MOHAMMED MAHADI , XXII« CALIFE
i58 de l'égire.; (775 de J. C.) Mohammed, surnommé Mahadî, fils d'Almanzor, fut proclamé calife à la Mecque le jour même de la mort de son père. La fureur des conquêtes ne lui permit pas de laisser en repos ses voisins. L'an i65 de l'hégire, (780 de J. C) après la mort de l'empereur Léon Chazare , voyant le trône de Constantînople rempli par un enfant', sous la régencî d'une femme, il envoie ses deux fils, Haroun et Othman , sur les terres des Romaius. Le premier s'avança jusques dan»
DES CALIFES. 'l55
la province de Pont, où il assiégea une place forte nommée Sanialck, qui ne se rendit qu'an bout de trente-huit jours , après avoir e'te' presqu'enlicrement re'duitc en poudre par les raacliines de guerre. Othman , de son côte' , marchait à la tète de cinquante mille hommes en Asie; le ge'neral grec Lachanodracon courut à sa rencontre, le de'fit et le tua dans le combat. Haroun , plus îieureiix, marchait de succès en succès; et, l'an 166 de l'he'gire, (782 de J. C.) il arriva jusqu'au Bosphore. L'irape'ratrice Irène lui fait alors demander la paix. 11 l'accorde moyennant une somme de soixante-dix mille e'cus d'or, qu'elle s'engage à lui payer. L'an 167, le 22 de mouharram , (26 août 785 de J. C.) Mahadi, à l'imitation de son père , voulut faire le pèlerinage de la Mecque; cl ce voyage , dans lequel il c'tala tout le luxe du faste asiatique, lui coûta six cent soixante -six millions d'ecus d'or. Ce prince mourut, suivant Abulfe'da, dans son camp de la province de Masanderan , ou de Tabristan , dans le Giorgian, le 23 de mouharram de l'an 168 ( i5 août 784 de J. C.) et fut inhume', par son fils Haroun, sous un nover. Il rendit son règne illustre par sa libéralité', sa douceur et son amour pour la justice. Les deux fils qu'il laissa lui succe'dèrcnt l'un après Vautre, comme il l'avait re'gle' par son testament.