‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 185 sur 416 · DES SULTANS D EGYPTE. 2 1 I · texte numérisé non relu

DES SULTANS D EGYPTE. 2 1 I

maigre les efforts qu'ils firent pour l'einpèclier. Ces infidèles, après deux rudes combats, ayant pris la fuite, S. Louis eulrc . le 5 juin, dans Damietle qu'il trouve abandonnée par la garnison et les habitants , après y avoir mis le feu. Le i 2 schaban suivant , i'anne'c chrétienne se met en marche jiour le Caire , où le sultan s'était fait transporter. H y meurt le 14 du même mois à l'âge de 44 a" s , après avoir charge' Fakardin , nomme' Stecediun par Joinville, du gouvernement de l'Egypte jusqu'au retour de son fils qui e'tait en Orient. « Fakardin , dit le même historien , Jj était un seigneur distingué par sa sagesse, le plus vaillant M et preux de toute payennie, qui portait dans ses bannières les 3) armes de l'empereur (Frédéric) qui l'avait fait chevalier dans )) son voyage de Palestine. » Il prouva bien aux croisés sa valeur et son habileté par les échecs furieux et multipliés qu'il leur fit essuyer dans leur marche. Nodgemeddin ayant acheté des ïartarcs un certain nombre d'esclaves turcs du Kaplchaq , en avait composé sa garde. « Ces jeunes gens, dit Joinvillc , portaient les » armes du soudan, qui estoient d'or pur et fin, sauf que par difîé- » renceony mettoit des barres vermeilles, roses, oiseaux, griffons, » ou quelque autre différence à leur plaisir, et tels gens estoient » appelés les gens de la haulqua, comme vous diriez les archers » de la garde du roy, et estoient toujours près du Soudan , gardant » son corps. La faczon et manière de faire du soudan esfoit f[ue » quand aucuns de ses chevaliers de sa hauhfua par ses prouesses » avait gagné du bien tant que ils se pooienl passer de luy, de » paour que il avoit que ils ne le déboutassent et tuassent , il les » faisoit prendre et mourir en ses prisons , et prenoit tout le bien » que leurs femmes et leurs enfants avoient: et ceste chose fut » esprouvée durant que fûmes an pays de par de là. » Telle fut l'institution d.' cette milice des Mameluks, qui, dans la suite, envahirent le trône d'Egypte.

MALEK-EL-MOADHAM-TURAN-SCHAH.

647 Je l'hégire ( 1249 de J. C). MALEi:-Ei,-l^loADiiAi'.i-TuRAx- ScHAu , appelé par les nôtres Turouemin , fils de Malek-Saleh Nodgemeddin , fui proclamé sultan d'Egypte après la mort de son père. 11 était alors relégué par ordre d.i sultan défunt dans un château duDiarbek , où il était retenu comme prisonnier. vSon arrivée en Egypte releva le courage des Musulmans. La même année, le 4 de dzoulcaada (8 février de J. C. i25o), les Francs ayant passé le Tanis par un gué qu'un Bédouin leur avait indiqué , surprennent sou camp, égorgent les premières yai des, et

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portent Is terreur et la mort par-tout. Fakardin , qui était alors au bain, inonte pre'cipitarnment à cheval presque nu , et reçoit un coup de lance qui le renverse mort, en voulant rallier ses gens. Le comte d'Artois s'e'tant mis à la poursuite des fuyards , est tue' le lendemain dans Mansourali. Un plus grand de'sastre menaçait encore les' croise's. L'an 648, le i de mouliarram (5 avril de J C. laSo), les Musulmans font prisonnier le roi de France avec son arme'e compose'e de 20 mille hommes. La position des Francs, retranchés entre deux bras du Nil, dans le tems qu'il commençait à déborder, rendit ce malheur ine'vitable. Le sultan fait proposer au monarque et aux seigneurs de sa suite de rendre pour prix de leur liberté les places et les châteaux qu'ils occupaient en Egypte et en Syrie. Sur son refus , on menace Louis de le mettre en bernicles ., c'est-à-dire de lui faire soaftrir un supplice horrible , dans lequel , si on ne perdait pas la vie, ou e'tait sur au moins d'être brise', disloque', estropie' le reste de ses jours. Les Sarrasins e'tonnés de sa fermeté', se réduisent à lui demander la restitution de Daraiette , avec une grosse rançon sur laquelle on croyait qu'il chercherait à marchander. Mais le monarque , aussi généreux lorsqu'il ne s'agissait que d'argent , qu'il était ferme et inébranlable pour les intérêts de la religion, n'iiesita pas à promettre un million de besants d'or qu'on lui demandait avec la reddition de Damiette. Joinville dit que deux besants ne valaient qu'un lion ou franc d'argent motmoyé. Ainsi toute la rançon demandée à S. Louis ne montait qu'à cinq cent mille livres. Mais le sultan eut la générosité de lui remettre deux cent mille besants; de sorte que la rançon du monarque, sur le pied, dit le Blanc, où est aujourd'hui ( i6go) le marc d'or , monte à 5 millions 879 mille Sog liv. 7 sols 6 deniers de notre monnaie actuelle. Mais lorsqu'on était prêt à transporter le roi et ses chevaliers à Damieltc, le sultan fut assassiné le •z'j de mouharram (i mai) par les Mameluks irrités du despotisme de son gouvernement. Le prince mahométan était logé dans une tour peu éloignée de celle que Joinville appelle lliébergement , c'està-dire la maison de bois où l'on avait placé les prisonniers. Les conjurés jetèrent d'abord le feu grégeois sur la tour qui , n'étant que de bois , s'enflamma aussitôt. Le sultan essaya de s'enfuir; mais un des factieux lui ayant porté un coup mortel , l'éli'ndit à terre où ses complices achevèrent de lui ôter la vie. Un d'entre eux lui fendit l'estomac , lui arracha le cœur; et courant aussitôt ver« la galère où était le roi, tenant ce cœur dans ses mains ensanglantées , il aborda ce monarque , en lui disant : Que me donneras-lu pour ce que je C apporte ? C'est le cœur de ton ennemi, que si il eut vécu , te eut/ait mourir toi et tagent , avant

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que tu fusses rendu à Damiette. Le bon roi ne répondit pas lin seul mot à cet exe'crable propos. Bernard le trc'sorier met le massacre de ce sultan au ii n^ai ( 7 de se'fer) de la même aune'e 1260 de J. C.

SCHADGEREDDOR.

648 de l'he'gire ( iq5o de J. C.)- Schadgereddor , belle-mère de Turan Schah , fat élue par les Mameluks pour succe'der à ce prince. Ou lui donna pour atabek le mameluk Azzeddin-Moez- Ibegh, qu'elle e'pousa. La même année , les Pilameluks de'poscnt la reine pour quelque me'contentement , et donnent le titre de sultan à Ibegh le 2q de rabie' JI (5 1 juillet de l'an de J. C. laSo}. Cettf/ milice inconstante change presque aussitôt de sentiment. Elle dépose Ibegh , 5 jours après son élection , pour rétablir la dynastie des Ayoubites.

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