GUILLAUME-SANCHE
GulLLAUME-SA^x^E remplaça Sauche-Sauchcz , sou uère, au duché de Gascogne. Ij'an 977 au plus tard, il associa (àOM- EAUD , son frère, au gouvernement. Celui-ci devenu veuf embrassa Télat ecclésiitsiique , et posséda, comme on l'a dit, les évéchés d'Aire, de Kazas , d'Agen, et généralement tous ceux de la Novojupopulanie ; ce qui le ni qualilier évoque de Gascogne. L an 977 , les deux fières voulant reformer le monastère de ftfjuirs ou de la Réole , le soumirent à l'abbé de Saint-ïtcuoît- Sur-Loire. Gombaud eut un fils noninié iiugucs, qui fui comte e! ; bbé de Condom, eî qui après la niorl de sou père, arrivt t; avaiii l'an 982, lui succéda aux évéchés d'Agen et de Bazas, et se démit Hisuite de ce deiuicr sur les remontrances du pape Benoît \UU
s44 CHRÔTSOLOGIÉ HfSTORîQÏJÊ
Guillàume-Sanche , l'an 9'~^2 , renouvela ou fonda pouT la seconde (ois l'abbaye de Saint-Sever-Cap-de-Gascogne, ainsi nommée, de même que la ville à laquelle elle donna naissance, parce que c'est-là où commence proprement la Gascogne , et peut-être aussi parce que c'était le lieu où se tenaient les états de la Novempopulanie , sous les ducs de Gascogne, même depuis que les Anglais furent maîtres de ce duché. Sur quoi il est à remarquer que le dioit de convoquer ces assemblées appartenait aux abbés de Saint-Sever, en qualité de viguiers du duché de Gascogne. Voi(i comme Guillaume - Sanche raconte lui-même l'occasion , le motif et les circonstances de cette fondatian dan* la charte qu'il fit expédier à ce sujet. « La nation impie des Nor- » mands , dit-il , ayant fait irruption dans les terres que j.e tiens » de Dieu par droit héréditaire , quas mihi D eus jure hereditana » traderc dignatus est ^ je suis venu au tombeau du saint martyr n Sever pour implorer sa protection contre ces barbares , proj> mettant, s'il me rendait victorieux, de lui assujettir tout l'état j> soumis à ma domination, comme avait fait Adrien, roi (c'estj» à-dire vraisemblablement gouverneur romain ) du même pays, » et m'ongageant à construire au lieu d'une petite église que ce » prince avait élevée en son honneur^ un ample et magnifique » monastère. vVyant, après ce vœu , livré bataille à cette troupe n maudite, je vis paraître 3 la tête de la mienne le saint marj) lyr , monté sur un cheval blanc et couvert d'armes brillantes y j> avec lesquelles il terrassa plusieurs milliers de ces méchants^ « et les envoya aux enfers. Parvenu au comble de mes souhaits n par une dernière victoire , je m'empressai de m'acquitter de '» mon vœu; et dans ce dessein, ayant convoqué les chevaliers? » qui possédaient ce lieu sacré, je les priai de me vendre le (tont- A ]>cau du) saint, avec le territoire qui en dépendait. Maiscommer >^ ils refusaient d'aliéner un terrein qu'ils disaient franc et libre s> entirrcmenl de cens, je me mis en colère, soutenant que cef « terrein était dans l'alleu de mon château. Enfin, il fut con- ') venu qu'on s'en rappoîteraif .')u jugement de l'eau froide. Le » jo\n' et i heure marqués pour celte épreuve étant arrivés, j'en- •> voyai pour y assister ma femme et mes enfants avec les évê- '> ques, les seigneurs et les princes de toute la Gascogne et des » comtés du voisinage. Pour moi, je restai dans mon château. » Chose merveilleuse! comme l'éi'êifite était sur le point de plon- ■■> f{er l'enfant dans l'eau j voilà que le ciel qui était si serein qu'il *> n'y paraissait aucun nuage, s'obscurcit tout-à-coup, et qu'il »• en sort de", érlaiis cl. des tonnerres qui effrayent tellement l'as- *< semble^ , que , pour se sousi raire aux coups de la foudre,' ils se * Sauyèrent dans la petite église de Sainl-Gcrtnairt. Instruil de
i)ES COMTES Ot5 DUCS DE GASCOGNE. ±4^
$) te prodige à leur retour, et surpris comme je devais Vêtre, je' n m'informai s'il n'y avait pas quelque ancien livre de la passion j> de Saint Sever; et on m'en montra un où il érait marqué com- » ment l'ancien monastère de Saint-Sever avait été détruit par j> les Français ennemis. (Ce qui doit se rapporter, dit M, de Marca, » aux guerres que les rois de France eurent avec les Gascons pour' » châtier leur rcbelllon. ) En conséquence, j'ai acquis ce lieu de j» ses possesseurs avec ses dépendances pour la somme de trois » cents sous d'argent, de dotize deniers chacun, quarante cinq » vaches , et autres effets ». Il dit ensuite que voulant édifier en ce lieu un nouveau monastère plus considérable que le premier , il a assemblé les archevêques de Bordeaux et d'Auch, avec les évéques de ses états et les comtes des Gascons ( c'est-à-dire , suivant M. de Marca, des Basques, de Béarn, d'Aire et de Dax), de Bigorrc, de Fezenzac et de Lectoure, en présence desquels, et avec leur consentement, il a soumis immédiatement ce monastère au saint siège, avec défense à toute personne ecclésiastique ou séculière, excepté l'abbé, d'y exercer aucun acte d'autorité civile ou spirituelle. Entre les dons qu'il fait à cet établissement, on remarque la dîme du pain, du vin, et de toutes les choses décimables qu'il consommerait dans sa maison. Une autre observation à faire, d'après M. de Marca, sur cette charte, c'est qu'il y avait non-seulement un comte des Gascons , mais aussi un évêque des Gascons qui la signa. « Il est vrai, dit-il ^ » que rétablissement d'un seul évêque des Gascons est abusif, » d'autant que les douze cités de la Novempopulânie étaient » épiscopales. Mais comme les Sarrasins et les Normands avaient it ruiné les villes où étaient les sièges de ces évêchés, et que les » comtes et les autres seigneurs particuliers s'étaient saisis de « tous les revenus ecclésiastiques, l'abus s'^introduisit , et fut » toléré sous prétexte de nécessité, savoir que tous les évêchés » du comté des Gascons, pris au sens que je l'explique, étaient « possédés par une seule personne qui prenait le nom géncraî » d'ci>é(fiie (Je Gascogne ^ pour exclure dans les paroles l'incom- » patibilité de plusieurs évêchés. Je ne propose pas cela, ajoute-
* t-il, de ition cru, mais suivant les anciens papiers de la flcole, *' qui font voir Gonibaud evéque de Gascogne, et encore selon » la foi des titres de Lescar et Dax , qui font mention d'un » évêque, Raymond le Vieux, qui possédait tous les éi>êchés de A Gascogne, suivant la coutume de ses prédécesseurs, à savoir n les évêchés de Lescar, de Dax, d'Aire, de Bayonne, de Bazaâ
* et d'Oléron <>. {Hisf. de Béarn ^ liv. .3, rhap. 8. ) Revenons à Guillaumte-Sanche. Ce duc , suivant l'écrivain qui nous sert de guide, est le même que WHlermus sanctus, due de NavarïCj
S^S CHRONOLOr.IE HISTORIQUE
qui , au rapport de Raoul Glaber ( liv. 2 , chap. 9) , remporta une Idsigne victoire sur les Sarrasins d'Afrique , à la descente qu'ils firent dans ses états sous le commandement d'Almunor, <'l obligea ceux qui échappèrent à regagner en diligence leurs vaisseaux. Il mourut, non pas l'an 1017 , comme le marque D, de Sainte- Marthe, mais vers l'an 984, laissant de sa femme Urraqi E, fille de Garcie 1, roi de Navarre, Bernard-Guillaume, qui suit ; Sanche-Guillaume ; Brl'îfjue, femme de Guillaume le Grand, comte de Poitiers; et deux autres filles.
BERNARD-GUILLAUiME.
984 ou environ. Bernard-Guillaume , fils de Guîllaume- Saiiche, lui succéda en bas âge sous la tutelle de Guillaume, fils de (iombaud , qui prit pendant quelque lems les titres de coiiite, marcpiis et duc de Gascogne. lAn 1004, Bernard- (iuillauau' exerça une sevcre vengeance contre les meurtriers de Saifit-Abbon , abbe de la Uéole , qu'il avait appelé deux ans au- ])aravant pour mettre la reforme dans ce monastère. Il mourut empoisonné ( Adémar dit ensorcelé) le jour de Noël loio, sans laisser «l'enfants de Garcie, son épouse, nommée Berthe par Ohieiiharl.