‹ L'art de vérifier les datesChapitre 89 sur 230 · ALAIN LE GRAND · texte numérisé non relu

ALAIN LE GRAND

1471- Alain, surnommé le Grand, à cause de ses richesses, ^etit-fils de Charles II , et fils de Jean d'Albr.n , vicomte de Tartas, et de Catherine de Hohan , succéda a son aïeul dans la sirerie d'Albret , il se rendit maître aussi du comté de Dreux, que son aïeul avait donné à Arnaud-Amanieu ; ce qui occasionna un procès entre Alain et Isabeau , veuve d'Arnaud- Amanieu. Alain resta en possession de ce comté jusqu'en i5i6, que Jean d'Albret, sire d'Orval, fils d'Arnaud-Amanieu , y rentra. (Galland.) L'an i473, Alain obtint la confiscation des biens de Charles de Sainte-Bazeille, son oncle. Il entra, Tan i486, dans la ligue des princes contre la cour. Mais le roi Charles VIll, étant venu en Guienne avec une armée , il prit le parti de la soumission, et donna même des troupes pour aider le monarque à réduire les confédérés. Mais il n'était lui-même soumis qu'en apparence, et ne cessait d'entretenir des liaisons avccia IX. o5

£^4 CHROISOLOGIE HISTORIQUB

Bitlagne , promettant d'y conduire une armée de Gascorts ^, de Navarrois, à condition qu'on lui donnerait en mariage la princesse Anne, héritière de ce duché. Il était veuf alors, depuis i4^4 ou environ, de Françoise, fdle de Jean de Blois, dit de Bretagne, comte de Penthièvre, qu'il avait épousée en 1470; et en vertu de ce mariage, il prétendait faire valoir les droits de ses enfants sur le duché de Bretagne, à l'extinction de la race masculine du duc François H, Son mariage, projeté avec Anne de Bretagne, s'il e vit réussi, aurait confondu les intérêts. Il était d'ailleurs puissamment soutenu parla comtesse douairière de Laval, sa sœur utérine, et le fameux Lescun , comte de Coinrainges. Le duc de Bretagne , pressé par l'armée de France et par les harons révoltés, accepta ses offres aux conditions prescrites , et signa un engagement solennel , qui fut déposé entre les mains de la comtesse de Laval. En conséquence de ce traité , le sire d'Albrot leva promptement des troupes , pour aller s'opposer aux progrès cjue faisaient les Français en Bretagne. Ils assiégeaient iSantes et en pressaient vivement la prise , lorsqu'il débarqua à portée de cette ville. Son arrivée les obligea de lever le siège. Ce succès l'enhardit à demander au duc l'exécution de sa promesse. Mais la jeune princesse témoignant une répugnapcc invincible pour épouser un homme de quarante-cinq ans, d'une figure désagréable et d'une humeur farouche , on crut devoir temporiser. Maximillen, roi des Romains, faisait en même tems solliciter !a main de cette riche héritière, afin de pouvoir serrer la France de deux côtés, par la Bretagne et par les Pays Bas, dont il était maître. Le duc d'Orléans , ennemi de d'Albret , se rangea du côté de Maximilien; ce qui mit le second en fureur contre le premier. On prétend même, et le duc d'Orléans l'en accusa, qu'il envoya des assassins dans sa lente pour l'égorger. Mais la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier , donnée le :i8 juillit 14^8, où le duc d'Orléans fut fait prisonnier, mit fin à celle querelle. Le sire d'Albret n'en fut pas plus avancé. Les poursuites de Maximilien prévalurent enfin sur les siennes , et , l'an 1489, ce prince épousa secrètement la princesse Anne, par

Î)rocureur. Instruit de ce mariage, Alain, pour se venger, livra a ville de Nantes au roi de France. Les autres traits de sa vie méritent peu d'être recueillis. Il tnourut dans le mois d'octobre i522, au château de Castel-Jaloux , après avoir eu de son mariage : Jean , roi de JS'avarre , comte de Foix , de Gaure et de Périgord, vicomte de J^imoges et deTartas, mort le 17 juin i5i6; Amanieu , cardinal, mort le 2. septembre i5:>o-, Pierre, comte de Périgord ; Gabriel , seigneur de l'Esparre , et quatre filles. ]-e père Anselme cite de lui deux actes où il se qualifie.

Ces sires, puis Dues d'albret. 275

seigneur de Lebret , comte de Dreux , de Gaure , de Penthiivre et de Périgord , iùconite de Limoges et de Tarttis , captai de Buch , et seigneur d 'Avesnes.

HENRI I, DUC d'Albret.

i522. Hekri I , roi de Navarre, comte de Foix, prince de Béarn , fils de Jean d'Albret et de Catherine de Foix , succéda, l'an 1522, à son aïeul, Alain le Grand, dans la sirerie d'Albret. L'an i55o, le roi de France, Henri H, par lettres, du 2t) avril, érigea cette seigneurie en duché. Henri d'Albret ne jouit f},ue cinq ans de cet honneur, étant mort le 25 mai i55.S. Il laissa de Marguerite d'Orléaîjs, sa femme, Jeanne qui porta le duché d'Albret , avec le royaume de Navarre et les autres domaines de sa maison , dans celle de Bourbon , en vertu de son mariage , célébré le 20 octobre i548, avec Antoine de Bourbon , duc de Vendôme. De son époux , décédé à Andeli , le 17 novembre i562 , des suites d'une blessure qu'il avait reçue au siège de Rouen, Jeanne eut trois fils : Henri, duc de Beaumont au Maine, né le 21 septembre i5Si, et mort à la Flèche, le 20 août j5o3; Henri, qui suit; Charles, comte de Marie, né au château de (iaillon, le 19 février i554, et moit enfant par l'imprudence de sa nourrice, qui le laissa tomber d'une fenêtre; et une fille, Catherine, née à Paris, le 7 février i558, mariée, le 10 janvier 1^90, à Henri de Lorraine, duc de Bar, et morte à Nanci, sans lignée, le i3 février i6o4- Jeanne d'Albret , mère de ces enfants , mourut à Paris, le 9 juin i5-2. (Voy. les ducs de Vendôme.^

Page 1