HÉLIE V, DIT TA LEYRAND
HÉLIE V, lils aîné de Boson III, le remplaçait v^n 1166, suivant une charte d'Ilélie , abbé de Chancelade , où il est qualifié, sous cette date , comte dr Périgord. {GalL Christ.., no.., t. Il, col. i4'''<^-) Le surnom de Taleyr.md ou Taleyran lui est donné dans une charte d'A<lémar «le Benaç, en faveur de l'abbaye de Cadouin. {Gall. Christ ., Ibid. ., col. ï58g. ) Il porte le même surnom dans une inscription du 3o janvier 1194- r»agné par le troubadour Bertrand de Born , devenu seigneur de Haulefort fn Périgord, il entra dans la confédération formée par les .seigneurs d'Aquitaine , contre le duc Richard, dont les cruauté^ les avaient soulevés. Henri 11, roi d'Angleterre, accourut au
(t) Comtorisse n'est pas un nom propre , mais un nom de tlignité. On appelait Comtorisse , ou Comlore.sse , la femme d'un Comtor. « Ce titre , qui subsiste encore aujourd'hui à l'égard de fjuelqxies fiefs y> du Rouerp;uc et du Gévaudan , signifiait un vassal immédiat du » comte , inférieur au vicomte , mais supérieur à tous les autres sei— ■» gneurs, en sorle qu'on doit metire le f«/7i/#/v2/ au rang des fiefs de « digiiitc. » {Uist. de Lang., tome II.. pî»ge. 242.^ D'après celle observation , il parait que la femme de Boson est appelée Comtorisse, parce qu'elle était veuve en prcniièrcs noces d'un comtor.
DES COMTES DE PÉrIGORD. 2o5
|€Cours du duc, son fils. Soutenu en même tems des troupes .<îu roi d'Aragon et de celles de la vicomtesse de Narbonne, Richard vint mettre le siège devant le Puy-Saint-Front , et malgré la vive résistance du comte de Périgord, la place fut .em|)ortée vers l'an ii-S. (Bouquet, t. XII, p. oya. ) Mais tandis que Richard poursuivait ses conquêtes, le comte de Périgord trouva moyen de rentrer dans la place et d'en chasser les Anglais. Hichard n'était pas un prince à digérer cet affront sans chercher à se venger. Il revient aussitôt devant Saint-Front dont il recommence le siège. La démolition des fortifications .<lu château fut une des conditions de la paix qui termina la guerre celte même année. Mais ce traité, dicté par la force , ne tint que jusqu'aux premières circonstances qui permirent de le rompre. Richard , devenu roi d'Angleterre, ayant été arrêté sur la fin de l'an 1192, en revenant de la Terre-Sainte, par le duc d'Autriche, le comte de Périgord profita de sa détenîion pour entrer dans rAqultaine et y faire tles incursions ; ce qu'il fît d'autant plus impunément, qu'une maladie retenait le sénéchal de Gascogne, qui commandait dans ces contrées pour le roi d'Angleterre. Mais cet officier ayant été promptement rétabli, se mit aussitôt en campagne. Il commençait à repousser le comte de Périgord , lorsque Piichard , sorti dcî captivité, vint en personne arrêter les troubles. Obligé de céder encore à la force, Hélie s'empressa de faire la paix avec ce ïiionarque. Mais toujoufs attaché à la France, il ne cessa dï: détester la domination anglaise. Il en donna une preuve non équivoque en abandonnant le parti du roi Jean , successeur do hichard , et en faisant l'an i2o4, hommage de son comté au roi Philipe Auguste. {Cartul. de Philip. Ang.') Hélie s étant croisé pour la Terre-Sainte, périt en y arrivant l'an i2o5. De N. , son épouse , fille de Raymond II, vicomte de Turenne , suivant le carfulalre de Dalone (p. 5S ) , il laissa, i». Archanibaud , qui suit ; 2**. un autre Archambaud , qui succéda à so!i frère, du même nom; 3°. Hélie Taleyrand qui fut présent eu 1199 à une donation faite par son père à Tabbaye de Chancelade ; c'est lui qui a fait la branche des comtes de Grignols, devenus princes de Chalais et de Taleyrand , que nous rapporterons plus bas. {Ga//. ChrisL, no. , t. II , p. i5o3. )