KADER-BILLAH, XLIV^ CALIFE
58 1 de l'He'gire (991 de J. C). Kader, fils d'Ishac et petit- fils de Moktader , remplaça Thay sur le trône. Ce prince voulut reprendre un peu de l'autorité' dont ses derniers pre'de'cesseurs avaient e'tè dépouillés. Mais il manquait de territoire pour l'exercer, n'étant pas maitre absolu pour le temporel , même dans Bagdad. L'an /i'?.i , le 12 de dzouledgè {'ào novembre de l'an de J. C. io5i), Kader meurt âge' de 86 ans. C'était un prince d'une droiture , d'une douceur et d'une bienfaisance qui le firent adorer de ses sujets. La dynastie des Gaznevides s'établit sous son règne dans le Khorasan. Mahmoud Gazni, fils de Sébegteghin, gouverneur de cette province, s'y érigea en souverain, 11 étendit ensuite ses conquêtes dans la Perse et les Indes.
KAIEM-BAMRILLAH , XLV" CALIFE.
422 de l'Hégire (io5i de J. C). Kaïem, surnomme' Bamhillait, fils de Kader , lui succéda. Il fit sur le trône le même personnage que son père, c'est-à-dire qu'il l'occupa sans en exercer les droits. L'an 496 de l'hégire, Togrul-Begh et Daoud , petits-fils du turc Seldgiouk, commencent à s'établir dans le Khorasan. Le sultan Masoud , fils de Mahmoud, mort !'an 421 , s'efïbrce en vain de les en chasser j ils s'étendent de là dans l'Irak, persique. Leurs descendants , nommés les Seidgioucides , se partagèrent ea différentes branches ; qui don^inerent sur une
î68 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
partie de la Perse , le Giorgian , la Syrie et l'Asie niinenre. Cotte dynastie s' éleva sur les ruines de celle des Bouliides, que Togrul iJegh détruisit , l'an 447 de l'hégire, par la défaite et l'eiiiprisounement de Malck Kairn, généralissime des troupes du calife. Kaiem devient l'esclave du vainqueur, qui l'oblige, l'au 4^9, à le couronner roi ou sultan de Bagdad, au préjudice de l'éinir-ol- omara Bassa Siri. Celui-ci se venge de cet atïVont , en faisant déposer Kaiem , et proclamer à sa place à Bagdad Mostanser Bi'lali, calife'd'Egjjite. Bassa Siri entre dans Bagdad , le 8 du mois dzoulcaada de l'an 45o , avec les enseignes égyptiennes , et y fait faire la prière publique dans la grande Mosquée le vendredi suivant au nom de Mostanser Billali. Togrul-Begh , l'an 45 1 , après avoir vaincu et mis à mort son frère Ibrahim Keal, qui s'était déclaré contre lui, l'amène à Bagdad le calife Kaiem, et le rétablit. Il marche ensuite contre Bassa Siri, qui 'périt dans une bataille qu'il lui livra vers la fin de 4^1- Kaiem, pour reconnaître les services de Togrul-Begli, lui donna Séida, sa fille, en mariage. Le sultan , flatté de cet honneur, se rendit à Ray , son siège royal et capitale de l'Irak persique , où les noces devaient se célébrer. Mais , tandis (j,.u'il faisait travailler aux préparatifs de cette cérémonie, il fut étouffé par une perte de sang le vendredi, 20 de ramadhan de l'an 45^- Alp Arslan, son neveu , lui succéda. Le calife Kaïem prolongea ses jours jusqu'à l'an 4^7 > ^t mourut un jeudi, l'ô du mois schoual (de J. C. 1 juin 1075.) Ce prince aimait, cultivait et protégeait les Lettres. Entre les savants qui fleurirent sous son règne, le plus distingué fut le philosophe-médecin Avicenue , mort, l'an 4^8, à Hamadan, ville de l'Irak persique.
MOCTADI-BAMRILLAH , XLVP CALIFE.
467 de riiégire (1075 de J. C). Moctadi, fils de Mohammed, et petit fils de Kaïem, succède à son aïeul , et règne comme lui sous la dépendance des Seldgioucides. L'an 468, Atziz ou Acsis, lieutenant de Malek Schali l)gélaleddin, fils et successeur d'Alp Arslan, enlève Damas, la basse Syrie et la Palestine au calife d'Egypte. L'an 4^5 , ce sultan , digne d'une longue vie par ses rares qualités, meurt à l'âge de 38 ans. Protecteur déclaré des Lettres, Malek Schah fit construire à Bagdad un magnifique collège , dans lequel il rassembla les savants les plus renommés parmi les Arabes , surtout pour l'astronomie. Ce fut par leurs soins et d'après leurs observations que se fit la fameuse reforme du Calendrier persan , qu'on a expliquée ci-devant dans une Dissertation sur VArt de vérifier les Dates , § VII. ) iUais le caractère
DFJ^ CALIFES. 169
linmain de Malek Scliali , irinlhia pas sur les mœui's cle sa tribu , qui conserva long-lems la férocité' qu'elle avait apporte'e de la Tarlarie. 11 eut pour successeur dans ses e'tats , qui e'taient immenses, et dans sa dignité', son fils Barkiaroc, qui ne l'imita pas. L'an 487 , au milieu de mouharram (4 fe'vrier de l'an logide J. C.), le calife Moctadi finit ses jours à l'âge de trente-neuf ans. Ce fut sous son règne que s'e'leva la secte des Bathe'ne'ens ou Batlieniens , plus connue sous le nom d'Assassins , qui leur vint de leur fondateur Hassan Sabah. C'e'taient des gens qui faisaient métier de tuer de guet apens. Ils formèrent, l'an 485 , dans les montagnes de l'Irak , une dynastie , qui subsista cent-dix-sept ans. Nos historiens appellent commune'nient leur cbef , leYieuxdela Biontagne. Ils ne tenaient à aucune religion.
MOSTADHER-BILLAH, XLVIP CALIFE.
487 de riie'gire (1094 de J. C ) Mostadher, fils du calife Moctadi, fut place' sur le trône après son père. Il l'occupa sans prendre aucune part aux grandes re'volutions qui agitèrent l'empire des Arabes sous son règne. Les Francs et les Egyptiens vinrent fondre , cbacun de leur côté , sur la Syrie, tandis qu'elle était en proie à divers petits sultans , qui cherchaient à empie'tcr les uns sur les autres. L'an 491 » Barkiarok envoya son ge'ne'ral Codbuka , nomme' Corban, Corboran , Corbagath et Kerbogath par nos historiens, pour reprendre Antioche sur les Francs. Codbuka , quoiqu'assiste' des sultans d'Alep et de Damas , ne put y re'ussir : une victoire complète, que les croisés remportèrent sur lui le 28 juin, l'obligea de se retirer. L'an 498 , Barkiarok est enlevé' par maladie à l'âge de trente-quatre ans. Son frère Mohammed envahit ses e'tats et sa dignité sur Malek Schah II , son neveu. L'an 5i2, le calife termine le cours de sa vie à l'âge de quarante-deux ans, le 25 de rabié I (14 juillet de l'an de J. C. 1 1 18.) « Il avait toutes les qualite's ne'cessaires à un subal- « terne : doux, libe'ral , e'ioquent j il aimait la justice; il profe'- « geait les gens de lettres. C'eût été un bon ministre sous un « monarque en état d'agir par lui-même ». {Anecd. viusulm.)