‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 292 sur 416 · XXXVIII. PIERRE D'AUBUSSON · texte numérisé non relu

XXXVIII. PIERRE D'AUBUSSON

1476. Pierre d'Aubusson , grand-prienr d'Auvei'gne , issu des anciens comtes de la Marche, de'jà célèbre par plusieurs actions d'e'clat et par des traits d'une rai'e prudence , fut donne' pour successeur au grand-maître des Ursins. L'an 1480 , le 25 mai, le paclia Misclia Pale'ologue, chrétien renégat, asssic'ge Rhodes avec une flotte de j6o vaisseaux et une arme'e de terre compose'e de 100 mille hommes. Ce siège, l'un des plus mémorables , fut pousse' et soutenu avec toute la valeur et tout 1 art qu'on peut imaginer. La place fut entièrement démantele'e par l'effet de l'artillerie des Turcs. Les chevaliers se de'fendent alors sur les ruines de leurs remparts, plusieurs y pe'rissent; le grandmaîlre y reçoit cinq blessures considérables. Maigre' ces avantages , les Turcs sont mis en fuite , et obligc's de se rembarquer le 19 août, laissant neuf mille morts , et emmenant quinze mille blessés. Telle fut l'issue de ce fameux sie'ge qui dura quatre-vingtneuf jours. Guillet, dans la Vie de Mahomet II, nous apprend «ne anecdote de cette exj)e'dition , qu'il est à propos de rapporter. « Les Turcs, dit-il , avaient c'ieve' une batterie de 16 gros » basilics ou gros canons , dont le calibre énorme exce'dait celai « des pièces employe'es au sie'ge de ScuLari. Les Chre'tiens y j) opposèrent avec grand succès une contre - batterie d'utie » invenlion nouvelle. Un de leurs ingénieurs, aide' des a\is » des gens de marine les plus habiles , et de quelques char- 3) pentifci's de la ville, fit une machine propre à jeter des 3) quartiers de pierre d'une grosseur eftVoyable. Son exe'cutiou » empêcha l'ennemi de pousser le travail de ses approches , >« renversa ses e'paulemeuts , ouvrit les sappes, tua la plupart de » ses travailleurs , et remplit de carnage les troupes qui se trou- » vaient sous sa portée. Les assie'ge's la nommèrent par raillcne j) le tribut pour faire allusion au tribut que Mahomet avait dc- » mande', et l'averiir qu'ils lui en faisaient le paiement à leur » manière.... L'effet (de ce tribut) e'tait si grand, ajoute-t-il, que 3* la pesanteur des pierres ouvrait les terres dont le dessous était M creuse' parles mineurs, et qu'elles allaient chercher ceux qui crcu- )> saient et qui pre'paraient des fourneaux sous les dehors de la » place. » L'an 14^2, le graud-maitre reçoit à Rhodes le prince Zizini, frère et rival de Bajazet II, successeur de Mahomet II. Au bout de trois mois il le fait passer eu France , pour le soustraire

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.iiTX embùclies de son frère. Le prince est garde à vue par des clievaliers danslaconimanderiedc JBourg-neuf, en Poitou. Plusieurs souverains le demandent pour le mettre àla tête de leurs arnit'cs ( ontre Baja^et. L'an i48c), il est remis parprt'fercnce entre les mains des agents du pape Innocent Yllï [Voj. Bajazetll). En reconnaissance de ce service , le pape envoie le chapeau de cardinal à d'AuInisson , par un bref du 14 mars de la même anne'e. L'an i5o5 , le 5 juillet , le grand-maître fmit ses jours à l'âge de 80 ans. L'ordre n'avait point eu de chef plus accompli depuis son e'tablissement.

Ou voirait encore à Rhodes , au dernier siècle , sur la porle de l'auberge de France , trois fleurs de lys , et aux tours qui sont vers la marine , cette inscription : Rti\'erendus douiinus Fraler Pelfits cC Aulnisson Rhodietisinm E(/intnr7i Magister lias turres œdificavit. C'est ce que tc'moigne l'auteur d'uu voyage fait au Levant en 1621 joar ordre du roi de France.

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