‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 176 sur 416 · SULTANS DE DAMAS, D'ALFP ET D'EGYPTE · texte numérisé non relu

SULTANS DE DAMAS, D'ALFP ET D'EGYPTE

Alep et Mosul. L'an 679 , il emporte d'assaut Amide, en Mésopotamie , le I de mouharram (26 avril ii83 de J. C.) . Il marche ensuite de nouveau contre Alep, l'attaque, et force le sultan Zenghi 11 à capituler au milieu de séfer de la mi?me année. L'an 58 1 (1 185 de J. C), il accorde aux Francs une trêve de quatre ans. Renaud de Châtilion la viole, en pillant efc maltraitant une caravane qui allait à la Mecque. Saladin, irrité de cette perfidie , recommence la guerre. L'an 583 , le 26 de rabié II (5 juillet 1187) , il gagne , sur les Francs , la fameuse bataille de Hittin, près de Tibériade. Cette victoire fut suivie de la prise de presque toutes les villes que les Francs possédaient en Syrie. Jérusalem fut de ce nombre. Saladin l'ayant assiégée le i5 de redgcb, s'en rendit maître le 27 du même mois (2 octobre i r87 de J. C), un vendredi, le même jour de la semaine que les croi* ses avaient pris cette ville , quatre-vingt-huit ans auparavant. La conduite qu'il tint envers les habitants de cette ville fut le contraste de celle qu'ils avaient tenue lorsqu'ils l'emportèrent sur le» Musulmans. Content de rendre les mosquées à leur première des-

tination, après en avoir ôté le signe de notre salut et les avoir lavées avec de l'eau rose, il empêcha le massacre el le pillage; il permit même aux Syriens

hTS Srî.TANS D'^ALEP, DE DAMAS ET D^ÉGYPTE. 20 t

et aux Grecs de «lemeurer dans Je'rusaîcm, et leur ce'da l'e'glise du Saint Se'pnlcre. A l'e'gard des Europe'ens , non seulejnent li. ji'Mvoja sans raviçon ceux qui étaient hors d'e'tat de paver ^ il leur fit encore des pre'senfs et leur donna une escorte pour les conduire sur les terres d'Antioclie , où ils éj>rouvèreut , de la part de leurs frères , un traitement bien dilFe'ient ( F'oj-. Boemond le Bambe , prince d'Antioclie). Le i novembre suivant, Saladiti vient se pre'senter devant Tjr, où le marquis Conrad était pie'pare' à le recevoir. Il commence le siège de cette place j et a]>res les plus grands eflorts pour s'en rendre maître, il est obligé d'abandonner son entreprise et de se retirer à la fin de l'anne'e. Cet échec fut compensé par des avantages considérables et en grand nombre qu'il remporta les deux années suivantes sur les Francs. L'an 585, le i5 de redgeb (27 août 1189) ceux-ci commencent le mémorable siège de Ptolérnaïs , ou d'Acre. La place soutint leurs eiforts l'espace d'environ deux ans, pendant lequel Saladin mit tout en œuvre pour la dégager. Enfin , réduite aux abois , elle fut obligée de se rendre le 18 de dgioumadi Ll , de l'an Sfi/ ( i5 juillet i igi de J. C. ). Par la capitulation Saladin, devait donner en trois paiements une somme convenue pour la liberté des habitants d'Acre. Lorsque le terme du premier fut arrivé, Saladin demanda qu'en le délivrant on lui garantît, par des otages, la sûreté des prisonniers, ou qu'on les lui remit, offrant lui-même des otages pour ce qu'il devait encore. Les Chrétiens avaient b:en mérité qu'il prit ces précautions à leur égard : mais Piichard , roi d'Angleterre, que cette méfiance offensait, eut la cruauté de faire égorger aux porles de la ville , cinq mille prisonniers. Saladin usa de représailles sur quelques Chrétiens , maudissant des barbares qui le forçaient à cette inhumanité. Cependant , l'an 588 , le 22 de schabau ( 2 septembre 1 192) , Saladin conclut, avec Ricliard, une trêve dont les conditions portaient que les villes d'Acre, de JafFa , d'Arsof et d'Acca , demeureraient aux Francs avec leurs dépendances. Ce fut à quoi se réduisit le royaume de Jérusalem. L'an 589, le 27 de séfer (4 mars 1 195 de J. C. ) , Saladin âgé de cinquante sept ans, meurt à Damas , après avoir régné environ vingt-quatre ans en Syrie , et-près de dix-sept en Egypie. Il était né l'an 552 de l'hégire à Técrit, en Mésopotamie, dont son ijère était gouverneur. Sa mcfrl causa un deuil universel dans ses états. Il les avait acquis aux dépens de la reconnaissance, de la justice et de l'humanitéj il les conserva par sa valeur et son habileté, et les gouverna avec toute la prudence, la sagesse et l'é({uité qu'on pouvait désirer. Pendant sa dernière maladie il fit porter dans les rues le linceuil qui devait l'ensevelir, avec

ordre à celui qui tenait cet e'tendard de la mort, de crier : T^oilà tout ce que Saladin, voinqueur de l'Orient, remporte de ses conquêtes, il était libe'ral jusqu'à la profusion. Chrétiens, Juifs, Musulmans, tous avaient part à ses libe'ralités et à ses aumônes. Quand il s'agissait de secourir un malheureux , il ne s'informait pas de quelle religion ile'tait, mais de ce qu'il souffrait. Cejirince Jaissa seize fils et une fille. ( Vojez Gui de Lusignan roi de Je'rusalem ).

Suite DE LA CHRONOLOGIE DES SULTANS D'ALEP.

GAIATHEDDIN-GHAZI.

5S9 de l'hégire (i 193 de J. C.) Malek-ed-Daher Gatathed- Di?< Ghazi, fils de Saladin, s'empara d'Alep , dont il e'tait déjà gouverneur, deHarenc , deTellbaschcr, et d'aulres places, après la mort de son pcre. Il mourut le 20 de dgioumadi 1 de l'an 61 S (14 septembre de l'an de J. C. 1216,} à l'âge de quarantecinq ans.

AZIZ-GAÏATHEDDIN.

6i5 del'lie'gire (laiGdeJ. C.) Malkk-el-Aziz Gatatheddiïv, fils de Ghazi, lui succe'da dans le royaume d'Alep , à l'âge de trois ans. Il mourut au mois de rabië II de l'an 654 ^^ l'hégire, (décembre 1206 de J. C. )

Page 1