‹ L'art de vérifier les datesChapitre 13 sur 230 · CHIN-TSONG · texte numérisé non relu

CHIN-TSONG

1572. (9«. année Gin-fjiln , du Lxviie. cycle.) Chin-tsong, fils de Mou-tsong , lui succéda en bas-âge , sous la régence de l'impératrice, sa mère. Des trois ministres d'état, Tchang-kutcliing eut le plus de part à la faveur. Il n'en abusa pas , et se servit du pouvoir qu'il avait sur l'esprit du jeune prince pour lui insinuer les vrais principes du gouvernement.

Le tartare Yen ta vivait en paix avec l'empire dont il s'était reconnu tributaire sous le dernier règne. Comme le principal et presque l'unique commerce de sa nation consistait en chevaux , Plntou , son fils , sollicita à la cour impériale , l'établissement d'une foire de ces animaux à l'ouest du Hoang-ho. Sur le refus qui lui en fut fait, il se mit à ravager les frontières occidentales du Chen-si. On fut obligé de lui accorder sa demande, et il cessa ses hostilités. Le commerce des Tartares avec la Chine ne se bornait pas aux chevaux , ils apportaient aussi dans les foires des pelleteries et du ginseng , plante admirable , qui se trouve principalement en Tartarie et en Canada. Le père Martini se trompe , en disant qu'elle se rencontre aussi à la Chine.

L'an iSS"», arrivée du père Mathieu Ricci, jésuite italien, à la Chine, pour y prêcher l'évangile. C'est le premier de sa compagnie qui ait pénétré dans cet empire (i). Après avoir essuyé bien des traverses, il fut reçu favorablement à la cour impériale, grâce à une montre à répétition et à une horloge dont il fit présent à l'empereur. L'horloge fut placée sur une tour bâtie exprès parordre dece prince. ( M. Deshautesrayes.)Chin-tsonglui ayant demandé une carte géographique , il la disposa de façon que la Chine se trouvait située au milieu de la terre. On prétend que « pour que les ministres de la religion chrétienne ne chow quassent point les Chinois , il plia la sévérité de l'évangile

(i) Saint François Xavier ne parvint point jusqu'à la Chine, et mourut , eu y allaut , dans l'ile de Sancïan.

» aux maximes et aux pratiques du Paganlsnje. Ce fut par cette « ruse , ajoute-t-on , qu'il obtint de faire bâtir uue église. >» ( N. D. H. ) i\icci mourut eu loio , à l'âge , non decini|ua[itehuit ans , mais de quatre-vingt-huit, son nom en chinois était Li-ma-tcou.

Popaï, tarlare d'origine et d'une naissance commune, s'étant attiré dos affaires avec le chef de. sa horde, avait échappé au châtiment en passant au service des Chinois. Intrépide dans les combats, il y était parvenu , par une suite de belles actions , au grade de lieutenant-général des troupes de l'empire. Mais le vice--roi du Chan-si l'ayant irrité par ses mauvais procédés, il se révolta et entraîna dans son parti les troupes Je Ninghia , avec lesquelles il se rendit maître de presque toute les places d'armes du Hoang-ho. l'inglou , qu'il fit assiéger, l'an i5g2 , jusqu'à deux fois par ses lieutenants , fut la seule place qui lui résista. La fortune par-tout ailleurs favorisa ses armes. Les Impériaux, après avoir été battus par ses troupes, se rassemblèrent au nombre de trois cent cinquante mille hommes autour de ÎS^ini-hia où ils l'investirent. Repoussés dans un violent assaut, ou ils étaient parvenus a se loger sur les remparts, ils imaginèrent de construire une digue pour faire refluer les eaux du Hoang-ho dans la place. L'inondation ayant abattu une partie des murs , les Impériaux , par un nouvel assaut se rendirent les maîtres de la place où ils mirent le feu. Popaï , se voyant alors sans ressource, se précipita dans les flammes où il fut bientôt étouffé. Cet événement est du 5 de la neuvième lune de Tau

A cette guerre en succéda une autre bien plus terrible dans la Corée contre les Japonais. Ceux-ci , sous la conduite de Pingsieou - ki , soldat de fortune, avaient envahi, l'an 1092, ce royaume. Li -*fong , ou Li - pan , roi de Corée , prince voluptueux , s'étant retiré dans le Leao-tong , supplia l'empereur de la Chine non seulement de le recevoir comme son sujet , mais de réduire son royaume en province. Les généraux japonais apprenant que les Chinois faisaient défiler une arm-^e considérable en Corée, cherchèrent à gagner du tems,^ en déclarant que leur dessein n'était pas de subjuguer cette péninsule . mais qu'après avoir poussé leurs conquêtes jusqu'à la rivière de Ta-toug-kiang, ils retourneraient au Japon. Cependant ils ne laissèrent pas de se rendre dans Sior , capitale de Corée , et de mettre des garnisons suffisantes dans les places les plus importantes. Dans le même tems , Ping-sieou-ki se rendit maître du royaume de Chao-« ching , et prit le titre de Taï-ko. Les Chinois opposèrent ruse à ruse, et firent entendre aux généraux du Taï-ko qu'ils venaient au nom de l'empereur pour créer leur maître roi de Corée. Les

Japonais étant venus près de la ville de Plng-iang pour les recevoir comme amis, reconnurent bientôt leur erreur. Li-yusong qui commandait les Chinois, a[)rcs quelques attaques, ayant fait donner un assaut général , ses troupes y entrèrent victorieuses le 8 de la première lune de l'an iSgS. Ce ne fut que le prélude d'autres succès, qui furent tels qu'en peu de tcms les Japonais perdirent quatre provinces île la Corée. Nous n'entrerons pao plus avant dans le détail de cette guerre. La suite ne fut pas également heureuse pour les Chinois. Les hostilités durèrent sept ans, et ne finirent qu'à la mort de Ping-sieou-ki, arrivée le 9 delà y*", lune de l'an i5c)8 (i). Les Japonais évacuèxent alors la Corée, dont tontes les places rentrèrent ensuite sous l'obéissance de leurs anciens maîtres.

Les princes tartares IMantcheous , de la famille actuellement régnante en Chine, rapportent le commencement de leur dynastie, comme empereurs , aux dernières années de Chin-tsong. Il parait certain qu'ils étaient de la race desNu-tchin ouNu-tché de Nankoan. Le chef de cette famille s'appelait Hetourgala, auquel succéda Sing-ou-tchi-hoang-ti , ensuite King-tsou-yhoang-ti,qui fut remplacé après sa mort par Sien-tsou et Hiuenhoang-ti , prédécesseur de Taï-tsou. Ces quatre premiers princes étaient chefs d'une petite horde de Tartares, établie à Singking. Partagés entre la culture de leurs terres et le soin de leurs troupeaux, ces Tartares vivaient en paix avec la Chine. Les mandarins ayant entrepris de les transférer par force dans le Lcao-tong, ils prirent les armes , l'an i6iB, sous la conduite de Taï-tsong, qu'ils proclamèrent empereur. Vain<jueurs des armées qu'on leur opposa, ils forcèrent toutes les villes qu'ils sttaquèrent, et portèrent la terreur jusque dans Pé-king Ces désastres, joints à la perte de l'impératrice Ouang-chi, causèrent à Chin-tsong une maladie qui le conduisit au tombeau dans la quarante-huitième année de son règne, le i4 de la 7^. lune de l'an 1G20.

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