‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 329 sur 416 · YIL ODON DE S. AMAND · texte numérisé non relu

YIL ODON DE S. AMAND

II 71. OnoN DE s. AMAr>îD , chevalier français , né de parenls aussi distingués par leur piété que par leur noblesse , maréchal , puis bouteiller du royaume de Jérusalem avant de se faire templier , fut donné pour successeur au grand-maitre Philippe de Naplouse. Presque aussitôt il eut le chagrin de voir apostasier le templier Mélier ou Milon , frère du prince d'Arménie , dont il usurpa les états sur son neveu. Ce perfide , non content de ravager les terres de ses confrères , poussa la barbarie jus- <^\i3i vendre aux infidèle» ceux qui curent le malheur de torai»er

entre ses mains {T'F'illel. Tjr. , L. xx , c. i). Vers le même tems Gantier du Me'nil , chevalier du même ordre, massacra le de'pute' du prince des Assassins , qui venait à Je'rusalem pour traiter de la conversion de son maître : nouveau sujet de mortification pour S. Amand. Le roi Amauri , craignant les suites de cet eltentat, demande que le coupable lui soit livre'. Le grandmaître le refuse , alléguant les privile'ges de l'ordre, qui l'exemptaient de la justice séculière : ce refus occasionna de fâcheuses altercations. Amauri , suivant Guillaume de Tyr , vint à bout de faire enlever du Me'nil et de le faire emprisonner à Tyr j snais il mourut, ajoute Guillaume de Tyr, avant de pouvoir le faire juger par son conseil. Cependant la perfidie de ce particulier fit tomber l'ordre dans un grand discre'dit : tant il est important dans un corps de ne point laisser impunies les fautes d'e'clat. L'an 1177, les chevaliers s'étant joints au comte de Flandre , ravagent les environs de Ce'sarée , et de-là se viennent pre'senler devant le château de Harenc ; mais ils poussent le sie'ge avec tant de lenteur, qu'il fallut l'abandonner l'anne'e suivante , après 6 mois de travaux inutiles ( TVîllel. Tj'r., L. xxi), "Durant cette expe'dition , S. Amand se trouva, le 18 novembre 1177, avec 80 de ses chevaliers , à la bataille de Ramiah donne'e contre Saladin. Les Chre'tiens la gagnèrent, mais le sultan eut sa revanche l'anne'e suivante. Tandis que les Templiers sont occupe's à construire un fort au gue' de Jacob , près de Pane'as , il vient les attaquer le 26 mai. Le roi Baudouin vole inutilement à leur secours. Les Francs sont battus, le grand-maître et plusieurs de ses chevaliers sont pris dans la mêle'e. On envoie les plus distingues à Damas j les autres sont scie's par le milieu du corps sur le champ de bataille. On propose a S. Amand un échange de sa personne contre un émir , prisonnier de l'ordre. Il a la ge'ne'rosite' de le refuser. Je ne veux point , dit-il , aiito-r viser , par mon exemple , la Idclieié de ceux de mes religieux cjxd se laisseraient prendre dans la vue d'être rachetés. Un Templier doit vaincre ou mourir, et ne peut donner pour sa rançon que son poignard ou sa ceinture. Il mourut dans les fers après quelques mois de captivité', c'est-à-dire vers 1179. Maigre ce beau trait de la grandeur d'âme de ce grand-maître, .Guillaume de Tyr ne laisse pas de l'outrager à l'occasion de cette journée. Odon , maître de la milice du Temple , dit-il , liomme méchant , superbe et arrogant , ne respirant que la fureur , sans crainte de Dieu et sans égard pour les hommes , passe pour avoir été celui qui occasionna ce désastre à jamais honteux pour la chrétienté. Aussi dit -on qu'ayant été pris et jeté dans les fers , il mourut de misère sans emporter les rci^rets de personne ( L. xxi, c. 29, p. 101 5}. Il est bon de

DES GRANDS-MAÎTRF.S DU TEIMPLE. o/p

se rappeler que cet liistorieu est en général peu favorable aux deux ordres militaires.

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