‹ L'art de vérifier les datesChapitre 152 sur 230 · JACQUES D'ARMAGNAC · texte numérisé non relu

JACQUES D'ARMAGNAC

1462 au plus tard. Jacques, fils aîné de Bernard d'Armagnac , porta du vivant de son père , le titre de comte de Castres , et en cette qualité, le roi lui fit payer en i45i certaines sommes pour les dépenses que lui avait occasionnées le recouvrement du duché de Guienne. La seigneurie de Nemours ayant été érigée en duché-pairie, l'an i4o4 ? f*" faveur de Charles III , roi de Navarre et comte d'F.vreux , fut réunie à la couronne,, l'an 142!^ , après la mort de ce prince , au défaut d'hoirs mâles. Elle en fut détachée, l'an 14B2, par le roi Louis XI , pour être donnée à Jacques d'Armagnac , en faveur de son mariage , contracté le 12 juin de cette année avec LoursK , fille de Charles d'Anjou , comte du Maine. Jacques , après la mort de son père , prenait les qualités de duc de Nemours , comte de la Marche , de Pardiac , de Castres , de Bcaufort , vicomte de Murât, seigneur de Leuze , de Coudé, de Montagu en Combrallle, et pair de France. Les Catalans et les Navarrois ayant fait, l'an i4B5, le siège du château de Perpignan , où la reine de Castille s'était renfermée, Jacques d'Armagnac fut envoyé par le roi Louis XI au secours de la place qu'il délivra. Mais la même année , il embrassa le parti des pilnces dans la guerre du hlen puhh'c. Le roi , pour l'en retirer, lui donna le gouvernement de l'ile-de- ]^>ance. Jacques en reconnaissance fit serment à ce monarque de le servir envers et contre tous, même contre Charles , duc de Normandie, frère du roi. Le 5 novembre de la même année, il eut procès, conjointement avec la comtesse sa mère , contre Jean de Bourbon , comte de Vendôme, pour le comté de la Ik^arche que le roi lui adjugea le 21 janvier de l'année suivante.

rtË5 COMTES BE PA-RIHÂC. 35çi

Leduc de Nemours ne persévéra point dans la fidélité (ju'il avait jurée au roi de France. Accusé de plusieurs conspiratiou-î formées contre la personne de ce moriarque et du dauphin , et contre Tétot., il obtint diverses abolitions, dont la dernière ne lui fui accordée qu'après avoir renoncé au privilège de la pairie, et s'être soumis par écrit à la confiscation de tous ses biens pour être réunis à la couronne , s'il contrevenait jamais aux conditions renfermées dans celle abolition. Il ne cessa point néanmoins tlans la suite d'entretenir des correspondances avec le duc Charles, hère de Louis XI , et Jean V , duc d'Armftgnac , tou* deux ennemis de ce monarque. Privé de ces deux chels , il prêta l'oreilie aux invitations du connétable de Saiut-Pol , qui da concert avec les ducs de Bourgogne et de lirelagne, appelait les Anglai.s en France. Le connétable ayant été arrêté , ne l'épargna point dans ses dépositions. Le roi ^ d'après ces connaissances, fît partir le sire de Beaujeu qui vint l'investir dans Cariât où il faisait sa résidence. La duchesse de Nemours, cousinegermaine du roi , était alors en couches : ayant appris qu'on, venait arrêter son mari, elle fut saisie d'un tel efhoi , qu'elle mourut deux ou trois jours après. Jacques, après une courte défense, qu'il lui aurait été facile de prolonger, prit le parti de se remettre entre les mains du sire de Beaujeu, à condition qu'on lui sauverait la vie , et qu'il aurait la liberté de se justifier. Mais sa perte était résolue. Il fut conduit à Pierre-en-Cise, et envoyé de-là, au bout de quelque tems, à la Bastille où il fut renfermé dans une cage de fer. Le roi nomma des commissaires

Eour instruire son procès. Il se défendit long-tems , et avec eaucoup de présence d'esprit , sur les liaisons qu'il avait eues avec le connétable et le comle d'Armagnac. Mais voyant qu'on était instruit de ses manœuvres , et voulant éviter le tourment de la questioir, il avoua beaucoup plus qu'on ne lui en demandait. Le procès durait depuis deux ans, et les commissaires avançaient peu malgré les aveux de l'accusé. Le roi , impatient d'en voir la fin , renvoya l'affaire au parlement qu'il transfera à Noyon pour la Juger. Ij'assemblée fut présidée par le sire de Beaujeu, que le roi nomma son lieutenant-général pour cet effet. Aucun des pairs n'y assista , parce que l'accusé , pour en obtenir sa dernière abolition , avait, comme on l'a vu, renoncé au privilège de la pairie en cas de rechute. L'arrêt fut enfin prononcé. Il condamnait Jacques d'Armagnac, duc de Nemours , comte de la Marche , etc. comme criminel de lèie-~ majesé , à être décapité ., tons ses biens déclarés confisqués et appartenir au roi. Ce jugement fut exécuté le 4 août 1 477 , aux halles , avec l'appareil le plus effrayant. Par une barbarie dont on ne trouve aucun autre exemple dans notre histoire , les trois fils <^e

S6o CHRO'S. HISt. DES COMTES DE PARBIAC;

Jacques d'Armagnac , tous trois en bas âge, furent placîés sou9 rt'chafaud , afin que le sang de leur père ruisselât sur leurs têtes. Ces trois enfants se nommaient Jacques, Jean et Louis Le premier mourut de la peste au château de Perpignan où il'avait été renfermé. Le roi Charles Vlll , par lettres du 2tj mai i49ï > accordées à la demande du duc de Bourbon, rendit à Jean d'Armagnac le duché de Nemours. Il mouiut vers l an i5oo sans )ostérité légitime. Louis, son frère, prenait en iSoz les quaites de duc de Nemours , pair de France , comte de Guise , de Pardiac et de l'Ile - Jourdain , et de vicomte du Chàtelleraut et de Martigues. H avait été fait vice-roi de Naples , par Charles VIIL II mourut à la bataille de Cerignoles , le i8 avril i5o3, et fut enterré avec pompe a Barlette. Marguerite, l'aînée des trois fdles de Jacques d'Armagnac , épousa Pierre de Lohan , seigneur de Gié , maréchal de France. Catherine , la deuxième , donna sa main à Jean II , duc de Bourbon , Charlotte , la dernière , épousa Charles de Gié , fils du mari de sa sœur aînée.

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CiHAP.LEMAGNE, comme on Ta dit ci-devant, ayant rétabli, l'an 778, le royaume d'Aquitaine en faveur de son fils Louis, surnommé depuis le Débonnaire, comme ce jeune prince, qui ne faisait que naître, n'était pas capable de gouverner ce nouvel état, le monarque, son père, y pourvut, en établissant des comtes ou des gouverneurs dans la plupart des villes. C'est. ce qui a donné occasion à quelques modernes de rapporter à cette époque l'établissement des comtes , et d'en attribuer l'institution à Charlemagne, mais mal-à-propos, puisque l'inslitution des comtes est beaucoup plus ancienne. Il est fait mention dans le Code lltéodosien, des comtes cm avaient r administrai ion des proi^inces. On pourrait même faire remonter l'origine des comtes jusqu'à Auguste. Sous Constantin le Grand , ce titre devint

f)lus commun , et fut donné alors aux principaux officiers de 'empire. L'usage s'en était même introduit chez les nations barbares. Les comtes ou ducs , établis par Charlemagne , ne furent donc point une nouvelle institution. Entre ces comtes, ceux de Toulouse furent les seuls qui prirent le titre de ducs. Ils étaient appelés indifféremment comtes ou ducs, parce que Toulouse était comté et duché tout ensemble. On appelait comte celui qui n'avait le gouvernement que d'une ville , ou d'un diocèse seulement ; et duc celui qui avait le gouvernement de plusieurs villes , de plusieurs diocèses ou d'une province.

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