XIV. AMURATH III
982 de l'hegire (i574 de J. C. ). Amurath III, fils aîné' de Se'lim , succède à son père, et commence, son règne par le massacre de ses frères, au nombre de cinq, suivant la barbare coutume des Ottomans. Cette exe'cution se fit sous ses yeux et en pre'sence des sultanes mères de ces enfants, dont une se poignarda de desespoir. L'an 986 ( 1578 de J. C. ) , sur la prédiction d'un fanatique , ou d'un fourbe , qui lui avait dit avoir vu en songe une main divine grîvcr sur la porte du divan ces mots : Vainqueur de la Perse , il porte la guerre dans ce pays. Elle fut longu , et sanglante, et finit, l'an 997 ( 1589 de J. C), par un traite de paix , oii les Persans cédèrent aux Ottomans trois provinces , que ces derniers avaient conquises sur eux. Dans le cours de cette guerre, Ibrahim, pacha du Caire, subjugua les xVIaronites qui habitaient le Mont-Liban et les environs : entreprise dans laquelle avait e'chouè le sullan Sèlim H neuf ans auparavant. L'an 991 ( i585 de J. C], Amurath conclut avec l'empereur Rodolphe une trêve de neuf ans que ses ge'ne'raux ne se firent nul scrupule de violer toutes les fois que l'occasion favorable s'en pre'senta ( Voyez Rodolphe II , roi deHongrie). L'an 1000 de l'he'gire ( 1692 de J. C. ) , pour occuper au - dehors ses janissaires, milice inquiète et remuante, Amurath déclare la guerre à l'empereur. Le pacha de iJosnie entre, par ses ordres, en Croatie, a la tête de cinquante mille hommes , et prend Wihitz , capitale du pays. L'année suivante, les Chrétiens remportèrent deux victoires sur les Turcs
DES KMPEREUnS OTTOIMANS. sf)!
fn Hongrie. L'archiduc Malliias se rendit niaitre de Novif!;rHd nu mois de rcdgcb 1002 ( mars 1694 )• Au mois de dzon- Icdîje' (août de la même anne'e ) , le grand -visir Sinan Bassa ol)iige la forle place de Raab , ou Javarin , à se rendre le 17 septembre, après avoir soutenu divers assauts. L'an ioo5, vVmuratli meurt le 6 de dgioumadi I ( 17 janvier iSpS), dans la cinquantième année de son âge , et la vingt-neuvième de son règne. La déhanche , l'abus excessif du vin, usèrent ses organes et bâtèrent sa vieillesse. Il e'tait, à cinquante ans , dans une decrc'pitude complète. Ce prince fut plus haï qu'aucun de ses prédécesseurs , quoiqu'il ait e'te' moins sanguinaire qu'eux. Sou extrême avarice en fut la principale cause. Ce prince aima la guerre et n'y alla jamais. Il avait ne'anmoins du courage. Les janissaires l'e'prouvèrent dans une se'dition oii ils demandaient la tête du defterdar, ou grand-tre'sorier , l'accusant d'avoir allèrè la monnaie dont on payait leur solde. Amuralh , n'ayant pu les appaiser, fondit sur eux le sabre à la main, en tua plusieurs et fit trembler les autres.