RAIMBAUD
- n5o. Raimbaud III, second fils de Guillaume d'Omélasj succéda, dans la moitié du comté d Orange, à Tiburge , sa mère. 11 quitta le nom d'Omélas , que portait son père, et prit celui d'Orange. La petite ville de Courteson , dans ce pays, devint le lieu de sa résidence. Il engagea, l'an 1168, à (iulllaume de Montpellier, son cousin, tout son domaine d'Omelas , situé- dans les diocèses de Beziers et de Maguelonne, pour la somme quatre mille sous melgoriens. Mais il le retira sans doute bientôt après , puisqu'il l'engagea de nouveau, l'an 1171 , à son beau-frère, Almar de Murviel, pour dijc mille deux cents sous melgoriens. 11 mourut , vers l'an II 73, sans postérité, laissant à Tiburge, sa sœur aînée\ remariée pour lors à Bertrand de Baux, deuxième du nom, sa moitié du comté d'Orange. Raimbaud , suivant Nostra— damus , historien de Provence, estoif //on clieoalicr ^ i'aiHant oux armes ^ et 1res - estimé dans la poésie provençale. Mais il' fe trompe lourdement en le faisant mourir en 1229 , et sur d'autres circonstonces de sa vie. Le recueil manuscrit des vies des Poëtes provençaux lui attribue le livre intitulé : La Maestria d'amour. Il ajoute que la comtesse de Die , femme de Guillaume de Poitiers , devint amoureuse de Raimbaud , et lit des vers à sa louange. (Yaissète.)
TIBURGE 111 ET BERTRAND DE BAUX î.
1173. TmuiiGE lil et EePlTrand de, Eaux I, son épouis
'436 CHRONOXOGIE HISTORIQUE
succédèrent à Raimbaud III, dans la moitié du comté d'O^ range. L'an 1178, Bertrand assista, le 3o juillet, au couronnement de l'empereur Frédéric 1 , qui se Ht dans la cathéilrale d'Arles, en vertu de son titre de roi de Provence. On prétend (\ue vers ce tems-là, Frédéric lui accorda le litre de prince d'Orange avec la couronne de souverain. Il est vrai que les comtf's d'Orange ont porté le titre de prince depuis la H,i;i du douzième siècle. Mais il est certain aussi qu'ils ne cessèrent pas pour cela de reconnaître la souveraineté des comtes de -Toulouse, en qualité de marquis de Provence. (Vaissète, lom. III , p. 45) Bertrand , s'élant brouillé avec Raymond V, comte de Toulouse, fut assassiné le jour de Pâques 1181 ,
Ïiar ordre de ce prince. Tiburge mourut vers l'an 1182, :iissant de son mariage trois fils, Guillaume, qui suit; Ber--trand de Baux , père de plusieurs enfants , qui possédèrent les fiefs d'Istres , deBrantouls, d'Aulas, avec d'autres lieux, ,it servirent avec distinction dans les guerres de Naplcs; et Hugues de Baux, mari de Barrale, vicomtesse de Marseille.
GUILLAUME IV
1182. Guillaume IV, surnommé dcl Corivas , fils de B'^rtrand de Baux et son héritier dans cette baronnie , succéda dans la moitié du comté d'Orange, à Tiburge, sa mère- Sur la fin de i2i3, ayant été trouver l'empereur Frédéric II , à Metz, il obtint de lui le titre de roi d'Arles, par lettres datées du i3 janvier 1214. Ces lettres néanmoins ne sont pas à l'abri de tout soupçon. Quoi qu'il en soit, cette prétendue royauté n'affranchit point la terre d'Orange, ni ses maîtres, de la suzeraineté des marcpiis de" Provence. Guillaume , pour mettre dans ses intérêts les Croisés, se déclara contre les Albigeois , et fit la guerre aux habitants d'Avignon , qui protégeaient CCS hérétiques : mais celte guerre lui devint funeste II tomba entre les mains des Avignonais, qui l'écorchèrent vif et le coupèrent en morceaux, au mois de juin de l'an larS: vengeance atroce des atrocités que la croisade avait produites. Guillaume IV est mis au nombre des troubadours dans l'histoire «le ces Poêles, où l'on raconte de lui deux traits qui ne lui font nas beaucoup d'honneur, mais que d'ailleur<; nous ne garantissons pas. Il avait dépouillé un marchand fiançais qui passait sur ses terres, et lui avait pris des efiets considérables, c'est-à-dire vraisemblnbh'ment qu'il avait confisqué ses marchandises pour avoir fraudé les droits de ]iéage ou de douane. De retour en France, le marchand imagina un moyeu fort extraordinaire de se venger. Jl fit contrefaire le sceau du roi J*hilippe Auguste , et écrivit, en son nom, une lettre au prince
DES COMTES ET PRINCES d'oRANGE. 4^7
d'Orange , par laquelle le roi l'invitait à sa cour , pour y recevoir de grands biens et de grands honneurs qu'il lui destinait. Guillaume part , après avoir fait de grands préparatifs. La ville où le marchand demeurait se trouvait sur son passage. U y arrive et y séjourne, ne se doutant de rien. Le marchand , qui avait fait sa partie pour l'arrêter , le surprend avec sa suite , et l'oblige de réparer le dommage qu'il lui avait causé. Guillaume, alors instruit du manège, s'en retourne dépouillé et confus.
Quelque tcms après , il eut à dévorer un autre affront de même nature. Brouillé avec Aimar H de Poitiers , comte de Valentinois , il alla insulter et piller une de ses terres. Comme il s'en revenait sur le Rhône, des pécheurs, sujets d' Aimar , l'arrêtèrent , et probablement le rançonnèrent. ( Mlllot , Hîsi, des Troub. , tom. IIL )
Il avait épousé , i". Altx, dont il eut un fils nommé Guillaume ; 2?. Ermengarde DE Sabran , qui lui donna Raymond y et deux autres fds.
GUILLAUME V
i2ig. Guillaume V, fils aîné, de Guillaume IV, lui succécTa dans la moitié de sa portion du comté d'Orange. U prit , comme son père, le vain titre de roi d'Arles ^ et rï^ourut l'an i23(), laissant de Précieuse , sa femme, deux fds, qui suivent.
GUILLAUME VJ
laSg. Guillaume VI , fils aîné de Guillaume V, hérita de lui la moitié de ce qu'il possédait dans le comté d'Orange. Il mourut l'an 124^ , laissant de sa femme , Valpurge DE MhoiLLON , une fille-, nommée Tiburgelte de Baux , mariée à Roger de Foz , seigneur d'Hières, qui transmit cette seigneurie, en 12R7, avec tous les droits qu'il prétendait avoir en vertu de son mariage, à Charles d'Anjou , comte de Provence.
Bertrand II siiccéda ( on ne sait en quelle année) à l\;;yraoiid II, son père, dans sa