‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 8 sur 277 · SUNIAIRE II , PREMIER COMTE HÉRÉDITAIRE · texte numérisé non relu

SUNIAIRE II , PREMIER COMTE HÉRÉDITAIRE

Suniaire II , neveu de Radûlphe , fut son successeur au X, 4

êG chronologie historique

comté de Roussillon , qu'il posséda jusqu'en 91 5. (Vais. tora. II, pag. 440 E" mourant il laissa d'ERMENGARDE , sa femme, quatre fils , Bencion , Gauzberl , Hilmerade et Vadalde ; les deux premiers lui succédèrent , et le troisième devint, en 916 évèque d'Elne , dont le cartulaire le nomme expressément fds du comte Suniaire. {^Marca Hlspan.^ col. 38S ; Vaissète, tom. 11 , pr. pag. 438. ■) Nous avons une charte de Vadalde , frère et successeur d'Hilmerade, et du comte Gauzbert, en date du 3 des ides d'avril g3o , par laquelle ils font une donation à l'église d'Elne, pour le soulagement de l'âme du comte Suniaire, propicr remedium animas de comité Suniario. ( Ibid. pr. , col. 68. )

BENCION ET GAUZBERT.

qi5. Bencion et Gauzbert , fds de Suniaire II , se mirent en possession du comté de Roussillon, après la mort de leur père. Le premier était marié avec Godlane, comme on le voit par une donation qu'il fit à l'église d'Elne , le 4 tles nones de mars 91*^, pour le repos de son âme et de celle de Godlane, sa femme. Il mourut dans le cours de cette même année , et non la suivante , comme il est marqué dans l'histoire de Languedoc. On trouve en effet dans le cartulaire d'Elne , fol. 9 , une charte de l'évêque Hilmerade, son frère , datée du i^^. septembre ()i6 , dans laquelle il rapelle une donation faite à son église par le comte Bencion , son frère , d'heureuse mémoire : Simili fer quO(jue scripturum donationis benignœ recordatîonis geimani Tfiei Bentionis comitis. Après la mort de Bencion , Gauzbert , son frère , régna seul. Il assista dans le mois de septembre 916 , à la consécration de la nouvelle église, d'Elne. {Cartul. Helen. ) On a de lui et de la comtesse Trudegarde , sa femme , deux chartes , l'une du 8 des calendes de février 922 , l'autre de l'an 980. ( Marca Hlspan., col. 842. ) En 981 , Il fit une donation à l'église d'Elne , de concert avec l'évêque Vadalde. ( lùid. ) Dans l'inscription de Saint-Martin d'Ampurias, il est désigné comme im héros triomphant , et sa mort y est marquée à l'an 928. Mais il y a certainement erreur de chiffre, comme on vient de le voir dans cet acte. En mourant il laissa un fils , qui suit.

GUIFRED ou GAUSFRED.

Guifred ou Gausfred succéda, l'on ne peut dire en quelle année , à Gauzbert , son père , au comté de Roussillon. La première époque de son gouvernement , dont on ait connaissance , est marquée dans une charte du 7 des ides de 'uin 946. ( CartiiL Jlclen. fol. ioti, ) Il fut présent , la même année , le 9 des ca-

DES COMTES DE ROUÇ.SÎLLON. 27

îendcs de janvier ( 24 décembre ) , à la consécration de l'église de Saint-Martin de Bautices , faite par Ermengaud , archevêque de Narbonne , assisté des évéques d'Klne et de Gironne , et dans l'acte qui fut dressé de cette cérémonie , il est qualifié comtfe d'Ampurias , de Pierrelale et de Roussillon , Gaufrediis , cornes Impuriarum, Petrelatensis et Rossilionensis . {Cartul. du Mon de S. Cyr de Colera , Taverner, hist. des comtes d'Ampurias ^ Pujades, Chr. manuscrite de Catal.^ \. i3, c. 24.) Ce comte, et Ava , son épouse , firent un échange avec une femme , nommée Hermentrude , le 12 des calendes de juillet, la cinquième année du règne de Lothaire , c'est-à-dire , en 967 , en comptant de l'association de Lolhaire au trône, et de Fan 9.^9, en comptant du tems auquel il succéda au roi Louis son père. ( Carf. Helen, fol. 22g.) Le comte Guifred s'étant rendu, l'an 978, avec Suniaire , son troisième fils, évoque d'Elne , Arnadul, évêque d'Ausonne, et un grand nombre de seigneurs , au monastère de Rodes, pour y célébrer la fête de Saint-Pierre, Hi!desinde , abbé de cette maison, leur porta ses plaintes conlie un certain Adelbert , qui lui disputait un droit de pêche. Guifred , avec les prélats et les nobles , parmi lesquels se trouvait Aurucus , vicomte de Roussillon et Adalbert , vicomte d'Ampurias, jugea en faveur de l'âbbé. ( Marca Hisp.^ col. 4o' ■ ) L'an 981 , Guifred obtint du roi Lothaire un terrain inculle entre CoUioure et Bagnols. Le monarque dans son diplôme de concession, daté du 7 des ides de juillet , la vingt -septième année de son règne et la troisième de celui de Louis, son fds, y qualifie Guifred de duc et d'ami. {I/ji'd. , pag. 925. )

Dans le partage que Guifred fit de ses domaines entre ses deux fils , Hugues et Guilabert , il donna au premier le comté d'Ampurias, et au second celui de Roussillon. Il paraît qu'il mourut vers la fin du dixième siècle. C'est ce que nous recueillons des termes d'une donation que Hugues fit au monastère de Saint - Pierre de Rodes , le 5 des calendes de noi^emLre ( 28 octobre) de la treizième année du régne de Robert ( 1008 ) , pro> quond'im Gaufredo comité geniture meo. ( Archiv, de Saint-Vlerœ de Rodes. )

GUILABERT ou GUISLEBERT L

Guilabert , deuxième fils de Guifred , donna , l'an 1007 , en qualité de comte de Roussillon, avec Hugues, son frère, comte d'Ampurias , au monastère de Rodes , deux champs situés au comté de Pierrelate , près de la ville de Castellon , et la dîme de la pêche d'un lieu situé au comté d'Ampurias. {^ISÎarca, Hisp.f col, 4^0. ) On le voit encore présent , l'an 1010 ^ à uite

sS CHRONOLOGIE HISTORIQUE

assemblée de prélats et île seigneurs, tenue le i8 novembre à Urgel, ( Valssète , tom. II, pag. i44- ) ^^- d^ Taverner observe dans son histoire des comtes d'Ampurias , que Guilabert était raort en 1014.

GAUSFRED ÎI.

Gausfred succéda en bas-âge à Guilabert , son père, dans, le comté de Roussillon. Hugues , son oncle , abusant de sa jeunesse , dit M. de Taverner , tenta de lui enlever son comté- Mais Gausfred fut maintenu par le secours du comte de Bésalu , son allié. Les guerres suscitées à ce sifjet furent terminées l'an 1020, par la médiation d'Oliba, évêque d'Ausonne , suivant la lettre de ce prélat anx religieux de RleupoU , dont il était abbé , rap]iortee par M. de Taverner. Gausfred assista , le 17 des calendes de juin ( 16 mai) de l'an io25, avec la qualité de comte de Roussillon , à la dédicace de l'église de Saint-Jean de Perpignan. (^Marca Hùp. , cul. io4o.) L'an io3o, il vendit, de concert avec Suniaire son frère, Hugues, son oncle , GuiSLE , sa femme , et Ponce , leur fils , à l'abbaye de Rodes , certains fonds situés dans le comté de Péralata ou de Pierrelate. ( Marra Jlisp., pag. io4-.) Il fut du nombre des seigneurs qui assistèrent l'an 1041 , au concile de Tuluje , à trois milles de Perpignan. ( Vaissète, tom. II, pag. 182.) Il tint , le 7 des ides d'avril 1044 7 avec Pons , comte d'Ampurias , un plaid où ils jugèrent , en faveur de l'abbaye de Rodes , un procès qu'elle avait avec des personnes (jui retenaient des vignes et des terres de son domaine. ( Marra Jlisp. ^ col. io85. )I1 fut présent , le ly des calendes de décembre (10 novembre) de l'an 1046, avec Adélaïde, sa femme, Guillaume, comte de Bésalu, et grand nombre de seigneurs du pays , à la consécration de l'église du monastère fl'Arles dans le Valespir, au pied de la montagne de Canigoii. {Ilid.^ On le voit encore, le 4 des ides de décembre io58, au concile d'Elne ^ assemblé pour aviser à la reconstruction de l'église cathédrale de cette ville {Ihid., pag. 198.) 11 contribua non-seulement de ses avis , mais encore de ses libéralités à l'exécution de cette entreprise. On voit encore à côté du maîtreautel l'inscription suivante , dont le style barbare prouve l'antiquité : Anno LXVllll pust millesimo ah Incarnatlone Dom., liid. vu. rei'erend. episr.opus istîus ercresiœ Raymuudus et Gauz- J redits eûmes , simuhjiie Azalajs comitissa pariterque omnibus ïwmi-. iiiùus istiiis ierrœ putentes , médiocres alrpie minores instarunl hoc allure œdijicare. Il parait que Gausfred vécut jusqu'en lojS.

GUILABFRT II , ou GUISLEBERT et HUGUES.

GuLAUEfiT, ou GuisLEBEiTi , (ils do Gaasfrcd II, était, l'ao;

DES C03ITES DE ROUSSILLOnJ 29

1075 , en joiiissance du comté de Roiissillon. Nous le voyons par une charte du 27 juillet de cette année , où 11 est fait mention de l'insulte qui lui avait été faite dans l'église de Saint-Michel de Cuxa , par les soldats de Raymond , comte de Cerdagne , et du vovage de ce dernier à Elne , pour recevoir de l'évêque inie pénitence proportionnée à cette faute. {Cartul. Helen.^fol. 61.) Par une autre charte du 4 d^s calendes de juin (29 mai) de l'an io35 , Guilabert termina ses différents avec Hugues, son parent, successeur de Raymond dans le comté d'Ampurias, lequel s'eng.igea de lui conserver les droits qu'il avait dans ce comté et dans celui de Péralata. {Marca liisp.^ roi. 4^5 et 1 176.) Guilabert et Hugues s'associèrent depuis dans le comté de Roussillon. Nous voyons en effet que Hugues prenait le titre de comte d'Ampurias , de Péralata et de Roussillon , dans une charte datée des nones de janvier 1086. (^Archh. de Sainte Pierre de Rodes); que dans un autre du 8 des calendes d'avril , huitième année du règne de Louis le Gros , 1 1 16 , il se qualifie , U§o gratid Dei cornes Impur il anensis et Peralatensis nec non et Russilionensis. Son nom paraît aussi dans le jugement que Guilabert rendit dans un plaid entre Pons-Bernard et le clergé d'Elne , le 6 àts ides de mai , la vingt-septième année du règne de Philippe (1087.) (^Cartul. Helenense , fol. 49-) Ce même clergé , son évêque à la tête , fit , le 4 des ides de février 1096 , avec Guillaume , vicomte de Castelnau , une transaction dans laquelle il est fait mention du comte Guilabert parmi les témoins. (Ibid. fol. 59.) Il fit lui-même , au mois de septembre de l'an 1 100 , une tiansaction avec Ermengaud , nouvel évêque d'Elne , touchant leurs droits respectifs. ( Vaissète , tom. II , pag. Sa?. ) Enfin, nous avons une charte du 17 des calendes d'octobre ( iS septembre) de l'an 1102, par laquelle Guislebert, Stéphanie , sa femme, et Gérard , leur fils, donnent une portion de dîme à l'église de Saint-Jean de Perpignan. Nous ne trouvons point de traces plus récentes de l'existence de Guilabert. . ( Voy. Hugues II , comte d'Ampurias. )

GUINARD ou GÉRARD I.

1102 au plutôt. GuiNARD ou GÉRARD, fils et successeur de Guislebert, fui un des seigneurs qui prirent parti dans la première croisade, sous le commandement de Raymond, comte de Saint-Gilles. Il se distingua au siège d'Antioche, et eut part à la prise de Jérusalem, (Vaissète , tom II , pag. 3io , 327,) Il était de retour en Roussillon dès lan 1 100 , comme on le voit par la transaction , citée plus haut , de son père et de lui avrc l'evèque Ermengaud. Il répéta quelques années après ce même

3o CHRONOLOGIE HISTORIQUE

voyage. C'est ce que prouve une charte du 27 septembre iiog, par laquelle AgisÈ* , comtesse de Roussillon , unit à Tabbaye de la Grasse celle tle Soreda , avec promesse de faire ratifier cette union par le comte Gérard , son époux , au cas qu'il revienne du Saint-Sépulcre. Agnès dans cet acte fait mention en gros des fruits de son mariage , et donne à entendre qu'elle avait une nombreuse famille de l'un et de l'autre sexes. ( Marra Hisp.^ pag. 1234.) Le comte Guinard ne revint de la Palestine, que vers la fin de l'an 1 1 12 , et mourut peu après son retour , l'an iii3, laissant plusieurs enfants de son épouse. (^Marca Hispan., pag. 1234. Faissèle, tom. II, pag. 35:i. )

ARNAUD-GAUSFRED, ou GAUSFRED III.

iii3. Arnaud-Gausfred, ou Gausfred, comte de Roussillon , est vraisemblablement le mome que Gausfred , fils du comte Guinard. Il avait épousé , le 2 mai de l'an 1 1 10, Ermen- GARDE, nommée depuis ÏRENCAVELLE, fille de Bernard-Atton, vicomte de Beziei s {Spkil. tom.. IX, pag. 337.) Dom Vaissète fait néanmoins deux personnages de ces deux noms , et pense qu'Arnaud fut tuteur de Gausfred. Mais un homme marié depuis trois ans avait -il besoin d'un tuteur pour gouverner le Roussillon ? De plus , on voit encore aujourd'hui sur l'angle de la façade de l'hôpital de Saint-Jean de Perpignan , une ancienne inscription , laquelle annonce que le comte Arnaud-Gausfred est fondateur de cette maison ; Anno Dovi. MCXlll r uprilis g!orios(X memoriœ Arnaldus - Guusfredus , cornes Russilliuiiis prœsens hos— pitale B. Juhannis œdijicavit. Enfin dans les archives du même hôpital , on trouve une charte du 2 des ides d'avril 1 1 16 , dans laquelle Arnaud-Gausfred se dit lui-même comte de Roussillon. Ei;o Arnaldus graliâ Dei eûmes Rossilionis ; et à la fin , signum Arnaldiis Gaufredi grntià Dei cornes. L'an ii3o, le 12 juin, Hugues, comte d'Ampurias , se voyant sans enfants, l'institua son héritier. {Marca Hispan.,col. 489. ) L'historien du Langiuedoc cite une charte dn 3 des ides de mai i «39 . dans laquelle il est dénommé avec la comtesse Trencavelle , sa femme, et leur fils Gérard. L'an i iSi , il donna par une charte datée des ides de juin , à ce même fils , la ville de Perpignan, et lui assura le <omté de Roussillon après sa mort. (^Marca Hispan., pag. i3i2.) Jl vivait alors fort mal avec la comtesse Trencavelle , qu'il répudia sur la fin de la même année ou au commencement de la suivante. Ce divorce fut de près suivi d'une nouvelle alliance qu'il contracta avecune autre femme dont on ignore le nom. La iomtesse répudiée porta, du château de Mèse en Languedoc, où elle s'était retirée , ses plaintes au pape Eugène UI , contre son

DES C031TES DE ROUSSILLON. Cl

époux. Arnaud - GausfreJ l'ut excommunié par le pontife , et ne tint compte de cette censure. Adrien IV, successeur d'Eugène , renouvela l'anathème vers l'an 1 156 , déclara les enfants du second mariage déchus^ comme adultérins, de l'hérédité de leur père , et écrivit en mème-tems à l'archevêque de Nar- Lonne , à l'évêque d'Elne et à tous les barons du Koussillon , pour leur faire part du nouveau jugement qu'il venait de prononcer contre le comte. ( Hist. de Lang. , tom. II , pag. 47 '• ) M. de Marca met la mort d'Arnaud- Gausfred au 24 février de l'an 11 63. {Marca Hlspan.^ col. 5o8. ) On conserve à l'hôtelde-ville de Perpignan l'acte de la déposition des témoins , qui assurèrent que peu de tems avant sa mort il avait institué de nouveau son successeur , Gérard , Taîné de ses enfants. (^Ibld. pag. i^ag.)

GERAPxD ou GUINARD II.

ii63, GÉRARD ou GuiNARD, fils aîné, d'Arnaud-Gausfred , lui succéda immédiatement dans le comté de Roussillon , quoiqu'en disent quelques modernes , qui mettent entre l'un et l'autre un Gausfred IV. On trouve en effet dans les archives de l'hôpital de Saint-Jean de Perpignan deux donations , l'une du i5 des calendes de juin ii4^) l'autre du 6 des ides de mai 1 152, faites par Gausfred , comte de Roussillon , et Gérard, sou fils, dans lesquelles celui-ci ne prend d'autre qualité que celle de fils du premier. Mais , après la mort de Gausfred , il prend le titre de comte de Roussillon , comme on le voit dans une autre donation faite au même hôpital , le '6 des nones de janvier 1 1H7 , et dans un privilège accordé aux habitants de Perpignan , le 18 des calendes de juin 1170. (izV. {?ert , fol. 14.) Il paraît même que Gérard portait le titre de comte de Roussillon vers la fin de la vie de son père. Il le prit en effet dans l'acte par lequel il confirma les coutumes de Perpignan aux nones de juin 1162. Par là, il est bien évident que Gérard, comte de Roussillon , était fils et successeur immédiat du dernier Gaus— fred. Mais le testament de celui-ci en fournit encore une nouvelle preuve. Par cette disposition , verbalement faite pendant la dernière maladie de Gausfred , en présence de sept témoins, Pons de Collioure , Bernard de Villelongue , Guillaume de Soler , Vincent de Palace , Arnaud Radulphe , Jean Robert et Raymond de Terrade , il déclara qu'il faisait son fib Gérard , héritier du comté de Roussillon et de tous ses autres domaines. Les sept témoins , dans les six premiers mois après sa mort, s'<Mant rendus à l'église de Saint-Jean de Perpignan , y affirmèrent avec serment sur l'autel de Saint-Pierre , eu pre«

Page 1