ES VICOMTES DE NARBOKNE
»> qui avaient auparavant prcsidé à divors plaiJs , el se fonder » ainsi sur un usage déjà elahii , et pour lequel on avait dérogé » en cela au droit romain. » L'an ii'Jy, elle conclut un traite de commerce avec les Génois, qui étaient alors en guerre avec les Pisans. La république de Gènes ayant perdu la protection du comte de Toulouse pour son commerce le long des cotes du Languedoc, chercha à se faire un nouvel appui dans cette province, et convint, l'an 1166, d'un traité avec Pons, arche^ vèque , Ermengarde, vicomtesse, et le peuple de iSarhonnc. Ermengarde, lan 1 1G8 , se voyant sans espérance de laisser de postérité, attire à sa cour Aymeri de Lara, fils de sa .saur Ermessinde , l'adopte, et le désigne pour son héritier. Ce jeune prince étant mort sans enfants vers le mois de juillet 1177, Raymond V, comte de Toulouse, veut, comme suzerain , s'assurer de jSarhonne , afin d'empêcher Ermengarde de se donner un autre héritier sans son aveu. La vicomtesse, pour prévenir ses desseins , fait une ligue contre lui avec le roi d'Aragon , les vicomtes de Nismes et de Carcassonne , et le seigneur de Montpellier. l..'an iiSa, à la prière de lîenri II, roi d'Angleterre, elle amène des troupes à Piichard, duc d'Aquitaine, fils de ce monarque, pour l'aider à réduire ses grands vassaux révoltés. Lasse du gouvernement, elle se démet, l'an 1 19a, de la vicomte de Narbonne en faveur de Pierre de Lara, son neveu, qu'elle avait appelé auprès d'elle depuis la mort d'Ajmeri de Lara, son frère. Elle meurt à Perpignan, le i4 octobre 1 1 97, dans les états d'Alfonse H , roi d'Aragon , son parent, ou elle s'était retirée depuis son abdication. Le monastère de Fontfioide, au diocèse de Narbonne, auquel elle fit de grands biens, fut le lieu de sa sépulture. Ermengarde mérite un rang distingué parmi les femmes illustres. « Elle ne se distingua pas moins, dit l'hls- » torien de I^nguedoc , par les vertus viriles , que par celles qui » sont propres à son sexe, et par la sagesse de son gouvernew nient. Sa cour fut une des plus brlllanics de la province. » Les poètes provençaux y furent très bien accueillis, cl «m prétend qu'elle tenait cour d'amour en son palais; mais cet usage ne paraît pas si ancien à M. l'abbé Millot.