‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 196 sur 277 · CHARLES , PREMIER ROI DE PROVENCE · texte numérisé non relu

CHARLES , PREMIER ROI DE PROVENCE

L'an 855, Charles, fils de l'empereur Lothaire, commença son règne avec le titre de roi de Provence ; il ne le porta cju'environ huit ans, et mourut à Lyon, où il faisait sa résidence ordinaire , l'an 863 , selon le sentiment des meilleurs critiques. Après sa mort , le royaume de Provence parut anéanti pendant

Vespace de quinze ou seize ans, jus^ju'à à l'élection de Boson. Srs deux frères, Louis et Lolhaire , après quelques débats, partagèrent ses états entre eux; mais aucun d'eux ne prit le titre de roi de Provence, que Duchesne donne mal-à-propos , à l'exnpereur Louis , quoiqu'il ait eu la Provence dans son lot, et peut-être aussi la Savoie et le Dauphiné. Plusieurs écrivains célèbres donnent à Charles , premier roi de Provence , le titre de roi de la Bourgogne Transjurane : mais D. Plancher , dans la nouvelle histoire de Bourgogne, tom. I, pag. 120 et 121 , croit que ces historiens , quelque déférence que l'on doive h leurs sentiments, ont manqué d'exactitude en ce point, et que janaais Charles, premier roi de Provence , n'a été reconnu roi de Bourgogue, qu'il n'en a point pris le titre , ni ne l'a transrais à ceux qui ont possédé ses états après sa mort , et qu'aucun auteur du tems ne le lui a donné, i^e règne de Charles a deux commencements dans les diplômes ; le premier est de l'an 855 , et le deuxième de l'an 856.

BOSON , 1I«. ROI DE Provence.

^79. BosoN, fils de Théodoric I , comte d'Autun, et petitfils de Childebrand II , créé duc de Lombardie, au mois de février 876 , par Charles le Chauve , chassé l'année suivante par Carloman , roi de Bavière , reçut presqu'aussitôt , en dédomagement , du premier , son beau - frère , devenu empereur , les états de Provence , avec le titre et les honneurs de la royauté. Nous disons le titre et les honneurs de la royauté y et nos garants sur ce point sont Reginon , auteur de la Chronique de Centule , et Albéric de Trois-Fontaines. « Charles , dit le premier , donna » la Provence à Boson ; et lui ayant mis une couronne sur la » tête , il ordonna qu'il fût appelé roi , afin qu'à la manière des » anciens empereurs , il parût commander à des rois ». Dédit,... Bosoni Provinciam , et coronâ in vertlce capitis impusitâ , eum regein appellar! jussit , ut more priscorum impenitorum regibus nderetur dominari. On voit par-là, que la royauté accordée par Charles à Boson , ne le tirait point de sa dépendance. Boson , après la mort de Charles le Chauve , vécut en bonne intelligence avec le roi Louis le Bègue , qui le nomma par son testament l'un des tuteurs de ses deux fils , Louis et Carloman. Mais à l'instigatioii d'ERMENGARDE , sa femme , profitant de la minorité de ces princes et de l'autorité que lui donnait sa qualité de tuteur, il voulut réaliser son titre de roi , et s'ériger en souverain de I51 Provence, indépendant et absolu. Pour cet effet , ayant assemblé vingt-trois evéques à Mantaille , dans le Viennois, il s'y fit reconnaître, par ses menaces et par les intrigues de l'impéra-

3^6 CHROiSOLOGIE IHSTORiQUE

trice Ingelherge, sa belle-mère , veuve de l'empci^eur r.ouls II, roi iion-seulejnent titulaire, mais effectif et doiniualeur suprême de la Provence, le i5 ( et non le 3 ) octobre 87g. Va moderne se trompe en disant qu'il fût couronne à Lyon , par l'archevêque Aurélien , le jour même où nous plaçons, d'après les actes du concile de Mantaille , son élection. Suivant les souscriptions des pères de cette assemblée, le royaume de Boson s'étendit sur tous les pays situés entre le lUiône et les Alpes, depuis Lyon jusqu'à la mer, c'est-à-dire , la Provence , proprement dite ^ le Dauphiné , la Savoie , et de plus , sur le Lyonnais et la Franche-Comté, qui appartenaient à la haute Bourgogne Cisjurane, et sur les diocèses de Mâcon et de Chàluns , qui dépendaient de la basse ; sur quelques diocèses de la Bourgogne Transjurane, et enfin , sur toute la partie orientale du 1 anguedoc ; savoir, les diocèses de Viviers, d Uzès, et la partie de ceux de Vienne, de Valence, d'Avignon et d'Arles, qui est en-deça du Pibone. Xies deux jeunes rois de France ne laissèrent pas Boson en paisible jouissance de son usurpation. Ils mirent dans leurs intérèls Charles le Gros, roi de Germanie, qui commença par faire enlever l'impératrice îngelberge du couvimt où elle s'était retirée , et l'envoya prisonnière en Allemagne. Cependant, Louis et Carloman assemblaient une armée avec laquelle ils entrèrent en Courgogne , au mois dé juillet b8o, et mirent le siège devant Mâcon, dont ils se rendirent martres par assaut. De-là , s'élant joints à Charles le Gros , qui venait à leurs secours , ils descendirent à Lyon , où Boson , c|ui avait passé le Rhône, pour s'opposer à leurs conquêtes, n'osa les attendre. Ce prince aima mieux ménager ses troupes pour faire un coup de main dans l'occasion , que de s'engager dans un combat où ses forces n'auraient pas égalé celles de l'ennemi. Il se contenta de mettre une forte garnison dans Vienne, dont il confia la défense à sa femme Ermengardc.Cetle princesse s'y défendit l'espace de deux ans avec le courage et l'habileté d'une héroïne. Il est remarquable qu'aucun des trois monarques ne vit de ses yeux la fin de cette expédition. Charles le Gros, ennuyé de la longueur de ce siège, passe les Alpes sur la fin de l'an 880 , pour aller recevoir la couronne impériale à Rome. Les incursions des Normands en Flandres et en Picardie, obligèrent Louis, l'année suivante, d'aller au devant d'eux. Ce prince étant mort le 4 août bSu , Carloman quitta Vienne pour aller recueillir sa succession , et laissa la conduite du siège à Richard , duc de Bourgogne et comte d'Autun , fière de Boson. Enfin , au mois de décembre de la même année , la ville se rendit à Richard . qui fit conduire Ermengarde , sa belle - sœur , et une fille (ju'elle avait auprès «l'elle, prisonnières à Autun. ( lîouquct , loin. VHl. ) Boson ne.

fut point atterré par ce revers. Carloman , tout occupé à défendre le royaume de France contre le Normands , lui laissa la facilité de recouvrer une partie de ce qu'on lui avait enlevé. En vain Charles le Gros, successeur de Carloman, décédé le 6 décembre 884, cliargea-t-il Bernard, comte d'Auvergne, de marcher contre lui. Bernard fut tué dans le cours de la guerre qu'il fit à Boson , sans avoir presque fait aucun progrès sur lui. Boson rentra dans Vienne au commencement de l'an 887 , et consomma par-là le recouvrement de ses états. Ce fut le fruit de sa prudence et de sa valeur ^î^oî non pas , comme le prétend un moderne, d'un traité conclu àl^îetz, le i^f novembre 886, avec Charles le Gros; traité dont il n'existe point de trace dans l'antiquité. Boson jouit à peine de sa prospérité , étant mort au plus tard dans le mois d'avril de cette même année (887 ). Il fut inhumé à Saint-Maurice de Vienne. On ignore le nom de sa première femme, que Uuchesne, et d'autres écrivains d'après lui , nomment sans fondement Ingeltrude. L'annaliste de Fulde accuse Boson de l'avoir empoisonnée pour épouser Ermengarde , qu'il enleva, selon cet historien , suivi par Herman le Contract. Quoi qu'il en soit, il laissa de cette seconde femme un fils , qui suit , et une fille , Ingeltrude , ou Angelberge , fiancée à Carloman , fils de Louis le Bègue , l'an 878 , puis mariée à Guillaume le Pieux , comte d'Auvergne. Ermengarde était à Vienne à la mort de son époux , sans qu'on sache quand et comment elle sortit de la prison où le duc Richard l'avait renfermée. Ce duc ne fut pas l'unique frère de Boson. Il en avait un autre , à ce qu'il nous paraît , dans la personne d'un seigneur nommé Warnier, ou Garnier ; du moins est-il certain qu'ils étaient très - proches parents. Warnier avait épousé Teutberge , qui lui donna quatre fils , Hugues , Richard , Boson et Manassès. Ce dernier, dévoué à l'état ecclésiastique, devint archevêque d'Arles en 91 3 , et envahit ensuite les évêchés de Vérone, de Trente , de Mantoue, et même l'archevêché de Milan , par la protection de Hugues , roi d'Italie et comte de Provence, dont la nièce, Berthe , avait épousé Boson, frère de ce prélat. L'an 949, par un diplôme date de la xni'=. année du roi Louis d'Outremer, Manassès soumit l'abbaye et le bourg de Cluni au comté de Châlons, qu'il tenait de son père qui l'avait possédé, dit-il, yz/re dominaniis. Dans l'acte, il fait mention de sa mère Teutberge et de ses frères Hugues, Richard et Boson , comme déjà morts. ( Arc. de Cluni. ). Plusieurs années auparavant (l'an 921 , le i^"". février XX^. année de son empire), l'empereur Louis III , dit l'Aveugle , avait accordé à Manassès un privilège pour confirmer les donations que Boson , son père , avait faites à l'église d'Arles. Dans cet acte , Louis qualifie la X. 48

3; 8 CnRO>"OLOGIE HISTORIQUE

prélat de son très-cher parent, Matuisse:>...arrhiepîscopïis noster carîssimus propinqiius ; ce qui marque assez clairement qu ils étalent cousins. (Gall. Chr.^ no., tom. I, Jnstrum. pag. yB et 94» Instrum.lW.^.)

LOUIS , DIT L'AVEUGLE , III*. roi de Provence.

L'an 890 Louis , fils de Boson et d'Ermengarde , après avoiç été trois ans , ou environ , sous la tutelle de sa mère , fut reconnu et couronné roi de Provence , à l'âge de dix ans , par les évêques et les seigneurs , convoqués à Valence , par lettres du pape Etienne VI. Cette assemblée , qu'Erraengarde avait préparée , donna pour principales raisons de son élection que Louis était de la famille impériale ( par femmes) , que l'em-

Î>ereur Charles le Gros lui avait donné le titre de roi , et que 'empereur Arnoul l'avait Investi , avec le sceptre, par le ministère de ses ambassadeurs ; d'où il faut conclure , suivant la remarque du président de Montesquieu , que le royaume d'Arles,, comme les autres, démembrés ou dépendants de l'empire, était héréditaire et électif en même - tems ; héréditaire , en ce que le roi devait être pris dans la race de Charlemagne ; électif, en ce qu'on le choisissait entre tous ceux qui descendaient de ce prince , soit en ligne directe , soit en ligne collatérale. L'an i^qG , suivant D. filabillon , mais plus vraisemblablement l'an 899 , appelé par les ennemis de Berenger , roi de Lombardie , Louis marche à la tête d'une armée pour soutenir ses droits sur l'Italie , en qualité de petit - fils de l'empereur Louis II. Cette entreprise lui réussit mal. A peine a-t-il passé les Alpes , qu'il se volt enveloppé par les troupes de Berenger, et obligé de se remettre à sa discrétion. Berenger lui permet de s'en retourner, après l'avoir fait renoncer , avec serment , à ses prétentions : mais l'ambition ne lui permit point de tenir cet engagement. L'an goo , ou sur la fm de 899 , au mépris de son serment, il entreprend une nouvelle expédlon au-delà des monts. Plus heureux que dans la première, il assiège et prend Pavie, met en fuite Berenger , et se fait proclamer roi d'Italie par les seigneurs. L'an 901 , Louis , après avoir battu deux fols Berenger , se rend à Rome , où il reçoit la couronne impériale des mains du pape. Cette prospérité ne fut pas de longue durée. L'an 906 , et non pas 902 , au mois de j wlllet , Berenger, l'ayant surpris dans Vérone , ie fait aveugler , e t le renvoie dans son royaume de Provence. 3Vlais il ne lut pas tellement privé de la vue , qu'il ne pût encore tracer quelques lettres , comme on le voit par plusieurs diplômes qu'il souscrivit de sa main. Depuis cet événement, M. de Saint-Marc n'aperçoit point de vestiges de son existence après

ï*an 92.3. Mais M. Charvet {liisL de l'église de Vienne ^ pag. 25 i ) cite«leux diplômes de ce prince , datés , l'un du 5 des calendes de décembre , la vingt-septième année de son empire ( car il continua toujours à se parer de ce vain titre d'empereur); l'autre du 8 des calendes de janvier , même année de son empire ; ce qui revient de part et d'autre à l'an de Jésus-Christ 92e). Louis en mourant laissa d'EDGiVE , son épouse , fille d'Edouard l'Ancien , roi d'Angleterre , un fils nommé Charles-Constantin , dont nous verrons le sort à l'article suivant. {Voy. Louis III, empereur d'Occident. )

On trouve des chartes expédiées dans le royaume de Pro-i vence sous le règne de Louis l'Aveugle, où il n'est fait nulle mention de ce règne dans la date, mais seulement des années qni se sont eeoulées depuis la mort de Eoson , et cela jusqu'en 897 ; d'autres où l'on compte seulement les années depuis la mort de l'empereur Charles le Gros, sans parler d'aucun prince régnant en Provence. (^Archw. de Cluni.^

HUGUES , COMTE DE Provence.

Hugues , fils de Thibaut , comte d'Arles , et de P.ertlie, née de I.othaire , roi de Lorraine, et de Valdrade , fut chargé du gouvernement du royaume de Provence , avec la qualité de comte , par l'empereur Louis, après que ce prince eut été prive de la vue. Son administration fut utile à l'état. L'an 92^ , de concert avec Rodolfe , roi de la Bourgogne Transjurane, il chassa de Provence les Hongrois, qui avaient pénétré d'Italie en ce pays par le Mont-Cenis, ou les Alpes Cottiennes. Ces barbares étant revenus l'année suivante par les Alpes maritimes, les deux princes ne se trouvèrent pas en forces pour les repousser, ils traversèrent impunément la Provence et passèrent en Languedoc. Tout ce que Rodolfe et Hugues purent faire , fut de tomber sur leur arrière-garde, qu'ils taillèrent en pièces sur les bords du Rhône. L'an 926, apprenant que ce même Rodolfe , après avoir supplanté Bérenger dans le royaume d'Italie , mécontentait par sa hauteur et son inconstance, les seigneurs du pays, Hugues fomente sous main leur indisposition , à l'aide de Bertlie , sa mère, veuve en secondes noces d'Adalbert le Riche, marquis de Toscane, de ses fr^es utérins. Gui, successeur de son père, et Lambert , et de sa sœur Hermengarde , veuve d'Adalbert, marquis d'Ivrée. Son dessein était de soustraire l'Italie à l'obéissance de Rodolfe et de s'en faire décerner la couronne à lui-même. Le pape et les évêques entrèrent dans ses vues , et l'invitèrent à se rendre sur les lieux. Il y fut reçu avec des démonstrations de joie qui donnèrent lieu à cette façon de parler anciennement usitée en Provence , il a élé reçu comme le roi Hiignct ^ pour dire on Là a fait xxwz ré-

38o CDRONOLOGIE HISTORIQUE

ceptlon honorable. Hugues fut sacré roi de Lombardie à Milan , dans le mois de juillet 926. Après avoir passé dans ce pays un peu plus de deux ans, il repassa les monts au mois de septembre 928. Louis TAveugle étant mort à Vienne, lieu de sa résidence, dans les premiers mois de l'année suivante, Hugues conserva dans le royaume de Provence, l'autorité souveraine qu'il y avait exercée jusqu'alors sous le nom de ce prince , et s'abstint seulement de prendre le litre de roi, pour ne pas effaroucher les esprits. 11 fallait que Charles-Constantin , fils unique de Louis, eut bien peu de miérite aux yeux des Provençaux, pour se voir privé de la succession de son père, sans trouver personne qui s'intéressât à sa défense. Hugues ne voulut pas même lui laisser le comté de Vienne, dont son père l'avait investi. En effet, Herbert H, comte de Vermandois, étant venu trouver Hugues , l'an 928 ou 929 , du vivant du roi Charles le Simple, qu'il retenait en prison, obtint de lui ce comté pour Eudes, son fils. Mais Charles-Constantin trouva moyen de se maintenir par la protection de Raoul, roi de France, dont il se rendit vassal, en lui faisant hommage l'an 980. Il est vrai que , trois ans après , ce monarque , mécontent de lui, pratiqua dans Vienne des intelligences qui le rendirent maître de la place et de tout le comté, qu'il garda jusqu'à sa mort arrivée l'an 986. Mais Charles-Constantin fut ensuite rétabli par le roi Louis d'Outremer , qu'il reçut dans Vienne l'an 941. Hugues cependant ne perdait pas de vue ce comté qu'il voyait avec regret démembré du royaume d'Arles et possédé par son ennemi. Il vint à bout d'y rentrer, et il en était possesseur vers la fin de l'an 944 au plus tard. Nous avons en effet un diplôme de lui et de son fils Lothaire , daté de Pavie le :i5 février 945 , par lequel ils donnent à l'église de SaintjVIaurice de Vienne, une partie de la terre de Chatonnai, située dans le comté de Vienne. (Charvet, Hist. de l'église de Vienne, p. a.'^j.) L'an 942, Hugues résolut de chasser les Sarrasins (le la forteresse de Fraxinet ou Frainel, près de la mer, au diocèse de Fréjus , dont ils s'élaient emparés depuis longtems , et d'où ils faisaient des courses funestes en Provence et sur les côtes de Lombardie ; il obtint à cet effet de l'empereur grec une flotte poor les empêcher d'être secourus de ceux d'Espagne par mer, tandis qu'il les attaquerait par terre. Les choses réussirent à son gré. Il battit ces infidèles et les obligea d'abandonner la forteresse. Mais au liei> de les poursuivre dans les Alpes (1), où ils s'étaient retirés, il traita avec eux, et leur promit

(1) Les Alpes formant une étendue d'environ deux cents lieues en longueur, et lilaql divisées en plusieurs parties ou coutrties , il esta

de les établir dans les montagnes qui séparent la Suisse de l'Italie, s'ils voulaient en défendre le passage à Bérenger, marquis d'ivrée. C'était son antagoniste^ qu'il avait forcé de se réfugier en Allemagne, d'où il menaçait de revenir en forces pour lui disputer de nouveau le royaume de Lorabardle. Ce tiaité fut une des causes qui indisposèrent les Italiens contre Hugues, et les déterminèrent à le contraindre, l'an 946, d'abandonner le royaume à son fds Lolhaire, et de s'en retourner en Provence. Hugues y finit ses jours, le 24 ^^'^il 94? 1 sous l'Iî^bit religieux, dit-on, dans le monastère de Saiat-Fierre de Vienne, qu'il avait fondé : circonstance qui paraît douteuse à D. Mabillon. ( Ann. Bened. ad. ann. 945.) il avait épousé 1°. Ada , qui le fit père de Lothalre , roi d'Italie, et d'Alda , femme d'Albéric, patrice de Rome; 2". Marozie , veuve en premières noces d'Albéric duc de Spolette, et en secondes de Gui, duc de Toscane, frère utérin de Hugues; 3". Berthe , veuve de Rodolfe 11, roi de Bourgogne. Les deux derniers mariages furent stériles. Hugues, outre ces trois femmes, eut beaucoup de maîtresses qui lui donnèrent plusieurs enfants , dont les principaux sont Hubert , qu'il eut de Vandelmode, et qu'il fit marquis de Toscane, et Berthe, femme de l'empereur grec Romain le Jeune. Par son testament, Hugues laissa toutes les richesses qu'il avait apportées d'Italie , à sa nièce, fille de Garnier , son frère , et veuve alors de Boson I , comte de d'Arles, laquelle se remaria depuis à RayiBond II, comte de Rouergue. Ce fut dans la personne de Hugues que finit le

propos de marquer les noms propres et particuliers que les anciens donnaient à chacune de ces contrées, et d'y joindre les nouveaux noms qui leur correspondent. En commençant par le jNIidi , les Alpes marilimes commencent à la mer et se terminent au ÎNIont-Viso; les Alpes cotlies, ou coltiennes, ainsi nomme'es du roi Cotlius, ami d'Auguste, s'étendent depuis le Monl-Viso jusqu'au Mont-Cenis, Mons Cinis ; les Alpes grecques, graice , se prennent depuis le Mont-Cenis jusqu'au grand Saint-Bernard ; les Alpes penniiies , pennines ou pœninœ , conti— guës au Valais, prennent depuis le grand Saint-Bernard , dit aussi pcnninus summus et Mons-Jotis , Monijou. jusqu'au mont Saint-Gothard , où sont les sources du Rhône, du Rhin, de l'Aar et du Tesin; les Alpes rhétiques , rhœficee, dites aussi iriden//nœ , se continuent depuis le mont S aint-Gothard jusqu'à la contrée où la Drave prend sa source ; les Alpes noriques se prolongent depuis la source de la Drave jusqu'à celle du Lizonzo ; les Alpes carniques, ainsi nommées du peuple carni ^ qui a aussi donné son nom à la Carniole ; les Alpes julics , j'u/iŒ, ainsi nommées parce que Jules-César v fit commencer un chemin qu'Auguste fit achever , commencent à la source du I.aubach , et aboutissent à celle du Wipach ; une partie de l'évàchtt de Brixen s'y trouvent comprise, ou du moias le confine.

38a CHRO!^OLOGrE HISTORIQUE

royaume de Provence ; car son fils Lothalre n'y eut aucune part. ( Voy. Hugues , î-oî (Tltalie. )

Charles-Constantin , après la mort de Hugues , recouvra le comté de Tienne, dont il fit hommage, l'an 947, au roi Louis d'Outremer. L'an 960, il vint en Auvergne avec Tévêque de Clermont, au devant de ce monarque, lorsqu'il allait en Aquitaine. (Frodoard.) L'année de sa mort est incertaine; mais il vécut au moins jusqu'en gHS , comme le prouve du Bouchet. Tf.utberge, sa femme, dont la maison n'est point connue, lui donna deux fils, Hichard et Upert. C'est ce que nous ^~ prend une de ses chartes, par laquelle il confirme la vente faite par un de ses sujets ou serfs, nommé Rotbold , à un chanoine de Saint-Maurice de Vienne, appelé Varnier, de deux courtils ou meix , avec des vignes ; le tout situé au pays viennois , in agro Repentinis in eilla Brodaco ^ pour la somme de 189 sous. L'acte daté du i3 des calendes de juin , le roi Conrad (le Pacifique), régnant, est souscrit par le comte Charles, par la comtesse Teulberge , et par leurs fils Kichard et Upert. (^Arch. de Chini. ) Richard souscrivit avec son père, au mois d'avril de la vingt-troisième année du règne de Conrad ( gSg ou c,6o de Jésus-Christ ) , une autre charte par laquelle Grimalde et Beliarde, sa femme, engagent pour quinze années, moyennant la rente annuelle de neuf sous, à un lévite ou diacre encore nommé Varnier, le même peut-être que le chanoine de l'acte précédent, une vigne située au village de Brocian-le-Haut , dans le Mennois. (Ibid.) M. Dunod donne à Charles-Constantin un troisième fils qu'il nomme l'alton , qui devint son successeur au comté de Vienne. De celui ci vint, selon cet écrivain Girard, père d'Etiennette , laqiudle app'^rta en mariage le comté de Vienne à Guillaume le Grand , comte de Bourgogne. ( Voyez Herbert 11 , comte de Vermandois. )

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