‹ L'art de vérifier les datesChapitre 134 sur 230 · SANCHE II · texte numérisé non relu

SANCHE II

Sanche II , appelé Aznaire-Sanche , dont il est fait mention dans quelques documents de l'abbaye de Pessan , prenait la qualité de comte d'Astarac du vivant de Bernard son père. ( Cartul. Berdon. ,foL i58 v°. ) Il fonda , vers l'an 1 142 , avec l'archevêque Guillaume, le monastère de Bolauc , dont Longebrune, sa belle-mère , fut la première supérieure. On voit encore, dit D. de Brugèles, les armoiries de Sanche II à la voûte du sanctuaire de cette église. Il vivait encore en 1167. (^CartuL Berdon., fol. 6S r°. )

BERNARD II

Bernard II , frère-germain de Sanche II , et co-seigneur Qvec lui de l'Astarac, fit une donation avant la mort de Bernard I , son père , au monastère de Saint-Aurens d'Auch. Il vivait encore en 1204. ( Cartul. Berdon. f. i35 , r".) Ce fut lui qui , de concert avec Guillaume-Arnaud des Barrats , de Va!^ lalis ., bâtit la ville et le château de Barbarens, dont ils étaient seigneurs en commun. Il eut deux fils , Sanche et Bernard , ^ont on ne sait que les noms.

BOÉMOND.

BoÉmots'D , frère consanguin de Sanche II et de Bernard II , et co-seigneur avec eux de l'Astarac, fit plusieurs donations au monastère de Bolauc avec Rouge , Rubea , sa femme , dont il eut trois filles, Marie, Marquise et Béatrix. L'an 1174, au mois de mars , il donna, de leur consentement et de celui de leur mère , en présence de ses chevaliers , une terre à l'église d'Auch. {Carlul: nigrum Ausciense , fol. i5o. ) Béatrix se fit religieuse de Bolauc avec sa mère. Boémond, imitant leur exemple, se retira long-tems après à l'abbaye de Berdoues {Cartul. Berdon.') ; ce qui doit être arrivé après l'an ii83, puisqu'on datait encore cette année de son règne. ( Carlul. album Ausc. fol. 70 r". )

BERNARD IIL

Bernard III , fds de Bernard II, fit, l'an 1175, des dona^ tions au monastère de Berdoues. Il eut deux fils, dont Ama- ^lieu, l'aîné, partit pour la Terre-Sainte, où il se distingua par jes exploits contre les infidèles , et mourut en Chypre à son re-^

tour. Son corps , ayant été rapporté en France , fnt inliumë à l'abbaye de Bcaulieu , de l'ordre de Cîleaux, quoiqu'il eût demandé à l'étie dans ceile de Berdoues. Les religieux de celle-ci ayant porté là-dessus leurs plaintes au pape Lucius IJI, obtinrent que le corps leur fût rendu , ce qui fut exécuté avec la pompe convenable. On voit encore, dans le sanctuaire de l'église tle Berdoues, le toihbeau d'Amanieu à côté de l'épîlre, avec une peinture où cette translation est représentée. Le comte Ber^nard 111 mourut , suivant D. de Brugèles, au commencenierit da Van 1 182 , laissant un fils , qui suit.

CENÏULE L

1 182. Centule I , fils de Bernard III et son successeur, lui était associé dès l'an 1175. (^Carlul. album Ausc.fol. 78 , p". ) Mais outre ses autres collègues qu'on vient de nommer, on voit encore, dans les cartulaires d'A'ich et de Gimond , KoDEhlC avec la rncme qualité de comte (VAstarac , depuis Tan 1182 jus-» qu'en ii^l^^, LssEMÈîSE ou Lxskmen, mari de Mascarose, et son fils aîné, Ber]N ard , qui la prennent en 1 17G, U89 Pt 1204 ; Vital, surnommé tantôt de Montaud, tantôt de MoNTAGun, tantôt de Montaigu , qualifié de même depuis 11 95 jusqu'cr^ 12 13, sans parler de Bernard V, comte de (Jomminges, qui porta le titre de vice-gérent de l'Astarac depuis iiq4j"squ'en i2o8. Centule se ligua, l'an ii83, avec plusieurs seigneurs aquitains contre le duc Richard, depuis roi d'Angleterre, dont la tyrannie les avait soulevés. Mais cette confédération ayant été dissipée l'année suivante, Centule fut des premiers à rentrer dans le devoir. Lorsque la croisade fut publiée contre les Albigeois , Centule prit parti dans cette expédition, et alla se ranger avec ses gens sous les drapeaux de Simon de Montfort , dont il servit également le zèle ambitieux couvert du masque de la religion. L'an 1212, il alla combattre les Mahométans en Espagne , et eut part à la célèbre victoire remportée sur ces iniidèli's le 16 juillet de cette année, aux Naves de Tolose. Après la mort de Simon de Montfort, arrivée le aS juin 1218, \\ abandonna le parti d'Amauri , son fils , pour se réconcilier avec le comte de Toulouse, son suzerain. L'année suivante, au printcms , il défendit Marmande pour le jeune Baimond , comte de Toulouse , contre les croisés commandés par le prince Louis , fils du roi Philippe Auguste. I^a place , après un rude assaut , ayant été obligée de se rendre à discrétion , le comte d'Astarac fut amené avec la garnison devant la tente du prince , qui les fit conduire prisonniers à Pui-Laurept, contre l'avis de l'évéque de Saintes qui voulait qu'on les fit mourir. Centule (u,t bienloÇ

DES COMTES b'ASTAÎIÂC. 34i

après remis en liberté. Ce comte se préparant à partir pour la» Terre-Sainte, vint, Tan 1220 , à rierdoues, et déclara franches toutes les terres qu'il avait données à ce monastère. ( Cartul. Berdon. fui. 281 , v°. ) L'an 1229, voyant le comte de Toulouse disposée faire sa paix avec le roi saint Louis, il le prévint , et fit son accommodeinent particulier avec le monarque. Celte demarche précipitée déplut à Raimond VU, et causa du refroidissement entre les deux comtes. Mais, Tannée suivante, ils se réconcilièrent avec tant de sincérité , que Uaimond , le à septembre de cette année , donna en fiefs à Centule le château de Saint-Orens , avec toute la terre de Fimarcon , en Agénois , outre le château de Sompui dans le diocèse dAuch, qu'il lui avait auparavant donné. {Histoire de Long, tom III, p. SiSlj. ) Centule vécut, suivant Oihenart et le P. Anselme, jusqu'en 1233. Mais D. de Brugèles met sa mort en i2")o, et dit qu'elle arriva à Mancied , dans l'Armagnac , après qu'il eut dicté son testament, par lequel il fit plusieurs leg-^ à diverses églises. Berdoues fut une de celles qui eurent le plus de part à ses libéralités. Il fit rebâtir l'église de Saint-Vincent , près de Castillon , où l'on voit, suivant le même auteur, ses armoiries à la clef de la voûte du santuaire. Elles sont écartelées de gueules et d'azur, accolées de la croix de la guerre sainte. 1). de Brugèles se trompa en donnant à Centule pour première femme Pélronille, fille «le Bernard V, comte de Comminges. Elle avait épousé Gaston VI, vicomte de Béarn. De Seguine ou Sygnis, la seule femme que l'on connaisse à Centule I , fille de Géraud IV, comte d'Armagnac, et vivante encore en 1246, { Hist. de Lang. ^ tom. III, pr. p. 455. ) il eut Bernard, mort avant lui ; Cenlult', qui suit ; Bernard , et Blanche , mariée à Sanche-Garcie, sti-v gneur d'Aure.

CENTULE IL

1280 ou 1233, Centule II, fils de Centule I, lui succéda en trèsljas âge, sous la tutelle de sa mère. L'an <244 1 cciirî comtesse s'étant rendue à Toulouse, mit, le i3 novembre, sa personne, celle de son fils Centule, et tous les domaines qui avaient appartenu k son époux , sous la protection et le vasselage de Baymond VII, comte de Toulouse, lequel reçut en même tems l'hommage du jeune Centule ( Hist. de Lan,s;., t. III, p. 44^0 "^^^ mère et le fils renouvelèrent, en 124.S, les coutumes, lois et privilèges, qui avaient été accordés cent ans auparavant, aux habitants de Earbarens , par le comto Bernard II, et le seigneur Guillaume des Barrats. {Chron. d'Auch, p. 538.) La même année, Centule eut guerre avec Arnaud-Guillaume de la Barthe, vicomte des Quatre Vallées,

34a CimONOLOGIE HISTORIQUE

qu'il fit prisonnier dans un combat, avec plusieurs de ses vas^ saux. L'année suivante, il abdiqua pour se retirer à l'abbaye de Simorre , où il mourut le 26 août, peu de jours après avoir pris riiabit monastique. {Ibid.) Il avait épousé N. fille de Bernard V, comte de Comminges , dont il ne laissa point d'en^ ^ânls.

BERNARD IV

1249- Bernard IV, frère et successeur de Centule II, fut du nombre des seigneurs et barons,, lesquels, sur la citation qui leur fut faite après la mort d'Alfonse , comte de Poitiers et de Toulouse , comparurent dans cette dernière ville, en 1271, devant le sénéchal de Carcassonne , pour prêter serment de fidélité au roi de France, à raison des fiefs qu'ils possédaient dans le comté de Toulouse. L'an 1274 , il fut admis en paréage pour la ville de Masseube, par Bonel, abbé de l'Escale-Dieu, Il accepta de même, en 1280, celui de Meithan, que lui offrit Hugues , abbé de Berdoues , et l'un et l'autre donnèrent ensuite des lois et coutumes aux habitants de ce lieu. Pierre, successeur de Hugues, à son exemple associa le comte Bernard, en 1287, dans la seigneurie de la ville de Mirande , qu'ils s'appliquèrent depuis à reconstruire de nouveau. Le comte y fit , de plus, bâtir un château magnifique, où il établit sa demeure, et dont les superbes masures attestent encore aujourd'hui l'opulence de son fondateur. Bernard finit ses jours vers la fin de l'an 129t. {Chron. d'yluch.) En mourant, il laissa de son mariage Centule , qui suit; Jean , Bernard, et Arnaud, qui, entre autres biens, eut en partage le fief de Mezamat, près de Castel- Sarrasin , dont il porta le surnom. Arnaud épousa Jeanne de Faudoas , qui le fit père de Bernard de Mezamat, qualifié comme son père , Eques et IJux quinquaginta miUtum. C'est de lui que descendent, en ligne directe et masculine, messieurs de Mezamat tle Canazilles, établis à Castel-Sarrasin, comme l'a vérifié, sur les titres originaux, dom Villevieille, notre confrère , qui a bien voulu nous faire part du résultat de son examen.

CENTULE III ou CENTULLION.

Centule III ou Centullion , fils du comte Bernard et son collègue, dès fan 12G9, eut avec Amanieu d'Armagnac, archevêque d'Aucb , une querelle qui durait encore en 1278. L'an 1285, il suivit le roi Philippe le Hardi, dans son expédition contre le roi d'Aragon. L'abbaye de Simorre qu'il vexait, porta SCS plaintes contre lui , au parlement qui se tint à la Pentecôte de l'an 1287, dans la ville de Toulouse, et obtlnli

DES COMTES D'aSTARAC. '6^3

justice. Le comte et son sénéchal furent condamnés à réparer les dommages qu'ils lui avaient causés. (^Hist. de Lang. , t. IV, p. 62. ) On ne connaît point d'autre trait important de sa vii; qui finit au plus tard en i3oo. De sa femme ASSALIDE, fille d'Amanieu VI, sire d'Albret, il laissa un fils qui suit.

BERNARD V

i3oo au plus tard. Bernard V, fds de Centule , lui succéda au comté d'Astarac. H était marié, dès l'an 1294, avec Mathe, fille de Roger-Bernard III, comte de Foix. Il fut caution, l'an i3©o, pour Hélie Taleyrand , comte de Péri— gord, d'une amende à laquelle il avait été condamné. L'an i3o4, le roi Philippe le Bel , dans la convocation qu'il fit de la noblesse pour la guerre de Flandre, adressa un ordre particulier au comte d'Astarac , de se hâter à venir le joindre. ( Hist. de Lang., t. IV, p. 126.) Bernard, l'an i3i4, fut un des seigneurs qui s'entremirent, mais inutilement, pour accomoder Bernard Jourdain V, seigneur de l'Ile-Jourdain , avec Jourdain IV, son père , touchant la succession qui devait lui revenir. ( Ibid. p. 60.) L'an i3i7, le roi Philippe le Long ayant résolu de se rendre en Languedoc, écrivit, le 2g juillet, au comte d'Astarac , ainsi qu'à d'autres seigneurs , de se troirver dans l'octave de Noël à Toiilouse. Bernard, Tannée suivante, fut mandé de se trouver en armes et chevaux à Arras , dans le prochain dimanche avant l'assomption. Le P. Anselme dit qu il vivait encore en 1 326. De Mathe de Foix, sa première femme , il eut deux fils, Bernard et Amanieu qui suit. Le premier, qui mourut avant son père, épousa, l'an i3og, Auguste , fille de Gautier , seigneur de Bremebaque , « lieu remarquable , dit » Brugèles, par le trésor fameux et fabuleux qu'on dit être dans M les ruines de son vieux château, en la vallée de Valourse, » ou Balourse. « TiBuaCE, fille de Jourdain IV, baron de nie-Jourdain, seconde femme du comte Bernard V, ne lui donna point d'enfants.

AMANIEU.

i326. Amanieu, fils de Bernard II , et son successeur, s'était rendu fameux du vivant de son père , par des atrocités qui obligèrent le viguicr de Toulouse à l'arrêter et à l'amener à Paris, où il fut enfermé l'an i322 , dans les prisons du Chàtelet. (^Hisl. de Long., t. IV, p. 191.) On ignore comment il en sortit et de quelle manière il se comporta, lorsqu'il fut devenii cpmte d'Astarac Son gouvernement fut de courte durée. U

344 GtmONOLOGIE HISTORIQUE

était mort avant l'an iH3i. 11 avait épousé Cécile, fille dei Bernard Vil, cornle de Comminges, dont il eut, entre autres enfants, un fils qui suit. Cécile, après la mort d'Amanieu , se remaria avec Jean Paleologue 11, marquis de Mo nt ferrât , et non avec Jean d'Aragon, comte d'Urgel, comme on l'a dit plus haut, d'après le P. Anselme*

CENTULE IV.

i33i au plus tard. Centule IV, fils d'Amanieu, lui succéda sous la tutelle de sa mère. Il servit, l'an l'àS^ ^ en Gascogne, le roi Philippe de Valois, dans la guerre qu'il faisait aux Anglais. On le voit encore, l'année suivante, au service de ce monarque, à la tête de soixante - quatre écuyers et de cent-ving-huit sergents. L'an i342, il vint à la défense d'Agcn avec vingt-huit écuyers et soixante sergents. Il se trouve de plus employé dans un état du 2.6 janvier i^og, pour servir en Gascogne, avec cent hommes d'armes, et pareil nombre de sergents à pied. Le comte Amanieu avait causé de grands dommages à l'église d'Auch. Centule , son fils, se fit un devoir, en i368, de les réparer. Lepuis ce tems, il disparaît dans l'histoire. De Mathe, fille de Géraud 11, vicomte de Fézenzaguet, son épouse, il laissa Jean, qui suit; Matguerite , qui épousa Florimond, seigneur de l'Escure ; Cécile, mariée, 1°. à Kaymond-Bernard , seigneur de DuiTort, 2". à Jean Jourdain Yl , baron de l'ile-Jourdain , et une autre fille.

JEAN L

i368 au plutôt. Jean 1, succéda, en bas âge, au comfe Centule, son père. Il avait à peine quatorze ans, lorsque le comte de Foix, son parent, le mena avec lui à la guerre. Le comte Jean s'attacha depuis à lui, et fut de la plupart de ses expéditions. L'an 1374, étant venu joindre l'armée que le duc d'Anjou assemblait à Toulouse, i! servit, dans cette campagne, sous les ordres de ce prince, et eut part aux avantages qu'il remporta sur les Anglais. {Hlst. de Lung.^ t. IV, p. oSy. ) H fut, Tan 13^9, du nombre des seigneurs gascons, dont le roi Charles V! r?çut les hommages à Toulouse. {Ibid. p. icjS. ) Les habitants de Mannande , ayant refusé de l'aider à chasser les Anglais du lieu Je (.-hàteau-n'^uf, qui lui appartenait, il se -vengea de ce ri'fus par des ravages qu'il fit sur leurs terres, et des cruautés qu'il exerça sur ceux d'entre eux qui tombèrent ientre ses mains. Les plaintes de ces excès ayant été portées en justice, le roi Charles VI, en considération de ses services,

DES COMTES D'aSTARAC. 345

lui accorda des lettres de rémission , datées du mois de janvier iScjo (v. st.) Il vivait encore en i^^jS, après quoi, il n'est plus fait mention de lui dans les anciens monuments, il avait épousé, 1°. Catberine, dame d'Ambres, fille aînée d'Amauri lit, vicomte de Lautrec et d'Ambres, qui le fit son héritier, l'an 13-8, en mourant, quoiqu'elle n'eût point d'enfants de lui : ce qui occasiona un procès avec les héritiers naturels de cette comtesse, lequel durait encore en i3c)5; 2". Maubrosse, fille de Géraud de la Bartbe, dont il eut Mathe, femme de Roger de Comminges. et ("écile, mariée au baron de 1 Ile-Jourdain : 3*^. Philippe de Comminges , qui le fit père de Jean , qui suit, et. de Marguerite, femme de Bertrand de Montferrand, seigneur

de Langoiran.

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