CHARLES D'ORLÉANS
1467. Charles, né l'an 1459, successeur de Jean, son père, au comté d'Angoulême, assista, l'an i4''^+, aux états-généi-aux de Tours . où , quoique plus proche de la couronne que le duc d'Alençon , il n'eut rang qu'après lui. C'est que dans ces grandes assemblées les princes du sang n'avaient point encore d'autre X. 25
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rang enfre eux que celui de laur pairie (i). Charles épousa, pâf coHlral passé à Paris le i6 février 1487 ( v. st.) LoUiSE , fille aînée de Philippe, dit Sans-Terre, comte de Bresse, puis duc de Savoie , née. le 1 1 septembre i47^- H mourut le i^"^. janvier de l'an 149^ ( n st.), laissant de son mariage un fils qui fut notre roi François 1^% et une fille, Marguerite , alliée, i'*\ à Charles, duc d'Alençon ; 2.^. à Henri d'Albret , roi de Navarre. ( Voyez les rois de Nacarre. ) Il laissa de plus trois filles naturelles , savoir, Jeanne, qui fut mariée à Jean de Longwi, seigneur de Givri , issii des anciens comtes de Châlons , seigneur très-opulent ; Madeleine, abbesse de Saint- Auzony, et Souveraine, qui épousa Michel Gaillard, chevalier, seigneur de Chilli et deLongjumeau. La duchesse Louise survécut long-tems à son époux. Ce fut elle qui forma la jeunesse de son fils. Ce prince marqua presque toujours pour les volontés de sa mère une déférence dont il eut plus d'une fois à se repentir. Le caractère de Louise était ua mélange de bonnes et de mauvaises qualités. Fourbe, vindicative, avare, voluptueuse , elle ne le cédait pour les talents et les connaissances à aucune personne de son sexe. Il y eut toujours entre elle et là reine Anne de Bretagne , femme du roi Louis XII, une antipathie qui empêcha, tant que celle-ci vécut, le mariage arrêté de Claude, sa fille, avec le fils de Louise. François étant monté sur le trône , le i^^. janvier i5i5 (n. st. ) , érigea l'année suivante en faveur de sa mère, par lettres du mois de février, le comté d'Angoulême en duché ; et dans le même mois , il fit don à cette princesse des seigneuries d'Epernai , Saint- Maixant , etc. Louise obtint encore dans la suite, en divers tems, les duchés d'Anjou et de Touraine avec les comtés du Maine et de Beaufort, Deux fois le roi son fils l'honora du titre de régente, 1". l'an i5i5 , lorsqu'il partit pour l'Italie; 2". l'an i525 , pendant sa prison de Madrid. Ce fut elle qui conclut, en iSsc) , la paix avec l'Espagne par le traité de Cambrai. Elle rendit à l'état d'autres services qui ne feront pas néanmoins oublier les injustices criantes que l'avarice et l'esprit de vengeance lui iirent commettre. On lui reprochera éternellement la mort de Sam— blançai , surintendant des finances , qu'elle rendit victime de la première de ces deux passions , et la funeste désertion du
(i) Le vidame de Chartres y fut aussi pre'cede' par plusieurs seigneurs qui n'étaient point prluf es du sanç;. Mais cela ne conclut rien contre la pre'se'ance «iue à ces princes sur tous les autres seigneurs, parce que le vidame élnit de l'ancienne maison des comles de Vendôme , différente de celle des Bourbons. ( Voyez Pierre de Moû— teire j eamte de Vendùme. )
DES COMTES d'ANGOULÊmE. ig5
connétable de Bourbon , qu'elle occasiona en voulant se venger au refus qu'il avait fait de l'offre de sa main. ( Voyez le règne de François F'^.) Cette princesse craignait tellement la mort, qu'elle ne souffrait point qu'on la nommât devant elle, même dans les sermons. Trois jours avant que ce moment terrible arrivât pour elle , étant dans son lit malade , elle aperçut de la clarté pendant la nuit à travers ses rideaux. Elle demanda ce que c'était : on lui répondit que c'était une comète. Ah ! ditelle , ce signe n 'est pas pour une personne de basse condition. C 'est pour nous autres grands et grandes que Dieu l 'envoie. Piefermez la Jenêlre. C'est ma mort que cette comète annonce. C'était le icj septembre i53i qu'elle fit cette prédiction. Elle mourut le 22 suivant à Gretz en Gâtinais , à Tâge de cinquante-cinq ans et onze jours. Son corps fut transporté en grande pompe à Saint-Denis, et son cœur à JSotre-Dame de Paris.