‹ L'art de vérifier les dates ... t.118. L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments, depuis la naissance de NotreSeigneurChapitre 105 sur 132 · FRÉDÉRIC III · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC III

1496. Frédéric III , (ils de Ferdinand I , succède à Ferdinand II , son neveu , et se fait couronner le 26 juin >497* Mais l'an 1S01 , il est dépouillé de ses états, par Louis XII 9 roi de France, et par Ferdinand le Catholique, roi d'Aragon. Frédéric, retiré dans l'île d'ischia, n'eut alors de ressource

Sue dans la générosité du monarque français, qui lui donna le uché d'Anjou, ou plutôt le titre de ce duché, avec trente mille ducats de rente. Il se relira à Tours , où il fixa sa résidence et y mourut d'une fièvre quarte, le 9 novembre i5o4» âgé de cinquante- deux ans. Il fut inhumé au Plessis-lès-Tours, dans le couvent des Minimes , et ce fut saint François de Paule qui reçut le corps. Isabelle de Baux, sa veuve , se proposait de le faire transporter à Naples dans le tombeau des rois ses prédécesseurs; mais le projet n'ayant pu s'exécuter, le corps resta au couvent des Minimes, et en i56a, il fut brûlé par les Calvinistes avec celui de saint François de Paule. ( d'Egly, hist. de Nap. , tom. IV. ) (Voy. Louis XII , roi de France. ) Ferdinand , duc de Cal a bre , fils aîné de Frédéric, se défendit, quelque tems après son départ, dans Tarente; mais les habitants ayant

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perdu toute espérance de secours, convinrent de rendre la place à Gonzalve, après l'avoir fait jurer sur l'eucharistie, qu'il permettrait au prince de $e retirer où il voudrait. Malgré cet engagement , le général espagnol fît conduire le duc de Calabre en Espagne, où i! fut retenu à Zativa , dans une longue captivité , durant laquelle il refusa, Pan t5i6, après la mort de Ferdinand le Catholique , le royaume d'Aragon , que les états du pays lui offrirent. Charles- Quint, pour récompense de cette espèce de générosité, le tira de prison au bout de dix ans, et lui fit épouser Ursule- Germai ne de Foix , veuve de Ferdinand le Catholique. (Elle était fille de Jean-Félix et de Marguerite, sœur de Louis XII. ) Ayant perdu cette épouse au bout de dix ans , il se remaria à dona Mencia de Mendoza , et mourut , l'an i55o, à l'âge d'environ soixante-deux ans, étant iié à Andria, dans la Pouitle, l'an 1488. Il fut inhumé dans l'église des rois , auprès de Valence , au monastère des Hiéro- 11 imites , qu'il avait fondé. (Noue. Voy. d'Espagne, fait en 1777 et 1778, tom. I , pag. 11 40

Le roi Frédéric III avait épousé en premières noces, l'an 1478, Anne, fille d'Amédée IX, duc de Savoie, dont il n'eut qu'une fille, Charlotte, princesse de Tarente, qui fut mariée , le 27 janvier 1 5oo , à Gui , seizième du nom , comte de Laval. Frédéric épousa en secondes noces, Isabelle, dite ElÉonore , fille de Pierre de Baux , duc cl' Andria, de laquelle il eut Ferdinand , duc de Calabre, dont on vient de parler; Alfonse, connu en France sous le nom d'infant d'Aragon (mort à Grenoble en i5i5); César, qui, s'étant retiré à Ferrare, y mourut à l'âge de vingt-huit ans ; et deux filles. Tous ces enfants moururent sans postérité , à l'exception de la princesse de Tarente qui laissa un fils et deux filles. Le fils , nomme François de Laval, fut tué, l'an iSz2 f au combat de la Bicoque ; Catherine, l'aîné des filles, fut mariée, en i5i8, au comte de Hieux; et Anne-, la. cadette, épousa, en i52f , François de la Trémoillc, prince de Talmont. La ligne de Catherine ayant manqué en i6o5 , par la mort de Gui, vingtième du nom , comte de Laval , toute la succession des comtes de Laval et de la princesse de Tarente passa dans la ligne d'Anne de Laval, et fut recueillie par Henri , duc de la Trémoille , son arrière - petit - fils. En vertu de cette descendance, la maison de la Trémoille a des prétentions sur le royaume de Naples, comme unique héritière du roi Frédéric ; et c'est en conséquence, qu'elle obtint de Louis XIV, en 1648, la permission d'envoyer au congrès de Munster un député chargé de faire les poursuites nécessaires pour la conservation de ses droits. Les protestations qu'elle fit alors ont

été renouvelées dans la plupart des congrès subséquents , et ecr dernier lieu , Fan 1746* » à Voccasion du traité définitif de paix conclu à Aix-la-Chapelle. ,

Revenons-en au sort du royaume de Naples , depuis que Frédéric 111 en fut dépouillé. Ferdinand le Catholique f contre la foi du traité qu'il avait fait avec Louis XII, l'envahit tout entier en i5o3. Cette usurpation, néanmoins, fut en quelque sorte légitimée par le traité de Blois, conclu le 12 octobre i5o5, entre Louis XII et Ferdinand; traité par lequel le monarque; français , en, donnant en mariage Germaine de Foix , sa nièce , au roi d'Espagne, cédait à cette princesse la portion du royaume de Naples, qui lui était échue en partage, à charge de réversion à la couronne de France en cas qu'elle restât veuve sans enfants. Mais Ferdinand , à la faveur des brouilleries qui s'élevèrent entre le pape Jules II et Louis XII , obtint du premier une bulle, en date du 3 juillet i5io , par laquelle il cassait et annullait le traité de Blois , comme fait sans la participation du saint siège ; déclarait Louis déchu de toute prétention à la moitié du royaume de Naples, et transportait, à Ferdinand et ses successeurs , la propriété entière de cet état. Louis XII, fit vainement ses protestations contre cette bulle*

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