concile de Clermont. Les religieux; ne manquèrent pas de lui faire leurs plaintes de la conduite dit sire de Bourbon à leur égard. Archambaud vint lui-même pour demander à sa sainteté l'absolution de son père; le pape l'acçqrda, maïs à condition qu'il laisserait en repos ce monastère.
3^6 «IHRONOLOGIE HISTORIQUE
Il le promit et n'en continua pas moins ses vexations : ce quî engagea l'abbé saint lingues à le poursuivre au concile de Cleiinont. Cité à cette assemblée, il comparut et s'obligea de nouveau à satisfaire ses parties sur l'objet de leurs plaintes. Cette fois, enfin, il tint parole, comme on le voit par l'accommodement qu'il fit l'année suivante avec les religieux de Souvigni. (Mabil. uhi suprà.) Archambaud finit ses jours l'an 1096. (^ibid. , pag. G56 ) , laissant un fils en bas âge , de LucQUE , sa femme, cjui se remaria peu de tems après avec A lard Guillebaud , seigneur de la Rocbe.
AIMON ïl ET ARCHAMBAUD VI.
1096. AIjTîon , surnommé Vaire-Vache, de la couleur mêlée de ses cheveux , frère d'Archambaud V , s'empara de la seigneurie de Bourbon (sous vm prétexte que l'histoire nous laisse ignorer), au préjudice d'Archambaud , son neveu, qui était resté sous la tutelle de sa mère. Il demeura paisible possesseur du Bourbonnais jusqu'en iii4 ou iiib. Mais à la lin, Alard Guillebaud , beau-père d'Archambaud, homme vertueux et disert, se rendit à la cour du roi Louis le Gros pour lui demander justice de cette usurpation. Le monarque, après avoir fait inutilement ajourner Aimon à sa cour, marcha conti-e lui à main armée, l'an iii5 (et non pas iiaS, comme le ditFavin), l'assiégea dans son château de Germigni ; et, l'ayant forcé de venir demander grâce à genoux , l'emmena à Paris , où il jngea dans son conseil le différent de l'oncle et du neveu. Suger, qui nous fournit ces traits ( Vita Liidoo. F/) , ne rapporte pas de quelle manière l'affaire fut déridée, et se contente de dire que le roi mit dans son jugement autant de clémence c|ue de juslice, Paul Emile , Gaguin et Favin , suppléent à ce récit, en disant qu'Aimon fut condamné à restituer à son neveu ce qu'il lui avait enlevé. Nous voyons, en effet , qu'en 1 1 iB, Archam- Ijaud prêta serment de fidélité au roi , louchant la garde de l'abbaye de Saint-Pourcain , (ju'il avait en qualité de sire de Bourbon. (Gai/. Chr.^ no.., tom. H, pag. ByS.) Mais il ne paraît pas qu'il ait vécu au-delà de cette année, ni qu'il ait été marié. Après sa mort , Aimon s*? remit en possession de la seigneurie de Bourbon. Quelques années auparavant, il avait efficacement recouru de sa personne et de ses troupes, Elisabeth de Jaligni , femme de Hugues de Chaumont , en Touraine, pour se rendre maîtresse de la terre de Jaligni, qui lui était échue par la mort d'Oldin , son frère, et que des étrangers voulaient lui ravir. jMais Archambaud, fils d'Aimon , qui avait été de cette expédition , retint pour lui la petite ville de Bessais , qu'Aimon ,