XVI. GRIMOALD IIL
787. Grimoald III , 2" fi's d'Arigise , était en otage à la cour de Charlemagne lorsqur n ])eremourut. Le monarque français, après lui avoir fait quitter la barbe des Lombards , le déclara successeur de son père, à certaines conditions, dont une portait qu'il ferait empreindre sur ses monnaies le portrait de Charles avec son nom. On voit encore dans le cabinet de l'empereur a Vienne une de ces monnaies où le nom de Charles est d'un côte et celui de Grimoald de l'autre. Ce prince , affermi dans SCS étals, voulut se rendre inde'pendant comme ses ancêtres. Il fit frapper la monnaie à son coin seul , et mettre son nom à la tête des actes publics. Il envahit même des terres de l'église romaine , qui étaient dans son voisinage . à l'aide du palrice ou duc de Sicile , et refusa de les rendre , quelques instances que lui fit là-dessus le pape Adrien I. Charlemagne, à qui le pontife eut recours , envoya son fils Louis à Pépin , roi d'Italie , avec ordre aux deuxfrèr"s de marcher contre le duc de Bénévent. Ils entrèrent dans ce duché , Fan 793 , à la tête
d'une armée dont tous les efforts se terminèrent à prendre un chàleau de peu d'importance. Pépin revint , lau 80 1 , contre Grimoald , et après un long siège lui enleva The'ate , aujourd'hui Chicli , qu'il livra aux ilammes. Pépia voyant la dillicullé de réduire Grimoald , lui envoya ditTerents de'putès pour l'exhorter à lui rendre les mêmes devoirs dont son père Arigi^e , disait-il , avait ète' tenu envers le roi Didier. A quoi le duc re'pondit qu'il était né libre de père et de mère , et qu'il comptait avec la protection du ciel l'être toujours. Furieux de cette re'ponse , Pépin reprit la guerre avec une nouvelle ardeur. Grimoald se défendit avec une valeur égale. Le roi d'Italie lui avant enlevé , l'an 802 , la ville de Luccra, aujourd'hui Nocera , dans la Pouille , il la reprit et fit prisonnier dans cette place le duc de Spolette, à qui Pépin en avait confié la garde. Gnmoald eut aussi à se défendre contre les Grecs , dont il devint l'ennemi depuis qu'il eut répudié sa femme Uvantia, nièce de l'empereur Constantin Porphyrogenète. 11 fit face à tous ses ennemis , et mourut libre et indépendant , comme il avait voulu toujours l'être , l'an 806 , sans laisser d'enfants. « Sa mort , dit Muratori, fit verser des larmes à tous ses su- » jets, et l'épitaphe qu'ils gravèrent sur son tombeau, qui se M voit à Salerne , dit qu'il remporta des victoires sur les Grecs , 3) et que les Français ne purent jamais le coulraindre à plier » sous leur joug. »