XXI. RADELGAIRE
85i. R.\DELGiiRE, fils aîné de Radelgise I, lui succéda. Sa
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pielc, sa douceur et ses autres belles qualite's le rendirent cher à ses sujets , qui lui e'ievèrent un magnifique tombeau après sa mort , arrivée l'an 855 ou 854. Ce fut pendant sa régence que les Be'nëventains , réunis aux Capouans, députèrent au roi Louis II, pour le prier de venir défendre leur pays dévasté par les Sarasins de Bari. ( Voyez les princes de Capoue).
X\II. ADELGISE.
855 ou 854- Adelgise , nommé Théodore par les Grecs, second fils dejRad'îlgise I, fut successeur de Radelgaire, son frère. L'an 858 ou environ, il réunit ses troupes à celles d'Ademar, prince de Salerne , et se met à leur tête pour chasser les Sarrasins , qui, de Bari , faisaient des incursions fréquentes sur les territoires de Bénévent et de Salerne. Adelgise met d'abord les infidèles en fuite j mais ils eurent bientôt leur revanche, et, étant revenus à la charge , ils contraignirent les Chrétiens de fuir à leur tour, après avoir perdu beaucoup de monde. Cette victoire cuvrit aux Sarrasins l'entrée dans les deux princi^iautés , où ils firent un butin considérable, llsy revinrent en 862> et obligèrent Adelgise à leur promettre un subside annuel. L'an 865, les nouvelles courses qu'ils font sur le territoire de Bénévent engagent l'empereur Louis II à passer une partie de l'année dans ce pays. Louis, après avoir emporté Bari sur les Sarrasins, au bout de quatre ans de siège, revient l'an 871 à Bénévent, et y séjourne, tandis que ses trouy^es font le siège deTarente, Adelgise , irrité de la conduite insolente des Français, conspire contre ce prince, dont la faiblesse semblait les autoriser. Le 25 août, ayant forcé le palais où était l'empereur, il l'oblige à se renfermer dans le donjon avec sa femme et sa fille, et trois jours après les contraint, par famine, à se rendre prisonniers. ( Voyez les comtes de Capoue). Mais les Sarrasins s'étant approchés de Salerne, Adelgise , qui ne se sentait pas assez fort pour les repousser, remet l'empereur en liberté le 17 septembre, après lui avoir fait promettre de ne jamais entrer en armes dans la principauté de Bénévent. L'an 872, Louis étant à Rome pour son couronnement, se plaint, dans une assemblée nombreuse de nobles et de prélats , de l'allroiit que lui a fait Adelgise, et engage les assistants à lui déclarer la guerre. L'impératrice se charge de conduire elle-même les troupes contre le prince de Bénévent ; ruais d'autres événements rendirent inutiles ces projets de vengeance. L'an 875, Louis rentra, malgré son serment, dans la principauté de Bénévent , avec une puissante armée , et s'avança jusqu'à Capoue. «Dans ces tems-ci , dit Giannone, on n'avait * pas encore presque vu d'exemples de serment» violés ) maie
» les papes, depuis Grégoire II et Zacharie , eurent soin de » mettre les souverains à leur aise sur cet article , et trouvèrent )) le moyen , par les absolutions , de calmer les consciences sui- » l'inobservation des promesses les plus solennellement ap— » puye'es sur la foi du serment. Les e'vêrpies , à l'imitation des )) papes, s'arrogèrent même l'autorité' de dormer ces absolutions » dans les tribunaux et partout oii il en e'tait besoin. Celte espèce » de licence ne leur e'tait pas non plus itmtilc. Par là, de même » que par les dispenses sur les mariages, ils se rendirent në- » cessaires et redoutables. Disons en passant , qu'auparavant , » les princes eux-mêmes e'taient dans l'usage de donner les per- » missions ou dispenses pour les mariages. Louis , qui n'aurait )) point ose', au me'pris de son serment, rentrer dans BèncVcnt, )) se vit heureusement soulage' et enhardi par le pape Jean VIII, )) successeur d'Adrien , lequel déclare ([u'un serment ({u'on avait » indignement arrache' par force, ne devait lui faire aucune » peine , et qu'il l'absolvait pleinement. Quelques auteurs ne'an^ » moins , tels que Sigonius ( de Regno Ilaliœ), pre'tendcnt que, » maigre l'absolution , ce prince inquiet dans sa conscience , oa » craignant d'être regarde comme parjure , eut recours à ua » expédient, qui fut de ne point venir lui-même à la tête de son y> armée dans i'ètat de Be'ue'vent, mais d'en rcmcllre la con- )) duile à sa femme, Engilberge, qui ferait la guerre en son nonx » et sous ses ordres. Il vint à Capoue , et sur sa route il de'fit :> plusieurs fois les Sarrasins , qu'il obligea de se retirer à Taj) rente. Plus occupe' encore du désir de se venger d'Adelgise , » il fit tous ses ciForts pour s'emparer de Be'ue'vent. Quelques )) auteurs disent qu'Adelgise fut tellement effraye' qu'il s'enfuit » dans l'ile de Corse : mais soit que celte évasion n'eût pas » re'ussi , comme le dit Erkempert, soit que plusieurs comtes ï) de ses voisins et le pape même s'entremirent pour raccom- » moder ce prince avec l'empereur, la paix fut conclue, et )) Adelgise avec ceux de son parti rentrèrent dans ses bonnes » grâces. »
Les affaires du duché' de Bc'ne'vent , après le départ de l'emperenr, tombèrent dans une extrême décadence. Les Sarrasins ayant repris courage, lorsqu'ils le virent éloigné, se mirent à courir les territoires de Bari et de Cannes , en commettant leurs déprédations ordinaires. Trois fois Adelgise sortit en campagne pour leur donner la chasse y mais toujours il fut repoussé avec perle. (Erkempert, Chron. , c 58), Adelgise ne pouvant obtenir de l'empereur Charlej-le-Chauve aucun secours contre ces barbares, malgré les pressantes sollicitations du pape Jean VIII, prit le parti de fiiire la paix avec eux, l'an 877 : mais il avait d;s ennemis domestiques, dont les mauvais desseins lui furent
encore plus funestes que ceux des e'trangers. L'an 878 ou 879 , son gendre et ses neveux , ligués avec d'autres me'chants, qu'il regardait comme ses amis , le tuèrent en trahison. De son mariage il laissa une fille, nomme'e Agiltrude , marie'e à Gui, duc de Spolettc , qui devint empereur. ( Erkempert , Chron. c. 40).
XXÎII. GAIDEPJSE.
878 ou 87g. Gaiderise , peliî-fils, par sa mère, d'Adelgise , lui succède. Ses parents , le regardant comme un usurpateur, le de'posent , l'an 881 , et le jettent dans une prison, (/^oj-.les comtes de Capoue ).