VU. KIANG-NAN
Le KiANG-iSAK, borné à l'est et au sud-est par la mer, au sud parle ïché- kiang, à l'ouest par le ïlou-kouang , au nordest par le Ho-nan , et au nord par le Chang-tong, est coupé en
àcnx parties par le Kiang ou fleuve Lieu qui s'y jelte dans la mer. C'est la plus riche province de la Chine. On y compte cent sept villes. Sa capitale est iSan-king, qui l'était autrefois de tout l'empire avant que les empereurs eussent transporté leur siège à Pé-king.Nan-king passe pour la plus grande ville de la Chine, et c'est avec raison , si l'on a égard à l'étendue de son enceinte. Mais il s'en faut bien, comme on va le voir, que la ville remplisse entièrement cette enceinte. Le dedans de Nan-king n'a rien de remarquable. Les maisons sont basses à l'ordinaire. Les boutiques n'offrent rien de brillant. I^a tour est le seul objet digne de curiosité. Elle est telle que l'a décrite le père Lecomte, qui l'a lui même considérée. C'est un édifice octogone de deux cents pieds de haut. Elle a neuf étages. De l'un à l'autre on compte vingt et une marches. Le premier en a quarante. Les toits sont couverts de tuiles vernissées, et toute la tour paraît revêtue de briques pareillement %ernissées ou d'une espèce de faïence : il ne paraît pas que ce soit de la porcelaine. « Ce •> fut du cinquième étage, dit un missionnaire, que nous consi- » dérâmes la ville de ]San-king. Tsous la dominions magnifique- » ment. Nous eûmes beau faire, nous ne pûmes jamais l'esti- » mer les deux tiers de Paris. Nous ne savions comment concij) lier ce qu'on dit de sa grandeur immense avec ce que nous » voyions de nos propres yeux. Le lendemain nous tira d'affaire. M IS'ous avions déjà fait une bonne lieue au-delà de Nan-king, M lorsque nous aperçûmes tout-à-coup les murs d'une ville, w accolés à des montagnes et à des rochers : c'étaient les mui> railles même de Nan-king, qui, laissant la ville où elle est, s^en » vont bien loin former une enceinte de quinze à seize lieues , » dont douze ou treize ne sont ni habitées ni habitables. >» {Mém. concer. les Chinois ^ tom. \11I, pag. 29--. )
YIIL HOU-KOUANG.
Le Hou-KOUATsG, que sa fortilité fait nommer communément le grenier de la Chine, abonde non-seulement en grains, mais en légumes , en fruits , en volailles et en bestiaux- Cette province a le Ho-nan au Nord, le Tché-kiang à l'Est , le Ssétchuen à l'Ouest , le Kiang-si au Midi. Son district s'étend sur cent vingt-neuf villes , dont la capitale, appelée Vo-tchang, est aussi grande et aussi peuplée que Paris. Le Hou-kouang a presque la même étendue que la France.