‹ L'art de vérifier les datesChapitre 81 sur 230 · GUILLAUME-RAYMOND · texte numérisé non relu

GUILLAUME-RAYMOND

121 5. Guillaume-Raymond, fils de Guillaume de Moncade et de Marie de Béarn, prétendit, après la mort de Gaston , son frère , devoir lui succéder de plein droit. La cour-majour de Béarn soutenait , au contraire , qu'il devait attendre son élection et son agrément. Cette altercation ne finit qu'en 1220, par un accommodement , au moyen duquel Guillaume-Raymond tut reçu , juré et accepté pour seigneur. La principale condition de ce traité fut l'établissement de douze jurais perpétuels en la cour-majour de Béarn, pour contre-balancer raulorilé du vicomte. Guillaume-Raymond était d'un caractère violent ,, et il en avait donné des preuves du vivant de son frère , par l'assassiïjat qu'il commit , le 16 février 11941 sur la personne <Je Bérenger , archevêque de Taragone, oncle de sa femme. ï;,xcommunié pour ce crime par le saint siège, j\ obtint ensuite «on absolution , en se soumettant à la pénitence que le légat du pape lui imposa. Devenu vicomte de Béarn , il eut , avec ses voisins , des guerres dont l'histoire ne nous a pas conservé le détail. IVlais les excès qu'il y commit lui causèrent des remords qui l'obligèreut de faire le voyage de Rome, pour consulter le pape Honoré 111 sur ce qu'il avait à faire pour les expier. Le pape lui imposa pour pénitence d'aller servir pendant cinq ans à la Terre-Sainte , avec un nombre de chevaliers. De retour chez lui , il tomba dans une maladie qui ne lui permit pas d'accomplir sa pénitence. Garcias , archevêque d'Auch , la commua en une aumône considérable envers les Templiers. ( GaU. Chr. no. , tome 1 , col. 940. ) Le vicomte ne releva point de celte maladie , et finit ses jours , le 2(1 février 122.-) ( v. st. ) ^ à Oiéron , laissant de Guillemette DE Castelvell, sa femme, . un fds qui suit. ( /-^ Sanche , comte de Roussillon., pour le* démêlés qu'il eut avec Guillaume-Raymond. )

DES VICOMTES ET PRINCES DE BÉARN. aSg

GUILLAUME L

12 23. Guillaume , surnommé par lui-même deMontrate, ( Chant, le Févre , Traité des Fiefs , pr. , p. 162,) et, par d'autres DE Moint-Cathan , de Morde talhano , fils et successeur de. Guillaume - Raymond , était en Catalogne occupé dans 1rs guerres civiles qui divisaient ce pays et l'Aragon, sur la minoriîé tlu roidon Jayme, lorsque son père mourut. Arrivé dans le Béarn , il fit une ligue , le jeudi-saint 1224, avec Thibaut , comte de Champagne , pour assurer à celui-ci le royaume de Navarre , après la mort du roi Sanche Vil , son oncle. Au mois d'octobre suivant, étant à Monçon , il entra dans une autre ligue avec l'Infant d'Aragon et plusieurs barons , pour contraindre le roi don Jayme à réformer l'état. Ce prince ayant fait tuer, l'année suivante , Pedro Ahonez, l'un des chefs de la ligue , on en vint aux armes. Le vicomte de Béarn se dislingua dans cette guerre, qui finit par unaccommodement conclu le £6 décembre 122G. Etant retourné, l'an 1228, en Aragon, il fut un de ceux qui persuadèrent au roi de porter la guerre dans l'île de Majorque. Guillaume se distingua entre les chefs de cette expédition; mais il y perdit la vie, l'an 122g, dans un combat contre les Maures. Cette même année, avant soa départ, il avait fondé un ordre militaire sur le modèle de* Hospitaliers et des Templiers , par le conseil d'Amanieu , archevêque d'Auch , et de ses suffragants , qui en avaient formée le plan , et cela pour réprimer les brigands qui infestaient le pays, en chasser les hérétiques, y rétablir le bon ordre, l'abondance , la paix , la vraie religion , et les y maintenir. La règle de ces chevaliers , nommés de la Foi et de la Paix , a été mise au jour par D. Martenne , dans son premier Voynge littéraire , part. 2. , p. 2.3. Leur habit était blanc , et sur la poitrine ils portaient une croix rouge en sautoir, formée d'une crosse et d'une épée , pour marquer qu'ils devaient combattre sous l'autorité épiscopale. On ne connait point les exploits de cet ordre, qui ne paraît pas avoir subsisté long-tems. Le vicomte Guillaume avait épousé Gersesde, veuve ou fille d'Alfonse , comte <le IVovence, dont il eut Gaston, qui suit, et Constance» mariée à Diaz-Lopez de Haro, seigneur de Biscaye.

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