ANNE DE MONTLEZUN
1377. Atsne , sreur d'Arnaud- Guillaume V , mort sans enfants, recouvra, par la grâce du roi Charles V , les domaines confisqués sur son frère. Llle les porta dans la maison d Armagnac, en épousant Géraud d'Armagnac , vicomte de Fézenzaguet. On voit dans les archives de Brouilh une fondation obituaire faite en l'^î^ç) par ce Géraud , pour l'âme de Marguerite , sa mère. Bernard Vil , comte d'Armagnac , souffrait impatiemment qu'Anne eût été mise en possession du comté de Pardiac , prétendant que la confiscation ne pouvait avoir été faite en faveur du roi , mais seulement au profit du comte d'Armagnac , comme Jean son père l'avait soutenu. Ce dernier en effet avait même pris le titre de comte de Pardiac , et dans le partage de ses biens il avait assigné à Bernard, son fils, le Pardiac pour son appanage , d'où celui-ci concluait que le roi n'avait pu donner ce comté à Anne de Montlezun. Il est clair néanmoins que la prétention de Bernard était mal fondée, attendu que le Pardiac n'avait jamais fait partie de l'Armagnac, mais bien de l'Astarac dont il avait été démembré, Ainsi ce comté étant émané
DES COMTES DE PARDIAC. ^Sj
âes comtes d'Astarac , la confiscation aurait appartenu plutôt au comte d'Astarac qu'à celui d'A.rmagnac. Mais la force prévalut sur le droit. Bernard, l'an 1402, s'empara du Pardiac. Anne de Montlezun , étant morte l'année suivante , il se saisit: de la personne de Geraud , son époux , et de celle de ses deux fils Jean et Arnaud - Guillaume, l'un et l'autre en bas -âge. Geraud fut conduit premièrement au château de Lavardens , et de- là à la Kodelle, en Rouergue , où il fut enfermé dans une citerne, il y mourut de froid, et Arnaud - Guillaume , son second fds , y ayant été mené ensuite , fut tellement saisi de frayeur en l'apercevant, qu'il expira sur le champ. Jean , Tainé, à qui on fit perdre la vue , passa le reste de ses jours dans la misère. Toutes ces catastrophes arrivèrent dans le cours de la même année i4o3. L'usurpateur se serx-it des Anglais pour réduire les places et les forteresses , et employa la protection du duc de Berri auprès du roi , pour se faire confirmer dans sort injuste possession. 11 reçut, comme on Ta vu ci-devant, le prix de ses violences , le 12 juin 14^^ ? tlans la sédition de Paris, où il fut massacré. ( Voy. les ncomtes de Fézenzaguet. )