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DAGOBERT II

ROI d'austrasie.

L'an 674» Dagobef.t II, fils de Sigebert , qui avait disparu par la perfidie de Grimoald , étant revenu d'Angleterre , où S. Wilfrid, archevêque d'Yorck, l'avait fait venir d'Irlande , monte sur le trône d'Austrasie avant le mois d'août , et règne en Alsace et sur quelques autres provinces au-delà et en-decà du Rhin.

Le maire Vidfoad fait une ligue avec Ebrovi et lui fournit des secours , afin que les troubles de la Ncustrie , dit M. Gaillard, laissent subsister sou autorité.

L'an 677, Dagobert entre en guerre avec Tbierri ; les églises

L'an 674 f Ebroïn se trouvant à la tête d'une armée, marche avec son nouveau roi vers Paris, où peu s'en fallut qu'il ne surprît le roi Thierri. 11 ravage les environs de celte capitale , et livre à ses troupes les dépouilles des églises ainsi que les biens de ceux qui refusent d'entrer dans son parti.

Thierri et Leudèse, son maire du palais , fils d'Ercbinoald , s'étant sauvés à l'arrivée d'Ebroïn , laissent le trésor royal qu'ils emportaient, à Kaisieu, en Picardie , afin d'accélérer leu) fuite. Ebroin , qui s'était mis à leur po'U'suite , ss saisit de ce

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DES KOîS DE FRANCE. ''■ ' ^'

DàGOBERT II. THIERRI III.

sont pillées, les tombeaux des saints profanés, les campagnes ravagées , après quoi ils font la paix.

L'an G78 , Ansigise. fiis de S. ilrnoul, et duc d'Austrasie , est tué à la cliasse par Godwmg, son iiUcui, laissant un fils nommé Pépin. Begglie , sa femme , qui iui survécut, fonda, l'an 690 , le monastère d'Andenne entre iN'ainur et Hui.

L'an 679, Dagobert meurt , A;^é d'environ 26 ou 27 ans , après avoir règne' 4 ans. Il périt par un assassinat, probablement le 23 décembre. Dagobert avait épousé , dans son exil , une Saxonne, appelée Mechtilde , dont il eut sainte Hermine , ou Irmine, abbessc d'Oéren {Horreum), dans la ville de Trêves.

Honsclienins lui donne 4 autres enfants sur des preuves assez peu solides. Plusieurs prétendent qu'il est le même que S. Dagobert qu'on îionorc à Stenai.

L'abbé de Longuerue, D. Bouquet et d'autres savants, ne sont point de cet avis. Après la mort de ce prince îe royaume d'Austrasie demeura vacant.

trésor. Il vient ensuite à Créci, d'où il invite Leudèse à venir conférer avec lui, sous promesse de ne lui faire ancan mal. Mais à peine l'a-t-il en son pouvoir, qu'il l'assassine.

L'ambition étouffe la reconnaissance. Ebroin devait la vj« à S. Léger qui avait empêche' Cliildéric par ses remontrances de le mettre à mort. Mais le crédit que ses vertus et la sagesse de ses conseils iui avaient acquis à la cour , faisait ombrage à ce tyran qui voulait réunir en lui toute l'autorité. Résolu de le perdre , il charge Didon , évêquc de Châlons, et Waimer, duc de Champagne, d'aller avec ua corps de troupes le prendre dans son église d'Autun, où il s'était retiré quelques jours auparavant, La ville est assiégée , le S. prélat ne voulant point exposer ses f)uailles à la fureur de ses ennemis , prend congé d'elles par un discours atteiîdrissant , sort de la ville et va s'offrir de luimême à ceux qui le cherchaient.

Ou se saisit de lui, et après lui avoir arraché les yeux , on le conduit dans un bois , où il

reste plusieurs jours sans manger. Le duc Waimer, qui l'y avait amené, touché de compassion, vient l'en retirer, le transporte dans sa maison 5 et delà dans un monastère qui n'est point connu.

L'an 675 , Ebroin , devenant de plus en plus redoutable à Thierri, l'oblige à s'accommoder avec lui et à le rétablir dans sa charge de maire du palais , après quoi il abandonne son fantôme de roi, qu'il n'avait produit que pour en venir à ce point. Cet objet principal de son ambition étant rempli, Ebroin s'applique à la recherche des assassins du l'oi Childéric j et

4i6 CHRONOLOGIE HlSTOi'tlQrE

sous ce prete:?te il fait périr une grande partie des seigneurs qui pouvaient le traverser ou qui kii étaient suspects. De ce «ombre fut Guérin , frère de S. Léger , qu'il fit lapider en 676. Il tourmenta cruellement S. Léger lui-même qu'il avait fait venir devant le roi , et l'envoya au monastère de Fécamp. Enfin , au mois d'octobre 678 , il assouvit sa fureur contre lui en le faisant mettre à mort. La tyrannie qu'Ebroïu exerçait sous le nom de Thierri , détermine le duc Ad al rie , en 676, à quitter ce monarque, son légitime souverain, et à se liguer avec les Austrasiens pour le détrôner , à quoi ils ne purent réussir. Thierri punit Adalric de sa félonie en le dépouillant de ses bénéfices , et donna la terre de Fiélin, de Fisca-Felitus, cui en faisait partie , à Waldalène , frère de ce duc et abbe du monastère de Bèze, qui en jouit encore aujourd'hui (1787). Le diplôme de celte concession est date' du 4 septembre de la 4^année du règne de Thierri j ce qui revient à l'an 676, eu prenant pour la première année du règne de ce prince celle de son rétablissement sur le trône après sa sortie de S. Denis. Ces paroles par où l'acte débute, sont remarquables : Méiiio bene^ ûcia quœ possident aîrillere videnLur , ijiii non solitm largitoribus ipsoriim beneficioruni ingrati existant , verlan eliam infidèles eis esse con?piobanlur {Bouquet, T. IV, p. 657.).

Les rues MAR.TIN f.t PEPiN,

MAÎTRES DE l'aUSTRASIE.

L'an 680, les ducs Martin, fils , à ce qu'on croit, du maire Vulfoad , et Pépin de Héristal (village du Liégeois) dit le Forestier et le Gros , fils d'Ansiglse et de Begghc, fille de Pépin de Landen , se rendent maîtres de l'Avistrasie après la mort du duc de Vulfoad , et y dominent, lis sebattentcontrele roi Thierri et Ebroîn à Lafau, et sont défaits. Martin se retire à Laon , et en étant sorti, sur la parole d'Ebroin, pour le venir trouver, il est mis à mort à Escheri , en Laonais.

L'an 685 , Pépin livre , près de Namnr, une sanglante ba-

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