‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 249 sur 416 · VII. SCHAH ABBAS, surwommé LE GRAND · texte numérisé non relu

VII. SCHAH ABBAS, surwommé LE GRAND

994 ^e l'he'gire ( i586 de J. C. ) , Schah Abbas , troisième fils de Kliodabendeh , fut proclame' souverain de Perse après la mort d'Ismaèl , son frère, qui avait tente' de l'imrnoler à sa sûreté'. Tout le cours de son règne fut un encbainement de prospe'rite's qu'il dut à sa vigilance , à sa valeur et à son habileté'. Il débuta par déclarer la guerre aux Lsbecks , et reprit sur eux le Khorasan , dont ils avaient dépouille' ses pre'de'cesseurs. Les hostilite's continuaient toujours entre les Persans et les Turcs. Abbas les termina, l'an 997 de l'hégire (i58q de J. C. ),ea ce'dant aux Turcs , suivant les historiens de cette nation , trois provinces , qu'ils avaient enlevées à la Perse. De ce nombre e'tait l'Arménie. Mais avant que de s'en dessaisir, ne voulant laisser aux Turcs qu'un pays désert, il èH enleva plus de vin^tdeux mille familles, qu'il divisa en plusieurs colonies et dispersa dans les difterentes provinces de ses états. Ce prince avait encore une autre vue plus relevée en transportant les Arméniens eu Perse. Connaissant l'industrie et l'activité de ce peuple , il le jugea propre à naettre à profit les richesses naturelles de ses états, négligées par les Persans , que leur caractère indolent et inappliqué rendait incapables des opérations laborieuses et compliquées du commerce. Ses espérances ne furent point vaines. Les Arméniens transplantés, se livrèrent au goût qu'ils avaient apporté de leur patrie j et depuis ce tems , ils ont i)orté par-tout le monde le commerce de la Perse. Un des premiers fruits qu'ils en retirèrent, fut de se bàlir, près d'Ispalian, une ville, qu'il nommèrent Sulfa, ou Julfa : elle est aujourd'hui considérable, et se gouverne par ses propres lois sous la direction d'un kalenther ; terme qui répond à celui de maire ou juoe de police. L'an 998 de l'hégire (de J. C. 1 590) , Schah Abbas fixa sa résidence à Ispahan , dont il fit la capitale de ses états. Cette ville , dont le circuit est aujourd'hui de dix lieues , lui doit ses premiers embellissements. Il commença le vaste et superbe palais^

que ses successeurs ont achevé, dans le Meidan ou Marché, l'une des plus grandes et des plus belles places de l'univers. L'an 1025 ( i6i4 ^^ J- C. ), avec le secours des Anglais , il chasse de Bender-Abassi les Portugais , qui s'en étaient emparés deux ans .luparavant, et y avaient déjà bàli deux forts. L'an io5i , le dix-neuf de dgioumadi II ( i mai 1622), aidé par les mêmes alliés, il chasse encore les Portugais de l'île d'Ormus, où ils faisaient un commerce considérable. Ce prince, par les conquêtes qu'il fit sur les Mogols et sur d'autres peuples, recula fort loin les limites de ses états. Il mourut, vers la fin de rabié II de l'an io58 ( décembre 1628 de J. C. ), àCasvin. La valeur d'Abbas , sa magnificence , le soin qu'il pr-'t de faire fleurir les arts et le commerce dans ses états , la police exacte qu'il y établit, lui firent donner le surnom de grand. Mais à cea belles qualités , il réunissait de grands vices, qui eu ternissaient l'éclat. Ombrageux, fourbe, cruel, jaloux de la gloire de ses sujets et avidç de leurs biens, il immola ses quatre fils à d'injustes soupçons; il persécuta ceux de ses officiers qui lui avaient rendu les jîlus grands services; il mettait à contribution tous ceux qui l'approchaient, et imaginait sans cesse de nouveaux moyens jîour tirer l'argent de ses peuples j il dépouilla les princes , ses voisins , et les fit mourir dans le tems qu'il leur témoignait le plus d'amitié. Voulant empêcher ses sujets d'emporter l'argent de son royaume chez les Ottomans, et les détourner du pèlerinage de la Mecque , il imagina de leur inspirer de la dévotion pour Iman-Reza , l'un des douze saints de Perse, dont le tombeau est à Mesched. Il rendit ce lieu célèbre par un grand nombre de faux miracles qu'il fit opérer j des gens apostés , feignant d'être aveugles, ouvraient les yeux aux approches du tombeau de Pieza, et criaient aussitôt miracle. Cette imposture y attira une foule de monde si prodigieuse, que les plus grands seigneurs de Perse se sont fait un honneur d'être inhumés dans la mos(piée de Mesched, et y ont envoyé les plus riches présents '^Voj. les empereurs turcs de son tems).

YIII. SCHAH SOPHI II, ou SEFI L

io58 de l'hégire ( 1628 de J. C.)* Sophi II, nommé d'abord Zai^i jMirza , fils de Sefi et petit-fils d'Abbas, fut proclamé roi de Perse à l'âge de quinze ans , trois jours après la mort de son aïeul. Ce fut le ISéron des Persans. Il versa le sang des principaux seigneurs de Perse , aveugla son frère unique, fit massacrer deux de ses oncles, et enterrer toute vive sa mère, avec quarante femmes du sérail, accusées d'avoir trempé dans une conspiration contre lui. Il eut néanmoins de la valeur, et remporta

DES SCHAHS, OU ROIS MODERTCES DE PERSE. 28g

quatre grandes victoires sur les Turcs. Mois s'e'lant livré dans la Siute à la de'bauclic, il perdit le fruit de ces premiers sucres. L'au 1608 de J. C. , l'empereur Amuralli IV recouvra Bagdad et toute la Babylonie, que le grand Abbas avait conquises quatorze ans auparavant sur les Turcs. Les Mogols, de leur côte', reprirent la province de Candahar, dont Abbas les avait également dëpouille's. Mais Soplii conserva Erivan , place forte d'Arménie , qu'il avait enlevée aux Turcs l'an i655 , quoique défendue pir une garnison de vingt-deux mille hommes. Soplii mourut l'aa 1002 de l'hégire (1642 de J. G.) , dans la quatorzième année de son règne. Oa croit que sa vie fut abrégée par le jjoisou.

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