‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 235 sur 416 · XXVIII. MUSTAPHA III · texte numérisé non relu

XXVIII. MUSTAPHA III

1 171 de l'he'gire ( de J.-C 1767 ). Mustapha III , ne' le 20 août 1716, du sultan Aclimet , de'pose' en 1750, parvint à l'empire après la mort d^Osman H , et fut inaugure' le 5 novembre 1757. Au mois suivant, il fit revivre les lois somptuaires porte'es autrefois contre le luxe des Grecs et des Arme'niens , et ces mêmes lois furent encore renouvele'es deux ans après, mais elles ne s'e'tendirent point aux Francs. L'an 1760 , le pacha Me'he'met , allant lever les tributs dans les îles de l'Archipel, mouilla vers la mi-septembre à Stancio, et y débarqua avec la plus grande partie de l'équipage. Tandis qu'il est absent, les esclaves chrétiens se rendent maîtres du vaisseau , qui était du premier rang et richement chargé , coupent les cables et font voile vers Malte, oii ils abordent le 6 octobre , au nombre de soixante-treize , après dix-huit jours de navigation. Ils donnent à la Religion le vaisseau dont elle leur distribue généreusement la cargaison. Le grand seigneur , irrité de cette perte , prépare, l'année suivante, un armement considérable pour en tirer vengeance. L'ordre de Malte se met en état défense. La sagesse du roi de France prévint les suites de cette affaire. M. de Fleuri , bailli de l'ordre , s'étant rendu de sa part à Malte , acheta , au nom de sa majesté T. C. le vaisseau pour eu faire présent à sahautesse, à qui il fut expédié le 10 décembre 1761. L'an de l'hégire 1178 ( de J.-C. 1766 ), la Porte fait ua exemple éclatant de cette justice prompte et exjîéditive qui lui est particulière , dans la personne du grand-visir Mustapha. Ce ministre faisait un abus énorme de son crédit , et surtout exerçait des exactions criantes dans l'île de Chypre. Le grand seigneur , sur les plaintes qui lui furent portées , le fait étrangler au mois de dzoulcaada (avril ou mai) dans l'île de Métélin oii il l'avait exilé. Même supplice décerné par sa hautesse contre Stéphanissa Rakowitza, palatin de Valaquie, pour de semblables excès , et eîfécuté le 28 août au village d'Arnaout-Keuil , sur le canal de la mer Noire. L'an 1768 ( 1 182 de l'hégire ) , le 6 octobre ( 5 de dgioumadi II ) , la Porte, sollicitée par la république de Pologne de prendre sa de'fense contre la Russie, publie

DES E]\ÎPEREUîsS OTTOM\^S. r^'-,^

un manifeste par lequel elle déclare !a çuerre à cette dernière puissance. Ce prince , livre à la molesse et aux plaisirs de son scrail , incapable de tenir les rênes de son empire , les confia à des ministres qui firent des fautes et des injustices en son nom. L'histoire lui reproche encore une extrême avance ; elle e'tait telle qu'il laissa 60 millions de piastres dans son tre'sor. Il mourut le 21 janvier 1774! 19 ^e dzoulcaada de l'hëgire 1187), avant d'avoir vu la fin de la guerre funeste qu'il avait commencée avec la Piussie , laissant un fils unique , à peine âgé de sept ans, qui parvint à l'empire après Abdal -Hamid , son oncle. Voici le portrait , que Catherine II , impe'ratrice de Russie , a trace de Mustapha HI, à Voltaire. « Aucun ministre ;j ne voit le sullan que dans des audiences publiques. Mus- :) tapha ne sait que le turc, et il est douteux qu'il sache lire » ete'crire. Ce prince est d'un naturel farouche et sanguinaire. » On prétend qu'il est ue' avec de l'esprit , cela se peut ; mais » je lui dispute la prudence j il n'eu a point marque' dans celte

)) guerre Mustapha avait une sœur qui était la terreur de

» tous les pachas; elle avait, avant la guerre , au-delà de » soixante ans. Elle avait e'ie' marie'e quinze fois ; et lorsqu'elle » manquait de mari , le sultan , qui l'aimait beaucoup , lai » donnait le choix de tous les pachas de son empiré. Or, quand )) une princesse de la maison ottomane épouse un pacha , celui- » ci est forcé de renvoyer toutes ses autres femmes. Cette » sultane , outre son âge , était méchante , jalouse , capri- )) cieuse et intrigante. 5on crédit chez son frère était sans » bornes ».

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