‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 155 sur 416 · DES CALIFES FATTMITES D EGYPTE · texte numérisé non relu

DES CALIFES FATTMITES D EGYPTE

à la fin étant éjouise'e , ils formèrent un puissant parti contre ce tyran , qui fui contraint, pour se de'rober à leur vengeance , de se réfugier en Syrie. Depuis ce tems , HapUedh se passa de visir, et gouverna par lui-même avec mode'ration. Sa mort arriva l'an 544 (1149 ^^ ii5o de Jesus-Christ) , à i'àge de soixaaie-dixsept ans.

. DHAFER BAMRILLAH , IX^ CALIFE FATIMITE.

544 <îe l'hegire (1149 ou ii5o de J. C.) Dhafer , fils d'Hapliedli , fut proclamé calife à l'àge de 17 ans. Naimoddin , qu'il se donna pour visir , ne put se maintenir contre l'ambition d'Ali-ehn-Se'lar , e'mir d'Alexandrie. Celui-ci , ayant rassemble des forces considérables , vint se présenter devant le Caire , qui lui ouvrit ses portes après que Naimoddin eut pris la fuite. Maître de la personne du calife, il le força de le de'clarer son collègue. Les Cbre'tiens eurent en lui un implacable ennemi. Mais tandis qu'il formait contre eux les desseins les plus cruels , Rasr , fils d'Al-Abbas , gouverneur de Belbeis . ou Pe'luse , lé tua , l'an 54^ de l'he'gire , et fit donner la charge de visir à son père. Le calife , sous ce nouveau ministre , perdit , l'an 548 de l'he'gire ( ii55 de J. C. ) l'importante place d'Ascalon , qui lui fut enleve'e par Baudouin , roi de Je'rusalem. Il eût e'galement perdu Damas quatre ans auparavant , si les croise's et les chrétiens de Syrie s'étaient entendus. Dhafer n'était occupé que de plaisirs infâmes. L'an 55o de l'hégire , au mois de mouharram (mars ou avril de l'an ii55 de J. C. ) , il fut assassine' par des courtisans, à la tête desquels étaient le visir et son fils , dans un repas où. ils l'avaient invité. Soa corps fut jeté dans un puits.

FAYEZ.BEN-NASRILLAH, X^ CALIFE FATIMITE.

55o de l'hégire ( ii55 de J. C. ) Fayez , nomma Elfeis par les Francs , fut donné pour successeur à Dhafer , son père , à l'âge de cinq ans. Le visir Al-Abbas , pour cacher au public la part qu'il avait au meurtre de Dhafer, chargea de ce crime deux des frères de ce monarque . et les fit exécuter à mort sous les yeux du jeune calife. Ce spectacle fît une telle impression sur le cerveau de cet enfant , qu'il n'eut jamais depuis le libre exercice de sa raison. La tyi'annie , qu'exerça le visir suc tous les ordres de l'état, donna lieu de faire de nouvelles perquisitions sur les véritables auteurs de la mort de Dhafer. EUest aboutirent à convaincre qu'il n'en fallait point chercher d'autres, que lui-même et sou fils. Un cri général s'élève contre eiix*

l8o CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Poursuivis , ils se sauvent en Palestine , où ils sont arrête's par des croise's à la demande de la sœur de Dliafcr. T,e père est tue en se de'fendant , et le fils est envoyé à cette princesse , qui le fait expirer dans d'horribles tounneiits. Le calife Payez tomba sous la conduite d'un autre visir, mais plus sage et plus modère'. Ce fut ce ministre qui , voyant Baudouin III , roi de Jérusalem , après s'être rendu maitre de Gaza , fortifier cette place et celle d'Ascalon , s'obligea au nom de son maitre , à lui payer un tribut, pour empêcher les garnisons de ces deux places de faire des courses sur les terres qui restaient aux Egyptiens ^n Palestine. Payez surve'cut peu à ce traite'. Ce jeune prince fut emporte' par une maladie , l'an 555 de l'he'gire ( i i 60 de J. C. ), à l'âge de 11 ans. Le lems qu'il occupa le trône fut proprement un interrègne.

ADHED-LEDINILLAH, XI-= ETnEnMER CALIFE FATIMITE.

555 de riiëgire ( 1 i6o de J. C. ) Adhed , ou AnriAD , pelit-fils du calife Hapliedh , fut donne' pour successeur à Payez. Ce fat, comme ses derniers prédécesseurs , un fantôme de souverain , dont toute l'autorité' re'sidait entre les mains du visir. Shauver, ou Schaour , après avoir chasse' le visir, s'était revêtu de cette dicnite'. Ce ministre non seulement refusa de payer aux Francs l'espèce de tribut auquel Payez s'était soumis j il osa même conduire une armée sur les frontières de la Palestine pour les attaquer. Mais les troubles , qui s'e'levèrent en Egypte pendant son absence , l'obligèrent à revenir sur ses pas. L'an 558 ( de J. C. 1 163 ) , battu par Dargan , ou Dargham , qui l'avait supplante' dans le ministère , il passe en Syrie pour implorer le secours de Noureddin , sultan de Damas , contre son rival. Le sultan se rend à sa prière. L'an 55g , il envoie l'émir Schirkouh , nomme' Syracon par nos historiens , avec Saladin , neveu de celui-ci, pour le re'tablir, Schaour, ayant recouvré son poste , après une bataille oii son rival périt , n'aperçut plus que desennemis dans ses bienfaiteurs. Les Francs, y)rovoqués par Dargham , avaient pénétré dans l'Egypte. Schaour se ligue avec eux pour en chasser les Syriens. Schirkouh , de retour à Damas, revole en Eg^^pte à cette nouvelle. Il se rend maitre de Belbeis et d'Alexandrie, menace d'autres villes , et oblige Schaour d'acheter la paix de lui à grands frais. Pvappellé dans ce pays , l'an 564 tle l'hégire ( 1 168 de J. C. ) , par une nouvelle perfidie du visir, il marche droit au Caire , où il entre sans obstacle. Schaour est arrêté par ses ordres. Le calife lui-même envoie lui demander la tête de ce ministre ; il est satisfait sur l'heure. Schirkojdi reçoit pour récompense la robe et la patente du visir. Il meurt

DES CALIFES FATIMITES d'eGïPTE. iSt

<lr::is la mémo année le 22 de dgioumadi II ( 23 mars de l'an de J. C. 1169.) Son^cveu Saladin le remplace. L'an 56(> (1171 de J. C. ) , ce nouveau ministre oblige les Francs dV'vacuer i'Eyvptc. Leur départ est suivi d'une révolution à lac^uclle on ne s'attendait pas. Ennemi des Falimiles par religion , Saladin fait supprimer le nom d'Adhed dans les prières publiques , pour y subslitiier celui du calife de Bagdad , et met fin par là au schisme qui divisait les Abassides et les Fatimites. Adhcd survécut peu à cet affront. Il mourut le 10 de moulaarram de 1 an 567 ( 1 5 septembre de l'an de J. C. 1 1 7 1 ) , sans avoir la douleur d'apprendre qu'on eût cessé de faire la prière en son nom. En lui finit la dvnastie des Fatimites. Les souverains , qui régnèrent depuis en Egypte , renoncèrent au titre de calife , et ne prirent que celui de sultan { l^oj\ ces sultans ci-après,\ Adhed laissa des enfants. Saladin , loin de les faire mourir, donna des ordres pour leur entretien , et se contenta de les faire enfermer dans des sérails avec leurs concubines ; après quoi il alla se loger dans le Cars , ou palais des Fatimites , où il trouva des richesses immenses , et surtout une très nombreuse bibliothèque. Saladin , en laissant à Noureddin le titre de sultan dEgvpte , s'en réserva toute l'autorité dans ce pays. Noureddin ne tarda pas à s'apercevoir qu'il n'avait travaillé que pour son propre compte. «C'est donc pour lui, s'écriait - il , que j'ai « conquis l'Egypte I Je lui apprendrai à respecter sou maître ». Mais Saladin , conseillé par Ayoub , son père , qui était avec lui, trouva moyen de se maintenir et d'éluder les ordres qui le rappelaient à Damas , sans paraître manquer à la soumission qu'il devait au sultan. ( f oj'. sen article. )

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CHROINOLOGIE HISTORIQUE

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