‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 87 sur 277 · ROGER-BERNARD · texte numérisé non relu

ROGER-BERNARD

Roger-Bernard , deuxième fils d'Hélie VII , succéda à son frère Archambaud IV, en i356; et, en qualité de son héritier, il échangea, en i34i , avec le roi Philippe de Valois, la ville de Bergerac , contre des droits de ce prince sur le paréage du Puy-Saint-Front. Roger-Bernard fut un des seigneurs les plus respectés de son tems. Constamment attaché à la France, il la servit avec zèle dans ses guerres contre l'Angleterre. L'an i34i, le roi Philippe de Valois, désirant reconnaître ses services, lui fit don de la terre de Montrevel , qu'il avait à grands frais achetée des ennemis. (Rec. deColb.^ qoI. 2.!^^ fol. 41O Par lettres-patentes du mois de janvier i342, Philippe accorda à Roger-Bernard des attributions d'appel, qui étaient une sorte de restitution d'une partie des anciens droits de domination et de dignité de ce fief immédiat. Les Anglais ayant, après un siège de deux mois, pris d'assaut la ville de Périgueux , et soumis ensuite l'es autres places du comte de Périgor<l , Roger-Bernard, après la plus vigoureuse résistance, devint malgré lui vassal de cette puissance , contre laquelle il n'avait cesse de combatlre. Î^Iais le prince de Galles, voulant le gagner par des bienfaiîs, lui remit sa ville de Périgueux. Roger-Bernard crut les circonstances favorables pour abolir enfin l'autorité municipale dos bourgeois de cette cité , qui depuisrsi long-tcms luttaient sans relâche contre la domination de ses pères et la sienne. ?\Iais le gouvernement anglais, consultant ses intérêts, crut devoir y attacher ces bourgeois en protégeant une possession qui leur paraissait si thèie, Jean ChanJos , lieutenant-général de Guiean-

pour le roi d'Angleterre, fut député avec fie pleins pouvoirs pour terminer ces querelles. H maintint les maires, consuls et citoyen» de la cité, dans ce qu'ils appelaient leur antique propriété, et dans l'exercice de la seigneurie et juridiction dont ils jouissaient ; re jugement fut confirmé par lettres du prince de Galles, données à Poitiers le i^"^. septembre i363. L'hommage de la terre de Grlgnols, rendu la même année au roi d'Angleterre dans la ville de Périgueux , par Boson H de Talleyrand , prince de Chalais, fds de tiaymond de Talleyrand, dont on a parlé ci-dessus ( Voyez Hélie Vil) , prouve que cette branche puînée avait subi le même 'sort que les comtes de Pérlgord. Après avoir été douze ans sous la domination anglaise, le comte Boger, l'an i'd68, en secoua le joug ainsi que les grands vassaux de Gulenne, rentra sous celle de la France, et mourut au plus tard l'année suivante. D JiLÉoisoRE , Hlle de Bouchard VI , comte de Vendôme, qu'il avait épousée en i34o, il eut Archambaud , qui suit; Talleyrand de Pérlgord, commandant-général, en iSyo , dans la Gulenne pour le roi de France, qui le qualifiait son cousin ; Jeanne de Pérlgord, femme "de Jean II, comte d'Armagnac; Hélène; Eléonore, qui épousa Gaillard deDurfort, seigneur de Duras ; Marguerite, femme de Bertrand , sire de Pons.

ARCHAMBAUD V, dit LE VIEUX.

Archambaud V succéda à Koger-Bernard , son père , le 8 février i36y. Le 12. décembre de la même année, il accorda , par lettres-patentes datées de Toulouse , aux habitants de Périgueux, l'exemption pendant neuf ans de certains droits de péage oui lui étaient dus. A l'expiration de ce terme, la com- Tnune voulut s'affranchir entièrement de ce droit de péage. Le fut la matière d'un procès que les habitants de Périgueux perlèrent au parlement de Paris. Le comte de Périgord , dédaignant les formes judiciaires, sévit contre ces bourgeois et les traita comme sujets rebelles. Mais , appuyés de la protection du roi, ils obtinrent en i3(^2, la permission d'informer contre le comte. Archambaud prit les aiiues pour maintenir sa prétention. Ainsi s'engagea celle querelle qui devait être si funeste à sa race et à lui-même, 11 remit toutefois à Robert de Bé— thune, lieutenant-général pour le roi en Gulenne, des protestations contenant qu'il n'entendait que défendre ses droits légitimes sur son pays , et nullement attenter contre ceux du roi de France, Les hoslllités furent même suspendues par l'entremise de son cousin Hélie III de 'J'alleyrand , sire de Grlgnols, prince de (-halais , chambellan de Cbailes VI, et ^Is de Boson II, uotiuné ti - dessus, En i<3q4? Archambau4

DES COMTES DE PERIGORD. 2l3

promit des soumissions envers le roi, et les exécuta en remettant dans ses mains quatre châteaux forts. Mais voyant que, loin d'entrer dans ses vues, le ministère de France penchait en faveur des bourgeois , il reprit les armes. L'armée royale, commandée par \e maréchal de Boucicaut , marcha contre lui. Trop faible pour tenir la campagne, il se renferma dans le château d^ Montagnac, où il soutint un siège de deux mois. Après des efforts de valeur, il fut obligé de céder à la force et de se rendre. Conduit à Paris, le parlement instruisit son procès. Comme rebelle, il fut condamné au bannissement par un premier arrêt en iSgS, et par un second, en i3y8, à perdre la tète et son comte , objet de la cupidité du duc d'Orléans qui , feignant au dehors d'autres sentiments , eut l'air de favoriser le comte de Périgord en lui donnant de l'argent pour passer en Angleterre : il y mourut l'année suivante. Le roi n'avait pu se résoudre à souffrir l'exécution du dernier arrêt , et avait fait grâce de la vie a Archambaud. LouiSE DE Mastas fut la femme du comte de Périgord , et leurs enfants furent Archambaud, qui suit; Brunissende, femme de Jean, seigneur de Parthenai, dit l'Archevêque; Eléonore, mariée avec Jean (de Clermont, vicomte d'Aunai.

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