‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 53 sur 277 · BÉRAUD I · texte numérisé non relu

BÉRAUD I

i35i. BÉR\UD l, avant que de snccétler à Jean Daupliinct, sou père, était déjà l'un des plus riches seigneurs d(; l'Auvergne. L'an io3q, par un jugement d'arbitres, rendu le 12 juin , il avait recueilli la succession de la maison de Mercœur. On ne connaît aucune action d'éclat qui ait conservé sa mémoire à la postérité. L'an i356, le 19 août, il fit son testament, et mourut le 27 du même mois. Béraud avait épousé , l'an i'à'66 , Marie, fille de Pierre de la Vie, seigneur de YiUcmur, et nièce du pape Jean XXll , dont il eut cjuatre fils et cinq filles. 3-es fils sont , Béraud , son successeur ; Hugues, qui prit le parti tics armes et s'y distingua; Jean seigneur de Rocheforl , et lioberl , qui naquit après la mort de son père ; Eéatrix , l'aînée à ce qu'il paraît, des fiHes de Béraud , déjà veuve de Henri de Monfaigii en iSSy , épousa ensuite Guillaume Flotte, deuxième du nom, petil-fils de Guillaume I, chancelier de France; Jeanne, seconde fille de Béraud , fut mariée à Guionnet , baron de Séverac en Pxouergue , et neveu d'Amauri de Séverac , maréchal de France. ( Gui, le seul fils qui sortit de ce mariage , étant mort sans postérité masculine , la maison de Séverac se fondit dans celle d'Arpajon. ) Marguerite , dont on ne sait point quel a été le sort , fut la troisième fille de Béraud ; Catherine , la quatrième , fut mariée au marquis de Beaufort , seigneur de Canillac , et neveu du pape (lément YI ; Blanche, la cinquième, épousa Guerin Hl, seigneur d'Apchier. M. le Quien de la Neuville, d'après Justel, prétend que Blanche naquit d'un second mariage de Béiaud avec Jeanne de lîoulogne. S'il eût consulté les preuves de l'histoire de la maison d'Auvergne , par M. Baluze, il aurait vu que Marie de Villemur, femuie de Béraud, ne mourut que le 28 septembre i39o.

BERAUD II , COMTE DE Clermont et seigneur de

Mercœur.

i3.s(i. BÉRAUD 11 , surnommé le comte Camus , fils el .successeur du dauphin Béraud 1, combattit, tiois semaines après la mort de son père , à la bataille de l^oitiers. L'an i35c) , le fameux Robert Knolcs , capitaine anglais, étant venu va Auvergne à la télé de trente mille hommes, tcule la noblcss.'y du pays et des environs s'assembla pour le repousser. Les seigneurs- (Je France ^ dit Froissart , ordonnèrent deux batailles^ et aimtrnt en rlidciine hîen cinq mille hommes- Si ovoit la première bataille le dauphin d'yliu'ergne , romie de Clennont , ei Vapptluil-on

ïflij. CHRONOLOGIE DISTORIQOE

Bel and , ei dcoint illerijues ches'alîer , et leoa bannière écartelèe d'Auoe.rgne et de Mergiel ( Morcœur. ) Si étoii de lez. lui monseigneur Robert dauphin , son onde , le sire de Montaigu , le sire de Chalençun , le sire de Rochefort , le sire de Sérignac , monseigneur Godefioi de Boulogne ^ et plusieurs jeans écuyers de Liinosin^ de Çue'cy , d"" Auvergne et de Rouergue. Mais tout ce grand appareil ne servit qu'à en imposer aux Anglais, qui se retirèrent peniJaul la nuit. L'an i36o, Béraud fut un des otages que le roi Jean donna aux Anglais pour sûreté de l'exécution du traité de Brelignl. Béraud demeura treize ans en Angleterre , oii il dépendit lien ^ dit Froissart , cinquante deux mille li\>res. L'an 1.^74 •> il f"t du nombre des seigneurs que/ le duc d'Anjou assembla dans le Périgord pour aller faire la guerre en Gascogne. H était, l'an i382, dans l'armée de Flandre, et fut compris avec Jean II , comte d'Auvergne , parmi les seigneurs qui devaient servir auprès de la personne du roi Charles VL On le voit , en i386, dans l'armée que le roi avait rissemblée sur les côtes de Flandre à dessein de passer en Ani^leterre ; projet qui, comme l'on sait, n'eut pomt d'exécution. Jl partit, Tan 1^90, avec son frère Hugues, pour accompagner le duc de lîourbon dans l'expédition qu'il entreprit en Barbarie , à la sollicitation des Génois. ( Voy. Louis 11, duc de Bourbon.^ L'an i4oo, (n. st. ) le 17 ou le 2.1 janvier, le dauphin meurt avec la réputation de l'un des seigneurs les plus braves et les plus magnifiques de son tems. Il avait épousé en premières noces, par contrat passé le 2.2. juin 1067 , Jeanne, fille de Guigues YIII, comte de Forez, et de Jeanne de Bourbon. De cette princesse, qu'il perdit le 17 lévrier, i366, il n'eut qu'une fille, Anne, qui fut mariée, non en i5(i8, comme le dit M. le Quien , mais le 19 août i ^7 i , dans le château d'Ardes en Auvergne, avec Louis II, duc de Bourbon , auquel elle apporta en dot les comtés de Forez et de Clermont. Béraud prit en secondes noces , par contrat du mois de juin 1371 , Jeanne, fille de Jean I, comte d'Auvergne et de lîoulngne , laquelle étant morte sans enfants , il se remaria, pour la troisième fois, au mois de juin i374, avec Margue- BlTE, fille héritière de Jean ili , comte de Sancerre, moult xmillante dante ^ dit Froissart , et de graut prudence. Les enfants qu'elle lui donna sont Béraud , qui suit ; Jean et Louis , morts avant leur père sans lignée; Robert, qui, de religieux de la Chaise-Dieu, devint évêque de Chartres l'an il^is. , et l'année suivante évoque d'AIbi ; Jeanne, mariée, l'an 1400, à Guilbnime de Vienne, seigneur de Saint-Georges ; Marguerite, qui épousa, l'an i4o4» Jean de Beuil, non celui qui fut amiral de France , comme le dit M. le t^uien, puisqu'il n'eut

DES DAUPHINS d'aUVERGNE. lt)5

cette dignilé qu'en 1400 , mais vraisemblablement celui qui fut maître des arbalétriers ; enfin Jacquette , abbesse de Saint- Menoux. ( Voy. les comtes de Sancerre. )

BÉRAUD III, COMTE DE Clermokt et de Sancerre, DAUPHIN d'Auvergne.

i4oo. BÉRAUD m, fils du daupbin Béraud II et de Marguerite de Sancerre , succéda cette année à son père. L'an i4'9, il aida le duc de Bourbon à chasser de ses terres des troupes de brigands qui les pillaient : on ne connaît point d'autres exploits mditaires de ce daupbin. Il mourut ie 28 juillet 1426. M. Villaret dit, sur Tan 1424 ^ fjue le comte duuphia d' Auvergne fut tué en plein conseil^ aux yeux même du roi, par Tai.negui du Châtel. Les registres du parlement , ajoute-t-il , oie ce fuit est consigné , ne rapportent point le sujet d 'une i>iolence si injurieuse à la majesté som^eraine. Mais vraisemblablement il se trompe sur l'année ; car l'obituaire de Saint-André-lez Clcrmont assigne la mort de Béraud 111 à l'époque que nous avons marquée. Il avait été marié en premières noces , par contrat du 22 juillet 1409, avec Jeanne , fille de Bertrand de la Tour, cinquième du nom , et de Marie , comtesse d'Auvergne et de Boulogne. De ce mariage naquit une fille, nommée Jeanne, qui lut daupbine d'Auvtrgne. Le 24 juillet «4-^, quatre jours avant sa mort, Béraud s'était remarié avec Marguerite de ChaUvigni , dont il n'eut point déniants. Elle épousa ensuite Jean de Elois, comte de Peutblèvre et vicomte de Limoges. ( J oy. Béraud , comte de Sancerre. )

JEANNE , COMTESSE DE Clermont , DE Sancerre et de

MOKTPENSILR, DAUPHINE d'AuvERGNE.

i4-6. Jeanne, fille unique du dauphin Béraud III, et de Jeanne de la Tour d'Au'crgne, succéda celte année à son père. Elle était née l'an 1412; et l'an 1428, elle épousa Louis do. Bourbon , premier du nom, comte de Montpensier. Le 20 mai 143b (et non i/i'6'à ), Jeanne étant sans enfants et malade à Textremite , fit son testament , par lequel elle donna l'usufruit de tous ses biens à son époux. Jeanne mourut six jours après (le 2G mai ) , «lans le château d'Ardes, séjour ordin:iire des dauphins^ sans laisser d'entants. Ainsi , la braiiche di;s comtes dauphii.s d'Auvergne finit eu sa personne, et ie dauphiné passa, comme on va le voir , dans la maison de Eouibo.i.

JOUIS I DE BOURBON, comte de Montpensier, dauphin d'^'iuvebgïse , DIT LE BON,

i43(t. >T. Baliize prélciKl , sans en donner de preuves, <|u'A.niie, fille du dauphin Béraud II, mariée, comme on l'a viî , dès Ton 1^7», vécut assez pour succéder cette aimée à la d.itipliine Jeanne, sa nièce. Mais nous croyons devoir préférer le sentimiMit de ceux qui placent la mort de celte princesse en l'an «4i<3, époque d'un codicille ajouté à son testament, fait plusieurs années auparavant , et après laquelle on n'aperçoit plus de traces de son existence. LoDis DE Bourbon , chef de la l>rattclie do Montpensier, époux de Jeanne, conserva donc, en vertu de la donation de cette princesse, le dauphiné d'Auvergne, et le transmit à sa postérité, La douceur de son gouvernement lui mérita le surnom de Bon. L'an i4B3 , il assista au sacre du roi Charles VIU, où il représenta le comte de Flandre. Le roi Louis XI le chargea, l'an 14^0, d'aller avec deux évêques au-devant du cardinal Julien de la Bovère , qui venait en France avec titre de légat, pour notifier à ce monarque les bulles de Sixte IV, qui enjoignait, sous peine des censures, à tous les princes chrétiens de suspendre leurs querelles, et de réunir leurs forces contre les Turcs qui menaçaient l'Italie. Il fut encore mis, l'an i4^4i ^ la tète de l'ambassade, que le monarque enxoya au même pape Sixte IV pour lui rendre obéissance fdiale au commencement d.e son règne. Mais les ambassadeurs étant paitis sur la fin de juillet, Sixte mourut le i.H août <ie la même année, dans l'intervalle de leur voyage, et Innocent VIII qui l'avait déjà remplacé, lorsqu'ils arrivèrent , reçut leurs hommages. On peut voir dans l'édition ir»-folio des Mélanges de Baluze, donnée parle P. Dominique Mansi, tom. I, pag. .S63 et suiv. , la lettre du roi au pape, avec les instructions que donna ce prince à ses ambassadeurs, sur divers objets dont ils s'étaient chargés de conférer avec le pape. Le dauphin Louis mourut Tan i486, et fut inhumé dans la chapelle de Saint- Louis d'Aigueperse, qu'il avait fondée et dotée pour vingt chanoines. De Gabrielle, sa seconde femme , fille de Bertrand VI de la Tour, qu'il avait épousée le i5 février i44-» '' ^u^^ "" ^'^^r Gilbert de Bourbon, qui suit; et deux filles , dont l'aînée, Gabi'i< lie , épousa Louis 11 de la Trémoille ( Voy. Louis III , comle de Sanrerre. )

GILBERT, COMTE de Montpensier, dauphin d'Auvergne.

r 4'%. Gilbert, qui porta le titre de comte -dauphin du^ vivant do Louis de Bourbon, son père, élnit déjà célèbre par

DES DAUPHINS d'aUVERCxNE. ){»7

ses exploits avant que de lui succéder, 1/an 1470, le roi Louis XI Tayant fait lieutenant-général de ses armées, il défit les troup.s du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, aux combals de Bussi et de Cluni. Sa valeur parut aussi dans les guerres de Picardie et d'Artois. Le roi Cliarles Vill , qui le nomma lieutenant-général en Picardie, éprouva son attachement dans h's guerres qu'il eut contre les ducs d'Orléans et de Bretagne. Gilbert suivit ce prince À la conquête du royaume de Maples ; et lorsque Charles se disposa à reprendre la route de France, il laissa Gilbert dans le pays, avec titre de vice-roi et de généralissime de ses troupes. Quelque brave que fut Gilbert , levénement prouva que Cliarles VllI n'avait pas ccmfie sa conquête à des mains assez habiles pour la conserver. Naturellement paresseux et indolent, il n'y avait que le danger qui pût lui faire surmonter son penchant et lui donner de l'activité. Mon:;e;gncnr de Monfpensier, dit Commines, efaù bon dievallcr et hardi y muis pe:i sage ^ il ne se lev(df jjotnl qu'il ne jiîl midi. Au lieu de faire observer une exacte discipline à ses troupes dans un pays étranger, il irrita les Napolitains, en tolérant les excès auxquels elles S'^ livrèrent, et surtout à l'égard des femmes. Ferdinand d'Aragon instruit de la haine que s'attiraient les Français, renlra dans Naples le y juillet i49'^? ^^t les contraignit à se retirer les uns dans le château de l'iJ^^uf , les autres dans le château Neuf L;'. vice-roi, aussitôt assiégé dans ce dernier, îe défendit p'.nd.Tiit cinq mois, et, faute de secours, fut obligé de le rendre le 8 décembre suivant. Retiré dans la Basilicate, après avoir perdu les autres provinces du royaume de Naples, il soutint, l'an i4fj6. un nouveau siège dans Atelle, et n'évacua encore la pldce , le i<\ août, que pour n'avoir pas été secouru. Ce général ayant ensuil;» fait embarquer les cinq mille hommes qui lui restaient . pour retourner en France, leur départ fut retardé par la perfidie du roi de Naples, qui , par ses délais, fit périr les Irois-quarts (!:• cette armée. Gilbert mourut lui-même à Pouzzoles, le 5 octobre 1496 , non sans soupçon d'avoir été empoisonné. Son corps fut transporté quelques années après dans la chapelle de Saint-Louis d'Aigueperse. Il avait épousé, le 24 février 1481 , Claiiie TiV. GoNZAGUE, fille de Frédéric , duc de Mantoue. Cette princess( , qui lui survécut jusqu'au 2. juin i5o3, lui donna trois fils et trois filles. Les fils sont J^ouis, Charles et François. Le premier et io second lui succédèrent ; le dernier , créé duc de Châtelleraul , fut tué à la bataille de Marignan, donnée le i3 septembre i5 if-. Tous trois moururent sans postérité. Louise, l'aînée des filles, épousa, i^. André de Chauvigni , prince de Deols; 2*^. Louis de Bourbon, prince de la Roche-sur- Yon ; Piénée, la seconde, épousa Antoine, duc de Lorraine.

l68 CHRO^"OLOGIE HISTORIQUE

LOUIS II DE BOURBON, comte db Montpensier, dauphin d'Auvergnf.

1496. Louis II, fils et successeur de Gilbert de Bourbon- Montpensier , hérita de sa bravoure et de ses autres bonnes qualités. L'an i499i i^ ^^^^ ■> sous la direction de Louis de la Trémoille , le commandement de la seconde armée , que le roi Louis XII ens'oya dans le ducbé de Milan. L'an i5o[ , il se signala au siège de Capoue , commencé le 17 juillet, et terminé le aS du même mois par la réduction de b place. De là , s'étant rendu par Naples à Pouzzoles , il y fil faire un service solennel pour Gilbert, son père. Mais à la vue du cadavre de ce prince, qu'il se fit montrer, la tendresse filiale se réveilla si fi)rtement en lui, qu'après avoir versé un torrent de larmes , il en prit la fièvre, dont il mourut à Naples , le 14 ou 1 5 août de la même année i5oi , à l'âge de dix-huit ans, et sans avoir été marié.

CHARLES, DUC de Bourbon, comte de Mo^'TPENSIER et DE LA. Marche , dauphin d'Auvergne.

i5oi. Charles, second fils de Gilbert de Montpensier, né le 17 février 149^1 succéda à Louis, son frère, dans le dauphiné d Auvergne , ainsi que dans le comté de Montpensier. Ayant épousé, le 10 mai i5o5, Suzanne, fille et héritière de Pierre II , duc de Bourbon , décédé le 8 octobre i5o3 , il prit le titre de duc de Bourbon. Il accompagna, l'an iSoy, Louis XII dans son expédition contre les Génois qui s'étaient révoltés, et s'y distingua. H acquit encore plus de gloire l'an 1609, à la journée d'Agnadel le 14 mai: s'étant mis à la, tète de quatre cents hommes d'armes, il repoussa l'Alviane, général vénitien, qui avait mis en déroute l'avaiit-garde française. Son mérite et sa naissance lui valurent, en i5i5, l'epée de connétable que le roi lui donna le i5 janvier. Il conduisit l'avant-garde de l'armée, suivant le privilège de sa charge, à la bataille de Marignan, gagnée sur les Suisses le i3 septembre de la même année. La conquête du Milanez ayant été la suite de cette victoire, dont on fut redevable à sa valeur et à son habileté, il fut fait vice-roi de ce duché. Après la mort de sa femme , arrivée le 28 avril 1521 , il voulut se mettre en possession de tous les biens de la maison de Bourbon , faute d'héritiers mâles. Louise de Savoie, mère du roi, lui contesta celle succession , et n'ayant pu réussir auprès i]('s juges à se les faire adjuger, elle obtint du moins qu'ils fussent mis en séquestre par arrêt du mois

itzi DAUPHINS D'AUVERGNE. iBg

Vî'aoïlt i522. Outre de désespoir, Charles passa (i) au service de lempereur , en id33. Son évasion fut si bien concertée, qu'il était d'ja dans le pays ennemi lorsque François 1^''. lui envoya demander l'épée de connétable et le collier de son ordre» Quant à /'ejjre, répondit Bourbon, ii me /'oLi à Vatenciennes ^ lors(fu 'il confia à M . d^Alençon l doant-gàrde qui m 'appartenait. Pour i:e qui est de I ordre ^ je l'ai laissé derrière niun chenet à Chantelle. Charles-Quint fut ravi d'avoir acquis un général aussi habile et aussi capable, à ce qu'il crovait , d'execuler ^qs grands projets contre la France. Boni bon , 1 an i5a4, amena 1 armée impériale devant Marseille où il échoua d'autant plus ignominieusement, quil s'élait vanté de prendre cette ville presque sans coup férir. Il fut plus heureux aUx batailles de Biagrasso et de Pavie , dont les Impériaux durent le gain à son habdeté. Le rl>i François 1^'. ayant ete pris à la dernière, donnée le ^4 février 1020 , il passa en Espagn*^ pour veiller à ses intérêts pendant les négociations de l'empereur avec son prisonnier. A sort arrivée à Madrid , le marquis de Villena lui ht un affront bien capable de le faire rentrer en lui-même, s'il eiU été susceptible de remords. L'empereur ayant demande à ce seigneur, son palais pour y loger fjourbon , Je ne saurais , dit-il , rien refuser à f^otre Majesté ; mais je la supplie de ne pas trouvt:r maucai^ que je . mette le feu à cette maison dès que le duc en sera sorti . comme n'étant plus propre a loger un homme d'honne'-r ap/è, aooir été souillée par lu présence d'un traître. Bourbon n'eut pas lieu d'être plus satisfait de l'empereur , qui lui manqua de parole en donnant sa sœur -Lleonore , qu'il lui avait promise, au roi dé France. De retour en Italie , il fit quelques démarches équivoques qui donnèrent lieu aux Impériaux de douter de sa fidélité. Il s'aperçut des soupçons que sa conduite avait fait naître , et pour les effacer , il alla faire le siège de Rome , où il fut tué le 6 mai i5:i7, en montant des premiers à l'assaut ; il Cîait également facile aux assièges et aux assiégeants de le discerner. Bourbon s'était vêtu ce jour-là d'un habit blanc , pour être , disait-il , le premier but des assiégés, et la prerdère enseigne des assiégeants (^2). Il avait eu de son mariage trois fils , Fran-

(i) Il avait toujours retenu et répe'taif avec romplaisance la réponse que fit un oificief gascon à cette demande de Charles VII : Quelque chose au monde pourrait-il vous dc/acf/er de mon senice ? — Non . Sire , pas même l offre de trois royaumes tels (juc le vôtre. Mais oui lien urt affront. Ce tut la maxime que suivit Charles de Bourbon après la perte de son procès.

(2) « Ses soldats, dont il e'iait adoré, après avoir saccagé Rome, » emportèrent son corps à Gaële, et lui dressèrent un tombeau daû*

iyo CliROiSÛXOGlE HiStORIQtB

cols de Bourbon et deux jumeaux , tous trois morts avant. lui. i'ar son testament, il instituait son héritière, Anne de France, duchesse de Bourbon , sa belle-mère , avec pouvoir de transmettre cette succession à Louis de Bourbon , prince de la Roche - sur -Yon , qui iut depuis duc de Montpensier. Mais cette disposition n'eut pas lieu. Son procès, corrimencé au parlement de Paris, aussitôt après son évasion, par les interrogatoires qu'on fit subir à Saint - Vallier , à de Prie, et à d autres réputés ses complices, avait été suspendu pendant la prison du roi, qui suivit la bataille de Pavie. Un des articles, rnême du traité fait à Madrid pour la liberté du monarque y portait que le connétable serait rétabli dans tous ses biens. C'est sur le fondement de cet article que Bourbon avait fait son testament. Mais ce fut un de ceux que le roi de France refusa d'exécuter , prétendant avec raison qu'il n'était yjas libre lorsqu'il avait conclu ce traité. Le procureur-général, en conséquence, continua ses poursuites contre le connétable, et, 1 an iSsy. le 26 juillet, (ce prince était déjà mort) le roi séant en sa cour de parlement , garnie de pairs, princes et gens du sang, après avoir fait appeler le duc de Bourbon, à haute voix à la barre du parlement , à la table de marbie et au haut des degrés du palais, par le premier huissier, en présence de deux conseillers, le chancelier ayant recueilli les voix, prononça l'arrêt qui le déclara atteint et convaincu du crime de lèzemajesté divine et humaine , rébellion et félonie : en conséquence, ordonna que ses armes seraient vidées et effacées, damnant et abolissant sa mémoire à perpétuité; ses Liens féodaux içuus de la couronne de France , médiotement ou immédiatement déclarés retourner en icelle , et ses autres biens meubles et immeubles confisqués. Louise de Bourbon-Montpensier , sa sœur, et le prince de la Roche-sur- Yon, fils de Louise, firent contre ce jugement des protestations auxquelles on n'eut point d'tgarJ pour lors. Le roi et sa mère , pour le mettre à exécution, passèrent à la Ferlé -sur- Oise , le 25 août suivant, un trai»é par lequel le Beaujolais, le pays de Dombes , le Forez et le Roannès, demeurèrent à celle princesse, à condition qu'après sa mort, ils passeraient aux deux derniers fils du

5) une chapelle. Le concile de Trente ordonna qu'il serait exhumé

î> On avait jeté ce corps auprès de la porte du château de Gaëte ; un

-.i officier fiançais de la garnison le mit dans une grande armoire

» vitrée où on le -voyait encore, en 1660, debout, botté, appuyé

•» sur un bâton de commandement . et vêta de sa casaque de Telours

>> vert, chamarrée de grands galons d'or. » (Saintefoix, Ess. suf JP./r/s , tome I ^ pa gc gS )

DIS DAUPHIN* D'Am'ERGNE. ijt

r«î pour en jouir à litre d apanage, il n'y eut que la baroniiia de Mercœur, en Auvergne, et quelques terres qui furent cédées au duc de Lorraine, dont la femme était sœur du connétable. Les choses restèrent en cet état jusqu'au traite de Cambrai, dit la paix des Dames, conclu, le o août 1529, enire Louise de Savoie, pour le roi son fils, et Marguerife d'Autriche , pour l'empereur son frère. Il y- fut stipulé que l'aiticle du traité de Madrid, qui concernait le connétable de Bourbon, serait exécuté. François 1«% en conséquence , étant à Angoulème , donna au mois de mai i53o, des lettres-patentes qui furent enregistrées au parlement , lettres portant abolition pour défunt messire Charles , duc de Bourbon , connétable de France, ses amis, alliés, serviteurs et ayant pris soa parti, et leurs héritiers. (^Le/:t. des îw. français , vol. i^"". » pag. 49 et 5o. ) Dans le même teras, par le traité fait le 17 du même mois de mai, il céda à Louise de Bourbon et à Louis , son fils , prince de la Hoche sur-Yon , le duché de Châtelléraut, le Forez, le Beaujolais et la principauté de Dombes. C'était l'empressement de retirer ses enfants retenus en otage à Madrid , qui l'avait déterminé à faire ces sacrifices. Mais sé$ fils lui étant rendus, il cassa, par autres lettres-patentes du mois de janvier i53i , comme extorqué, tout ce qu'il avait nouvellement fait en faveur du connétable et de ses héritiers , et remit les choses en l'état où elles étaient auparavant. Néanmoins sur les grandes poursuites de Louise de Bourbon , François \". fit assembler son conseil , mais l'avis du conseil, donné le 3 août iBSy, fut que le prince de la Roche- sur-Yon, ni sa mère, n'avaient rien à prétendre aux biens de la maison de Bourbon que le connétable possédait, et que le tout appartenait au roi. L'aimée suivante , Louise de Bourbon maria , dans le mois d'août , le prince de la Roche-sur- Yon , avec Jacqueline de Longwi , deuxième fille de Jean de Longwi , seigneur de Givri , dont l'aînée avait épousé Philippe Chabot, comte de Charni et de Buzanç^ïis. Ce dernier, fort aimé de François I , lui représenta d'une manière si louchante l'état de pauvrefé où se trouvait réduit le prince de la Roche-sur-Yon , qu'il vinÇ à bout de le fléchir. Par lettres-patentes du même mois, données à Blois , ce monarque consentit à donner à Louise de Bourbon et à Louis, son fils, en considération delà parenté, le comté de Montpensier avec les seigneuries de la Tour, de la Buissière et de la Roche -Régnier ; moyennant quoi ils abandonnèrent au roi , par contrat passé le premier septetnl)re suivant, à Champigni, tout qu'ils pouvaient prétendre au surplus des biens de la maison de Bourbon. Le roi, pour donner çlus de poids au don qu'il leur avait fait , ërieea , par lettres. (Jtj,

inols de février i53c) , (n. st.) le comté de Montpensier etf duché-paltie; ce qui fut vérifié au parlement le 6 mars suivant. Aigueperse fut le chef-lieu de ce duché. Louis prit alors le titre de duc de Montpensier, ainsi que sa mère. 11 était né le 10 juin i5i3, el fut le second de son nom dans sa branche, ayant pour père Louis I , prince de la iioche-sur-Yon , second fds de Jean jcle Bourbon 11 , comte de Vendôme, et d'Elisabeth de Heauvau , mort vers Tan iSao. La douceur de son caractère et sa piété sincère, auxquelles se joignaient la valeur et la magna- Tiimlté, lui méritèrent le surnom de Bon. Cependant avec ces belles qualités, il se vit toujours sans emploi sous le règne de François 1". Celui de Henri il ne lui fut guère plus favorable , malgré le crédit que U duchesse, sa femme, s'acquit sur l'esprit de la reine Catherine de Médicis, et le zèle qu'il marqua toujours pour la gloire et la défense de Tétat. H signala sa valeur en qualité de volontaire, l'an i55o, à la défense de Boulogne , à la bataille de Renti, en i554 , et trois ans après, à celle de Saint-Quentin où il demeura prisonnier : et là il eut pourtant ^ comme dit Brantôme, quelxjue petite charge de régiment. Enfin sous le règne de François II , au sacre duquel il représenta le duc de Normandie , comme il avait fait à celui de Henri II , le crédit et l'habileté de la duchesse de Montpensier lui fit obtenir pleine satisfaction sur ce qui devait lui revenir de la succession du connétable. Ce monarque étant à Orléans avec la reine sa m'^re, assisté du procureur-général et d'un grand nombre de seigneurs , lit , le 27 novembre i56o , avec la duchesse de Montpensier, chargée de la procuration de son époux, une transaction portant que le duc de Montpensier serait mis en possession du comté de Forez , dç la baronnie de Beaujolais , du dauphiné d'Auvergne et de la seigneurie de Dombes. Le roi Charles IX , successeur de François 11 , envoya cette transaction , le 17 décembre suivant, au parlement où elle ne fut enregistrée que le 2S juin i5Gi. (Nous ne devons pas oublier qu'en i52,H , François 1". , par lettres du mois de novembre , établit pour Dombes, un conseil souverain siégeant à Lyon, conseil qui se trouve qualifié parlement dans les lettres-patentes du mois d'avril i543 , et dans une déclaration du mois de juillet i544- C'est le titre qu'il a toujour-s retenu depuis. Il a été transféré, l an 1696 , par le duc du Maine, à Trévoux, et fut réuni au parlement de Bourgogne.)

Le duc de Montpensier reconnut la grâce que Charles IX lui avait faite , par les grands services qu'il rendit à l'état dans les guerres civiles qui s'élevèrent sous ce règne et sous le suivant. Pourvu, l'an i56i , du gouvernement de l'Anjou, de la ïou-t fgin^ et dii Maine , il remit sq^s l'obé^issance di4 roi les viU^s

DES DAUPHINS d'auvergnf. 173

id''Âng<'rs, cle Tours, de Saumm -, du Mans, de Pons, de Saint- Jean-d'Angoli et de la Rochelle. L'an i5H8 , il défit les protestants, le 25 octobre, à la renconlre de Messignac ; et Tannée suivante , il eut part aux victoires de Moncontour et de Jarnac. Il servit depuis (en iSyS) au premier siège de la Rochelle , et fit rentrer dans le devoir , l'année suivante , plusieurs places du Poitou. S'etant mis en route , l'an iSjS , pour se rendrPau sacre de Henri III , il fut obhgé de rebrousser chemin à l'occasion suivante. Le duc de Guise , dans l'anti - chambre de la reine-mère , avait dit publiquement que si ce prince se présentait pour lui disputer la préséance à cette cérémonie , il lui passerait , au pied même de l'autel , son épée au travers du corps ; sur quoi le comte d'Escars ne put s'empêcher de lui dire : Monsieur , il n'y a pas de Français^ au propos qui vient de vous échapper ^ qui ne fût tenté de vous y passer la sienne , indigné de votre audace et manque de respect envers un prince du sang. Le duc de Guise prétendait qu'au sacre et aux grandes cérémonies , l'usage réglait le rang par l'ancienneté de pairie , sans égard à la naissance , et que le comté de Guise ayant été érigé en duchépairie (l'an i528 ) avant le comté de Montpensier , qui ne le fut , comme on l'a vu , qu'en i53c) , il devait avoir la préséance sur le duc de Montpensier , quoique prince du sang. Henri Ili , malgré les rernontranres du comte d'Escars , ayant eu la faiblesse d'écrire au duc de Montpensier, qu'il lui ferait plaisir de ne pas venir à son sacre : ce prince obéit , et s'en retourna. Mais aux états de Blois, par edit du i8 janvier iSyy , il fut réglé que les princes du sang, soit qu'ils fussent ou qu'ils ne fussent pas pairs, précéderaient partout les pairs qui ne seraient pas de leur sang. (Saint-Foix.) Le duc de Montpensier aimait sincèrement l'état. H fut un de ceux qui contribuèrent le plus à la conclusion de la paix , arrêtée à Poitiers dans le mois de septembre 1677. Ce prince mourut le a3 septembre i582 (et non i583 ', dans son château de Champigni, et fut enterré dans la chapelle, castr'ale. Jacqueline de Longwi, sa première femme, qu'il perdit le 28 août i56i , lui donna un fils, qui siiit , et quatre filles , Françoise, mariée à Henri-Robert de la Marck , princii . de Sedan ; Anne , femme de François de Clèves , ll*^. du nom , . duc de Nevers ; Charlotte , abbesse de Sainte-Croix de Poitiers , puis de Jouarre , d'où elle sortit en iSyi , pour se retirer chc^ le prince Palatin , où elle embrassa le Calvinisme , après quoi , elle épousa Guillaume, comte de Nassau, dit le Jeune, V1II«. du nom, prince d'Orange; et Louise, abbesse de Faremoutier , morte en février i586. Le duc de Montpensier épousa en sefQijdes npces Catherine pe Lorraine, fille de François, duc

i'ji CHRONOLOGIE HISTORIQUE

«3e Guise , l'ennemie la plus envenimée des rois Henri III et Henri IV, morle en 1696 , sans avoir eu d'enfants.

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