NAPLES
pour elle , le royaume de Naples.
L'an i4?o, Jean meurt à Barcelonnc le 1 3 décembre, suivant D. Calmet , le 16 du même mois, selon Ferreras , et suivant d'autres, le 27 juillet 1471. U avait épousé, par contiat du a avril 1437, Mabie , fille de Charles 1 , duc de Bourbon , morte en 144°* » dont il eut René, mort jeune; Jean II, duc de Calabre, mort peu avant ou peu après son père , à l'âgé d'environ vingt-nuit ans ; et Marie, morte jeune. Jean fut un des plus grands capitaines de son siècle , quoique rarement heureux , mais plus admirable dans ses disgrâces que brillant dans ses succès. II n'éprouva) jamais de revers qui n'ajoutât; encore à sa gloire. S'il fut souvent malheureux, il ne cessa jamais d'être grand, (V. Jean II, duc de Lorraine. )
Après lui, Charles, comte du Maine, que le roi René, son oncle, avait institué son héritier au royaume de Naples, se préparait à passer en Italie pour y soutenir ses droits les armes à la main, lorsqu'une maladie de langueur l'obligea de renoncer à ses projets pour ne s'occuper qu'à régler sa succession. Quoiqu'il eût deux neveux, il leur préféra le roi de France Louis XI; et, par son testament, fait la veille de sa mort, il appela ce prince à tous ses états et seigneuries , et après lui tous ses descendants et successeurs , l'un après l'autre, à la couronne. Telle est
l'origine du droit des rois de France sur le royaume de Naples. Charles mourut le 1 1 décembre 1481. (Anecd. d'Itat. , Voyez aussi Charles II, comte du Maine, et Charles 111 , comte de Provence. )
ce qui s'est observé jusqu'en 1788, à Home, en très-grande cérémonie' dans l'église du Vatican, la veille de saint Pierre.
Mais il nous paraît que l'hommage de la haquenée est indépendant du cens et plus, ancien que Sixte IV et Ferdinand. Ce dernier, à la sollicitation du pape, déclare la guerre, l'an 1478, aux Florentins. Vaincu, Tan 1480, par ^éloquence de Médicis, qui l'était venu trouver , non -seulement il leur accorde la paix, mais il conclut, le 6 mars, une ligue avec eux. ( Voy. la Toscane. )
Ferdinand ne sut pas ménager les esprits des Napolitains. L'an i486, irrités des impôts qu'il veut, par le conseil du duc de Calabre, son fils, établir sur eux, ils se soulèvent, et invitent René II, duc de Lorraine, à venir se mettre à leur tête, offrant de le reconnaître pour leur souverain. Ce prince leur ayant manqué, ainsi que le pape Innocent VIII, sur lequel ils avaient compté, ils font avec Ferdinand un traité de paix, dont le roi d'Espagne , le duc de Milan et Laurent de Médicis se rendent garants. Mais deux jours après (le i3 août), le roi et le duc de Calabre son fils, ayant attiré a leur palais les principaux des nobles, sous prétexte d'y célébrer une noce, les chargent de fers et les font assommer à coups de bâton ou périr par d'autres genres de supplices. Trois ou quatre seulement échappent par U fuite. Le plus distingué d'entre eux, San-Sevcrino , prince de Salerne, passe à Venise et de là en France, pour exciter le roi Charles VI 11 à la conquête du royaume de Naples.
Sixte IV, comme on l'a dit, avait exempté Ferdinand du cens annuel qu'il devait au saint siège. Innocent VIII , son successeur, révoqua, l'an 1489, cette exemption; et, sur le refus que Ferdinand fit de payer, ïl l'excommunia le jour de saint Pierre, 29 juin. Voyant ensuite que les censures n'opéraient rien, par une autre bulle du 1 1 septembre, il le priva de son royaume. Ferdinand en appela au futur concile, et on se prépara de part et d'autre à la guerre : mais tout se réduisit à des menaces. Le roi de Naples , au mois de mai 1492 , fait la paix avec le pape, par la médiation du roi d'Aragon , en promettant de payer le cens , comme son père Àlfonse lavait payé.
I/an i494 » apprenant les préparatifs que le roi de France Charles VIII fait pour venir s'emparer du royaume de Naples, Ferdinand se donne de grands mouvements pour être en état de lui faire face , et meurt des fatieues qu'ils lui causent, le 25 janvier , à l'âge de soixante et dix ans , fort peu regretté
de ses sujets , qu'il avait traités d'abord avec douceur , mais ensuite avec beaucoup de dureté , pour ne pas dire de cruauté. Naples lui dut néanmoins une partie de sa grandeur. Il augmenta considérablement son enceinte ; il y établit des manufactures de laine , de soie , d'or et d'argent et d'ouvrages d'orfèvrerie, qui augmentèrent son commerce, et, par une suite ordinaire, y firent naître le luxe. Ce prince avait épousé; i°. l'an i434* Isabelle, fille de Tristan de Glermont ; 2 0 . l'an 1476, Jeanne, fille de Jean II, roi d'Aragon (morte le 9 janvier i5i 7. ) (Cette princesse fut tellement abandonnée pendant son veuvage , qu'elle éprouva les besoins de l'indigence. ) Du; premier lit, il eut Alfonse, qui suit; Frédéric, qui continua fa postérité ; François , duc du Mont-Saint-Ange ; Jean , cardinal ; Béatrix, femme, i°. de Mathias Corvin , roi de Hongrie; 2 0 . de LadisIasVI, successeur de Mathias; Eléonore, alliée , i°. à Marie Sforce , duc de Ban; 2 0 . à Hercule, duc de Ferrare. Du second lit sortirent Charles , mort jeune , et Jeanné , femme de Ferdinand H , roi de Naples, son neveu.