NOUREDDIN - MAHMOUD
54^^ de l'he'gire (i 14^ de J, C) Noureddin, ou Noradin, fils de Zenghi , ne' le 28 de schoual 5 12 (21 fe'vrier 1 1 1 8 de J. C. ) fut proclame' sultan d'Alep après la mort de son père. Les progrès rajiides qu'il fit sur les Francs occasionnèrent une nouvelle croisade qvii fut publie'e l'an 1 146 de J. C, et dont les deux principaux clie.^s furent l'empercvir Conrad III et le roi de France Louis le Jeune. Elle était capable, par le nombre prodigieux de ceux qui .'î'y enrôlèrent , de rétablir entièrement les affaires des Cbre't-.eus en Orient. Le de'faut de discipline produisit un effet tout contraire J et cette masse e'norme de forces, qui devait écraser la puissance de Noureddin , ne servit qu'à l'affermir. L'empereur et le monarque français s'en retournèrent avec les débris de leurs armées , l'an 1 14^ de J. C. , sans avoir fait sur lui aucune
igS CHROMOLOGTE HISTORÎOUE
conquête , et lui laissèrent le champ libre pour en faire de. nouvelles. A peine e'taienl-ils partis qu'il entre sur les terres d'Antioclie , et livre bataille au prince Rainiond qui pe'ril dans la mêle'c. Il ne fut pas également heureux l'anne'e suivante ( 1 1 5o de J. C. ) devant TeU-Bascher , dont Josceliu le jeune , comte d'Edesse , l'obligea de lever le sie'gc après l'avoir battu. Mais peu de tems après il surprend Joscelin , le me! dans les fers , et se rend maître du comte' d'Edessc , dont il avait de'jà la capitale. L'anne'e 649 de l'he'gire ( 1 154 de J. C ) fut une e'poque plus remarquable de son aggrandissement par la re'union qu'il fit du royaume de Damas à celui d'Alep. L'empereur Manuel , jaloux de sa prospérité', dont il craignait les suites pour lui-même , se mit en marche, l'an 554 ^^ l'hégire (i i59 de J. C), pour lui enlever ce dernier état. Noureddin , apprenant qu'il approchait , lui envoya des ambassadeurs qui le rencontrèrent au lieu dit le gué de la Baleine. Ils étaient chargés de lui offrir la délivrance de tous les prisonniers chrétiens que le sultan avait entre lesmains. C'étaient plus de six mille hommes , la plupart français ou allemands , malheureux restes de la deuxième croisade. De ce nombre étaient Bertrand , fils du comte de Saint-Gilles , et le grand-maître du Temple. Mannel accepte la condition , reçoit les prisonniers et abandonne l'entreprise. M. le Beau rapporte ceci à l'an de J. C. ii56. Nous préférons D. Vaissète pour la date qu'il appuie sur l'autorité de Guillaume de Tyr. L'anne'e suivante ( 1 160 de J, C. ) Megedin , ou Dgernaleddin , ministre de Noureddin , délivra pom' un tems les Musulmans de leur ])lus terrible fléau par la capture qu'il fit près de Marésie , le 25 novembre , du fameux Renaud de Chàlillon. Le sultan le retint 16 ans dans les liens, et ne lui rendit ensuite la liberté qu'en tirant de lui une forte rançon. Mais l'année de l'hégire 567 (1171 de J. C. ) mit le comble à la fortune de Noureddin en le rendant maîlre de l'Egypte par la mort d'Adhed , dernier calife fatimite. Sirisonk , ou Syracon , visir de Noureddin , avait préparé cette conquête en dépouillant de son autorilé le calife, sous prétexte do le défendre contre les entreprises des Francs. ( P^oj". Amauril , roi de Jérusalem. ) Il est vrai que Saladin , neveu de Sirkouk , en usa dans l'iigypte envers Noureddin comme avait fait son oncle à l'égard du calife. Le sultan fit de vains efforts pour rappeler cet usurpateur en Syrie.. Ses ordres et ses menaces furent toujours éludés Enfin il se disiposait à passer en Egypte pour le réduire , lorsqu'une esquinancie termina ses jours le 1 1 de schoual 568 ( 26 mai 1 175). Il avait épousé, suivant Robert du -dont , une fille naturelle d'Alfonse Jourdain , comte de S. -Gilles , fTuc Raimond; comte de Tripoli, lui avait livrée avec Ber-