XIX. AMURATH IV
lo32 del'hegire (i625 de J. C). Amurath IV, frère d'Osman, fut substitue' à Mustapha, son oncle , à l'âge de quinze ans. Les commencements de son règne furent violemment agite's par les troubles qui s'élevèrent en Crimée, par la guerre que les Turcs firent en Transylvanie pour soutenir Betlem Gabor , par les incursions des Cosaques qui s'avancèrent jusqu'au portdeConstantinople, et par les re'voltes de plusieurs pachas en Asie. L'an io53 de riie'gire, Amurath fait partir une arme'e conside'rable pour reprendre la Babylonie qui e'iait rentre'c sous la domination des Persans, Bagdad est assiègc'e pendailt cinq mois , et fait une si belle défense qn'cUe force les Turcs à se retirer. Nouveau sièqe de cette place en 1040 de l'hegire, aussi malheureux que le premier. Amurath ne se piquait pas d'être fidèle observateur de la loi de son prophète. 11 osa même, l'an \o/^o de l'he'gire, donner unédit portant permission de vendre publiquement du vin , et à tout musulman d'en boire à discrétion j mais le scandale qu'excita cet èdit l'obligea , deux ans après , de le révoquer. L'an 1045 de l'hégire il reprend les armes contre la Perse , et va faire en personne le siège d'Erivan , capitale de l'Arménie persique. La prise de cette place fut tout le Iruit de son expédition. L'an 1047 de l'hégire, il vient se prêsenîer, avec toutes les forces de son empire, devant Bagdad qui est emportée le jour de Mocl i658, après avoir essuyé pendant cinquante jours les ])lus violents assauts. Aniuj-atîi souille la gloire de celte conquête par le massacre de Irenle miîie Frrsans C[ui avaient mis bas lesarmes , et par l'ordre affreux qu'il donna de faire main-basse sur tout ce qui restait dans la place, sans distinction d'àgc lù de sexe. Ce prince , à mesure
DES EMPEREURS OTTOMAN?. q65
qu'il avançait en âge, était de plus en plus adonné au vin. L'an 1 049, s'e'tant enivré à la fête <Iu Bairan (c'est la Pâque des Turcs, qui vient à la suite du Ramliadan qui est leurCarême), une fièvre violente le saisit et l'emporta le 25 de schoual (8 fe'vrier 1640), à IVige de trente et un ans (Uicaut). « Des talents précieux, dit uqi « moderne, percèrent à travers tous ses vices. 11 savait récom- « penser et punir, il gouvernait par lui-même et voyait tout de « ses yeux. Persuade que, pour gouverner les hommes, il faut « les connaître , il se mêlait parmi le peuple , et permettait l'ac- « ces de son trône à tous ceux que quelques raisons valables « pouvaient y attirer. Lui-même donnait à ses soldats l'exemple» « des travaux militaires et à ses ministres celui d'un travail as - « sidu ».
C'est depuis Anmratli IV que les sultans sont dans l'usage d''allcr régulièienient tous les vendicdis à la niostjut'e pour se faire voir au peuple, cjut sans cela croirait n'avoir plus de clitf.