‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 215 sur 416 · IV. BAJAZET I · texte numérisé non relu

IV. BAJAZET I

791 de l'hëgire (1589 de J. C. ). Bajazet , ou Bayf.zid , 2.'^ fils d'Amuraîh , fut substitue' à son père le même jour que ce ]irince mourut. On le surnomma par la suite Ilderim , ou l'éclair, à cause de la rapidité de ses conquêtes. Le premier exercice, qu'il fit du pouvoir souverain , fut de faire étrangler, par le conseil des grands , Jacoub , son frère cadet, qui voulait soulever l'arme'e contre lui. Affermi s<ir le trône par ce fratricide , Bajazetne pensa qu'à étendre de plus en plus les vastes domaines que son père lui avait laisse's. Il attaqua indifï'ëremment les princes chrétiens et les princes musulmans , dont les t'tats pouvaient entrer dans l'arrondissement des siens. Sa première expc'diiiou fut contre Jerman Ogli , prince de Plirygie , dont il avait cnouse' la tille. Etant entré subitement dans ce pays , il le soum.it entièrement dans l'espace de deux mois. Il passa , l'anne'e suivante , en Europe , pour f.iire la guerre à Etienne , prince de Moldavie , qui , deux ans auparavant , avait battu les généraux d'Amurath. Etienne vint au devant de lui ; et le combat s'étant engagé , il fut d'abord obligé de fuir : mais ranimé par les reproches de sa mère, il revint à la charge , et (it un grand carnage des Turcs. Bajazet était aloi's maître Je la Valaquie. Apprenant que ce pays est dévasté par Sigismond , roi de Hongrie , il envoie des troupes , l'an 795 ( de J.-C. 1395 ), contre lui. L'année hongroise est taillée en pièces près de Nicopoli, en Bulgarie. L'an 798 , le 24 de dzouledgé ( 28 septembre de l'an de J.-C. 1396), nouvelle victoire de ce prince sur les Chi-étiens , près de la mêm.e ville. Le combat fut terrible j et la (leur de la noblesse française , conduite par le connétable de France , Philippe d'Artois , et Jean , comte

cle Nevers , y fut moissonnée. Du reste , la perte des vaintjueurs fut dix fois plus grande que celle des vaincus. Bajazet , apprenant que les Chre'tiens avaient e'gorge' leurs prisonniers fit e'gorger les siens en présence du comte de Nevers, qu'il n'e'pargna que par bravade , et en l'exhortant à prendre sa revanche. Les Annales turques placent cet e've'nement en ygo ( i5H8 ). Leunclavius le met en l'an de J.-C i593. Mais il paraît confondre cette seconde bataille de Nicopoli avec la première f l^oj-. Sigismond , roi de Hongrie ). Enfle' de ces avantages , l'insatiable Bajazet porte ses vues sur Constantinople , oii de'jà il avait acquis une assez grande autorité. Pour les faire réussir, il s'abouche avec Jean Paléologue , qui disputait la trône à l'empereur Manuel , son oncle , et s'engage à le rendre maître de cette capitale , sous la promesse que celui ci fait de l'échanger avec lui contre la Morce. En conséquence le sultan lui envoie un corps de dix mille hommes , avec lequel il va bloquer Cons-* tantinople. Manuel , aimant mieux voir crouler le trône impérial sous un autre que sous lui, le cède à son neveu, et se relire. Bajazet somme alors le nouvel empereur de tenir sa parole ^ et sur son refus, il se dispose à l'y contraindre par la force. C'en était fait pour lors de l'empire grec , si la providence n'eût opposé dans le même tcms à Bajazet un conquérant aussi redoutable que lui. Nous parlons du fameux Tamerlan. Sollicité par les émirs que le sultan avait dépossédés, il l'envoie sommer de les rétablir. L'ambassade est reçue avec une hauteur qui devient une déclaration de guerre. Tamerlau part et entre, le r de mouharram (22 août de J.-C. i4oo), dans l'Asie mineure à la tête d'une armée prodigieuse. Il prend , après dix - huit jours de siège , la ville de Shiouas , ou de Sébaste , que Bajazet venait d'emporter. Le prince ottoman lui fait demander la paix. Tamerlan y consent, mais à des conditions que Bajazet rejette ( La principale était qu'il rétablirait les princes musulmans dans les états dont ils les avait dépouillés). L'an 8o4 , le 2g de dzoulcaada (5o juin 1402 de J.-C), bataille furieuse , près d'Ancyre, ou Angouri , entre ces deux conquérants. Elle dura trois jours. Bajazet , ajorès des prodiges de valeur , est pris en fuyant , et amené à Tamerlan , qui le reçoit avec distinction, le comble de caresses, malgré la fierté insultante de ses discours , et lui rend , à la liberté près , tout ce qu'exigeait sa dignité. Il continua d'en user de même , suivant les historiens les plus accrédités , envers son illustre prisonnier, jusqu'à la mort de celui-ci, arrivée le 14 de schaban de l'an 8o5 (9 niars de J.-C. i4o5 ). Il faut donc mettre au rang des fables renouvelées , d'après les Grecs et quelques ccrivains turcs , cette cage de fer , oii l'eu dit que

lîajazct fut renfermé par ordre de Tamerlan, ainsi que la mort violente qu'on prétend qu'il s'y donna ( Voyez Tamerlan ). Il avait régné quatorze ans et trois mois , et vécu cinquantehuit ans. Malgré sa passion pour la guerre , Bajazet ne négligea pas les travaux de la paix. Outre la ville de Guizelhissar qu'il bâtit vis-à-vis de Constantinople pour fermer aux empereurs grecs l'entrée de l'Asie, il orna presque toutes les grandes villes de son empire de mosquées , d'écoles publiques , d'hôpitaux , enlin de toutes les fondations utiles au peuple , faites pour immortaliser la magnificence d'un monarque (M. l'Abbé MiUot , Hist. des Turcs ). Depuis Bajazet î , par une loi publique, les sultans n'épousent jamais de fenmies et n'ont que des concubines.

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