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DES VICOMTES ET PRIΫCES DE BÉARN

©Wigp d'abandonner après deux assauts donnés sans succès. Le roi d'Angleterre, qui se disposait alors à passer à la Terre-Sainte, eut recour» au pape , et obtint de lui une bulle d'excommunication contre ceux qui traversaient son voyage. Ce fut le doyen de Bordeaux qui fut chargé de la fulminer, et le vicomte de Béarn y était spécialement nommé. Gaston n'en tint compte, persuadé qu'il ne soutenait qu'une cause juste. Le roi d'Angleterre arriva lui-même en Gascogne avec une armée qui fit quelques progrès. Mais bientôt la querelle des deux monarques fut mise en négociation par le canal de leurs ambassadeurs , et se termina pacifiquement la même année par un double mariage de leurs enfants respectifs. (Ferreras, tom. IV, pag. 217, 218.) Auger de Miramont ayant tué, l'an layS, Gérard de Castelnau par ordre ou à l'instigation du vicomte de Béarn, le sénéchal de Guienne rend consécutivement deux sentences, par lesquelles il enjoint à Raymond de Mirail de saisir tous les biens du vicomte, et tous ceux qu'Auger possédait en Guienne. Gaston appelle de ces deux sentences au roi d'Angleterre, Edouard L (^Trésor généal. tom. I, pag. 244-) Ce monarque passe en Guienne peu de tems après pour apaiser les nouveaux troubles que le vicomte y avait excités. Gaston effrayé, vient au-devant de lui pour lui faire ses excuses. Edouard n'était guère disposé à les recevoir, les jugeant fort équivoques. Pour lui en attester la sincérité, Gaston lui remet un acte qu'il venait de faire, le 3o septembre, dans l'église de Saint -Michel du Saut, en présence de Gothard, abbé de Figeac , et d'autres témoins. C'était un engagement qu'il prenait, sous la caution de plusieuis chevaliers, de ne point sortir de la eour du roi d'Angleterre , lorsqu'il y serait venu , sans la permission de ce monarque. ( Etiennot , Fragm. mss. Acjuitan. tom. XI, ag. 18. ) Malgré ses protestations, le roi le fait arrêter : on Vo^ )lige à promettre de livrer, pour sa rançon, la ville et le châ-^ teau d'Ortez. Remis en liberté , il appelle à la cour de France des engagements forcés qu'il avait pris. Nouvelles procédures du sénéchal de Gascogne contre lui. Edouard vient l'assiéger dans le. château de Sembouez, où 11 s était renfermé. Gaston renouvelle son appel, et Edouard prend le parti de se retirer. La cause est poursuivie au parlement de Paris. Le roi Philippe le Hardi no voulant point qu'elle fut jugée contradictoirement , ménage ur» accord entre les parties par un compromis fait en sa personne , suivant l'usage du tems. Le vicomte gagne pour le fond ; mais il est condamné à faire satisfaction au roi d'Angleterre pour des termes et des procédés injurieux qu'il avait employés à son égard. Ceci est de l'an 1274- Ce fut dans le cours de celte procédure, que le chevalier Gilles de Viteville ayant appris que le vicomte

sGa CHROT^OLOGIE HISTORIQUE

avait jeté son gage de bat;ulle à la cour de France , écrivit au rôi d Angleterre pour le prier de vouloir le prendre pour son cluimpion. Sire , dit -il , si vous prie, et- requiers que s 'il su'/ aiifsi que ruii-~ ire vous s'engage, vour, me donniez la hutuiHe , et je fuirai à la mie de Dieu et l ' honneur de vous et de my , et s 'il cstoit ninsy que d 'aul~

très chevaliers la vous dr mandassent , ce ne souffrez et sachez

Sire , que si vous me donnez la bataille , je la /uirui sans simonie , pour la grant amour que j'ay à vous , sans plus , Sire. ( Ëliennot , iùid.) Gaston étant passé, l'an 1275, en Angleterre, se présente au roi la corde au cou , pour lui demander pardon, Edouard l'envoie prisonnier à "Wincliester, d'où il reviii." quekjues années après dans sa vicomte. C'est VValsingliam et Nicolas ïrivet qui assurent ce fait. Mais il est certain, par Guillanioo de Nangis , écrivain du tems , que Gaston se trouva au siège de Pampelune, commencé par le comte d'Artois, général de -"armée de l'rance, le 8 ieptembre 127G , et qu'il y amena des troupes, il iaut donc que son élairgissement ail suivi de près son -emprisonnement , s'il a été réel. L'an 12^6^ après la mort d'Eskivat , comte de Bigorre, Gaston conteste sa succession à Jore, sœur d'Eskivat. (^I^oyez Lore, comtesse de Bigarre. ) Le roi de Castille étant entré, l'an i2<SG, dans le liéarn , fut mis en déroute par le vicomte €t le comte de Foix, son gendre, près d'Grtez. îiaston, peu de tems après avoir Fait son tesiamenl , meurt , le 26 avril 121^0 , à Ortez, où son corps est inhumé cljez les Dominicains. Mathieu Paris et Mathieu de V^'^estmlnster font un portrait fort désavantageux du vicomte Gaston. Il n'avait, suivant eux, aucun sentiment d'humanité, et à peine avait-il la figure humaine. Son corps en effet, s'il faut les en croire, était d'usie grosseur si monstrueuse, qu'il aurait pu remplir tout un charriol ; dilformité qu'ils attribuent aussi àsam.ère. Frolssart, qui avait vu la statue tle Gaston en Béarn , et qui savait l'estime que les Béarnais conservaient pour sa mémoire, le peint sous des couleurs moins défavorables : Gaston, dit-il. moult vaillant homme aux armes.... fut grand de corps et puissant de membres. Il avait épousé, 1°. Ma- THE de BiGORRE , fille de i^éironille, romtesse de Bl gorre , et de Boson de Mastas , son troisième époux, morte en 1270 au plutôt, comme on le voit par son testament, qu'elle fit cette année {Trésor généal.) ; 2®. l'an 1273, BÉatrix , fille de Pierre, comte de Savoie, et veuve de Guignes VU , dauphin de Viennois. Ce dernier mariage fut stérile. Du premier , Ciaston eut un fils nommé comme lui, qui précéda sa mère au tombeau. Celte princesse l'avait mené, l'an 1242, avec elle, lorsqu'elle alla voira Blaye le roi d'Angleterre, Henri III, qui aeviiU éperdument amoureux d'elle, et s'épuisa eu fêtes qu'il

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îuî donna, et en présents dont il la combla. (Mathieu Paris, ad an 1242.) Gaston laissa du même lit trois filles, Constance, Marguerite et Mathe. La première fut vicomtesse de Marsan , et épousa, 1°. l'infant Âlfonse, fils de Jayme I, roi d'Aragon; 2*. l'an 1269, Henri, fils de Richard d'Angleterre, roi des Romains; Marguerite fut mariée à lioger- Bernard, comte de Foix ; ce fut la plus avantagée des filles de Gaston : en vertu du testament de son père, elle porta la vicomte de Béarn dans la maison de Foix, qui en a joui jusqu'à son extinction. Mathe, seconde fille de Gaston , épousa Géraud V, comte d'Armagnac; et Guillemine fut alliée à Sanche le Grand, roi de Castille et de Léon. Ce fut Gaston VII qui bâtit le château d'Ortez, où il résidait,. et dont Froissart admirait encore de son tems les beaux restes, ( Voyez les comtes de Foix, et Bernard VI, comte d 'Armagnac. )

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