‹ L'art de vérifier les datesChapitre 7 sur 230 · YNG-TSONG · texte numérisé non relu

YNG-TSONG

i436. (53e- année Ping-cJ/in ^ du lxia'^ q'cle.) Yng-tsoxg , ifils de Suen-tsong, fut lecounu pour son successeur, à Tàgc de huit ans , parles soins de rimpératrice Tchang-chi, son aïeule, qui se fit en mème-tems décerner la régence.

L'emj>ereur déposé, Kien-ouen-li, fut découvert , lan i44t» sous rhabil de Ho-chan, qu'on lui fit quitter: après quoi il fut renfermé dans un appartement du palais, où il passa le reste de ses jours, qui ne fut pas de longue durée. L'impératrice régente étant morte à la dixième lune de l'an i443, Tempereur prit en main les rênes du gouvernement , et revêtit de la plus grande autorite l'eunuque Ouang-tchin , que cette princesse avait mis à la tête de son conseil, après avoir été sur le point de le faire périr pour ses infidélités. Ce ministre continua d'exercer son despotisme en avançant , malgré leur Indignité , ses créatures , et persécutant les gens de bien qui s'opposaient a ses volontés.

Sur la fin de i444i C)n apprit que Tolioan , prince tartare de Chunning, était mort et que son fils Yésieii lui avait succédé. Celui-ci , plus entreprenant que son père, se faisait bien plus craindre dans le nord de la Chine. Une armée de deux cent mille hommes, envoyée contre lui, n'osa pénétrer fort avant ■dans son pays, de peur de le rencontrer, et s'en revint après as'oir battu quelques partis. Un autre rebelle Lu tchuen , nommé *5sé-gin, fier dune victoire qu'il avait remportée sur les Chiiiois , en i438, avait pris le nom de Fo-fa que portaient les rois de Yun-nan. Il demeurait tranquille dans cet état reculé et ne paraissait pas disposé à pousser plus loin ses conquêtes. On apprit au contraire à la cour , que Yésien exerçait continuellement ses troupes et mettait tout en usage pour soulever les Tar tares voisins de la Chine. Ouang-tching néanmoins, contre l'avis de l'empereur et <le sor. conseil , s'obstina à vouloir, avant tout » exterminer Ssé-gin et sa famille. Il y réussit ; une armée qu'il envoya contre le roi de Mien qui le protégeait , obligea ce prince à le livrer à un officier de la cour , cjui le chargea de chaînes pour l'amener à l empereur. Mais Ssé-gin , n'espérant point de grâce, se donna la mort sur la route, \esien, frappé du sort de ce rebelle, voulut faire la paix avecl'empire, et pour la cimenter il fit demander en mariage une princesse à l'empereur. Mais elle lui fut ignominieusera';ut refusée par le ministre; ce qui alluma le désir de la vengeance dans le cœur d' Yésien. Ayant levé une armée considérable , il fit de nouvelles excursions sur les frontières de la Chine. J..e ministre Uuang-lching lui opposa une armée de cinq cent mille hommes, dont il se fit doni.Ct- bj IK. 4

commandement par rempcreur qui l'accompagna. Celle expédition fut très-malheuifuse par l'incapacité du général. L'armée impériale étant venue camper à Tovi-mon, à vingt // de Hoaïlaï, dans un lieu où elle manqua d'eau , te prince tartare, dans la 8'=. lune de l'an i4'^o , londit sur elle , et engagea un coml)at furieux où plus de cent mille chinois périrent , et le reste fut mis en déroute. L'empereur lui-même tomba entre les mains des vainqueurs qu'il étonna par la tranquillité avec laquelle il soutint ce revers. Fantchong, capitaine de ses gardes, vengea sa captivité sur Ouang-tching qu'il défigura à coup de sabre. Yésien à qui ce prince fut amené, le reçut avec respect, et lui donna la première place. Mais l'impératrice, mère de Yng-tsong et son épouse , offrirent en vain leurs bijoux , qui montaient à des sommes très - considérables , pour obtenir sa rançon. Yésien l'emmena avec lui en Tarlarie. L'impératrice mère avait eu soin , dès qu'elle apprit la captivité de son fds , de signifier aux mandarins, que Tching-ouang, frère puîné de Yng-tsong, aurait soin du gouvernement jusqu'à son retour; et deux jours après, elle fait reconnaître Tcbu-kien-tcbin, fils de l'empereur , âgé de deux ans , prince-héritier. Cette princesse désespérant de revoir l'empereur, son fils, crut important de ne pas laisser le trône plus long-tems vacant. I-e 29 de la 8"=. lune lie l'an i^So, elle adressa aux grands un ordre portant , que le prince-héritier n'étant encore qu'un enfant et incapable de inanier de long-tems les rênes du gouvernement , il fallait que le prince Tching-ouang montât sur le trône. Les grands, ravis «le cet ordre, contraignirent le prince régent de céder aux désirs de l'impératilce sa mère.

KING-Tl.

i45o. (7^. année Keng-ou, du LXV«. cycle.) Tching-ouang, frère puîné de l'empereur Yng-tsong, fut salué empereur le 6 de la neuvième lune, i45o, par tous les mandarins d'armes et de lettres, avec les cérémonies accoutumées. Le lartare Yésien ne pouvant tirer de la captivité de Yng-tsong les avantages qu'il espérait , recommença les hostilités; et ses troupes s' étant répandues comme un torrent dans le Pé-tché-li , remplirent de consternation la cour de Pé-king. Le seul Yu-kien ïie perdit point la télé. Ayant pourvu à la sûreté de Pé-king il attendit Yésien qui fut obligé de se retirer après plusieurs assauts donnés à cette ville. Yésien fit ensuite des propositions de paix qui , ayant été jugées illusoires, furent suivies de combats dont l<-s Chinois sorliient vicloiieux par la valeur et l'hahilele du général Clié-heng et de Chc-pien , son fils. Le prince

DES EMPEREURS DE LA CHINÉ. s."}

tartare avait amené avec lui l'empereur Yng-tsong. Désirant de s'accommoder avec la Chine, il invita lui-même ce prince à retourner à Pé-king. La cour impériale, apprenant CCS dispositions d'Yésien , et doutant encore de leur sincérité , lui envoya des ambassadeurs , qui , en dix-sept jours , arrivèrenfe à un endroit appelé Chépalor ^ où ce prince était campé. L'em-

Jjereur, sur le rapport qu'ils firent du succès de leur voyage, it partir pour la Tartarie Yang-chen , homme habile et éloquent , avec un cortège magnifique et plein pouvoir d'agir suivant les circonstances. Peyen-tiémour , à la garde duquel Yngtsong était confié depuis la bataille de Tou-mou, voyant le retour de ce prince décidé, l'accompagne par honneur et par attachement une demi-journée. Ils versent des larmes en se séparant, et l'empereur continue sa loute vers Pé-king, avec une escorte de cinq-cents chevaux, que le prince lui avait donnée. Le i6 de la 9<=. lune de l'an i45i , il arrive à Pé-king , et refuse les hommages que les grands sont disposés à lui rendre, disant qu'il ne peut les recevoir, après le déshonneur qu'il a fait à l'empire et à ses ancêtres. S'étant retiré dans un holol particnlier, il ne voulut se mêler aucunement des affaires de létat, et persista plusieurs années dans cette disposition. 1/cmpereur King-ti , son frère, jouissait tranquillement des fruits de la paix qu'il avait conclue avec lesTartares. L'an i4^4« Yésien ayant tué Toto-pouha , son Ao/zan , voulut s'assurer la jouissance du trône par une ambassade qu'il envoya, de concert avec les hordes qui lui étaient soumises, à la cour impériale, pour lui prêter hommage et payer le tribut. King-ti perdit, peu de tems après, Tchu-kien-tsi , son fils, qu'il se proposait de déclarer prince-héritier au préjudice de Tchukicn-chin qui était en possession de celte dignité. Sa jalousie contre ses neveux et sa défiance envers son frère , s'étaient déjà manifestées en diverses occasions. Les reiuontraiiccs que plusieurs nnindarins osèrent lui faire à ce sujet, turent punies du dernier supplice. Il occasionna, par-là, une conspiration pour ret.iblir \ug-tsong sur le trône. L'an i458, les partisans de ce dernier l'ayant fait entrer dans leur dessein profitèrent d'une nuiladie de King-ti pour le remettre en possession de l'empire.

YN G-TSONG , rétabli

\l^S^. ( i5«. année Vou-yn, du Lxv^ cycle.) Yng-tsonG ayant repris les rênes du goiivenieinetit , tous les mandarins vinrent le reconnaître dcuis la salle du trône et le féliciter sur son rotablissomenl. (^hé-heng qui avait le plus contribué à cette révolution, fait exécuter à mort Yu-kien , ministre de King-

«8 CHROTÎOLOGIE HTStORIQUÉ

ti , sans égxird pour les sprvirrs imporrants cju'il avait rendif.^ à l'état. Sou mérite faisait tout son crimf aux yeux jaloux de Ché-lieng , qui n'eut pas ùe peine, aidé par ïchu-yeou-tcliin y Son collègue , à lui en supposer de plus réels. D'autres grands, d'une conduite irréprochable, subirent un semblable sort, par les artifices du même ministre. King-ti , malade, apprenant sa déposition, en mourut de chagrin le 19 de la a*, lune, de l'an i4-'^9-

L'ambition de Ché-hcng n'était pas satisfaite du haut rangoù il était élevé. Sur les prédictions d'un magicien, il s'imagina que le trône lui était destiné, ou à Cbé-pien , son fds. JJcs officiers qu'il avait sous lui , ayant découvert le dessein où le père et le fils étaient de se révolter, en avertirent la cour. L'un et l'autre furent arrêtés et s'empoisonnèrent, l'an 1460, pour éviter une mort infâme.

Au commencement de l'an i465 , Yng-tsong étant tombé malade, iugea lui-m-^me que son mal le conduirait au tombeau* s'étant fait apporter des pinceaux, il écrivit ses dernières volontés, et mourut le 17 de la première lune, à l'âge de trente-f huit ans.

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