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DES VICOMTES DE NARBONNE

reusement repoussés clans une sortie des habitants. Raymoml perdit peut-être la vie en celte occasion ; il est du moins certain qu'il était mort en 1023. De Uicharde, sa femme , qui vivait encore en 10^2, il laissa deux fils, Bérenger, qui suit; et Ermengaud , destiné à la cléricature; avec une fille, Ermengarde, femme de Loup-Atton , vicomte de Soûle.

BÉRENGER, ou RAYMOMD-BERENGER.

1023 au plus tard. Behenger, fils et successeur de Ray-' mond 1 , fut presque continuellement en querelle avec Guifred, archevêque de ISarbonne , touchant leurs domaines respectifs. Souvent ils en vinrent à une guerre ouverte, où le prélat joignit plus d'une fois les armes spirituelles aux temporelles pour réduire plus efficacement son ennemi. Bérenger, de son côté, fit tomber sur Guifred les foudres de Rome en faisant connaître au pape la licence de ses mœurs. Il y eut cependant entre eux quelques réconciliations passagères durant Tune desquelles Bérenger, l'an io4''3, alla au secours de Raymond-Bérenger I, comte de Barcelonne, contre les Maures. Raymond, pour reconnaître ses services , lui fit présent de la ville de Tarragone ; mais il ne paraît pas que ses successeurs l'aieut conservée. E an lofi-, il mourut vert la fin de mars, laissant de Garsinue DE BÉSALU, qu'il avait épousée vers loio, trois fils, Raymond, Bernard et Pierre, qui partagèrent de son vivant et par sa démission la vicomte de iXarbonne , et terminèrent , au mois tloctobre 1666, leurs différents avec l'archevêque Guifred. Ees médiateurs de cet accommodement furent Raymond, comte de Saint-Gilles, Raymond, comte de Cerdagne, les évèques de Toulouse, d'Elne et de Gironne, Bérenger de Menerbe, et d'autres seigneurs. Par le traité qui fut conclu, les vicomtes reconnurent la suzeraineté de l'archevêque pour ce cju'il possédait dans cette moitié de la ville de Narbonne, dont nos rois avaient donné le domaine aux prédécesseurs du prélat. La suzeraineté de l'autre moitié de la ville de jNarbonne appartenait à Raymond de Saint-Gilles, en cpialité de comte particulier de Narbonne ; et les vicomtes le reconnurent pour leur seigneur dans cette partie. (Vaissète.) Bérenger eut aussi de son mariage une fille nommée Rixinde, mariée à Bernard, vicomte de Miihaud. Parmi les lettres d'Yves de Chartres on en voit une du pape Alexandre II , au vicomte Bérc?nger , par laquelle il le félicite d'avoir sauvé \ù vie aux Juifs de ses terres, que des fanatiques , en passant par le Narbonnais pour aller à une croisa;ie contre les Sarrasins d'Espagne , voulaient mettre à mort. Cette kltre est de l'an io65. L'archevêque Guifred irexerça pas en

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cette occasion la même humanité. On le juge ainsi parla leifr© qu'Alexandre lui écrivit clans le même tems pour lui prouver qu'on devait mettre une grande différence entre les Juifs qui vivaient paisiblement dispersés en divers pays, et les Sarrasins qui persécutaient les Chrétiens.

RAYMOND II

1067. PiAYMOND II, l'aîné des enfants de Bérenger, lui succéda dans une partie de la vicomte de Narbonne et des autres domaines de sa maison. Il était déjà marié, à la mort de son père, avec Gaosinde, sœur aînée d'Krmengarde de Carcnssonne, et iille de Pierre Raymond , comte en partie de Carcassonne, et de Rangarde de la Marche. Il eut de ce mariage deux fils, Rérenger, qu'il dévoua, suivant l'usage du tems, à l'état ecclésiastique, et Bernard Pelet , (en latin Pe/îtiis.) Garsindc lui donna aussi une fille, nommée Richarde. Raymond II mourut avant l'an 1080. On ignore ce que devinrent ses enfantS| et s'ils laissèrent postérité.

BERNARD

1067. Bernard , deuxième fils de Bérenger , eut en partage Tine partie de la vicomte de Narbonne et des autres biens qui avaient appartenu à son père. Il était mort en lo^io. De FoY , son épouse , fille de Hugues, comte de Rouergue , il laissa trois fils, Aymeri qui suit , Hugues et Bérenger,

PIERRE

1067. Pierre, que Bérenger, son père, avait destiné à la cléricature, n'en partagea pas moins avec ses frères l'héritage de sa maison. Il était évoque de Rodez dès io5i au plus tard. L'an 1080, après la mort de Guifred, archevêque de Narbonne, il s'empara de ce siège, et s'y maintint malgré l'excommunication prononcée contre lui, par le pape Grégoire VII, au concile de Rome, tenu au mois de mars 1080, renouvelé i)ar les légats du pape au concile d'Avignon de la même année, et confirmée dans un autre concile de Rome au commencement de l'année suivante. Pierre ne paraît pas avoir cédé la place qu'en io85 ou 108G, à Dalmace, élu par ordre du saint siège en 1081. Il vivait encore en 1089. (Ga//. Chron,^ no.U VI, p. 38 et 39.)

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