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NOUREDDIN-ALL

655 de l'hégire ( 1257 de J. C). Noureddi>'-Ali, nommé pai

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Guillaume de Tripoli Elmansor, fils da sultan ïbegli et d'une antre femme que Schadgereddor, fut reconnu par une partie des Mameluks pour successeur de son père, à l'âge de i5 ans. Cette élection fut vivement combattue par d'autres Mameluks qui voulaient un souverain de la maison des Ayoubites. Ils n'y re'ussirent point, maigre' les troubles dont ils remplirent le royaume à cette occasion. Le calme e'iait à peine re'tabli, que l'Egypte fut agitée de nouveau par la crainte d'une irruption procbaine des Mogols. Ils avaient de'ja pe'ne'tre' dans la Syrie, où ils faisaient de rapides progrès. L'èmir Koutouz , qui aspirait au trône, profila de la conjoncture pour en faire descendre le sultan. Il assemble les principaux émirs, leur fait entendre que ce prince est trop jeune et trop faible pour soutenir le poids de la guerre dont on est menacé. En conse'quence , Noureddin est dépose' au commencement de dzoulcaada de l'an 65 j (octobre de J. C 1259.) Koutouz le fit ensuite renfermer dans le serrail.

KOUTOUZ.

657 de l'bégire ( i aSg de J. C. ). Koutouz , appelé' Mklchf.nal et Setphedin Cocos par Guillaume de Tripoli, fut substitué le 17 de dzoulcaada de l'an 65j (5 novembre de J. C laSg), au sultan Noureddin. En montant sur le trône, il prit le nom de Malek-el-Motbascr-Seifeddin. L'an 658, il marche contre les lïïogols en Syrie , bat , le aS de ramadlian , leur gc'ne'ral Ketbogba, dans une action où celui-ci perd la vie, s'avance jusqu'à Damas , et fait rentrer la plupart des villes de Syrie sous la domination des Musulmans. L'emir Bibars , suivant Guillaume de Tripoli , lui conseille et le presse de tourner ses armes contre les Chrétiens et d'aller faire le siège d'Acre. Mais Koulouz le refuse , alle'guant le traite de paix fait avec les Francs. La même année , de retour en Egypte, il est tue à la chasse par Bibars le 17 de dzoulcaada (24 octobre de l'an de J. C. 1260J.

BIBARS I.

658 de l'he'gire ( 1260 de J. C. ). Bibars , surnomme' par Sanut BoNDocHAR, succède à son maître qu'il venait d'assassiner. La même anne'e , il envoie des troupes en Syrie pour faire la guerre aux Mogols , aux Chré'iens et aux e'mirs du pays qui s'étaient érige's en sultans. I/an65q, le ii dese'fer(i5 janvier 1261), elles font la conquête de Damas sur le sultan Ilmeddin Sandgiar, c^ue Koutouz y avait placé. La plupart des autres villes de Syrie se soxuiiireiit ensuite à Bibars. Les places des Chréliens sont presque

I>ES SULTANS d'ÉGYPTE. 2l5

les seules qui lui re'sistent. L'an 665 , il e'choue en personne devant Ptole'maïs , ou S. Jean d'Acre , dont il avait forme' le sie'ge. Il se venge sur le territoire de cette ville qu'il de'vaste , ainsi que ceux de Tyr, de Tripoli, et du château de Krac ou des Kurdes. Il de'trnisit même entièrement Tyr. Marchant toujours de conquête en conquête, l'an 664 ( 126G de J. C. ), il enlève aux Francs Ce'sarée , Arsouf , Kerkisia. Saphad , la plus forte de leurs places , soutient un long sie'ge. Rc'duitc aux abois , elle capitule enfin le If) de ramadhan (24 juin) de la même anne'e. Le vainqueur , à son entre'c dans Saphad , veut en forcer les habitants d'embrasser le Mahomctisme. Six cents le refusent ; Bibars leur fait trancher la tête, et fait e'corchervifs deux frères mineurs, Jacques Dupuy et Je're'mie , qui les avaient porte's à cette ge'ne'reuse re'solution. De là il passe en Arme'nie, et gagne une grande bataille sur les enfants du roi qui e'tait absent ( T^. Alton, roi d'Arme'nie ), L'an Ç)^Çi , le 22 de dgioumadi II (9 rnars de J. C. 126S) , il surprend Jaffa , ou Joppe', La même anne'e, le i5 de ramadhan, selon les uns , le 29, suivant les autres (ac) mai , ou 12 juin ,) il emporte d'assaut la ville d'Antioche , qu'il livre ensuite an jîillage. Ses progrès , l'an 669, sont arrête's par Edouard, prince royal d'Angleterre, qui était arrivé en Palestine avec 3oo chevaliers. Bibars fait assassiner ce prince par un de ses e'mirs qui feignait de trahir son maître. Mais l'e'mir est tue' lui-même surle-champ par le chevalier Latimer j et Edouard en est quitte pour une blessure au bras dont il ne tarda pas à gue'rir. Les conjonctures ne permirent pas à Edouard de tirer de cette perfidie du sultan la vengeance qu'elle me'ritait. Bibars s'étant approché , l'an 670 de l'he'gire, de Ptole'maïs, fait , le 6 de redgeb, (7 fe'vrier de J. C. 1272 , ) une trêve avec ce prince et Hugues de Lusignan^ roi de Chypre et de Jérusalem, pour 10 ans, 10 mois et 10 jours. L'an 674 ( 1 275 de J. C. ) « il corut , dit une ancienne chronique » manuscrite , le plain d'Ermeine ( d'Arme'nie ) , et mist à l'espe'e » tout ce qu'il trouva, et fu le nombre des morts , si comme on » dit, plus de deux cent mille personnes , et emmena de prison- M niers que garches , que garchons , 10,000 ou plus , et gaigna » que chevaux, que autres bestes plus de trois cent mille , et le » roy se retraist es montagnes avec les gens qu'il avoit, et les » gens qui estoient assis en Ermeine ; ceuls qui eurent le loisir se » recueillirent en mer , et grant partie des marchants et d'autres » gens qui estoient eschappe's des Sarrazins , et s'en alloient par » mer : mais il e'churent es mains de corsaires et des robeurs » (Sinner, Calai. Mss. Cod. Bibl. Bern., T. If. p. 578.) L'an 676, Bibars remporte une grande victoire sur les Mogols , près d'Emèse , ou près de Damas. La même année , à l'occasion d'une

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éclipse de lune , on prétendit qu'un grand prince devait mourir Bibars , pour faire tomber ce malheur sur un autre , fait empoisonner un prince de la maison de Saladin Le vase dans lequel on avait mis le poison, fut laissé par oubli dans l'appartement du sultan j il s'en sert pour boire , et sur-le-champ il est attaque d'une fièvre violente et d'un de'voiement. On le transporte au château de Damas, où il mourut, selon M. de Guignes , le 29 de mouharram (2 juillet de l'an de J. C. 1277). Bernard le tre'sorier , auteur conlempofain , met sa mort le 25 mai 1275. La chronique française , qu'on vient de citer, place au 22 du même mois cet événement. Bibars , l'un des princes les plus actifs, les plus habiles et les plus intrépides, passait continuellement d'Egypte en Syrie, et de Syrie en Egypte. Il triompha des Francs, des Syriens et des Mogols. Ce fut lui qui donna une forme stable à l'empire des Mameluks. Au commencement de son règne , un homme vêtu de noir, nommé Ahmed, qui se disait de la maison des Abassides , étant venu en Egypte , Bibars le reconnut , et le fit reconnaître dans le pays pour calife , mais sans aucun domaine temporel. 11 reçut même de ses mains l'investiture» ponr importer davantage aux peuples. Ce calife eut des successeurs en Egypte , comme on le verra par la suite. Guillaume de Tripoli , auteur contemporain, compare Bibars à César pour la valeur, et à Néron pour la méchanceté. Il dit qu'il régna par la terreur , et qu'en quatre fois il fit mourir 280 émirs, soupçonnés d'avoir voulu attenter à sa vie. « Pour ce qu'il soit craint de tous, » ajoute-t-il , il court par divers lieux en habit mué (déguisé) » avec pou de gent , cinq ou sept j et quand ou cuide qu'il soyt eu » Egypte , il court par Aise ( Asie) ou par ailleurs, si que pou de » gent ou nul ne peult savoir où il set en sa compaignie , fors >» que lui sien , et se il est veu ou cognu , il ne veut pas que on dye M que c'est le soudan , ne que en lamente , mais se taise et tiegne » les yeulx clos tant qu'il soit passé. Mie n'ose dire , c'est j> le Soudan , ne ou il est. Car il fist occire un mezeureux pour ce » qu'il estoit descendu de son cheval et l'avoit honnouréet genoil » fléché et chief encline, qui cognoissoit que c'estoit le soudan qui

» ainsi aloit à pou de gent Si se appareilloit une fois occulte-

» ment pour aller en pèlerinage au sépulture de Mahomet à Mes- » che (la Mecque) ung grand admirai son privé amy vint à luy n en révérence , luy priant que il le print à sa suite en si grant pé- }) lerinage ; et le soudan respont : Dont es tu (d'où sais-tu) que » je vais en pèlerinage? Et luy meschéant respoudit : Sire, j'ai )) entendu que telle voyc vous voulez faire. Et tantost par » le commandement du tyrant, il fut mené au marché où estoit ••) la plus grant assemblée du peuple, et luy fist couper la tête

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