JEAN D'ANJOU
i458. Jean, duc de Calabre et de Lorraine, fils de René et d'Isabelle , né, suivant D. Cal^ met, le 2 août »4 2 4i selon d'autres le 7 janvier 1426, fut appelé à la couronne de Naples par plusieurs seignéurs, après la ra,ort d'Alfonse , du vivant de son père. L'an i4-^9i I e 4 octobre, il part de Gènes, dont le roi Charles VU l'avait nommé gouverneur en i458, pour
35a CHRONOLOGIE
a°. à Jean, roi d'Aragon; 3°.
à Jean, fils de Réné d'Anjou.
Le premier obstacle fut bientôt levé par la mort de Cal lis te 111 , qui favorisait don Carlos. Pie 11, successeur de Calliste , donna l'investiture du royaume à Fer dinand 9 dont la nièce épousa Antoine Picolomini , neveu de ce pape. L'an 1460, Ferdinand perd une grande bataille sur les oords du Sarno, près de Noie, le 7 juillet, contre Jean d'Anjou, son compétiteur. Sa déroute fut telle , qu'il eut peine à gagner Napies avec vingt chevaux. L'argent lui manquant pour réparer cet échec, vit la reine Isabelle , sa femnSI aller mendier, la bourse à la main, du secours de maison en maison. Cet expédient , peu honorable, lui réussit pour se remettre un peu en équipage.
( Tristan Caracciolo )
Jean d'Anjou , cependant , tira de grands avantages de sa victoire. Il parcourut le pays , dont la plupart des villes et des seigneurs se soumirent à. lui, et s'il eût été droit à Nanles , ce que de mauvais conseils l'empêchèrent de foire , il fût resté maître du royaume sans rival.
Le 27 du même mois de juillet Jacques Piccinino , son général , gagne une nouvelle bataille a San-Fabiano sur les troupes de Ferdinand, commandées par Frédéric, duc d'Urbin, et Alexandre Sforce. Piccinino forme alors le dessein de (aire irruption sur les terres du pape pour le détacher du parti de Ferdinand. Il entre dans la Sa-
se rendre dans le royaume de Napies; mais il en fut détourné par le pfinçe de Tarente, dont l'avis fut qu'avant d'attaquer la capitale, u fallait s'assurer des places circon voisines. Jean y déféra par une complaisance dont il eut tout lieu de se repentir. On convient que si le duc Jean eût poursuivi sa victoire sans laisser reprendre haleine à Ferdinand, il aurait terminé la guerre en peu de jours et serait demeuré maître du royaume de Napies. Ferdinand le savait bien dire , en parlant de cette journée : « S'ils » eussent fait ce cju'ils devaient, » le second jour ils auraient pu » se rendre maîtres du royaume, » mais non de ma personne ; et » le troisième , ils n'avaient » plus aucun pouvoir ni sur ma » personne ni sur mon royau— u me. » Jean soumit à la vérité plusieurs villes dans la Pou il le et l'Abruzze.Mais le pape Pie II , protecteur de Ferdinand, ayant fait venir au secours de ce prince lé fameux Scanderberg, roi d'Albanie, arrêta les progrès de Jean , et rétablit les affaires de son compétiteur. Jean fut battu à Troja, dans la Pouillc, le 18 août 1462, par Ferdinand , après un combat de sir heures.
L'an i463, trahi par Jacques Piccinino, son général, et abandonné de la plupart de ceux qui l'avaient appelé , il est obligé de renoncer a son entreprise et de repasser en Provence. C'est ainsi que la maison d'Anjou perdit, sans retour